‹ Méthode complète de chant Grégorien d'après les principes de l'École de SolesmesChapitre 53 sur 173 · Thésis masculine^ thésis féminine · texte numérisé non relu

Thésis masculine^ thésis féminine

Une remarque. Nous avons à dessein dans l'exemple B changé en noire le second temps composé de l'exemple A. De part et d'autre les deux rythmes simples n'en sont pas moins juxtaposés, mais en A l'union paraît plus étroite qu'en B. Cela tient au caractère des deux thésis. En A c'est la thésis féminine ou postictique, c'est-à-dire qui se poursuit après l'ictus; en B c'est la thésis masculine ou ictique, c'est-à-dire qui se fait sur l'ictus, note solide. Or, par sa nature, la thésis masculine est conclusive, tandis que la thésis féminine appelle toujours une suite. Delà en B l'impression d'un arrêt plus apparent que réel après le premier rythme.

214. — Nous empruntons au Kyrie Aime Pater l'exemple mélodique de rythme composé deuxième forme.

Ky- ri- e

Nous avons toujours le même nombre de groupes. La mélodie fait des deux premiers deux arsis et du troisième une thésis. Bien que la descente commence au deuxième, celui-ci ne peut être qu'arsis parce que sa première note est le point culminant de l'élan arsique qui commence avec le premier groupe. La note suivante ne faisant qu'un avec elle, le mouvement thétique ne commence qu'au troisième groupe. Nous avons donc un petit rythme composé deuxième forme partagé en deux parties égales : deux arsis à l'élan et deux thésis au repos. Par son peu d'étendue et l'équilibre parfait de ses deux parties, ne dirait-on pas un rythme simple légèrement développé? Or, si au lieu de deux arsis et de deux thésis nous mettons quatre arsis d'un côté et quatre thésis de l'autre, le rythme composé ne changera pas de nature, il sera simplement en possession d'une plus grande arsis et d'une plus large thésis. — Expliquer, comme nous l'avons fait, le rythme composé deuxième forme par le développement de l'arsis et de la thésis plutôt que par la contraction de deux rythmes simples, est donc légitime et fondé.

Sans anticiper sur ce qui doit être réservé pour les chapitres suivants, remarquons la concordance parfaite du dessin mélodique avec l'arsis et la thésis du mot. La mélodie s'élève sur l'accent et

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s'abaisse sur les deux dernières syllabes. C'est la mélodie ellemême du mot à laquelle la musique ajoute l'ornement des notes et la précision des intervalles. Ici donc ce n'est pas la mélodie seule qui, des groupes, fait des arsis et des thésis, c'est encore le texte. Nous les verrons dans la suite agir tantôt de concert comme ici, tantôt séparément.

215. — Le rythme composé deuxième forme est le plus fréquent On peut dire que les mélodies en sont en quelque sorte tissées d'un bout à l'autre. Ne pourrait-on pas en donner pour raison qu'il est le plus synthétique? Il y a en effet plus d'union entre deux rythmes qui se contractent qu'entre deux rythmes qui se juxtaposent, et, à cause de l'unité de nature, entre plusieurs arsis ou plusieurs thésis consécutives qu'entre des arsis et des thésis alternées. Or le rythme est une synthèse. Il rapproche les sons non moins qu'il les ordonne. Il n'est donc satisfait qu'autant qu'il les saisit et les presse dans une plus large et plus forte étreinte.

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