‹ Méthode curative externe des douleurs rhumatismales, goutteuses, nerveuses; des maladies lymphatiques, et des viscéralgies. Affections nerveuses des viscèresChapitre 50 sur 74 · VÉRY · texte numérisé non relu

VÉRY

M'étant rendu au désir de M. M., je reçus de son méde-

cin ordinaire quelque temps après une lettre qui se résume dans les termes suivans :

« Depuis votre dernière visite à M. M., son état a constamment marché vers l'amélioration. Le vin de rhubarbe que vous avez ajouté à vos moyens habituels, a beaucoup contribué à ce changement. Digestions bonnes, de temps à autre promptes ; désir de manger qui fait quelquefois hâter le repas. Sommeil généralement bon. Telle est la situation actuelle de M. M, etc. »

Je vais relater une guérison des plus remarquables, obtenue en quelques semaines, dans un cas très grave de viscéralgie gastro-intestinale. Le malade qui est le sujet de cette observation avait été traité infructueusement pendant six années consécutives par les plus habiles praticiens, et son affection avait été en définitive considérée comme une lésion organique des voies digestives avec rétrécissement, qui faisait redouter prochainement une oblitération complète du canal intestinal. Les docteurs Broussais, Dupuytren et Marjolin, entre autres, avaient porté le pronostic le plus fâcheux sur l'issue probable d’une maladie dont la cause paraissait être, sans aucun doute, une altération des tissus, toujours au dessus des ressources de l’art. Il n'était même venu à la pensée d'aucun médecin que cette cause pût être essentiel lement nerveuse, tant les symptômes du trouble de l'innervation viscérale étaient masqués. Le malade d’ailleurs endurait les souffrances auxquelles il était en proie avec une résignation, je pourrais même dire avec un stoicisme excluant toute idée de l’existence d’une lésion nerveuse; car généralement ces sortes d’affections se trahissent par une propension à l’hypocondrie, et, dans ce cas, ce caractère ne se montrait aucunement. |

Lorsque je fus appelé auprès du malade, M. le docteur Devergie aîné lui donnait des soins ; ce consciencieux con— frère, voyant ses efforts impuissans, m'indiqua comme la seule ancre de salut sur laquelle le pauvre patient pût fonder

RE

des espérances. J’explorai avec soin toutes les régions de l'abdomen, et pris connaissance de l’état des viscères en général. Cet examen ne me laissa aucun doute sur la difficulté d'obtenir un résultat favorable : mais si je refusais mes Soins, c'était rayir à une nombreuse famille un espoir Consolateur dont je ne voulus pas la priver, et je fus bien inspiré de tenter un essai, puisque le succès en a été la conséquence ; d’ailleurs le malade était dans un état désespéré, et je ne pouvais aucunement aggraver sa position.

Je tiens de M. Devergie une nete que je vais reproduire pour donner l'historique de la maladie.

«M. Prosper Vandenbroek avait joui d'une assez bonne santé jusqu'à dix-neuf ans. A dater de cette époque, les digestions se dérangèrent, l’estomac devint sensible, et une Constipation d’abord modérée, puis opiniâtre, se fit remarquer. À ces accidens vinrent bientôt se joindre des nausées, des douleurs vives et crampoides de l'estomac, puis des coliques qui se manifestaient soit pendant la digestion, soit à d’autres momens non réguliers. Après une année de cet état morbide qui faisait perdre les forces, tenait M. Prosper dans une situation pénible, l'empéchait de se livrer même au travail de bureau le plus simple ; les vomissemens de matières alimentaires eurent lieu d'abord assez éloignés, mais peu à peu plus rapprochés, au point qu'après deux années de souffrances ils étaient presque habituels, quelle que soit la nature des alimens ingérés dans l'estomac. Tous les genres de traitement possibles ont été employés pour combattre cette affection. Les antiphlogistiques et un régime sévère n’eurent pas plus de succès que le régime tonique, les purgatifs, les eaux minérales, ete, L’homœæopathie, par l'usage de la bryone, procura pendant quelque temps une amélioration et des garde-robes moins rares et moins difficiles ; mais rien ne réussit à calmer les douleurs viscérales et tous les accidens résultant des vomissemens fréquens. Les voyages cependant étaient pour le malade un moyen de soulagement; il digérait un peu, ses souffrances étaient moins vives, plus éloignées et duraient moins long-temps; la nutrition s’effectuait mieux et il reprenait des forces. Plusieurs fois il se rendit dans le nord de la France, dans les Pays-Bas, en Allemagne et en Algérie, toujours avec avantage. Mais, de retour à Paris, les accidens se reproduisaient aussi redoutables qu'auparavant. Vomissemens, douleurs, insomnies, inappétence, constipation opiniâtre, maigreur, faiblesse, teint blafard, etc., etc. — Il y avait six années que cet état durait lorsque j'engageai M. Prosper à réclamer vos soins.

» DEVERGIE aîné, D. M. »

L'exposé qu'on vient de lire fait suffisamment comprendre la gravité de l'affection dont M. Prosper Vandenbroek était atteint, Le seul indice qui laisse entrevoir une chance de succès par l'emploi d'une médication névro-pathique Spé— ciale, est l'avantage qui résultait constamment des voyages, ef que l'on ne pouvait attribuer qu’à la secousse que l'exercice soutenu et prolongé imprimait à l'organisme, sorte de massage passif qui excitait la circulation des fluides en régularisant l’innervation. Je me décidai véritablement à entreprendre le traitement sur cette simple donnée, .car ce n’était réellement pas l'influence du climat qui procurail Le bénéfice obtenu, puisque M. Prosper Vandenbroek se trouvait éga-lement bien d'un voyage dans le nord ou le midi, dans les Pays-Bas, en Allemagne ou en Algérie.

Lorsque je commençai le traitement, il y avait plus de quivze jours que le malade n'avait eu une très légère évacuation alvine, et depuis plus d’un mois son estomac n'ayait pu garder.une cuillerée de bouillon ou même de la plus douce boisson, I n’y avait donc rien à espérer de l'ingestion d'aucun médicament interne. Je mis immédialement en usage Ja vaporisation, les frictions et massages sera, puis balsamiques, sur toute l'étendue de Fabdomen, ès le troisième. jour, une petite quantité de boisson, composée de bouillon de poulet, put.être supportée à plusieurs reprises dans les vingt-quatre heures: mais. des lavemens n'amenant aucune garde-robe, a d'abord matin et soir la poudre anti-viscéralgique, dont les doses purent Hientôt être rapprochées sans inconvénient. Au bout de huit jours, de copieuses selles .de matières elutineuses et fétiles eurent lieu : ces éyacuations furent entretenues par l'usage quotidien de la poudre anti-viscéralgique : la tonicité fibrillaire des tissus fut excitée par les applications externes ; le massage sollicitait et favorisait le mouvement périslaläque des intestins ; enfin des alimens purent être introduits dans l’estomac sans aucune réaction de cet organe ; ils furent digé-

rés, la nutrition s’opéra, et, vers la troisième semaine du traitement, M. Prosper Vandenbroek avait recouvert des forces et de la vie; la peau, sèche et aride, s’amollissait, perspirait. La chair de poulet rôti, une petite quantité de pain, de l’eau rougie, des crêmes de riz, des potages légers au beurre, composaient chaque jour les trois repas que j'a vais prescrits, et, au bout de six semaines, M. Vandenbroek était en pleine convalescence. Encore quelques jours, et il fut en état d'entreprendre un voyage en Belgique, d’où il revint au bout de deux mois en parfaite santé. Le traitement avait été commencé dans le courant de mai 1839, et M. Vandenbrock, de retour à Paris, pouvait, au mois d'octobre suivant, passer la nuit au bal, dans une nombreuse réunion qui eut lieu chez moi, et où j’eus l’occasion de le présenter, de concert avec M. Devergie, à plusieurs confrères qui ne pouvaient qu’admirer une résurrection si complète. M. Vandenbroek dansa toute la nuit avec autant d’ardeur et sans plus d’inconvéniens que les autres jeunes gens. Depuis cette époque il n’a pas cessé de jouir d'une bonne santé, à tel point qu'il a pu se livrer à de grandes spéculations qui demandent une activité incessante ; et il est actuellement aux Indes, à la tête d’un établissement considérable. J'ai eu de ses nouvelles non seulement par ses parens qui habitent toujours Paris, mais par un de ses compatriotes auquel je donnais des soins en novembre 18#1, et qui arrivait de Batavia.

Voici un cas dans lequel il s’agit d’une viscéralgie cardiaque, qu'on pourrait prendre pour une lésion organique du cœur, et que plusieurs médecins avaient même regardée comme un véritable anévrisme.

M. Gabriel de Gouë, propriétaire à la Chabotrie, commune de Saint-Sulpice, canton de Rocheservière, près Mon- {aigu (Vendée), m'écrivait sous la date du 21 septembre 1839 :

« Monsieur le Docteur, ;

» La lecture de votre brochure m'a inspiré la plus grande confiance en votre Méthode curative externe. Mon médecin ordinaire, excellent praticien à qui je l'ai communiquée, n'a pu que m'encourager à en faire l'essai, m'assurant qu'elle ne pourrait me nuire. Aussi ai-je le vif désir d’avoir recours à vous. Permettezmoi done de vous donner quelques détails sur les antécédens de ma maladie. +

» Je suis né d’un père et d’une mère qui sont morts tous les deux d’une affection du cœur : l’un, il y à neuf mois, à soixantecinq ans; l’autre, il y à vingt ans, à trente-quatre ans; et nous sommes six enfans qui avons tous apporté en naissant le germe de l'anévrisme. Il y à onze ans les médecins ont combattu en moi, par divers remèdes, entre autres par de nombreuses saignées locales et générales, cette maladie, dont ils craignaient alors le développement. Mais malheureusement ce développement n’a pas eu lieu ; seulement je suis resté soumis aux vicissitudes d'une espèce de maladie chronique que j'avais déjà auparavant, et me voilà parvenu à l’âge de vingt-huit ans. Sans avoir fait d'excès en aucun genre, depuis plus d'un an, depuis deux même, époque où j'ai eu la orippe, je sentais une espèce de faiblesse, de délabrement inaccoutumés que j'attribuais à différens sujets de chagrin.

» Cet état de langueur allait toujours croissant; enfin, au com mencement de juillet dernier (4839), je me suis vu tout-à-coup atteint d’une maladie de cœur où les nerfs paraissaient d’abord jouer un grand rôle; mais à présent je suis menacé plus que jamais d'avoir un anévrisme , et voici quels sont les principaux symptômes qui semblent l'annoncer : j'ai les battemens du cœur très intenses, quelquefois tumultueux et irréguliers, même quand je suis dans une position tranquille. Souvent le moindre mouvement, la moindre nourriture, quoique prise avec une excessive sobriété, la moindre préoccupation, la plus légère application, surtout à écrire, provoquent une intermittence dans les battemens du cœur qui me fait épreuver une sensation bien désagréable. Maintenant ce n’est plus seulement, comme d'abord, un malaise insupportable et prêt à me faire défaillir; ce sont des douleurs cruelles qui se font sentir dans toute la région du cœur; ce sont des espèces de serremens, de déchiremens, d’élancemens, de picotemens qui me parcourent sous les côtes, dans la poitrine, dans les épaules, dans le dos, et proviennent sans doute d’un grand trouble dans les fonctions du cœur et la circulation du sang.

» Je fais quelquefois de grands efforts pour respirer, et cela me fait mal du côté gauche, prés du creux de l'estomac; cependant les voies de la respiration ne paraissent pas embarrassécs. Avec cela j'ai froid aux extrémités, de l’insomnie ou des rêves fatigans, et quantité d’autres incommodités. Quelques bains, plusieurs applications de sangsues, des purgatifs, des antispasmodiques, et dernièrement une saignée, ont été mis en usage sans beaucoup de succès ou sans opérer de mieux durable, etc.

» Veuillez, monsieur le Docteur, me dire ce que vous pensez de mon état, et agréer l'assurance, etc. »

J’écrivis aussitôt à M. de Gouë que, sur le récit qu'il venait de me faire des symptômes de sa maladie, j'étais plus disposé à croire à une simple lésion vitale du cœur qu'à un anévrisme, et que ma médication pouvait être essayée non seulement sans inconyénient, mais même avec avantage.

L'exactitude de mon diagnostie fut bientôt confirmée par la lettre suiyante :

«3 Octobre 1839.

» Monsieur le Docteur,

» À peine ma dernière lettre était-elle partie, que j'eus l'oceasion de prendre une consultation de plusieurs médecins très distingués, Comme tous ceux que j'avais vus jusqu'alors, ils se-sont accordés à regarder mon état comme nerveux, et, après un long et minutieux examen fait avec une scrupuleuse attention, ils ont jugé qu'il n’y avait rien à craindre du côté du cœur, dont les battemens extraordinaires avaient fait redouter quelque affection dangereuse. J'ai cru devoir vous communiquer la consultation qui vient à Pappui de cette opinion; la voici:

esse

lumineuse.

» Viennent ensuite les prescriptions suivantes : vésicatoires sur la région précordiale, teinture éthérée de digitale, poudre de valériane, etc., dont l'emploi doit être subordonné aux circonstances et aux divers accidens; enfin une grande réserve dans les émissions sanguines. Mais, Monsieur, je. suspendraï l'exécution de ‘ces diverses prescriptions jnsqu'à la réception des vôtres; car: e’est à vous que je veux devoir mon entier rétablissement, que je me regarde comme certain d'obtenir bientôt par l'emploi de vos procédés curatifs, qui me paraissent spécialement destinés à combattre et à détruire ce genre de maladie. |

» C’est dans cette persuasion que je vous prie, etc. »

Je me hâtai donc de faire adresser à M. de Goué les objets nécessaires à son traitement. Le premier effet fut une action révulsive très marquée sur la peau, qui se manifesta, dès les premières vaporisations, par une éruption assez forte; mais

que je regardai plutôt comme un effet favorable que comme un accident. Sous ce rapport, M. de Gouë partageait mon opinion. Je crus cependant devoir lui conseiller de suspendre momentanément les applications, craignant que la réaction qui accompagne presque toujours ces sortes d’éruptions ne devint trop intense pour un homme éminemment nerveux, et que je jugeai plus disposé à pécher par excès que par défaut de courage et de persévérance. Enfin, après plusieurs suspensions et plusieurs reprises du traitement, qui dura près de six mois, M. de Gouë m’écrivit ce qui suit :

« Saint-Sulpice-le-Verdun (Vendée), 9 mai 1840, » Monsieur le Docteur,

» Vous serez sans doute surpris de ce que j'ai tant tardé à vous donner de mes nouvelles. Aujourd’hui c’est plutôt une lettre de remercimens qu'une lettre de consultation que j'ai lhonneur de vous adresser; car, grâce à vos procédés et à quelques moyens accessoires, je me trouve à présent, à une grande sensibilité près, pour ainsi dire comme j'étais autrefois. J'ai recouvré une parüe de mon énergie, et je puis faire d'assez longues promenades à pied et à cheval, avec encore un peu de gène et de fatigue, il est vrai, mais les effets n’en sont pas fâcheux et durables comme auparavant. Je suis encore loin de jouir d’une santé parfaite. Je ne puis même guère espérer être mieux que je suis, car il paraît qu'il y a chez moi un vice préexistant héréditaire, qui fait sans doute que, même avant ma maladie, je n'étais pas dans un véritable état normal, quoique je parusse me porter assez bien.

» Mon désir, avant de me confier à vos sains, était, Comme j'ai eu l'honneur de vous le dire dès le commencement, de devoir mon rétablissement exclusivement à vos soins, et si je les ai aidés de quelques moyens accessoires, toujours est-il que c'est votre traitement qui à principalement contribué à ma guérison, et surtout qui en à frayé le chemin. Cette idée, que je me plais à entretenir en vous assurant ma confiance pour l'avenir, dans le cas où j'aurais encore besoin de recourir à Vous, YOus assure ma recon— naissance...

» Cest dans ces sentimens que je vous prie d’agréer, etc.

» G. DE GOUE. »

Je possède une foule d’autres cas tout aussi concluans que ceux qui précèdent, en faveur des moyens de traitement que

j'oppose à ces troubles généraux de l’innervation, que je désigne sous le nom de viscéralgies. Mais on conçoit qu'il m'est impossible de les rapporter tous avec détails, d’abord parce que leur récit, confirmant les mêmes principes, deviendrait nécessairement fastidieux, ensuite parce que tous les malades ne veulent ou ne peuvent pas donner, sur les snites de leur traitement, tous les développemens qui permettraient d'en suivre les diverses phases. Par exemple, j'ai obtenu très souvent des guérisons sur des malades avec lesquels je n'ai correspondu que deux fois : la première, pour leur donner mes avis: la seconde, pour apprendre quels en avaient été les résultats. Il est même des personnes qui me consultent de vive voix ou me font consulter par quelques uns de leurs amis, et desquelles je ne possède qu’une seule lettre, quoiqu’elles aient tiré de mes avis le résultat le plus favorable. Tel est le cas de M. Math... de Bordeaux, dont je ne possède que la lettre qui suit :

« Bordeaux, le 28 novembre 1836.

» Monsieur le Docteur,

» Affecté, depuis près de trois ans, de douleurs extrêmement vives dans la poitrine, le dos et surtout dans la région du cœur, avec des palpitations violentes, et ayant suivi, Sans éprouver d'amélioration dans mon état, tous les conseils des médecins que j'avais consultés, je commençais à craindre que mes maux ne fussent incurables, et je me croyais tour à tour atteint soit d'un anévrisme, soit d’une hyperthropie du cœur. Je tàchai donc de prendre mon parti, quoiqu'àagé seulement de trente-sept ans, et cherchai à diminuer mes souffrances par des soins et un régime sévère, lorsque le hasard fit tomber dans mes mains une brochure où votre Méthode curative externe était exposée, et, après l'avoir lue, l'espoir me vint que mes souffrances n'étaient peut-être que l'effet d’un rhumatisme nerveux, et que les frictions améneraient, sinon une guérison complète, du moins un soulagement. Ce qui me fit persister dans cette idée, c’est que je n’obtenais un peu de mieux dans mes douleurs qu'après m'être frictionné sur la région du cœur, avec vingt gouttes d'acide hydrocyanique étendues dans une once d’eau de fleurs d'oranger.

» Je vous fis donc prier de m'adresser les médicamens nécessaires pour mettre en pratique votre Méthode. Aujourd'hui j'ai employé le remède que vous m'avez adressé, et j'ai à vous en faire des remercimens, car, depuis que je le mets en usage, je trouve

dans ma position un mieux remarquable, qui, je n’en doute pas, se serait fait sentir plus promptement si je n’avais pas mis autant d'intervalle entre chaque application, croyant bien faire pour laisser au remède le temps d'agir : erreur que j'ai reconnue en relisant votre brochure. 11 serait possible aussi que je n’aie pas fait les applications du remède selon toutes vos prescriptions. Cependant voici comment j'ai opéré : j'ai pratiqué la vaporisation sur la région du cœur, la poitrine et le dos, ainsi que les frictions, et j’ai obtenu de suite un soulagement très notable, car les douleurs aiguës et fixes que j'avais au cœur disparurent au bout de quelques jours (et pourtant remarquez bien que je mis un intervalle de huit jours entre la première et la deuxième application). J'ai continué ainsi, et, pour second résultat, j'ai obtenu plus de calme dans les fonctions du cœur. 4

» En définitive, je ne puis me dire guéri radicalement, car j'éprouve encore des douleurs, principalement dans le côté gauche, lorsque je me fatigue, soit par la marche, soit par un travail de cabinet trop assidu. Les palpitations ne se font sentir qu'après le repas, dans le moment de la digestion, puis elles disparaissent sensiblement. J'ai bon appétit; mais une chose qui me fatigue beaucoup et que je ne puis combattre qu'avec des lavemens ou de légers évaeuans, c’est une constipation des plus fortes que j'ai depuis bien des années, et qui a beaucoup augmenté depuis un régime au lait qui a duré six mois, et des saignées qu'on à cru devoir me pratiquer. Le sommeil est assez bon, mais j’éprouve quelquefois une douleur vive au dessus du sein gauche, et une fatigue au lit qui me force à me lever; aussitôt debout elle se dissipe. Enfin, monsieur le Docteur, je demeure convaincu que votre Méthode est seule apte à calmer mes douleurs. Veuillez donc me faire connaître votre avis et me faire adresser, etc.

» Agréez, Monsieur, les salutations de votre, etc.

» MATH...., » Rue de lEglise-Saint-Seurin, n, 50,»

Je me suis empressé de répordre au désir de M. M., que je reconnus, par ces détails, atteint d’une viscéralgie thoracique (angine de poitrine), et le résultat de mes conseils et de l'emploi prolongé de ma médication a été si favorable pour lui, qu’il en prône maintenant partout les heureux effets, et que depuis six ans il ne rencontre jamais occasion de parler de ma Méthode sans en faire l'éloge. J'ai soigné et guéri plusieurs personnes que M. Math... m'a adressées. ( Voir l’observation de M. Plantevignes, page 91.)

Une des cures les plus extraordinaires que j'aie opérées par l'emploi exclusif de la médication externé, a eu lieu dans un cas très grave de viscéralgie thoracique, que l’on désigne généralement sous les dénominations assez impropres d'angine de poitrine, d'asthme sec nerveux, et que l’on confond surtout avec la peurodynie, La guérison 4 été déterminée comme par enchantement dès la première application.

En juin 1838, je fus appelé ün soir auprès de M. Gaulet, homme d’une forte constitution, âgé d'environ trente-cinq ans. Je trouvai cé monsieur dans uñ état d’agitation et d'anxiété extrêmes : il ne pouvait rester ni levé, ni assis, ni couché; aussi changeait-il sans cesse de place et de position en exprimant, par des plaintes entrecoupées, les angoisses qu'il éndurait. Son médecin ordinaire était le docteur Bouneau, attaché au service de l'Hôpital des Enfans et des Prisons. M. Marjolin avait été appelé en consultation.

. Le fâcheux état où se trouvait M. Gaulet, ne me permettait pas de prendre sur moi la responsabilité d’un nouveau traitement qui pouvait être inefficace, et auquel on n'aurait pas manqué d'attribuer les conséquences funestes que la gravité des accidens semblait devoir amener. Par ces considérations, et pour satisfaire aux égards qu’on doit observer entre confrères, je manifestai le désir qu'on rappelât les médecins qui m’avaient précédé, On m'objecta qu'il n'y avait pas deux heures qu’ils avaient quitté le malade, et que, probablément, ils n'auraient rien à ajouter à leurs prescriptions. Cependant j'insistai et refusai absolument d'intervenir au trement qu'en cas d'urgence, s’il y avait impossibilité de réunir mes confrères. I était huit heures du soir : je promis de revenir si l’on réclamait de nouveau mes Soins Spéciaux à une heure plus avancée de la-nuït. Je m'échappai en quelque sorte de chez M. Gaulet, dont la famille éplorée voulait me retenir. N'étant pas sûr du résultat, non seulement les convenances, mais surtout la sagesse me commandaient

se | de ne pas céder à là compassion et à l'intérêt que m'inspirait la pénible position de M. Gaület. | A onze heures je reçus le billet suivant :

(Veuillez, Monsieur, prendre la peine de venir comme vous l'avez promis; le malade vous attend, et nous d’espérons qu’en vous.

..» Fe DuRONSsOY, » Pour M. Gauzær, ‘bouleyart Montmartre, » au coih du passage des Panoramas, »

J'avais le pressentiment du succès que je devais obtenir ; je me hâtai. Après avoir placé le malade sur une chaise et l'avoir revêtu d’un grand ét long gilet fermé, en flanelle préparée, je procédai à une active application des moyens qui consütuent ma médication externe, sur toute l'étendue de la poitrine, en avant, en arrière et sur les côtés, depuis le cou jusqu’au bas des reins ét du ventre, en insistant particulièrement tout le long de fa colonne vertébrale. Une demi-heure s'était à peine écoulée, que M. Gaulet respirait assez aisément; au bout d'une heure, il se trouvait si bien et si heureux, qu'il ne pouvait concevoir comment il avait été possible de le faire passer si promptement de l'état de suffocation où il se trouvait avant l'application, au libre exercice des fonctions respiratoires qu'il vénait de recouvrer complète ment, car il était tout-à-fait délivré des affreux tourmens qu'il avait endurés: il se coucha et passa une bonne nuit. Le lendemain j’arrivai tard: M. Gaulet était levé et s’occupait à son büreäu. Si je lui fis une seconde application, ce fut par mesuré de précaution, car il avait récouvré toute sa santé et il n’y à pas eu de rechute. moe

C'est la prémière fois que le docteur Bouneau avait Pocca- Sion de constater la puissante efficacité de ma médication ; aussi désormais, bien convaincu de son importance, cet honorablé et loyal confrère n’a jamais négligé dépuis de me faire appeler auprès de ceux de ses malades pour lesquels il à pu reconnaître l'utilité de Son emploi, ét j'ai pu le rendre

témoin de plusieurs succès notables, entr’autres de celui obtenu sur M. Bénard. | Voyez page 195.)

Dans le courant du mois de novembre 1837, M. le docteur Gronnier, ancien chirurgien-major des armées et actuellement fixé à Douai, me consulta pour M"° M., épouse de l’architecte du département du Nord, et me donna sur cette dame les renseignemens suivans :

« Madame M... est âgée de cinquante et un ans, d'un tempérament lymphatique, réglée fortement, mais régulièrement, vers l’âge de seize ans, sujette à des fluxions aux oreilles. Cette dame s’est mariée à vingt ans et a eu huit enfans; ses couches ont toujours éte heureuses, mais les suites en étaient longues et pénibles, et laissaient le ventre très douloureux. À l’époque de l’âge critique, qui fut quarante-cinq ans, de fortes hémorrhagies eurent lieu et de violentes douleurs se firent sentir dans la région épigastrique, vers l’ombilic et dans les hypocondres. Quand la malade les éprouvait, elle était obligée de se coucher. Les saignées générales et locales, les bains, les cataplasmes, les fomentations calmantes, les frictions narcotiques , un cautère à la jambe droite, n’ont produit que des soulagemens momentanés. Cet état dure depuis huit ans. L’appétit, sans être fort, se soutient; le. facies ne présente rien de particulier ; la promenade à pied et en voiture est assez facile hors le temps des douleurs; le moral est bon. L’utérus, exploré, ne présente rien d’anormal : les règles ont tout-à-fait cessé depuis vingthuit mois. Maintenant, lorsque les douleurs sont vives, il y a des pertes en blanc assez fortes; la malade a des selles fort rares; elle ne peut faire usage de lavemens, parce qu’ils la font souffrir davantage, etc. »

A ces divers phénomènes, il était impossible de se méprendre sur l'existence non d’une phlegmasie chronique, mais d’une viscéralgie utérine, qui irradiait vers les autres viscères abdominaux. Le moral et les voies digestives qui s'étaient conservés dans un état assez satisfaisant, m’engagèrent cependant à être réservé, dans l'espoir que je donnai de guérir M"°°M., par ma Méthode curative externe ; aussi me contentai-je de conseiller cette Méthode sans rien promettre. Le résultat ne tarda pourtant pas à me prouyer que ma ré-

serve était mal fondée, car le 15 décembre M, Gronnier m'écrivail :

« Mon cher Confrère,

» IT y a huit jours seulement que madame M... à COMmMeNnCé son traitement, et je vous annonce qu'il y à déjà amélioration dans sa position. Les douleurs lines se font à peine sentir : nous ne nous dissimulons pas que leur ancienneté rendra la tâche difficile pour une complète guérison. Cest pour cela aussi que nous voulons être persévérans. Maintenant nous prolongeons nos vaporisations; nous les faisons sur le ventre et Sur la colonne vertébrale, et particulièrement sur les endroits douloureux. Les fonctions du ventre se rétablissent parfaitement, etc... Je vous promets que je ferai prospérer ici votre médication autant que je le pourrai.

» Agréez, etc.

» GRONNIER. »

Et ce qui prouve que l'amélioration qui, sous l'influence de ma médication, s'était si promptement déclarée dans Ja santé de M°° M., n’était pas moins apparente pour sa famille et pour elle-même que pour son médecin, c’est que son mari m'écrivait sous la date du 25 décembre, c’est à dire quinze jours après M. Gronnier, une lettre dans laquelle se trouvait cette phrase :

« Depuis que madame M... a fait usage des remèdes que vous lui avez conseillés, ses Souffrances, qui étaient journalières, ont presqu'entièrement disparu; il ne lui reste plus que les sueurs qui, Chaque fois, précédaient les douleurs, ete. »

M°° M. éprouva cependant une légère rechute, car son mari m'écrivait le 24 juillet de l’année suivante :

« Monsieur,

» Madame M... qui, pendant trois à quatre mois, a éprouvé une guérison presque complète par suite de l'application de vos procédés curatifs, est depuis huit jours dans un état de souffrance voisin de celui qui l'avait abandonnée. Mais, confiante dans vos moyens, elle se promet bien de les continuer. Je vous prie, en con-

séquence, de lui faire expédier, etc, ete. »

Depuis cette époque, j'ai reçu des nouvelles de Me M.,

par son fils; officier d'état-major à Paris, qui m'a: plusieurs fois témoigné la satisfaction que cette dame éprouvait, de se voir ainsi guérie après tant d'années de souffrances qu’il avait été complètement impossible de suspendre, malgré tout ce qu'on avait pu faire pour cela.

Plus récemment encore M: M, lui-même, est venu à Paris me faire part de là persistance des heureux résultats obtenus par son épouse. Il m'annonça que cette dame pouvait actuellement fréquenter la société et les spectacles ; ce qu'elle n'avait pu faire pendant plus de dix ans. 1} ajouta même que, parent de M. M..., ministre des travaux publics alors, il avait plusieurs fois entretenu ce haut fonctionnaire des avantages de ma médication éprouvés par sa femme, et rappelé que je demandais depuis long-temps à être autorisé à en introduire l'emploi dans les hp

J'ai déjà fait remarquer qu'il y a des douleurs qui se manifestent dans les organes de l'appareil digestif et nutritif, et qui sont considérées et traitées comme étant le résultat d’une inflammation latente par le plus grand nombre de médecins. Je dis douleurs, pour exprimer d’une manière générique ce que les malades appellent, les uns : des coliques, des crampes d'estomac; d’autres disent éprouver des pincemens où une sensation F chaleur, de cuisson ou même de brûlure, soit dans l'estomac, soit dans les intestins.

L'expérience m'a prouvé que linflammation n’est pour rien dans la manifestation de ces phénomènes moerbides, qui sont purement nerveux et qui cèdent très promptement à quelques applications de la vaporisation, du massage et des frictions avec le baume névropathique. Cé qui établit d’une manière indübitable la nature nerveuse de ces accidens, c'est que d'abord ils sont intermittens, et que la préssion, loin d'augmenter le mal , le fait presqu’entièrement disparaitre. Il y a des personnes qui sont très sujettes à ces

névralgies abdominales, et elles passent la plus grande partie de leur vie à se traiter par des moyens qui aggravent véritablement leur état au lieu de l'améliorer. Dans ces cas, rien n'est plus contraire que l'emploi des évacuations sanguines, soit par la lancette, soit par les sangsues, ainsi que les boissons adoucissantes, et surtout Fabstinence d’une alimentation substantielle, que l’on prescrit souvent sans relâche, dans la persuasion qu’il faut combattre une irritation inflammatoire.

Je pourrais citer un grand nombre d'exemples de l'ayantage que l’on obtient de ma médication externe, employée exclusivement, sans rien changer au régime et aux habitudes des malades. Mais, parmi les personnes auxquelles j’ai donné des soins dans des câs de névralgies-des organes digestifs, je ne citerai que M. Court, qui était venu en 1836 réclamer mes Soins, se croyant atteint d’une gastro-entérite chronique qui, lui avait-on dit, pouvait avoir des suites fâcheuses. J’eus bientôt reconnu la nature des accidens, et, après quelques applications, il en fut débarrassé. Depuis lors M. Court, qui, sous l’influence des changemens de saisons est sujet à ressentir des douleurs gastriques et abdominales, se borne à recourir à ma médication, et, après quelques vaporisations et frictions, il ne lui reste plus aucune trace de son mal.

Dans une lettre que M. Court a adressée à un de ses amis à Paris, et qui m'a été remise, voici comment ce malade s'exprime sur ce qu’il éprouve et la manière dont il se traite :

CA M. Ransson Capon, à Paris.

» Jé viens réclamer de votre obligeance un service, qui est d’aller chez M. le docteur Comet, pour lui demander une Ceinture de flanelle préparée, une bouteille d’eau réactive et un flacon de baume névropathique. J'ai en ce moment des douleurs dans l’estomac qui me font vivement souffrir, et qui Se renouvellent deux fois par an. Étant à Paris en 1856, j'ai consulté ce médecin qui m'a fait suivre le traitement auquel sont employés les articles que je vous demande. Je m'en suis toujours très bien trouvé et je veux en user de nouveau. Je n’ai pas besoin des boules en fer dont on se sert, ayant conservé celles qui m'ont servi à Paris, Le docteur Co-

met ne vend pas lui-même les objets que je vous prie d'acheter, mais il vous donnera l'adresse de son pharmacien et une autorisation pour les obtenir.

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