‹ Méthode curative externe des douleurs rhumatismales, goutteuses, nerveuses; des maladies lymphatiques, et des viscéralgies. Affections nerveuses des viscèresChapitre 36 sur 74 · PARENT · texte numérisé non relu

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» Employé des douanes, etc. »

. Quelque compliquée que fût l'affection de ce malade, il élait bien évident qu’il ne réclamait mes avis que pour l’engorgement douloureux du membre inférieur droit; et, de l'appréciation des circonstances au milieu desquelles était survenu cet engorgement, il résultait pour moi que, n'ayant d'autre cause qu'une atonie des vaisseaux Iymphatiques qui les empêchait de réagir contre le poids des viscères superposés, le plus pressé était de relever la force contractile de ces vaisseaux , indication que remplit si promptement ma Méthode curative : je m’empressai donc d'adresser mes conseils et de faire expédier à M. Parent les objets nécessaires au traitement. Un mois ne s'était pas écoulé que je reçus de ses nouvelles en ces termes : |

« Marseille, le 8 juin 1842.

» Monsieur,

J'ai reçu depuis des nouvelles de M. Parent, qui m'ont

confirmé les avantages obtenus, sous le rapport de la disparition des douleurs et de l’engorgement lymphatique.

Voici un des cas pratiques qui ont principalement fixé mon attention sur le parti avantageux que je pouvais tirer de ma Méthode curative externe, dans les affections qui dépendaient manifestement d’un trouble profond dans la circulation lymphatique ; mais un cas qui prouve aussi que, pour être complètement efficace dans ces circonstances, ce traitement a besoin d’être employé avec persévérance et même recommencé si, après la disparition des symptômes, il en survenait de nouveaux à une époque plus ou moins rapprochée.

Un officier supérieur du génie, M. le colonel Blanc, directeur des fortifications de Besançon, m'écrivait sous la date du 22 avril 1836 :

« Monsieur,

» J'ai fait venir votre brochure sur l'emploi d’une Méthode curative externe des maladies résultant d’une altération de la circulation lymphatique, et je pense fort que les frictions que vous indiquez doivent me convenir. Je vous prie, en conséquence, de me faire envoyer les remèdes que vous prescrivez dans ces maladies. Je marche bien difficilement, par suite d’un engorgement dans le mollet droit. La douleur a commencé le 16 janvier dernier, et a été augmentée par la goutte qui m'est survenue à l’orteil du même pied le 26 du même mois, et qui m'a quitté il y à vingt jours; mais les engorgemens survenus dans le mollet persistent quoiqu'ayant varié de place. C’est la première fois que j'ai la goutte ainsi que les engorgemens dont je viens de parler; mais ma constitution est éminemment lymphatique. J’ai cinquante-neuf ans, etc. »

Que devint l'affection de M. Blanc? C'est ce qu'il m'apprit lui-même, par la lettre suivante, que je n'aurais probable-

ment pas reçue sans une rechute qui survint plus de six mois après sa première guérison :

« Besançon, ce 26 novembre 1837.

» Monsieur le Docteur,

» J'ai fait usage au printemps de votre Méthode curative, et m'en

suis très bien trouvé. Je désire recommencer ce traitement pour une autre affection lymphatique très prononcée qui m'est survenue

depuis. Il est bon peut-être que je vous fasse un nouvel exposé de ma position.

» J'ai été tourmenté, toute ma jeunesse, par des engorgemens des glandes du cou. En 1818, une de ces glandes à pris le volume d'un œuf de pigeon, et a été inutilement traitée à Genève par l'iode. Dix ans plus tard, en 1829, je suis allé aux eaux d'Aix en Savoie, et, loin d’avoir réussi à dissiper cette glande, elle ne fit qu'augmenter par l'usage des douches, et même, depuis, l'oreille se trouve intéressée. J'ai ensuite éprouvé une maladie du larynx qui revient de temps à autre quand j'ai froid aux pieds ou que je fais quelque excès. Enfin, il y a un an que je ressentis au mollet droit, sous forme de chapelet, l'engorgement glanduleux pour lequel je vous ai consulté. Je m'en suis guéri, et j'en attribue la guérison à votre traitement que j'ai malheureusement employé un peu lard. L’affection pour laquelle je vous consulte aujourd'hui est un Corps glanduleux développé au cou et dont les racines s’étendent jusque sous lé menton. J'éprouve aussi très souvent un lumbago, ete. Veuillez me faire expédier, etc.

» Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de ma parfaite considération.

» BLANC, » Directeur des fortifications de Besancon. » Si, des maladies lymphatiques générales, nous passons aux affections locales de même nature, et désignées sous la dénomination de fumeurs blanches, nous trouvons que ma Méthode curative ne leur est pas moins applicable. En voici une preuve concluanie :

À M, le Docteur Comet.

« Clignancourt, ce 24 décembre 1836.

» Monsieur,

» Je vous adresse une personne voisine dé la carrière que j’exploite. Elle souffre depuis plus d'une année, et je l'ai fortement engagée à aller chez vous, vous exposer sa position, etc.

» Agréez, elc.

» Fe VAUGEOI!IS. »

La personne que m’adressait madame Vaugeois était la . dame Deslignes, à laquelle il était survenu une tumeur blanche au genou gauche, à la suite d’un violent effort qu’elle avait exercé sur cette partie en voulant casser un cercle de

bois. La douleur et la tuméfaction avaient suivi de près l'effort ; l'une et l’autre augmentèrent rapidement et le mal résista aux sangsues, aux vésicatoires, aux linimens ammoniacaux, aux douches sulfureuses. Tout ce qu’on put obtenir, c’est que l'articulation s’enkilosa, et c’est dans cet état que je vis la malade, sur la fin de décembre 1836. N'ayant donné qu’un bien faible espoir de guérison radicale, je n’en persistai pas moins dans le traitement que j'avais l'avantage de pouvoir administrer moi-même. En moins de deux mois de soins, assidus il est vrai, non seulement les douleurs qui existaient encore quand j'entrepris ce traitement disparurent complètement, mais le membre cessa d’être aussi raide, et un jour que je le soulevais en appuyant les deux mains sous le jarret, j’eus la satisfaction de voir la jambe se fléchir légèrement sur la cuisse. Je conseillai alors à la malade de rester dans la position où cette flexion insolite avait placé son membre, craignant qu’un retour à la ligne droite ne fût suivi de quelque accident. Mais madame Deslignes, qui appréfiait son état mieux encore que moi, crut pouvoir dépasser cet avis et fit exécuter à la jambe plusieurs mouvemens alternatifs d'extension et de flexion, si bien que, dans le cours de février, c’est à dire après un mois et demi de soins environ, par le temps le plus rigoureux, elle marchait assez librement pour, sans le secours d'aucun appui, faire le tour de son jardin.

Cette guérison parut tellement extraordinaire aux personnes qui vivaient auprès de madame Deslignes, que, sans que je le demandasse, elles m’adressèrent, sous forme d’éloge, un certificat que je conserve surtout à cause du motif honorable qui l’a dicté, mais il n’est pas convenable que je le publie.

GOUTTE (ARTHRITIS, PODAGRA).

Les maladies désignées sous ces différentes acceptions, mais plus particulièrement sous le nom de goutte, ne diffè-

rent des affections rhumäatismales que par l'intensité des accidens qui les accompagnent. Ainsi done, la goutte n’est que l'expression des mêmés phénomènes morbides qui caractérisent les lésions rhumatismales à un moindre degré de développement. C’est à tort que les auteurs ont établi des dis tinctions entre les rhumatismés simples, fibreux où nerveux. musculaires ou articulaires, les rhumatismes goutteux et la goutte, qui ne Sont qu'une seule et même lésion des fonctions de l'appareil circulatoire de la lymphe; en un mot, unie même maladie plus où moins développée; et qui réclame le même mode de traitement. L'expérience m’à fourni les moyens de prouver cette assertion, qui n’est que la conséquence des succès que j'obtiens chaque jour par l'emploi de la Méthode curative externe, sans modification aucune des moyens thérapeutiques qui la constituent. En effet, si la mé- dication externe, toute puissante dans les affections rhumatismales, n’est pas moins efficace dans les accès de goutte, comment la cause de cette maladie ne serait-elle pas la même ?

L'exposé de ma doctrine à fait partager à un grand nombre de confrères mes opinions sur la corrélation qui peut et doit exister entre les affections goutteuses et certains engorgemens lymphatiques. La lettre suivante, écrite dès 1837 par un praticien fort recommandable, en est certainement | une preuve irréfutable :

«Soissons, 24 mars 1837, » Monsieur et cher confrère,

DES J'ai lu vos opuscules avec intérêt, ei quoiqué vous n'ayez pas voulu faire un traité sur la douleur, votre procédé, pour combattre les douleurs rhumatismales et goutteuses qui sont bien parentes, quoiqu'elles ne soint point identiques, et même les engorgemens lymphatiques anciens, est parfaitement conforme à ma manière de voir et à ma pratique personnelle. Toutefois les appareils que vous emploÿez me paraissent mieux conçus que ce qui a été préconisé jusqu'à présent. Cet éloge s'applique spécialement aux boules métalliques, dont la chaleur et l'action peuvent être inénagées, graduées, circonscrites, enfin modifiées relativement au

siége et à l'intensité de la douleur, et pour ainsi dire à la volonté du malade et du médecin. Mon intention est donc d'en faire usage, elc.

» Le docteur GODELLE ,

» Médecin de l’Hôtel-Dieu de Soissons. »

La

Je dois rappeler, en tête des observations que je vais présenter à l'appui de ces données pratiques, l'histoire de la guérison de M. Favreul père, de Nantes, don l’état podagre datait de vingt-quatre ans, et avait été indistinctement désigné, par divers médecins, sous les dénominations de goutte permanente, rhumatisme goutteux. (Voyez page 48.) Voici quelques autres exemples :

En avril 1836, M. le maréchal duc de Bellune, depuis longtemps atteint de la goutte, particulièrement aux pieds, où les accidens se développaient souvent avec une telle intensité que la progression devenait impossible, et que le repos n’était pas exempt de douleurs, me fit appeler; je fis cinq applications successives, puis une quinzaine de frictions et massages balsamiques. M. le maréchal fut délivré des accès qui duraient ordinairement six semaines, et il recouvra presque entièrement l'exercice des parties malades.

Pour attester ce fait important, je me trouve dans la nécessité de publier une lettre qui, à mon grand regret, rappelle des rapports d'intérêt, mais elle est parfaitement explicite :

«20 Mai 1836.

» J'apprécie comme je le dois les soins que j'ai reçus de M. Co-

met, et j'en suis reconnaissant; mais je n'ai pu les évaluer maté-

riellement qu'en faisant remettre àM. Comet cinq cents francs, en le priant d’agréer mes remercimens.

» Maréchal, duc DE BELLUNE. »

En mars 1838, M. le comte d'Auxy, de Bruxelles, depuis long-temps affecté de la goutte, vint à Paris pour régler des affaires d’une haute importance. Etant descendu à l'hôtel de Paris, rue de Richelieu, il y fut pris le soir même de son ar-

rivée, aux pieds et aux genoux, d’un de ces accès qui le tenaient habituellement au lit, ou pour le moins dans ses appartemens, de un à deux mois. M. d’Auxy avait entendu parler de moi et de mes moyens curatifs, par un de ses amis, M. de l’Aubépin, intendant militaire, à l'épouse duquel j'avais donné des soins avec succès (voir page 75) ; il me fit appeler, et, après trois jours seulement de soins réguliers, il put sortir en voiture. Au bout de huit jours il était parfaitement délivré de son mal ordinairement si rebelle, et n’en ‘conservait pas la moindre trace. Quitlant la France, le 17 avril, il fut porté par la reconnaissance à m'écrire la lettre suivante :

« Mon cher Docteur,

» Mon départ étant fixé à jeudi, je viens vous prier de vouloir bien vous souvenir que j'attends de votre obligeance le petit appareil et la note de vos soins, bons soins. Croyez bien aussi que je m'estime heureux que cette circonstance m'ait procuré l'avantage de vous connaître, espérant bien un peu que vous voudrez bien ne pas n’oublier non plus, et me placer au nombre de vos amis.

» Agréez donc toutes mes salutations, et disposez de mes services en Belgique.

» Votre bien dévoué serviteur, » Le comte D'AUXY, »

La guérison annoncée par la lettre suivante, écrite par un estimable médecin, qui à été tout à la fois le malade et le narrateur, n'est pas moins concluante que tous les faits qui précèdent :

« Metz, 30 juin 1837.

» Monsieur,

» J'avais jusqu’à présent attendu le départ pour Paris d’une personne de ma connaissance pour vous témoigner ma reconnaissance et vous faire connaître les résultats avantageux que j'ai obtenus de voire médication dans le traitement des douleurs arthritiques dont je suis gravement atteint deux ou trois fois l'année, depuis environ sept ans. L'an Gernier je priai un confrère de vouloir bien vous faire une visite, de vous faire connaître mon tempérament qui est sanguin, et üe vous demander si je devais continuer long-temps le

HR

traitement après la disparition des accès. Je le chargeai en même temps de me rapporter un de vos appareils dolorifuges. A son retour à Metz, j'avais mes douleurs depuis trois jours, et j'avais, comme dans les accès précédens, fait usage de vin de colchique qui, parfois, les amendait. J’employai de suite votre médication qui m'a procuré immédiatement du soulagement; mais je ne savais si je devais lui attribuer l’amélioration de mon état plutôt qu’au vin de colchique. L'occasion de trancher la question ne s’est malheureusement que trop promptement offerte, car cette année, dans les premiers jours de mai, mes douleurs sont venues me tourmenter de nouveau ; j'ai de suite employé votre médication, et dès la seconde application que j'en ai faite mes douleurs ont cessé, malgré leur excessive intensité. La nuit suivante a été calme : je ne souffrais que lorsque je remuais le membre particulièrement affecté. L’engorgement du genou à encore persisté quelque temps; mais sans nul doute que si j’eusse continué votre médication avec plus de persévérance, j'en aurais été débarrassé plus tôt. C’est ce que je me propose de faire si, contre mon attente, mes douleurs viennent me visiter de nouveau.

» Veuillez recevoir mes remercimens bien sincères.

» MICHAUX, » Médecin à Metz. »

Voici encore un fait qui, sans mettre dans sa dernière évidence l'efficacité de ma Méthode curative, démontre cependant trois choses : d’abord qu’elle est applicable aux affections goutteuses les plus anciennes ; ensuite qu’elle réussit même après que tous les moyens connus ont complètement échoué, et ont par conséquent inutilement tourmenté les malades ; enfin qu’elle agit ordinairement dès les premiers momens de son emploi.

M. Kilian, négociant hollandais, actuellement domicilié à Maëstricht, son pays natal, après un séjour de douze années aux Indes-Orientales, et après plusieurs voyages sur mer, dans le cours desquels il fut souvent mouillé sans pouvoir changer de linge, fut pris d’un rhumatisme articulaire qui, dans l’espace de quinze jours, parcourut successivement | « toutes les articulations des mains, les coudes, les pieds et les genoux, et laissa beaucoup de gêne et de raideur dans les parties qu’il avait envahies.» N'ayant été attaquée que

par quelques purgatifs et des sudorifiques, cette maladie reparut six mois après avec la même intensité; elle a ensuite continué à reparaître à des époques irrégulières : tantôt à six mois de distance, tantôt à trois, souvent même une attaque survenait sans que la précédente eût complètement cessé.

Espérant trouver en Europe, sinon une guérison radicale, du moins des moyens plus efficaces de soulagement, M. Kilian revint en 1831 dans sa patrie. Mais pendant cinq années consécutives, les soins les plus assidus et les traitemens les plus divers ont été complètement infructueux. On essaya d'abord et on continua même pendant deux ans les bains sulfureux, surtout les eaux d’Aix-la-Chapelle, les bains de vapeur et les douches de toutes sortes; puis on en vint aux évacuations sanguines, tant locales que générales, aux pédiluves chauds et aux cataplasmes émolliens. C’est à la suite de ce dernier traitement que, suivant ses propres expressions, M. Kilian fut cloué sur un lit de douleurs, et il y était depuis six mois lorsque sa femme, frappée par sa propre expérience de la vérité de cette assertion que j'ai déduite sous forme de corollaire de mes recherches sur les affections neryeuses, goutteuses et rhumatismales, savoir : que les évacuations sanguines et un traitement débilitant leur sont plutôt contraires que favorables, réclama mes conseils le 15 juin 1836.

M. Kilian était alors en proie à une attaque telle, que le mal ne quittait une articulation que pour faire irruption sur une autre, et était toujours accompagné d’une horrible douleur. Les sangsues, appliquées sur le lieu envahi, procuraient bien alors quelque soulagement momentané, mais la douleur se fixait presque toujours à l'articulation la plus voisine, et laissait après elle du gonflement et de l’'empâtement. Le malade était d’ailleurs d’une constitution robuste, dont la persistance des douleurs et la multiplicité des remèdes n'avaient point altéré la vigueur; il avait toujours mené une vie

réglée et n’avait jamais commis d’excès en quelque genre que ce fût.

N'ayant pu, par suite d’un malentendu sur nos moyens de communication, lui faire expédier de suite les divers objets nécessaires à son traitement, M. Kilian m’écrivit, sous la date du 8 octobre, une lettre ainsi conçue :

«Depuis huit jours je souffre d’une nouvelle attaque. Jusqu'à présent elle n’est pas très intense, mais il est impossible de jamais prévoir où cette affreuse maladie s'arrêtera : ce sont les dessus des pieds qui ont été attaqués l’un après l’autre; les douleurs sont essentiellement nerveuses, la chaleur du lit paraît toujours les augmenter ; elles sont accompagnées d’un énorme gonflement qui semble dénoter la présence d’un liquide épais, car l'application du doigt y détermine une dépression qui ne disparaît entièrement qu'après plusieurs minutes. Il y a aussi une légère inflammation à la peau; enfin il nous semble avoir reconnu le cas pour lequel vous recommandez les embrocations avec le baume névropathique, etc., etc. »

Ayant enfin reçu les médicamens que je lui avais fait expédier, M. Kilian m'en accusa réception le 9 décembre, en ces termes :

« Après bien des retards, les médicamens que vous m'avez fait adresser le 25 octobre me sont parvenus. Lors de leur arrivée j’étais de nouveau très souffrant, au point de ne pouvoir quitter ma chambre à coucher qu'à l’aide d’une béquille et avec grand’ peine. Je me suis de suite administré une vaporisation et fait une friction avec le baume névropathique : les douleurs ont à l'instant même diminué. J'ai répété les mêmes moyens six heures après, et dès le lendemain les douleurs avaient totalement disparu. Depuis, je continue chaque jour une vaporisation et une friction, et la souplesse revient progressivement dans les articulations. Il y a cependant, vers les genoux et aux malléoles, des nerfs. rebelles qui semblent être trop profondément situés pour recevoir tout-à-coup l'effet salutaire qu'éprouvent les parties plus superficielles. En définitive, mon état s’est sensiblement amélioré : je puis maintenant faire quelques tours de promenade sans douleur, ce qui, depuis plusieurs mois, m'était impossible; encore un degré de guérison de plus, et je promets un grand succès à votre Méthode curative, non seulement pour notre ville, mais pour notre pays qui est accablé plus que tout autre du fléau auquel je suis en proie. Cependant, depuis que je n'ai plus d’eau réactive, mon état est stagnant; veuillez n'en faire envoyer sans retard. J'ai reçu votre seconde brochure, qui a déjà passé par les mains de bien des souffrans, qui

n'attendent que de voir ma guérison se soutenir pour se recommander aussi à vous, etc. »

La crainte que manifestait M. Kilian, qu'une interruption dans Îe traitement n’en suspendît les bons effets, se réalisa effectivement; car, avant qu'il eùt reçu les objets demandés par sa lettre qui précède, son épouse m'écrivait ce qui suit, sous la date du 95 janvier 1837 :

«Il y a bien peu de jours nous nous flattions Œ'une guérison complète, lorsque notre patient s'est plaint d'une petite douleur dans l’un des doigts de la main droite. Nous pensions qu’elle cèderait à une vaporisation ; mais, à notre grand regret, la douleur a envahi le bras; les souffrances ont cependant été beaucoup moins vives : tout notre espoir est que le mal ne se propagera pas dans tous les membres, et alors nous croirons encore avoir beaucoup gagné. Hâtez done, Monsieur, autant que possible, l'envoi des remèdes, etc. »

Enfin, les remèdes tant désirés et si impatiemment attendus arrivèrent. Leurs bons effets ne furent pas longs à se faire ressentir, car, dans le courant de février, M. Kilian m'annonçait que : «des affaires de famille l'ayant appelé à Eindhove, M. Smets, docteur en médecine et membre de la Commission médicale du Brabant septentrional, qui l'avait précédemment traité, était venu le voir ét s'était par là trouvé à même d'apprécier le changement avantageux survenu dans sa santé.» Ce médecin, qui jouit dans ce pays d'une position sociale des plus avantageuses, conçut même de mon traitement une telle opinion, qu'il pria M. Kilian de le mettre en rapport avec moi pour introduire et propager en Hollande mes moyens curatifs.

Ce que j'ai dit et démontré relativement aux névralgies rhumatismales ne s'applique pas moins à la goutte. Quand ma Méthode n'eu procure pas la guérison radicale, ce qui peut arriver lorsque la maladie est ou très ancienne ou essentiellement constitutionnelle, elle a du moins l’inappréciable

avantage d'en suspendre les accès comme par enchantement; généralement d’éloigner leur retour ; enfin de n’être pas moins efficace dans les récidives que dans le début. En voici une preuve : | ;

M. le chevalier Fourquet de Lustar, membre du conseil général des Hautes-Pyrénées, me consulta au commencement de 1836, pour des accès de goutte qui le tourmentaient depuis long-temps, et contre lesquels il avait épuisé en vain toutes les ressources connues de l’art. Je m'empressai de lui donner mon avis et, sur sa demande, de lui faire expédier les objets qui composent mon traitement. Quel en fut le résultat? C’est ce que j'ignorais complètement lorsque, le 47 août de la même année, je reçus de Tarbes la lettre suivante :

« Monsieur le docteur, :

» Ayant appris les merveilleux effets que votre traitement, contre la cruelle maladie de la goutte, a eus sur M. le chevalier de Lustar, et goutteux moi-même, je viens, etc.

» VIGnes, architecte. »

Six mois après ces renseignemens indirects, je reçus de M. de Lustar lui-même cette lettre :

« Lustar, le 23 janvier 1837.

» Monsieur le Docteur,

» J'ai bien tardé à vous faire part de l'effet vraiment miraculeux que j'obtins, l'an dernier, de votre Méthode curative externe, dont je fis usage après être resté pendant six mois retenu dans mon lit par un rhumatisme goutteux fixé aux deux pieds et compliqué de coliques, de points de côté et de rétention d'urine. J'avais à peine appliqué sur mes pieds les médicamens qui composent votre traitement, que je fus aussitôt dégagé de toutes mes souffrances. Je dois vous annoncer dans ce moment, qu'à la suite d'un rhume très violent, j'ai senti reparaître une attaque de goutte dans les articulations du pied droit, qui a toujours été le premier et le plus fortement attaqué, particulièrement le tendon extenseur du gros orteil. Après deux applications, je vais beaucoup mieux; mails Je manque de remèdes, c'est pourquoi je vous prie de youloir bien me faire

l'envoi, etce.…, et de recevoir l'assurance de la reconnaissance ayec laquelle j'ai l'honneur d’être, » Votre très humble serviteur, » FOURQUET DE LUSTAR. »

Ce mieux persista sans doute assez long-temps, car M. de Lustar, sous la date du 18 août de l’année suivante, c’est à dire plus de dix-huit mois après la réception de la lettre qui précède, m’écrivait en m'adressant un autre goutteux :

« J'ai toujours recours à votre médication qui me soulage merveilleusement, quoiqu’elle ne me guérisse pas d’une manière irrévocable. La goutte revient parfois à mes pieds, ce que je crois devoir particulièrement attribuer à une affection nerveuse. »

Cette fois, la suspension des accès fut de près de deux ans, Car je ne reçus des nouvelles de M. de Lustar que le 22 juillet 1840, époque à laquelle il me demanda de lui faire préparer des remèdes dont il renouvelait Féloge.

Il résulte donc bien évidemment de cette correspondance que si M. de Lustar n’a pu être débarrassé pour toujours de sa goutte, du moins, chaque fois qu’il s’est soumis à mon traitement, il en a promptement suspendu les accès, qui, avant, le retenaient souvent six mois au lit, ainsi qu’il le déclare dans sa première lettre. | |

Une nouvelle lettre de M. de Lustar, qui m’est parvenue dernièrement, confirme encore ce que j'avance :

Le

« Lustar, le 13 mai 18/43.

» Monsieur le Docteur,

» J'ai eu une attaque de goutte des plus opiniâtres, qui parcourt mes pieds, mes mains et mes doigts l’un après Pautre; j'emploie toujours exactement votre bonne Méthode, qui produit toujours de bons effets, et j'espère être bientôt délivré des gonflemens qui sont ongs à disparaître. Ne voulant pas me trouver au dépourvu lorsque la maladie commence à attaquer quelque partie, je vous prie de vouloir bien me faire faire un nouvel envoi, etc.

» Agréez, monsieur le Docteur, l'expression de ma haute reconnnaissance.

» DE LUSTAR, »

Je crois devoir encore publier les deux attestations suivantes ; la première est d’un goutteux modèle :

« Noyon, ce 21 septembre 1837, » Monsieur,

» Depuis Papplication de vos moyens curatifs, je puis aller facilement à pied; et ce qu'il y a d'étonnant, c’est que le pied malade agit plus librement et est plus fort que l’autre, elc., ete.

» FLAMAND, » Négociant en vins et eaux-de-vie. »

«Au château de Philmin, près Verneuil, ce 2 mars 1837.

» Monsieur,

» Depuis un an mon mari se trouve très heureux de connaître votre traitement ; il en éprouve les effets Les plus avantageux. A la seconde application Les fortes douleurs ont cédé, et, pour un goutteux, cet effet est inappréciable. Veuillez, Monsieur, en recevoir ma part de reconnaissance, etc.

" » BOUTNI, née DE COURCY. »

Madame Brun, la mère, cloître Saint-Honoré, n° 6, était en proie à un accès de goutte qui envahissait tous les doigts de la main droite. Les douleurs étaient extrêmes ; je lui fis une application prolongée ; mais la position du bras sur le lit m'empêchait d'agir également sur tous les doigts. Lorsque je cessai les frictions, madame Brun remuait assez bien les quatre premiers doigts; elle me fit remarquer que le petit doigt avait été négligé, et qu’il n'avait pas obtenu le même bénéfice que les autres. Je promis de lui faire, à la seconde application, une plus large part. Cependant Le lendemain il était seul malade, tous les autres doigts étaient revenus dans leur état naturel. Cetle circonstance me frappa, car elle est bien propre à faire apprécier l'influence directe de la médication. Je n’eus donc à opérer que sur le petit doigt, et, douze heures après, il était comme les autres parfaitement guéri.

À quelques jours de là, madame Brun eut l’imprudence de tremper sa main dans un seau d’eau froide; en peu d’instans tous les accidens goutteux avaient reparu. Mandé auprès d'elle, je lui fis une application générale et bien méthodique : douze heures après il n’existait nulle trace de la maladie. Cette observation est précieuse et n’exige aucun commentaire, Madame Brun était âgée de soixante-quinze ans.

En 1835, mademoiselle C..…., maison Beynier, Palais- Royal, n° 147, était depuis long-temps souffrante et croyait devoir être bientôt victime d’une affection de poitrine, compliquée d’une gastrite. Depuis plusieurs mois un médecin distingué, professeur et membre de l'Académie royale de médecine, traitait mademoiselle CO... comme atteinte au moins d'une inflammation chronique de l’estomac, et la tenait en conséquence à un régime extrêmement rigoureux. Ses forces se perdaient chaque jour, et son état était vraiment alarmant lorsque, accidentellement, je vis cette demoiselle. Dès ma seconde visite, je m’apereus qu’on avait méconnu la cause des accidens, et que javais affaire à une sternalgie ou goutte diaphragmatique. Je fis avec précaution l'emploi de ma Méthode curative externe; après trois ou quatre applications l’appétit est revenu, les digestions d’alimens divers se sont bien faites, et tous les phénomènes morbides se sont successivement dissipés. Au bout de quinze jours, mademoiselle C... jouissait de la meilleure santé.

CT

Voici un fait tout récent, que je présente comme une preuve de l'efficacité de ma médication, lorsqu'elle est employée avec quelque persévérance dans les affections goutteuses et les rhumatismes articulaires. Je ne rapporte pas celte observation comme un cas de guérison complète, bien

qu'il y ait lieu de compter sur ce résultat; mais le temps n’est pas encore venu sanctionner le succès obtenu.

« Blois, le 7 juin 18/3.

» Monsieur,

» Je ne veux pas différer plus long-temps à vous parler des bons résultats que j'ai obtenus de votre traitement externe. Madame Daridan vous à écrit au commencement du mois d'avril dernier, qu'à mon retour de Paris j'avais été pris d’une attaque goutteuse dans l'épaule droite, et que j'avais souffert le martyre; j'ai bien apprécié les justes réflexions contenues dans votre réponse du 10 avril; elles m'ont donné la mesure de la loyauté de votre caractère.

» Lorsque mes douleurs furent un peu calmées et que je fus en état de supporter vos frictions, elles nr'ont été administrées avec persévérance et méthode. J'ai été long-temps avant d'en éprouver un soulagement remarquable. Il m'était impossible de faire aucun mouvement du bras ; pour écrire, j'étais obligé de porter mon bras droit avec la main gauche, et j'écrivais bien difficilement; enfin j'étais forcé de me faire habiller comme un enfant. Mais, depuis une quinzaine de jours surtout, j'éprouve un mieux bien remarquable ; ce mieux va croissant et se fait sentir d’un jour à l’autre. Je suis loin d’être guéri, je ne crois pas même pouvoir obtenir une guérison radicale; mais, quand je compare mon état actuel à l’état où j'étais il y a deux mois, je me sens bien heureux et me félicite d'avoir fait votre connaissance. Mes bras, y compris les épaules, sont dans l’état le plus satisfaisant. Il y a bien encore dans l’articulation des épaules un peu de raideur et de douleur, mais je puis m'habiller facilement et sans Le secours de personne, et me livrer à tous les genres d'exercice qui m'étaient interdits tout récemment encore (jouer du violon et au bitlard).

» Les genoux sont moins bien : les glandillons existent toujours aux jarrets; les craquemens sont à peu près les mêmes; mais cependant il y a. beaucoup plus de force, plus de flexibilité dans les articulations. Je peux faire des courses de plusieurs heures sans éprouver autre chose qu'un jeu de lassitude. J'ai fait un usage modéré de mes pilules, et la constipation a presque entièrement cessé. Toute l'économie est, en général, dans un état satisfaisant. Enfin, mon cher Monsieur, je me fais un plaisir en même temps qu’un devoir, de parler de votre Méthode curative externe avec enthousiasme à toutes les personnes qui sont atteintes de douleurs rhumatismales ou nerveuses, et Dieu sait que le nombre en est grand. J'aurai, je pense, l’occasion de vous envoyer quelques malheureux cliens, et je le désire plus pour eux encore que pour vous, car je regarde votre traitement comme un bienfait inappréciable pour la pauvre humanité.

» El est donc bien avéré, Monsieur, que je suis maintenant beaucoup, incemparablement mieux qu'avant mon départ pour Paris. J'ai fai venir quatre fois de nouvelles provisions de chez votre pharmäcien, et je n’ai pas l'intention d'en rester là.

» Je vous avais deniandé votre avis Sur un voyage aux eaux de Néris, et vous m'y avez encouragé; mais je me trouve si bien de votre traitement, que je suis décidé à ne pas entreprendre ce voyage : je préfère persister dans votre traitement, je le continuerai autant que ce sera nécessaire.

» Ma pauvre femme me charge de vous exprimer sa reconnaissance pour le bien que vous m'avez fait, j'espère aller un jour vous remercier de vive voix, et si je peux me guérir complètement, croyez, mon cher docteur, que ma gratitude égalera les sentimeus d'estime, et je dirai même d'affection que vous m'avez inspirés.

» D. DARIDAN, » Rue des Carmélites, 8, à Blois (Cher). »

Je répète que je n’ai relaté ce fait que pour prouver l’efficacité de la médication externe, employée avec persévérance et régularité dans les cas graves et rebelles. C’est un avertissement donné aux malades, afin qu'ils ne se découragent pas lorsque les effets ne répondent pas immédiatement à leur attente.

Je n’en finirais pas si je voulais citer toutes les personnes qui ont aussi promptement guéri d’affections goutteuses ; ce serait même une nomenclature fastidieuse. Je vais terminer en rapportant l’opinion d'un vénérable ecclésiastique, dont le caractère respectable rend le témoignage d’une grande importance, quoiqu'il ne soit pas complètement favorable à ma Méthode curative. é |

AE Vous me demandez maintenant le résultat de mes opérations, eh bien! voilà ce que je pense consciencieusement :

» Par votre moyen, je ne crois pas qu’on guérisse de la goutte, mais aussi je reconnais qu'on en éloigne les accès, qu'on en affaiblit singulièrement les douleurs, qu’on en empêche les suites, telles que les nodosités et difformités des parties qu’elle afilige.

» LE DUC, » Vicaire-général de l’évêché d’Evreux, »

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En disant, dans quelques passages de ce livre, que j'ai souvent assuré le succès de ma Méthode en l’appliquant moi-même sur des malades qui, livrés aux soins de mains inhabiles, n’en avaient retiré que de faibles résultats, je n'ai pas prétendu, assurément, avoir des moyens particuliers de la rendre efficace : un grand nombre d'observations prouvent le contraire. Mais je veux seulement faire remarquer que la médication réussit d'autant mieux que la personne qui en fait l'application se pénètre bien de sa véritable manière d'agir. Aussi est-elle promptement favorable entre les mains des médecins qui partagent ma manière de voir sur les affections rhumatismales, goutteuses et nerveuses, et consentent à la mettre eux-mêmes en usage. En voici une preuve : le docteur Dupuy, exerçant à Avignonet, près de Villefranche, m'écrivait l'année dernière :

, «Monsieur et honoré confrère,

» Consulté pour une douleur nerveuse de la poitrine, & cause d’une cure en quelque sorte miraculeuse que je fis il y a deux ans, par votre traitement, sur une personne qui souffrait de douleurs du même genre, j'ai prescrit le même traitement, et j'attends beaucoup de son influence. »

La circonstance qui m'avait mis en rapport avec M. Dupuy mérite d’être racontée, parce qu'elle établit que ce médecin a reconnu que l’action de la médication externe n’est pas circonscrite dans le champ des maladies pour lesquelles l'expérience a jusqu'ici démontré son efficacité spéciale. Il s'agissait d'un diabètes (fiux immodéré d'urine ordinairement sucrée), que le docteur Dupuy conut l'espoir de guérir par l'emploi des moyens qui constituent ma Méthode curative, ne voyant dans cette affreuse maladie qu'un effet de la perturbation de la puissance nerveuse des reins (une viscéralgie néphrétique). Des avantages notables furent d'abord obtenus ; la sécrétion de l'urine avait beaucoup diminué et avait perdu son goût sucré ; les forces du malade revenaient; mais soit, comme me le marquait M. Dupuy, que le traitement ne put être suflisamment prolongé, ou que le désordre existant fût au descus des ressources de l'art, le succès ne répondit pas à son attente. Aussi ne citai-je ce cas que pour évéiller l'attention des praticiens et servir de transition à l'exposition de certaines maladies, dites chroniques et organiques, qui cependant n'ont pour cause qu'un trouble de l'innervation.

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