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le mal ; j'ai reculé devant ce moyen, parce qu'il m'a été proposé après la suppression du vésicatoire dans lequel on paraissait avoir la même confiance; n’en ayant obtenu que de grandes souffrances, j'ai craint que le moxa ne m'amenât pas à un résultat plus avantageux.
» M. Biett, consulté deux fois, conseilla, la première, après plusieurs vésicatoires, l'emploi du stramonium en pilules : mes médecins ne furent point d'avis de m'administrer ce remède. La seconde fois il prescrivit l'usage de bains de vapeur partiels et de douches en arrosoir; puis des bains d'eaux thermales, comptant sur un résultat tout-à-fait heureux à la suite; mais je n’obtins pas ce résultat, et comme il avait néanmoins prévu ce cas, il avait prescrit en outre l’acupuncture, le marteau de Mayor, et en était revenu à l'emploi du stramonium, dans le cas où ces remèdes seraient sans effet. Mes médecins ont toujours refusé de le mettre en usage, le trouvant trop violent.
» Le temps sec et chaud me fait presque toujours mal, tandis qu'une pluie douce d'orage m'apporte toujours un mieux; je souffre généralement plus l'été que l'hiver, Cependant le signe précurseur de mon mal est toujours un froid glacial dans, la jamhe, souvent suivi d'une chaleur brûlante; l'impression de l'air me fait mal, mais, si je n°y suis pas exposée, je ne souffre pas d’une température froide. [IT y a des instans où la partie malade est très sensible au toucher; d'autres où, quoique souffrant beaucoup, je ne sens rien extérieurement. Le travail assidu, écrire ou calculer longtemps, surtout le soir après avoir mangé, me donne quelquefois cette chaleur et ce battement dont j’ai parlé plus haut, et fait que je souffre davantage le lendemain. Si quelque chose m'agite ou m'occupe , le même malaise se fait sentir. Je trouve que le mal va toujours croissant; dans le principe, je ne souffrais que depuis le haut de la cuisse jusqu’au talon, maintenant cela s'étend tout autour de la hanche, même sur le côté du ventre, fortement dans les reins, quelquefois dans le genou et dans le pied. Le mouvement dont je souffre le plus est de tourner la jambe en dedans; dans les crises les plus fortes, je ne pouvais la supporter que posée en dehors et couchée sur mon mal; c'était la position que je pouvais garder le plus long-temps. Depuis deux mois à peu près, je ne sais plus laquelle tenir au lit, j'y souffre horriblement et ne peux m'y tourner sans me mettre sur mon séant, ou me glisser doucement en appuyant la tête fortement. L'un et l’autre mouvemens me sont très pénibles et m'occasionnent toujours une douleur égale dans chaque rein. Le moment où je me lève est très douloureux.
» L'opinion de M. Biett était, lorsque je l'ai consulté, que c'était une simple névralgie; mon médecin d'ici, ayant été à même d'étudier plus long-temps mon mal, croit qu'il y a complication et que les muscles sont malades aussi. Du reste, pendant le cours de cette maladie, je n’ai éprouvé aucun changement, ni pour mes rêgles, ni pour aucunes fonctions ; mon appétit, ordinairement bon, a continué à être le même tant que les douleurs n'étaient pas trop aiguës. J'ai perdu un peu de mon embonpoint dans mes longues souffrances, mais je l'ai regagné même au delà, ce que j'attribue au
manque d'exercice; je suis forcée, ne pouvant marcher, de mener une vie sédentaire. Je travaille presque toujours et j'en souffre quelquefois, mais la distraction que le travail me produit m'est, je crois, nécessaire, étant naturellement d’un caractère assez triste, porté à la mélancolie : de longues peines souvent concentrées ont ajouté à cette mélancolie que l'occupation diminue toujours. Je souffre encore quelquefois de l'estomac, je crois avoir souvent besoin de manger, et, après l'avoir fait, le même besoin se fait sentir ; puis j'ai presque toujours froid, ce qui augmente mes crispations d’estomac. Malgré tout cela, j'ai l'extérieur d'une personne qui se porte bien : grasse, bon teint, quoique je passe toujours de mauvaises nuits, faisant des rêves affreux et souffrant dans presque toutes les positions. Mes habitudes sont très régulières, je me lève ordinairement de bonne heure et me couche tard.»
Il n’était pas facile, malgré les détails si clairs , si précis, contenus dans cette relation, de caractériser la nature de laffection. Etait-ce une sciatique, une maladie de l’articulation coxo-fémorale, un rhumatisme musculaire? Je crois qu’il y avait un peu de tout cela.
Cependant la gravité des accidens réclamait impérieusement l'emploi d'une médication puissante, et j'eus lieu de m'étonner que le cas fût réputé incurable, puisqu’en désespoir de cause, selon les expressions de M. Lehec {voir plus haut sa lettre), on n’attendait plus la guérison que du repos et du temps. Mais, pour moi, les moyens qui constituent ma médication externe étaient parfaitement indiqués; je n’hésitai pas à en proposer l'usage, et la malade, dont je n'eus pas de nouvelles pendant plusieurs mois, les employa sinon avec la persévérance qui était nécessaire, du moins avec une intelligence qui lui fit obtenir une amélioration notable et constatée par la lettre suivante, qu’elle m'adressa plus de six mois après le traitement.
« Epinal, le 27 mai 1837, » Monsieur,
» Depuis long-temps j'avais le désir de vous mtormer ues resultats que j'ai obtenus de l'emploi de votre remède ; des occupations successives m'en ont empêchée, aujourd’hui j'en trouve l’occasion et je la saisis avec empressement. Dans les premiers momens je n'en avais pas obtenu la satisfaction désirable et espérée; mais à
force de répéter l'opération, je supportais les boules tellement chaudes, que ma jambe s’en trouvait non seulement échauffée dans le moment, mais encoré pour toute la journée, ce qui me faisait un grand bien, et depuis ce temps elle n'a plus été glacée comme avant. Enfin j'ai passé un hiver fort satisfaisant; je ne doute pas que je ne doive mon mieux-être à votre traitement; de Lous ceux auxquels j’ai été soumise, c’est celui qui m'a apporté le plus de soulagement, je me fais un plaisir de vous en faire part. Je ne suis cependant pas entièrement guérie; je suis obligée de prendre toujours beaucoup de ménagemens : la moindre fatigue ramène les douleurs, mais elles sont de moins de durée ; une nuit suffit pour me remettre, tandis que, précédemment, il me fallait deux ou trois jours de repos absolu. La douleur des reins, qui était si insupportable au lit, est disparue entièrement.
» J'ai fait l'application du remède pendant cinq semaines environ sans discontinuer : il y a de cela six mois à peu près; je l'ai cessé au bout de ce temps à cause de la mauvaise saison (1). Pendant cet intervalle je me Suis fréquemment frictionnée avec le baume, qui me fait toujours beaucoup de bien. Maintenant je vais reprendre complètement le traitement, et-j'espère que cette fois j'aurai un plein succès ; je prolongerai l'emploi du remède encore plus que la première fois, afin d'y réussir.
» Veuillez agréer, etc.
» F. LEHEC. »
Depuis lors je n'ai reçu des nouvelles de la malade que par une dame qui, à la fin de septembre 1837, vint de sa part à Paris faire une provision de remèdes , et qui m'apprit que madame Lehec se trouvait fort bien, mais qu’elle pratiquait de temps en temps quelques frictions pour entretenir les avantages obtenus. L'année dernière (1842), j'ai eu le plaisir de recevoir la visite de madame Lehec elle-même, qui a bien voulu venir me témoigner sa satisfaction. Cette dame se porte actuellement très bien, et s’est fixée à Paris,
(1) C’est un préjugé que généralement je n’ai pu vaincre, cette croyance dans laquelle sont tous les malades, que les applications doivent être suspendues pendant la mauvaise saison. La seule mauvaise saison est celle où l’on souffre; cependant beaucoup de personnes se résignent à supporter leurs maux en attendant ce qu’elles appellent l’époque la plus favorable au traitement, et elles se mettent par leur faute dans des conditions plus défavorables au succès, en laissant aggraver les accidens qui, par leur permanence, altérent la sensibilité des tissus. (Voir l’appréciation de l’efiiracité de la Methode, pages 27 et suiv.)
= — où elle habite maintéhant avec Son mari, avocat, rue de Richelieu, n. 105 bis.
Je crois devoir citer encore ici un fait très remarquable de la rapide et salutaire influence de la médication externe. C'est en présence d’un habile praticien, neveu du célèbre Portal, le docteur Cornac, médecin des Invalides et membre de l'Académie royale dé médecine, que cette observation a été recueillie,
M. Deliège était atteint d’un rhumatisme nerveux aigu qui occupait tout le membre inférieur droit, depuis la hanche jusqu'aux extrémités des orteils. Les douleurs étaient si vives, que le malade se trouvait dans l'impossibilité absolue de faire le moindre mouvement, et, depuis plus de quinze jours, il était fixé dans son lit sans pouvoir changer de position. M. Deliège avait épuisé toutes les ressources de la médecine propres à combattre la douleur. M. Cornac lui donnait des soins de tous les instans ; il n’était pas sculement son médecin, mais son ami et son beau-frère. Cependant il ne put parvenir, par aucun remède, à calmer des souffrances qui étaient d'autant plus intolérables, que le simple attouchement causait de véritables angoisses au malade : et que le plus petit froissement des draps et des couvertures Jaï arrachait des cris. :
J'ai déjà dit (voir l’Expose de la Méthode) que dans les rhumatismes aigus et dans les accès violens de goutte, l’état d'exaltation de sensibilité de la peau ne permettait pas toujours l'application facile des moyens curatifs, et qu'alors on ne pouvait exiger que leur efficacité fût la même. En effet, pour faire pénétrer un agent médicamenteux à travers les pores du derme, il faut au moins qu’on puisse étendre à sa surface le remède convenable. Dans le cas dont il s'agit, il n'en Clait pas ainsi : néanmoins , avec beaucoup de précauüons, de ménagemens et une grande patiénce , je parvins, au bout d’une heure, à modifier la sensibilité de la peau de
telle manière , qu’en terminant, je pus opérer les frictions et le massage presque aussi aisément que dans les cas ordinaires. Enfin, M. Deliège se trouva si notablement soulagé, qu’il put immédiatement se lever et traverser sa chambre pour s'étendre sur un canapé; calme précieux, dont on profita pour refaire son lit, auquel il n’avait pas été possible de toucher depuis quinze ou vingt jours.
Je me borne à constater une victoire remportée contre la douleur jusqu'alors invincible ; je n’ai fait qu’une seule application. Le malade a continué à recevoir les soins de M. le docteur Cornac ; et si j'ai présenté cette observation incomplète, de préférence à une autre plus probante, c’est que, comme les précédentes, elle m’apporte le contrôle et le témoignage d'un praticien très distingué , juste appréciateur des faits et des circonstances dans lesquels ils ont été déterminés. D'ailleurs, en raisonnant par analogie, il est facile de se faire une idée de l’importance d’une méthode thérapeutiqne aussi simple et aussi active.
En 1836, M. Goguel, dont j’ai rapporté la guérison extraordinaire (page 62), me recommanda M. Debergue, mécanicien, rue Grange-aux-Belles, 19, qui était affecté, comme il l'avait été, d’une sciatique profonde et très douloureuse. Je fis une quinzaine d'applications à M. Debergue, après lesquelles, malgré la résistance du mal, il en était tout-à-fait débarrassé ; et le succès a été tellement prompt, que, malgré Ja nécessité de continuer avec régularité le traitement pour éviter une récidive, je trouvai plusieurs fois M. Debergue absent de chez lui lorsque je m'y rendais pour lui donner des Soins.
Voici un nouveau cas de sciatique qui n'est pas moins concluant, et qui a encore cet avantage qu’il est constaté par un honorable médecin, puisque c’est d’après ses propres con-
Lune Le stils que le malade a mis en usage ma médication , sans recevoir mes soins directement.
Le 19 mai 1840, M. le docteur Lamothe, exerçant à la Réole, département de la Gironde, m’adressa la lettre suivan(e :
« Monsieur et très honoré confrère,
» Une personne des contrées que j'habite, atteinte depuis longtemps de douleurs rhumatismales nerveuses, fixées plus particulièrement sur l'articulation iléo-fémorale, sur la cuisse et sur la jambe, atteinte en un mot d’une douleur sciatique et d’une névralgie fémoro-poplitée, à usé inutilement de tous les moyens connus. Le résultat de chaque nouveau remède a été presque toujours nul; parfois seulement, mais encore bien rarement, il n’a eu que le bénéfice d'un soulagement léger et de courte durée. Il vient aujour- . d’hui, par mon organe, chercher dans la Méthode curative externe créée par vous, ce qu'il n’a pu se procurer jusqu'ici. Les succès nombreux qui ont couronné son emploi donnent à mon malade, comme à moi, l'espoir fondé qu'il pourra, lui aussi, participer aux heureux résultats d'un traitement dû à vos savantes et profondes méditations. Il vous supplie, en conséquence, de vouloir bien lui faire envoyer, à mon adresse, tout ce qui constitue un appareil dolorifuge ordinaire, etc. »
Mon pharmacien expédia tout de suite les objets demandés, et dès le 8 juillet, c’est à dire un mois et demi après, je reçus de M. le docteur Lamothe cette agréable lettre :
« Monsieur et très honoré confrère,
» J'ai l'honneur de vous annoncer que le malade pour lequel vous eûtes la bonté de n'expédier, il y a quelque temps, tout l’appareil dolorifuge que je vous avais demandé, à éprouvé, dès les premiers momens de lemploi de vos remèdes, un soulagement qu'il avait en vain cherché dans l'usage de tous les autres moyens qui lui avaient été indiqués. Sa guérison, certes, n'est pas encore radicale, mais son soulagement est tellement positif, qu'il veut persister plus que jamais à suivre le traitement indiqué par vous. C’est dans ce but, Monsieur, qu'il vient par mon organe vous supplier de lui faire faire l'envoi d’une bouteille d’eau réactive et d’un flacon de baume névropathique, et qu'il vous recommande de ne mettre aucun retard dans cette expédition, afin que le traitement puisse être suivi sans aucune interruption, etc.
» Daignez agréer l'assurance des sentimens, ete., ete, » Le docteur LAMOTHE, »
ie, TE: dur NÉVRALGIES ANOMALES.
On désigne, sous ce nom, les douleurs nerveuses non circonscrites dans certaines régions, se prolongeant par irradiation, et ne paraissant pas avoir leur siège exclusivement dans le trajet d’un seul nerf.
Le 1% février 1836, vers midi, M. Delagenette, hôtel de Londres, rue de l’Échiquier, vint instamment me prier de vouloir bien me rendre auprès de sa fille, qui éprouvait une crise très violente d’une affection nerveuse à laquelle elle était en proie. Les soins de MM. les professeurs Fouquier, Marjolin et autres praticiens célèbres avaient tous été infructueux : M. Marjolin avait même insisté pour qu’on s’abstint désormais de tous médicamens, et que la maladie fût abandonnée à elle-même. Ce conseil était sage, car, sous l'influence des remèdes, les accidens, au lieu de s’amender, paraissaient sexaspérer. Mais mademoiselle Delagenette éprouvait un accès tellement violent, que son père accourut bien vite chez moi et me força en quelque sorte à l'accompagner. Obligé d'agir spontanément, et sans avoir pu apprécier la nature du mal, je savais ne pouvoir aucunement aggravyer la position de la malade. Je m'étais muni d’un appareil dolorifuge, et je m'empressai d'essayer de ramener le calme par une application minutieusement faite. Les régions de la tête, de la face et du cou étaient le siège des tortures. Il me fallut opérer depuis l'angle interne de l'œil jusque dans le conduit auditif : mais J'obtins, en moins d’une demi-heure, une rémission marquée des douleurs, et au bout d’une heure le calme était si complet, que mademoiselle Delagenette avait recouvré sa gaité ordinaire, et que je pus, ce jour-là, dimanche-gras , l’autoriser à aller jusqu’au boulevart voir passer les masques. Plus de deux mois après, je reçus des nouvelles de mademoiselle Delagenette par une malade qui me vint de sa part;
Sel Vds elle n’avait point eu de rechute, et il n’est pas à ma connaissance qu'elle en ait éprouvé depuis.
Un cas presque semblable et un succès non moins extraordinaire me sont échus il y a plus de cinq ans. Madame de l’Aubépin était depuis long-temps torturée par une névralgie irrégulière, se manifestant tantôt dans les épaules et les bras, le cou et le dos, la tête et la face. Sous l'influence la moins appréciable d’une variation de la température de l’atmosphère ou de l'impression physique ou morale la plus légère, elle était atteinte de douleurs intolérables, tantôt sur un point, tantôt sur l’autre.
Ne trouvant aucun allègement à ses souffrances, qu’elle attribuait surtout à l’abaissement de la température , madame de FAubépin se fit transporter à l'établissement des Néothermes, dont toutes les dépendances sont maintenues à un degré de chaleur élevé et toujours égal; c’est là que je fus appelé, le 6 avril 1836, pour lui donner des soins. Il est à la connaissance de toutes les personnes qui séjournaient alors aux Néothermes, parmi lesquelles je rencontrai M. Charles Maurice, rédacteur du Courrier des Théâtres, que madame de lAubépin fut amenée dans un état vraiment affligeant à voir. Cependant, par une seule application de la vsporisation simple et balsamique que je pratiquai sur la figure et les régions alors affectées, je maitrisai bien vite tous les accidens, et madame de l’Aubépin, qui, peu d’instans avant mon arrivée , était dans une espèce de délire, reprit, comme par enchantement, l’usage des aimables facultés qui la distinguent. Je fis demander M. Fouquier neveu, jeune médecin attaché à l'établissement, et j’opérai devant lui. I fut si étonné des phénomènes qui se manifestaient sous l'influence de la médication externe, qu’il me demanda s’ils n'étaient pas plutôt le résultat d’une action magnétique que médicamenteuse.
EX Je le mis bientôt à même de vérifier par lui-même le mode d'action de mes agens curatifs.
Enfin, madame de l’Aubépin fut radicalement délivrée des douleurs atroces auxquelles elle était en proie. J'ai reçu de M. de l'Aubépin, quelques mois après la guérison de son épouse , une lettre qui se termine ainsi : <
« Vous apprendrez avec plaisir que ma femme n’a pas éprouvé ses douleurs névralgiques depuis que vous l'avez guérie; aussi vous rend-elle grâce tous les jours, elle vous envoie, ainsi que moi, bien des malades.
» Recevez, monsieur le Docteur, une nouvelle assurance de ma reconnaissance,
» DE L'AUBÉPIN.
» 4° Août 1836. »
Madame Heary, demeurant à Paris, rue de la Chausséed'Antin , à l'ambassade belge, atteinte de douleurs nerveuses ayant leur siège au côté droit de la face et du cou, se rendit un soir chez moi pendant toute la violence d’un accès. J'étais absent; mais, convaincue par plusieurs faits parvenus à sa connaissance, que je pourrais la soulager, elle m’attendit fort long-temps. À mon arrivée, je m’empressai de réaliser ses espérances en lui faisant une application méthodique et prolongée de la vaporisation, suivie de frictions et massages secs et balsamiques. Les douleurs cessèrent comme dans les cas rapportés ci-dessus, et madame Henri se reudit chez elle à pied, sans éprouver le moindre malaise. Ayant continué pendant quelques jours seulement l'emploi de la médication, sa guérison était complète.
En 1838 , le sieur Henry, à cette époque concierge de la maison n° 5, rne Louis-le-Grand, et demeurant actuellement rue du Bac, éprouvait une de ces horribles névralgies faciales, qu'on désigne assez généralement sous le nom de tic douloureux de la face. Cette maladie, pour laquelle le doc-
re ee
teur ***, qui habitait la maison même dont le sieur Henry était le concierge, lui avait donné des soins, avait résisté à tous les moyens connus et était considérée comme incurable ; cependant quelques jours de traitement par ma médication ont sufi pour le guérir complètement.
C’est surtout dans les affections qui ne sont que de simples névroses , malgré les accidens d'une gravité moins réelle qu'apparente, quiaccompagnent ces lésions de l'innervation , que la Méthode curative externe a des résultats prompts et décisifs. Le fait suivant en est une preuve contre laquelle viennent échouer les plus subtils raisonnemens :
En1836, mademoiselle Duney, àgée alors de quatorze ans, et demeurant chez ses parens, hôtel d'Artois, rue Lafiitte, était depuis long-temps en proie à une affection nerveuse, véritable hystérie commençante, qui la plongeait dans un état habituel de faiblesse extrème. Il y avait chez elle décoloration complète de la peau, et une susceptibilité si grande, que la moindre émotion déterminait une crise violente. Dans le cours de cette crise, elle perdait presque entièrement connaissance , et ne revenait à elle que pour être en proie aux plus vives douleurs, qu’elle ressentait particulièrement dans la tête et à la face. Cette jeune personne recevait habituellement les soins d’un médecin, membre de l’Académie royale de médecine. Mais la maladie avait résisté aux traitemens les plus habilement dirigés, et on n’espérait plus, pour le retour à la santé, que dans la secousse qu'éprouve ordinairement l'économie au moment où les organes, et particulièrement ceux qui sont les attributs de la femme, touchent au dernier terme de leur entier développement,
Mademoiselle Duney, se promenant un jour sur le boulevart Montmartre, fut tout à coup prise d’une crise tellement violente, que sa mère, qui laccompagnait, fut obligée de l’entrainer dans un magasin où elle reçut les soins que les
RS circonstances permirent de lui donner. Amenée immédiate ment chez moi, sur l'indication du propriétaire de ce magasin, et dans une situation encore profondément affligeante , je n’eus pas de peine à reconnaître la nature de son mal, et je conseillai de suite l'emploi des moyens qui constituent ma médication externe, n’osant toutefois promettre que du soulagement. Cependant les accidens furent promptement dissipés, et, grâce à la persévérance que l’on mit dans l'usage des applications qui furent faites régulièrement pendant trois semaines , ainsi que je l'avais recommandé, mademoiselle Duney recouvra une santé parfaite.
Le 15 mars 1836, M. James de Rotschild me fit inviter à l'aller voir le plus tôt qu'il me serait possible. Je me rendis à son hôtel le même jour vers.quatre heures après midi. Je trouvai auprès de lui deux médecins, dont l’un, M. Marx, me donna des renseignemens sur la nature des douleurs qui tourmentaient M. le baron James, en m'invitant à reconnattre que ce genre d'affection était incurable. L'expérience me défendait de me rendre au désir vivement manifesté de mon confrère; mais je ne fis aucune difficulté de mettre en doute avec lui le succès du traitement , d'autant moins que les efforts des plus habiles praticiens avaient déjà été impuissans pour calmer les souffrances que M. de Rotschild éprouvait depuis le coude jusqu’au petit doigt. Cependant je fis remarquer qu'il n’y avait que de l’avantage pour le malade à essayer l'influence de ma médication. M. James, qui est un homme de beaucoup d'esprit, m'aida considérablement à obtenir l'assentiment de mes confrères en déclarant que, pour nous mettre d'accord, il allait appeler un médecin homæopathe. Alors toutes les premières difficultés furent levées : je fixai pour le soir la première application, et j'invitai mes confrères à y assister.
J'eus le malheur de me faire attendre quelques minutes,