RHUMATISMES MUSCULAIRES ET ARTICULAIRES GOUTTEUX | ET NERVEUX
Vers la fin de l’année 1834, j’eus l’occasion d’obtenir la guérison d'un rhumatisme musculaire et articulaire fort remarquable, tant par l’inténsité des accidens et leur durée, que par la résistance opiniâtre que cette affection avait montrée contre les traitemens les mieux suivis et les plus actifs. Cependant la médication, qui m'est particulière, fut d’un effet aussi prompt que favorable, et j'ai eu la satisfaction de constater ensuite, ainsi qu’on va le voir, que le succès avait été complet et sans aucun retour des phénomènes morbides pendant le long RS Le temps qui s’est écoulé depuis la guérison.
Appelé pour un malade qui m'était inconnu, mais demeu-
END er rant dans mon voisinage, et qu'on m'assurait être en proie aux plus violentes douleurs, je me transportai auprès de M. Jannois, alors rue Neuve-des-Bons-Enfans, n° 9. Je trouvai un homme d'environ quarante ans, assis auprès du feu, enveloppé d’un large manteau; il ne pouvait rester couché, disait-il; mais à peine Jui eus-je adressé quelques questions sur la nature de l'affection qui l'engageait à réclamer mes soins, il m'interrompit : «Oh! monsieur le docteur, je ne cherche point à guérir; cela me parait désormais impossible : j'ai subi toutes sortes de traitemens, toujours avec le même insuccès ; aussi je n’ai plus de médecin, et si je vous ai prié de venir, ce n’est pas pour me faire torturer de nouveau par des secours impuissans ; c’est seulement pour vous prier de me formuler une prescription narcotique propre à m’engourdir et à m’ôter le sentiment de mes souffrances. » Malgré cette volonté bien prononcée, j'insistai pour avoir quelques détails, faisant d’ailleurs remarquer qu’un médecin ne pouvait agir ainsi, machinalement, sous, l'impulsion d'un malade irrité ; alors M. Fannois se décida à me donner quelques explications. Il était arrivé depuis quelque temps de l'Amérique méridionale, Ce fut en janvier 1833, à Rio- Janeiro, qu’il ressentit dans le bras et l'épaule les premières atteintes d’un rhumatisme musculaire et articulaire, qui devint extrèmement douloureux. Un médecin lui donna des soins réguliers , fit appliquer, comme moyen principal, des sangsues qui ne furent suivies d'aucun résultat; une consultation eut lieu avec un médecin renommé de la ville, et l'on décida qu'il fallait continuer les applications de sangsues. On en posa tout de suite un grand nombre; mais, chose étrange, les accidens, au lieu de diminuer, augmentèrent considérablement. Des frictions opiacées, sédatives, furent pratiquées sans le moindre succès; il n’y eut que l'action d’un large vésicatoire qui détermina la rémission des douleurs qui, jusqu'alors, n'avaient point eu d'interruption. Les mouvemens du bras, qui étaient tout-à-fait impossibles,