‹ Méthode curative externe des douleurs rhumatismales, goutteuses, nerveuses; des maladies lymphatiques, et des viscéralgies. Affections nerveuses des viscèresChapitre 21 sur 74 · OBSERVATIONS DIVERSES · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS DIVERSES

Je vais actuellement rapporter succinctement un certain nombre de cures intéressantes opérées dans diverses affections, et contre les accidens desquelles la Méthode curative externe a été avantageusement mise en usage. Bien que ces cas ne Soient pas sans importance, ils ne nécessitent pas tous la même exposition de détails ni de principes théoriques. D'ailleurs, je me suis imposé des bornes dans ce tra— vail, qui ne doit être qu'un tableau Synoptique des principaux succès que j'ai obtenus.

Les affections rhumatismales nerveuses et goutteuses sont des maladies extrêmement fréquentes ; j'ai eu l’occasion de les traiter avec succès sur un grand nombre de sujets ; mais je n'ai pu introduire, dans cette série d'observations choïsies comme pièces justificatives, des avantages de ma Méthode curative externe, que des cas de guérisons extraordinaires, ou opérées dans des circonstances qui donnent à mes rapports un caractère particulièrement démonstratif et authentique. C’est pourquoi je me suis borné à quelques exemples spéciaux.

= fs AFFECTIONS NERVEUSES ET RHUMATISMALES.

SCIATIQUE. — RHUMATISME NERVEUX DES MEMBRES INFÉRIEURS. — GOUTTE SCIATIQUE. — NÉVRALGIE FÉMORO-POPLITÉE.

Toutes ces expressions différentes servent à dénommer une même affection caractérisée par une douleur plus ou moins vive s'étendant de la partie postérieure et inférieure de la hanche, s’irradiant le long de la partie externe de la cuisse, et se prolongeant souvent le long de la jambe jusqu’au dos et à la plante du pied

Les accidens éprouvés par les personnes atteintes de cette affection varient beaucoup : quelques unes ne souffrent que lorsqu'elles se tiennent debout ou se livrent à la marche ; couchées ou même assises, elles ne ressentent aucune douieur. D’autres souffrent beaucoup plus au lit que lorsqu'elles prennent de l'exercice ; mais cela est rare. On a signalé un grand nombre de causes auxquelles il faudrait attribuer la manifestation de la sciatique ct toutes les affections de même nature, dites nerveuses, rhumatismales, goutteuses, etc. ; mais il n’en est aucune de spécifique. Je m'abstiendrai de les énumérer, parce que je ne crois pas à leur réalité, et que, si l'expérience ne me trompe pas, je ne vois dans ces maladies qui se manifestent sur des sujets dans des conditions tout-à-fait opposées, chez les jeunes comme chez ceux avancés en âge, aussi bien sur des individus jouissant de toutes les commodités de la vie, que sur ceux exposés à la fatigue et aux intempéries des saisons, ou exerçant des professions pénibles et malsaines; je ne vois, dis-je, primitivement, qu'un trouble de la circulation des fluides nerveux et Iymphatiques dans les organes affectés, et consécutivement des altérations plus profondes résultant, 1° d’une disposition organique particulière ; 2° de l'obstacle permanent apporté à la répartition de l’action nerveuse, d’où l’exaltation ôu la perversion de la sensibilité. Je m'arrête, je ne veux pas déve-

lopper ici cette donnée anatomico-physiologique; je me bornerai seulement à rappeler ce que j'ai bien fait remarquer dans l’exposé de ma Méthode, que toutes mes opinions théoriques ne tendent qu’à l’explication d’une pratique heureuse, et ne sont point du tout établies pour justifier cette dernière, qui n’a pas besoin de justification, puisqu'elle guérit ou soulage dans le plus grand nombre de cas où les traitemens les plus rationnéls avaient échoué.

Voici quelques faits bien remarquables :

« Paris, 21 janvier 1836.

» Mon cher docteur,

» Le rhumatisme se fixe dans ma famille: mon beau-frère en est pris d'une manière atroce. On l’a déchiré avec des ventouses: on lui à fait tout ce que la médecine fait d'ordinaire en pareille circonstance. Il s'impatiente de nè pas guérir. Il a entendu raconter par ma Sœur que vous aviez je ne sais quel moyen de faire passer promptement le genre de douleur dont il souffre. Il me fait prier de vous demander d'aller le voir demain matin vendredi, de neuf à dix heures, si vous le pouvez. Sauf le respect que je vous dois, je ne fais ici que m'acquitter de ma commission ; je ne crois pas encore au spécitique contre le rhumatisme, comme je crois au Diachirismos. Je me flatte d’être assez fort en médecine pour soutenir qu'on peut enlever, ou du moins soulager une douleur locale ; mais détruire une affection dont la cause est intérieure et le principe inconnu, je vous en défie ; c'est fier : convertissez-moi si vous pouvez.

» En attendant, je vous salue affectueusement.

» Signé : AL. GRUN. »

M. Al. Grün est actuellement rédacteur en chef du journal officiel le Moniteur universel.

» P. S. Mon beau-frère, M. Goguel, demeure rue Hillerin-

Bertin, n° 10, faubourg Saint-Germain, à l'Ecole des Ponts-et Chaussées. »

Je me disposais à me rendre à cette invitation, lorsque je fus averti de ne pas encore me déranger; M. le docteur Guyétant, membre de l'Académie royale de médecine, qui

— 68 — | depuis long-temps donnait au malade des soins aussi assi= dus qu’éclairés, et l'avait soumis à un traitement énergique, venait de prescrire une médication complémentaire assez active : on voulait en apprécier l'effet avant de mettre ma Méthode en usage; mais les résultats ne répondirent pas à l'espérance que l’on avait conçue; il fut définitivement arrêté qu’on essaerait mon procédé curatif, et à dix jours de date de la lettre ci-dessus je reçus le billet suivant :

« Paris, le 31 janvier 1836.

» Monsieur,

» Ce maudit rhumatisme ne s'en va pas; je suis cependant bien pressé de me guérir, puisque je dois me mettre en route le 6 ou le 7 février.

» Si vous pensez que l'application de votre remède puisse m'a-

mener promptement à cet heureux résultat, je vous serai bien réconnaissant de venir le plus tôt qu'il vous sera possible.

» Recevez, Monsieur, etc.

» H. GOGUEL, » Rue Hillerin-Bertin, n.10.»

Je ne perdis pas un instant pour me rendre auprès de M. Goguel; je tenais à honneur de le guérir, son affection étant reconnue rebelle, et ayant résisté à un traitement qui avait été habilement dirigé par un de nos bons praticiens. Je me hâtai d'autant plus, que je craignais de nouvelles hésitations qui m’auraient blessé, et sans doute fait perdre l’occasion d'opérer une cure importante, en présence d’un confrère bien compétent pour juger du mérite de mon procédé curatif et témoigner de son efficacité.

Je me transportai le même jour, 31 janvier, à sept heures du soir, chez M. Goguel, muni de tout ce qui pouvait m'être nécessaire pour procéder immédiatement à l'application des remèdes. Ce monsieur était levé; il ne put se déplacer de son siége qu’à grand'peine, et en trainant en quelque sorte. la cuisse et la jambe droite jusqu’à son lit, où il ne s’étendit pas sans difficulté. Je procédai à l'opération que je prolon-

LH uns

geai pendant plus d’une heure; mais à peine avais-je terminé les dernières frictions, que j’eus la satisfaction de pouvoir permettre au malade d'apprécier le résultat déjà acquis, en se levant seul et en essayant de marcher, ce qu’il fit très librement ; et se promenant à grands pas dans les apparte— mens Contigus à sa chambre où sa famille était rassemblée , il ne cessait de s’écrier : « Voyez donc comme je marche !… C’est incroyable! »

J'engageai M. Goguel à ne pas chanter victoire complète; je lui dis que je présumais qu’une ou deux autres applications pourraient encore être nécessaires, et je l'invitai à me faire connaître le lendemain matin, de bonne heure : l'état où il se trouverait, en me prévenant s’il lui convenait de se soumettre sans délai à une nouvelle application que, quoi qu'il advint, je regardais comme utile et même indispensable. |

Le lendemain matin je reçus ce petit mot :

« Paris, le 1°* février 1836.

» Monsieur,

Phases Mon mieux-être est patent; mais j'aurai besoin d'une seconde opération pour compléter ma guérison. Venez donc, je vous prie, ce soir, si vous le pouvez, je vous en serai bien reconnaissant; et si demain je me réveille avec autant de satisfaction qu'aujourd'hui, je n'aurai jamais assez d'éloquence pour.faire apprécier à toutes mes connaissances votre merveilleuse découverte.

» Veuillez agréer, etc.

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