‹ Méthode curative externe des douleurs rhumatismales, goutteuses, nerveuses; des maladies lymphatiques, et des viscéralgies. Affections nerveuses des viscèresChapitre 32 sur 74 · BATLLOU DE LA BROSSE · texte numérisé non relu

BATLLOU DE LA BROSSE

» À Bigny-Monbrun, près Thouars. »

En 1837, M. Teissier, âgé d'environ trente ans, demeurant rue de Buffon, n. 9, a été atteint d’un rhumatisme très intense et très profond, danis les reins et les hanches, qui s'était déjà manifesté depuis long-temps dans les cuisses. À cette époque, les douleurs devinrent intolérables et empéchaient le malade de vaquer à ses occupations. Tous les moyens mis en usage ayant été sans efficacité, M. Tessier eut recours à moi, et au bout de quelques jours, pendant lesquels jé lui fis trois ou quatre applications, il fut complètement guéri. Depuis cinq ans il n’y avait pas eu de récidive: mais, dans le courant de décembre 1841, M. Tessier est venu me-demander des conseils pour une douleur qui commençait à se manifester dans une épaule. Malgré le peu d’ importance des âccidens, comme ce malade est très prédisposé aux rhumätismes, je lai engagé à mettre en usage la médication qui déjà lui avait si bien réussi, ef à ne pas attendre le développement de plus fortes douleurs pour se débarrasser de la cause qui les engendrait, M: Teissier à suivi exactement mon avis et s’en est parfaitement trouvé. ,

Si l’on supposait que la médication externe n’a d’efficacité que sur les malades dans la force de l’âge, et chez lesquels la sensibilité n’a souvent besoin que d’être peu pro= fondément modifiée pour reprendre $on rhythme normal, je rappellerais l'observation de guérison dé M. Lestourmi, page 105, et celle de M. de C..., page 46, et la note dont je l'ai accompagnée ; mais le fait suivant, que je éhoisis surtout à cause de sa date récente, prouve que ni l'ancienneté de l'affection, ni Fâge avancé du malade ne sont des contre-

indications à l'emploi de la Méthode. Je laisse parler la personne qui fait le sujet de l'observation et qui m'écrivait, à la fin de mai 1842, ce qui suit :

« Monsieur,

» Depuis trois ans je ressens en bas des reins une assez forte douleur lorsque. je veux marcher, ce que je ne puis faire. que courbé, et la douleur est beaucoup plus forte lorsque je veux me redresser ; je la ressens alors jusque dans le bas-ventre, et, pour peu que je marche, les cuisses et. les jambes me font mal, et je sens une tellé lassitude que je suis obligé de me reposer. Quand je suis assis ou couché, je ne sens aucune douleur, je n’en éprouve que lorsque je veux marcher. J'ai suivi trois ans un traitement homæopathique, j'ai fait des frictions de toute espèce, j'ai pris des bains, des douches d’eau froide; rien ne m'a soulagé. Depuis quinze jours je frictionne la partie douloureuse avec de leau-de-vie dans laquelle j'ai fait fondre du sel. J’abandonne aujourd'hui ce remède qui n’a fait aucun effet. Enfin on me conseille les bains sulfureux d'Aix-la-Chapelle, et je m'étais décidé à essayer :ce nouveau remède lorsque. j'ai eu connaissance de votre Méthode curative. Je me suis procuré l'ouvrage qui en contient le développement, et, après lavoir lu, j'ai acquis la confiance et l'espoir que si elle ne me guérissait pas radicalement, je pourrais au moins en espérer du soulagement, car j'ai trouvé dans votre ouvrage des guérisons de douleurs semblables à celles que j'éprouve, et opérées sur des malades qui n'étaient guère moins âgés que moi, car j'ai soiæantedix-huit ans, etc.

» Veuillez done, Monsieur, me donner votre avis, el si vous croyez que vos. moyens puissent me soulager, je me rendrai de suite à Paris, au lieu d'aller à Aix-la-Chapelle. Comme j'avais le projet de partir dans huit ou dix jours, je vous serais très reconnaissant de vouloir bien me répondre de suite; vous obligerez voire, etc.

» CH. LIMBOURG , » Rentier, à Ath (Belgique). »

Quelque convaincu que je fusse, par expérience, de l’eflicacité de ma Méthode en pareille circonstance, j'avoue cependant que le grand âge de M. Limbourg et l'ancienneté de sa maladie m'engagèrent à être fort réservé dans mes promesses. Aussi le détournai-je de l’idée qu'il avait de faire le voyage de Paris, et me contentai-je de lui conseiller d’essayer chez lui-même ma médication, en se reposant du soin de son application sur une personne zélée et intelligente à

laquelle j'en indiquerais tous les détails par correspondance. M. Limbourg ayant suivi: cetravis que me dictait la prudence, je lui fis expédier les objets nécessaires à son traitement, et dès le 23 juin il m’écrivait :

« Monsieur,

» J'ai recu le 47 courant la caisse avec les médicamens et autres objets que vous m'avez fait énvoyer. Dès le lendemain 18, j'ai commencé à les mettre en usage; j'ai suivi le mode d'application avec la plus scrupuleuse attention, matin et soir, pendant une heure et plus. Jusqu'au 22 je n’ai réssenti aucun soulagement ; hier et aujourd’hui seulement je ressens un mieux très prononcé, ce qui me donne le plus grand espoir qu’en persévérant je parviendrai, sinon à une guérison complète, du moins à rendre mes douleurs supportables. »

Les résultats ont de beaucoup dépassé les espérances de M. Limbourg, et cela dans un espace de temps bien court, car, à quelques jours seulement d'intervalle de la lettre qui précède, il m’adressait celle-ci :

« Ath, 27 juin 1842.

» Monsieur,

» Je vous annonce avec bien de la satisfaction que mes douleurs sont presque entièrement passées; je puis me redresser et ne suis plus réduit à me tenir courbé. La lassitude que je ressentais dans les cuisses quand je marchais, et qui m'obligeait de me reposer après quelques minutes de marche, se dissipe également. J'ai fait hier près d’une demi-lieue sans être fatigué, sans même avoir eu besoin de me reposer... J’ai eu tout le temps du traitement le ventre libre; depuis quelques jours il m'est survenu sur les reins une quantité de petits boutons qui m'occasionnent par momens de grandes démangeaisons, etc. ,

» Agréez l'assurance de toute ma reconnaissance, etc., etc.

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