CH. LIMBOURG
Enfin, à deux mois de date de la réception de la lettre cidessus, le 30 août, M. Limbourg, ayant entrepris le voyage de Paris, est venu me remercier. Ce vieillard était entièrement débarrassé des souffrances auxquelles il avait été en proie pendant plus de trois ans, et me disait avec une joie
— 41h — indicible, qu'il se sentait rajeuni de trente ans, que le trans port en voiture ne l'avait aucunement fatigué. H est resté plusieurs jours à visiter à yilleet :est reparti pour la Belgique dans un état de parfaite santé. « : |
Sans rapporter les accidens qui caractérisaient l’état grave. dans lequel se trouvait une dame traitée par le docteur Bellaud, à Vérrières, près de Poitiers (Vienne), il nous suffira, pour faire apprécier l'efficacité de la médication externe mise en usagé dans ce cas, de citer quelques passagés de la correspondance de notre confrère :
« Verrières, le 8 mars 1842.
» Monsieur et honoré Confrère,
» Je vous disais, dans ma première lettre, que ma malade, âgée de quarante-six ans, d’une forle constitution, sanguine, très replète, avait éprouvé, il y a sept anis, les premières douleurs rhumatismales ; que tous les moyens connus jusqu’à ce jour avaient été mis én usage sans le moindre succès; qu’enfin toutes les articulations étaient prises et presque privées de mouvement.
» Votre remède, appliqué aux membres inférieurs d’abord, a produit de la diminution dans tous les symptômes. Le gonflement a diminué, les. douleurs se sont apaisées, et la pauvre malade commence à étendre un genou qui était resté ployé depuis cinq ans. » :
Six semaines après, le 25 avril, le docteur Bellaud nous adressait ces lignes :
« Notre malade a obtenu de nouveaux avantages de la médica-
tion externe ; elle peut se servir de ses bras et de ses mains; l’intérieur va bien : plus de vomissemens ni de douleurs, etc. »
Enfin, je terminerai par un exposé sommaire de faits qui déposent en faveur de ma Méthode curative dans les affections rhumatismales, quand élles ont passé à l’état le plus chronique, et ont pris, par la continuité de la douleur, le caräctère d’une véritable névralgie. Cette observation
west fournie par un habitant de Furnes (Belgique), qui m'écrivait le 1* novembre 182 : |
« Monsieur,
» y à environ deux mois que je vous ai demandé un volume traitant de votre médication pour la guérison des maladies chroniques. En le feuilletant, j'ai trouvé des cas tout-à-fait analogues à celui qui m'affecte, et que je crois devoir appeler lé gravedo. *
» Depuis douze ans je suis sujet à des douleurs dans la tête, et suriout dans les enveloppes du crâne et dans la nuque. Le mal devient ordinairement plus aigu à l'approche des mauvais temps et dans les longues applications de l'esprit. Pour vous donner une idée un peu nêétte de mon état, je vous en férai l'historique. de suis clerc de notaire depuis l’âge de dix-sept ans, et j'en ai trenteun. Impressionnable, j'étais à dix-huit ans d’un tempérament sanguin et d’une constitution forte, d’un caractère Sombreet mélancolique, me livrant alors beaucoup aux applications de l'esprit; je devenais sujet à des indigestions, à des chaleurs dans la tête et dans l'estomac, suivies de vomissemens ainsi que de douleurs sourdes dans le cerveau. La diarrhée me dura près de deux ans : je devenais faible, décharné, et tombais dans un état d’'inaptitude de travail intellectuel et physique. Alors j'ai quitté mes occupations de bureau, et j'ai vécu inactif pendant deux ans à la campagne. Ayant un peu rétabli mes forces physiques, j'ai repris mes 6Ccupation de bureau; je suis redevenu assez fort et bien portant, sauf le mal chronique de la téle qui occupait particulièrement le crâne, les tempes et Le front, donnait de fortes chaleurs à la figure et occasionnait de fréquentes hémorrhagies. Dans cet état de choses, j'ai consulté beaucoup de médecins, j'ai essayé beaucoup de remèdes : quelques uns n’ont rien produit, d’autres ne m'ont qu'un peu soulagé. Un vésicatoire que j'ai porté pendant six mois à la nuque, et dix-huit mois ou deux ans au bras gauche, n’a eu d’autre résultat que de faire descendre un peu le mal du cerveau jusque dans le derrière de la tête et dans la nuque, où je souffre maintenant presque continuellement. Pendant la nuit, j'ai des tintemens et du sifflement dans les oreilles, et j'ai perdu presque totalement l'odorat. yE12
» Avec ces données, je pense, Monsieur, que vous pourrez découvrir la cause de mon mal et déterminer les partiés de mon corps sur lesquelles il faudra opérer. J'ai l'espérance que votre Méthode pourra me rétablir totalement, etc., etc.
» N. VANDERHEYDE, ». M° clerc de notaire, à Furnes. »
Quelque ancienne que fût cette maladie, qui révélait, comme on Je voit, autant la forme d’une névralgie que d’un rhumatisme, je partageai l'espérance du malade et la basai
principalement sur les succès que j'ai obtenus dans plusieurs cas de douleurs épicraniennes transcurrentes ou fixes. Je fis en conséquence expédier à M. Vanderheyde les objets nécessaires à son traitement, et lui conseillai de faire les applications sur la tête, la nuque et la colonne vertébrale, alternativement, soir et matin, etc., etc. Voici ce qu'il m'écrivait sous la date du 14 décembre :
« J'ai recu votre lettre, ainsi que la caisse contenant l'appareil nécessaire à votre traitement externe. Voici comment je l'ai employé, ete., ete. En sômme totale, je me sens beaucoup mieux depuis que j'ai fait l’application de ce traitement. Les rhumes de cerveau m'ont totalement quitté, je ne saigne plus du nez; les douleurs nerveuses dans les enveloppes de la tête n’ont cependant pas encore complètement cédé, mais elles diminuent ainsi que le tintement dans les oreilles... Je ressens une heureuse influence de votre médication sur toute mon organisation, et j'espère qu'avec encore un peu de persévérance je pourrai me rétablir totalement. Aussi suis-je bien décidé à poursuivre, etc., etc. »
Enfin la dernière lettre que j'ai reçue de ce malade, le 9 février, contient ces phrases si formelles :
« Je continue à éprouver de l'amélioration de votre traitement externe. Comme je n’ai plus d’hémorrhagies depuis que je l’emploie, mon embonpoint est sensiblement augmenté, et mes couleurs deviennent plus vives. J'espère qu'avec la belle saison et encore un peu de persévérance tout sera fini. »