REMARQUES ET OBSERVATIONS PRATIQUES
Dans le principe, obligé de restreindre l'application de la Méthode curative externe aux seules affections rhumatismales nerveuses, goutteuses, etc., qui se rencontraient dans ma clientèle, je ne pus pas tout d’abord apprécier l’étonnante efficacité de ma nouvelle médication. Ce n’est que lorsque des cas graves, anciens et rebelles à des traitemens bien dirigés, se sont présentés, que l'expérience est venue sanctionner mes prévisions. Quelques guérisons, pour ainsi dire miraculeuses, ayant eu un grand retentissement, une foule de malades accoururent bientôt réclamer le secours d’un remède bienfaisant, et maintenant je n’ai plus que l’embarras du choix dans les observations que j'ai l'intention de publier pour prouver les avantages que l’on a droit d’attendre de l'emploi de la Méthode curative externe.
Relater indistinctement toutes les histoires des nombreuses cures que j'ai opérées, c'eût été une confusion de faits superflus, car tous n'avaient pas la même importance. Il m’a Paru seulement utile de rassembler ceux qui, ayant un caractère générique bien prononcé, pouvaient servir de type expérimental. Et puis j'ai scrupuleusement tenu à ne citer aucune guérison qui ne fût bien tranchée et dont je ne pusse fournir au besoin Jes preuves les plus irréfragables de son
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authenticité et de l'exactitude des détails. C’est ainsi que j'agirai dans la ppblication successive des diverses séries d'observations que j'aurai pu recueillir.
Si j'ai l’occasion d'exposer des guérisons obtenues sur des personnes notables, il ne faudra pas voir, dans les récits auxquels elles donneront lieu, une affectation d'amour-propre qui n’aurait aucun but. Tous les hommes, quelle que soit leur condition, pourrait-on me dire, sont at sujets à la douleur, l’éprouvent de la même manière et ne peuvent se soustraire à [a souffrance par des moyens différens: il ne peut y avoir aucune distinction de castes dans la manifestation et le traitement des maladies. Certes je n’ai pas posé l'objection pour la détruire; elle est établie sur une vérité physiologique, et elle est insurmontable. Mais je ferai remarquer que la condition sociale d’un malade qui se sou mét à un traitement nouveau, et donne sa confiance à un médecin qui jusqu'alors lui était étranger, peut être comptée pour quelque chose, en ce sens qu’on doit en déduire que la maladie était grave, ou tout au moins que les médecins or— dinaires du malade ont éprouvé des difficultés invincibles dans le traitement. Par exemple, ce ne sera pas par osten— tation que je rapporterai les effets déterminés, au moyen de la médication externe, chez des personnes telles que MM. le maréchal duc de Bellune, le prince de Schonburg, le baron James de Rotschild, et un grand nombre d’autres personnes notables de la province et de l'étranger, qui sont venues réclamer mes soins ; mais parce qu’il sera bien avéré que ces personnes reçoivent habituellement les soins des médecins les plus habiles, de la plus haute réputation, et que si elles étaient en proie à des affections qui jusqu'alors n'ont pu être avantageusement combattues par les secours de l'art, les succès qui dans ces cas auraient été obtenus, établiront bien mieux que tous autres, la puissante nos de mes moyens curatifs.
D'ailleurs, pour prouver que ce n’est point un sentiment
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de vanité qui me décidera à agir de {à sorte, j'aurai l’attention de ne pas éläguer de mes tableaux pratiques certains cas dé succès incomplets, dont je donnerai l'historique avec franchise, pour qu’on puisse suivre la marche des phénomènes qui doivent faire reconnaître, én toutes circonstances, la puissance de la Méthode curative externe. Cependant je n'ai pas la prétention de guérir tous les maux réputés incurables ; ma médication n’est pas infaillible; seulement les
gucrisons, dans ma pratique particulière, sont, en propor- tion des succès, des guérisons incomplètes et des insuccès, sur dix malades, dans le rapport de 6, 8 et 1. Je laisserai aux praticiens de bonne foi l'appréciation de tels résultats, que je suis à même de justifier en les reproduisant constamment, ainsi que j'ai demandé d’en faire la preuve dans les hôpitaux, sous la surveillance d’une commission de médecins désignés ad hoc. (Voir ma correspondance avec MM. les Ministres de l’intérieur et des travaux publics, pages 11 et suivantes.)