‹ Méthode complète de chant Grégorien d'après les principes de l'École de SolesmesChapitre 91 sur 173 · chapitre VIII. — Du rythme de la phrase · texte numérisé non relu

chapitre VIII. — Du rythme de la phrase

Exemple :

Canta- te

Domi-no

can-

ti-

cum no- vum laus

é- ius

-Îi a 1

IsU • 1

Canta- te Dómi- no can- ti- cum nó- vum laus é- ius

ab extré-mis térrae.

Î=Îï:

jézué:

ab extré-mis térrae.

Autre exemple de ce dernier cas :

Et incarná-tus est de Spi- ri-tu Sáncto

in

Ît=ti=î5:

Ît

Mn

Ît

Et incarná-tus est de Spi- ri-tu Sáncto

« Cette règle vaut principalement pour les morae vocis sans respiration, quand il s'agit d'unir entre elles les incises ou petits membres; mais quand, entre des membres plus importants, la respiration est nécessaire, la mora vocis distingue plus qu'elle ne lie; elle doit donc, dans ce cas, être d'une douceur voisine du repos.

« Tel est, dans l'exemple « Cantate Do7nino », le membre indiqué par un B.

« Ces nuances si délicates de crescendo et de decrescendo peuvent être comparées à l'huile qui diminue les frottements entre les rouages de la machine, ou encore à la synovie, cette huile vivante qui adoucit et favorise le jeu de nos membres ».

108 Deuxième Partie.

321. — Grâce à cette manière d'unir entre eux les rythmes, les incises et les membres, « la cantilène grégorienne, est une mélodie continue^ non en ce sens qu'elle manque de divisions dans la durée — sans celle-ci il n'y aurait pas de rythme, — mais en ce sens que ces distinctions ne souffrent entre elles ni interruption, ni brisure, et que, bien plutôt, elles servent elles-mêmes à la continuité de la ligne mélodique : ainsi les guirlandes aux sinueux contours; ainsi, et mieux encore, parce qu'elles sont vivantes, les longues vagues d'une mer doucement soulevée par les vents ou la marée : elles roulent, montent, s'allongent, descendent, remontent sans solution de continuité, jusqu'au rivage sur lequel la dernière longuement s'étend et expire.

« Cette tefiue suivie de mouvements ondulants est une image frappante de l'imposante et souple démarche de nos mélodies; tout doit, dans l'exécution, contribuer à la produire et à la maintenir. C'est à la fin des incises, des membres de phrase surtout, que la continuité court quelque danger : de trop longues pauses, des respirations longues et haletantes risquent de la suspendre ou même d'en briser le cours. Tout cela, au contraire — pauses, retards, respirations — doit aider à dessiner, pour ainsi dire, le prolongement des courbes inférieures qui relient la retombée et l'élan des vagues mélodiques.

« Ce sentiment intime que ressentent ceux qui ont étudié et pratiqué sérieusement les cantilènes grégoriennes, nous porte à réduire toujours plus les pauses de la \'oix, et à diminuer la durée des notes qui supportent les morae vocis ».

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