‹ Méthode curative externe des douleurs rhumatismales, goutteuses, nerveuses; des maladies lymphatiques, et des viscéralgies. Affections nerveuses des viscèresChapitre 25 sur 74 · EN · texte numérisé non relu

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et je suppose que ces messieurs en conçurent de la mauvaise humeur, car ils m’adressèrent plusieurs apostrophes chimicophysiologiques, auxquelles je me trouvai dans la nécessité de faire des réponses non moins piquantes que les demandes, et qui ne paraissaient pas, à mon grand regret, satisfaire mes bienveillans argumentateurs. J'aurais même eu beaucoup de peine à capter leurs suffrages, sans la toute puissante inter— vention de M. de Rotschild. Pendant nos savantes dissertations, je pratiquais l’application des remèdes, et le malade coupa court aux démonstrations en affirmant qu’il éprouvait déjà un soulagement notable : quoi qu'il en fût, mes confrères semblaient ne pas partager son opinion; mais ils avaient trop d'usage pour risquer de contrarier un malade tel que M. de Rotschild, et lui dire, ouvertement, ce qu’ils pensaient de mon procédé, qu'ils ne connaissaient pas encore. Les deuxièmes difficultés furent ainsi écartées : je reconnus alors que mes confrères étaient des gens très débonnaires, et que je ne devais pas prendre en mauvaise part des remarques qu'ils faisaient sans doute dans l'intérêt et pour le bien de M. de Rotschild, qui, en définitive, passa une soirée assez amusante et une très bonne nuit, sans souffrir comme d'ordinaire. Le lendemain matin, ce fut moi qui le réveillai, ce dont il ne se plaignit pas, car mes confrères, qui étaient absens, ne purent le dépersuader de l’idée qu’il s’était faite que je lui avais procuré les bonnes heures de repos qu'il avait goûtées,

En tout, je fis trois applications successives de douze en douze heures à M. de Rotschild, après lesquelles, se trouvant mieux, il me remercia et leva Les dernières difficultés en disant au plus ardent de mes interlocuteurs : #arx! quand vous aurez les douleurs dont vous vous plaïgnez quelquefois, je vous conseille de prier le docteur de vous en débarrasser. Cependant M. de Rotschild ne peut pas être certain que je l’aie seulement soulagé, puisque mes très honorables confrères ont déclaré :

Sp Le 1° Que la suspension subite de la douleur était un signe caractéristique des affections nerveuses ;

2 Que le temps avait changé pendant l’application des remèdes, ce qui pouvait avoir eu une influence favorable ;

3 Enfin, qu'ils ne croyaient à la guérison des maladies que lorqu’ils ne les voyaient pas revenir.

Je ne fis aucune objection aux deux premières propositions ; mais à cette dernière, qui me parut plus que hasardée, je ne pus m'empêcher de rire et de demander à mes confrères s'ils avaient déjà guéri des rhumes, des fluxions, des coliques, etc., etc., dont ils aient à tout jamais garanti leurs cliens.

Mais M. le prince de Schonburg, qui avait eu la bonté de parler de moi à M. de Rotschild, m’a assuré que je lui avais été fort utile, et qu’il était très content des soins que je lui avais donnés. Le prince me fit même part d’une observation qu'il avait faite à M. de Rotschild ; mais je dois avoir la discrétion de ne pas la publier.

Quelques personnes ont cru pouvoir, faute d’argument plus spécieux, tirer une conséquence défavorable à ma Méthode curative, de quelques faits assez rares dans lesquels les malades, après avoir été complètement guéris, ont été attaqués de nouveau de leurs douleurs. Je ne pense pas que cette objection puisse être prise au sérieux, surtout après les explications dans lesquelles je suis entré (voyez page 29) : aussi ne da releverai-je pas davantage et me contenterai-je de citer, comme exemple à suivre dans les cas de ces pré— tendues récidives, ce que m'écrivait, il y a quelques années, un médecin distingué de Fontainebleau, qui a eu le bon esprit de ne pas s'étonner qu’en guérissant mes malades je ne leur donnasse pas un brevet d'immortalité :

« Fontainebleau, ce 23 août 1839.

» Monsieur et très honoré confrère,

» M. Tenaiïlle, receveur particulier de notre ville, a fait usage, avec le plus grand succès, de votre Méthode curative pour des affections névralgiques aiguës qu'il éprouvait depuis long-temps. Pendant deux ans il ne s’en est pas ressenti; mais les variations atmosphériques, si propres au développement de ces affreuses maladies, les ayant un peu renouvelées, il redoute le passé. C’est pour cela qu'étant son médecin, je l’engage à reprendre le traitement. J'ai l'honneur de vous prier de me faire délivrer un appareil par votre pharmacien.

» Veuillez agréer, mon très honoré confrère, etc.

» POUMIER, D. M. M. »

Certainement la manière de procéder à l'application des moyens curatifs qui me sont particuliers, entre pour beaucoup dans l'obtention d’un résultat prochainement favorable ; cependant des effets analogues, sinon aussi immédiats, se sont manifestés sur des malades qui n’ont pas cru devoir réclamer l'intervention d’un homme de l'art, et qui se sont traités eux-mêmes. J'en ai déjà cité quelques exemples ; en voici plusieurs autres :

— M. Dubois, habitant Evry-Beauvoir, près Corbeil, vient de m'être adressé par M. l'adjoint au maire de cette commune, qui, le sachant atteint d’une sciatique rebelle, Ini conseilla d’avoir recours à moi, parce qu'il avait eu l’occasion de constater que le sieur Serré, un de ses administrés, s'était guéri d'une maladie semblable par trois applications qu'il se fit lui-même de mes moyens curatifs.

— M. Defontaine, propriétaire à Orbec, département du Calvados, m’a déclaré, dans une visite qu'il vint me faire en passant par Paris, que son épouse, qui depuis long-temps était dans l'impossibilité de vaquer à de très légères occupations, par suite des douleurs extrêmement vives qu’elle

éprouvait, fut opérée par sa femme de chambre avec un tel succès, que le surlendemain de la première application des remèdes, madame Defontaine put sé méttre éh route pour se rendre à Versailles, où des affaires l’appelaient, et cela au mois de février, la saison étant fort rigoureuse.

— Madame la comtesse de Fallois, propriétaire à Paris, rue des Petits-Augustins, n° 32, qui maintenant péut, avec une parfaite connaissance, témoigner des avantages dé ma médication externe, en venant me consulter dé la part de madame de Noinville, habitant Montfort-l'Amaury, m'a communiqué la note suivante qui lui était transmise par cette dame :

«Je voudrais, chère amie, que vous fussiez assez bonne pour aller voir M. le docteur Comet; j'ignore s’il a des jours et des heures fixes. Il prescrit.un traitement extérieur qui est sans danger, et par lequel, au bout de deux ou trois applications et friclions, Eléonore S’est totalement débarrassée d’affreuses douleurs. »

— M. Lheureux, ancien militaire, à Fontainebleau, après s'être traité lui-même pendant moins de huit jours, d’une affection profonde et compliquée d’accidens assez graves, m'écrit, entre autres choses :

« Je voudrais pouvoir proclamer votre nom ici, tant pour prouver à nos médecins et pharmaciens qu'il y a d'autres remèdes que le beau temps pour la guérison de nos maladies, que pour obliger plusieurs camarades, qui ne savent à quel saint se vouer. »

— Enfin, voici encore un résuitat obtenu très promptement dans un casegrave par une personne étrangère à l'art de guérir :

M. Morand, âgé de quarante-sept ans, chef de bataillon au 44° régiment de ligne, à Bordeaux, me fit consulter dans

Le AR les premiers jours de mars 1836, en me faisant remettre la note suivante :

« Malgré que je sois gras et fort, cependant depuis plusieurs années je souffre d'une maladie que M. Gintrac, médecin, jouissant d'une grande réputation dans cette ville, a caractérisée de rumaisme nerveux. J’éprouve continuellement un tremblement par tout le corps, mais plus particulièrement dans les bras, qui s'augmenté lorsque je marche, et quim'occasionne quelquefois des étourdissemens. Des douleurs sont logées dans l’épaule gauche, dans les cuisses, dans les genoux, dans les reins et dans tout le côté gauche. J'ai continuellement dans l'oreille gauche un sifflement, mais sans douleur,

» Le point le plus malade est l'épaule gauche ; ce mal se place souvent à la nuque et au dessous dans le dos: c’est alors que j'éprouve des mouvemens nerveux qui me fatiguent beaucoup plus que le mal, parce que cela me donne des vacillemens et des tremblemens plus désagréables que mes douleurs qui sont plus supportables, malgré qu’elles soient continuelles. »

Je répondis à cette consultation le 8 mars: ainsi M. Morand ne put guère commencer mon traitement avant le 13, et voici ce qu’il m'écrivait en date de Bordeaux, le 20 du même mois :

« Monsieur le docteur,

» Sans pouvoir dire que je ne souffre plus de mon rhumatisme nerveux, cependant depuis que j'emploie votre traitement je me trouve beaucoup mieux, surtout des mouvemens nerveux; ce qui était pour moi la chose la plus insupportable. »

En même temps M. Morand m'invitait à Jui faire expédier : quelques provisions médicamenteuses pour, au besoin, combattre les accidens qui pourraient se manifester de nouveau. Depuis lors il n’a plus eu recours à moi.

Je citerai bientôt d’autres preuves de succès très promptement obtenus par les malades eux-mêmes ou les personnes chargées de leur donner des soins : mais, je le répète, il y à quelques circonstances où la main du praticien exercé est indispensable, ou au moins plus bienfaisante : la mienne a souvent rendu le calme à des malades qui, après de vains efforts, avaient perdu l'espérance de recouvrer leur santé.

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