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J'ai été informé depuis, par diverses personnes, que la santé de mademoiselle Ricard était actuellement très satisfaisante.
Il devrait suffire, pour établir l'heureuse efficacité de la médication que je propose, dans les affections qui entravent le développement régulier de la colonne vertébrale, de présenter l'observation de la guérison de mademoiselle Ricard ; cependant je rapporterai encore quelques faits d’affections ayant pour cause principale une prédisposition lymphatique constitutionnelle et une faiblesse concomitante du tissu musculaire ; mais j'ai à regretter de n’avoir pas été autorisé à citer des guérisons d’une haute importance.
Quand même Ja vaporisation et les frictions qui constituent le traitement principal n’auraient point de propriétés thérapeutiques spéciales contre les altérations lymphatiques ou scrofuleuses, ce qui au contraire est très positif, l'action combinée de ces agens physiques serait encore éminemment utile. Des moyens analogues sont tous les jours employés par les praticiens, en vue d'activer la circulation capillaire et d’exalter la tonicité fibrillaire: il faut reconnaître que, sous ce rapport, rien ne peut être mis en parallèle avec la Vaporisation et les frictions pratiquées de la manière qui à été indiquée. Mais la médication externe jouit encore d’une vertu éminente pour rendre aux fluides blancs les propriétés que la maladie leur a fait perdre. La promptitude des résultats obtenus dans les affections lymphatiques les plus graves, confirme cette assertion.
Les enfans dont la peau est lisse, fine et blanche, qui ont les yeux bleus, les cheveux blonds, ont ordinairement une croissance assez difficile, due à la prédominence du système lymphatique et nerveux. Chez la plupart de ceux que j'ai
rencontrés dans ces dispositions peu favorables, j'ai toujours prescrit, avec le plus grand avantage, l'emploi de la vaporisation et des frictions balsamiques. Sur quatre enfans de [a même famille j'ai fait disparaître naguère, dans l’espace de quelques semaines, un cortége d’accidens scrofuleux qui affligeaient vivement leurs parens.
— Le fils de M. le prince de Schonburg, âgé de onze à douze ans, avait été, pendant quelque temps, confié aux soins d'un médecin orthopédiste, pour remédier à une faiblesse réelle de la colonne épinière, au bas de laquelle on remiarquait une légère gibbosité et une déviation dont on avait beaucotp exagéré la gravité, puisqu'on avait prophétisé la formatiôh d’ün dépôt par congestion dans laine. Néanmoins, comme le médecin orthopédiste se bornait à livrer le malade à des exercices gymnastiques qui parurent, avec raison, peu en rapport avec le but que Pon se proposäit, on retira lé jeune princé de ses mains, et on s’adressa à un autre. médecin orthopédiste, qui se borna à préscrire l'emploi d'ane ceinture propre à maintenir le torse. A cette époque jé fus consulté par lé prince de Schonburg; j’examinai avec soin les accidens qui existaient dans la région vértébralé, ét je m’empressai de rassurer sa tendresse pa— terñélle contre les craintés qu’elle exprimait sur la nature du mal. Je mé bornai à conseiller Pemploi dé ma Méthode curativé externé, et je pratiquai moi-même la vaporisation et quelqués frictions qui furént immédiatement suiviés d'un aééroisséement notable des forces dont le jeune prince Ma nifestä le sentiment dès les premières applications. J'engageai à continuer régulièrement chaque jour les mêmes moyens et à persévérer dans leur emploi; ce qui a eu lieu. J'ai revu plusieurs fois le jeune prince, ct j'ai eu la satisfaction de reconnaître l'exactitude de mon diagnostic. ll ne s'est mañifésté aicun des accidens fâcheux qui avaient été annoncés, et j'ai la certitude que le développement dés organes sé fera sans encombre sous l'influéncé de Ki thérapeu-
tique dont j'ai conseillé l'usage habituel comme précaution hygiénique.
SCROFULÉS. … TUBERCULES VISCÉRAUX. —— ENGORGEMENS GLANDULEUX.
p gél les äffections qui edifiént d’une altération des fluides lymphatiqués, et contre lesquelles l'emploi prolongé de la Méthode curative externe serait d’une grande efficacité, il faut mentionner les tumeurs blanches, les. dégénérescences tuberculeuses on scrofuleuses, ét les engor cemens des glandes du sein, du eou, dessaisselles, de laine et du mésentère (carreau chez les enfans ); cependant, comme dans ces ma— ladies il faut indispensablement un traitement interne, pour modifier la diathèse générale, je ne voudrais pas attribuer à la médication externe d'autre mérite que celui d’être un auxiliaire très puissant. L'observation établira sans doute bientôt qu'elle peut jouer le principal rôle dans la thérapeutique de ces graves affections ; mais, pour le moment, l’expériénce n'autorise pas suffisamment à la préférer exclusivement aux médications internes. Quoi qu’il en soif, je vais citer des faits très remarquables et fort bien décrits, extraits de là correspondance d’une tendre mère, sœur d’an habile médecin de la province, ét à laquelle les connaissances physiologiques et même pathologiques ne sont pas étrangères, comme on pourra le voir. Bien que cette observation ne soit pas l'expression d’un succès probant, comme Île résultat obtenu sur mademoiselle Ricard (voy. p, 290 et suiv.), elle peut néanmoins beaucoup servir à faire apprécier l'influence qu'a eue, dans une affection scrofuleuse des plus graves, la médication externe, et l'avantage qu'on devrait en retirer dans le traitement des maladies de même nature, mais moins profondes, el surtout moins avancées vers une terminaison devenue en quelque sorte nécessairement funeste.
A M. le Docteur Comet.
« Noyant, près Moulins (Allier), le 29 mai 1836.
» Je regretterai toujours de n'avoir retiré de l'avantage que j'ai eu d'entendre souvent et beaucoup parler médecine, que ceux bien tristes de connaître une nombreuse partie des maux qui aflligent notre pauvre espèce, et den déduire matière à m'alarmer au moindre symptôme que je crois remarquer, des uns ou des autres, chez les êtres que je chéris, sans pouvoir puiser dans mes trop imparfaites et funestes connaissances, le remède curatif, ou seulement le moyen de diminuer des maux que j’endure mille fois en les leur voyant souffrir.
» Telle est depuis long-temps la position où me réduit l’état continuellement maladif de ma seconde fille, âgée de quatorze ans.
» Cette enfant, que j'ai allaitée pendant deux ans, était née faible et grêle; mais, grâce à des soins de mère, elle était bien portante, lorsqu'il y a environ huit ans elle fut prise, à l'automne, d'une fièvre qui ne fut pas d’abord bien réglée, mais devint tierce et résista à l'usage de la quinine. Il y eut bien, à différentes reprises, quelques alternatives de mieux; mais au bout de quelque temps la fièvre reparaissait et fut suivie d’obstructions et de l’engorgement des glandes du mésentère et des vaisseaux lymphatiques.
» Divers traitemens ont été successivement employés, mais n'ont produit aucuns bons résultats. En ce moment ma fille est en proie à une fièvre lente, la plupart des glandes dont elle avait le cou bordé, ainsi que d’un collier, ont abcédé; d’autres sont toujours roulantes, mais auront probablement le même sort. Ce qui m'inquiète plus encore, c’est l’enflure de la jambe et de la cuisse gauches, la bouflissure excessive du visage et l'amaigrissement des parties qui ne sont pas infiltrées d’eau.
» C'est sur cet état de choses que je désirerais appeler l'attention d'un médecin qui, plus que ceux de notre province, s’oceupe de la maladie que je viens d'essayer de décrire. »
Cette note fut suivie de renseignemens détaillés d’après le modèle des feuilles d'interrogations que j’emploie dans mes consultations; ils me firent prévoir une terminaison fatale : cependant je proposai d'essayer encore une médication ac— tive, particulièrement par l'emploi des moyens qui constituent ma Méthode curative externe. Les indications à remplir étaient à peu près les mêmes que celles qui firent la base du traitement de mademoiselle Ricard, si heureusement rendue à la vie (voy. plus haut ); mais l’altération constitu-
tionnelle était plus ancienne, plus profonde, et les ravages qu'elle avait portés dans toutes les parties de l’économie étaient au dessus des ressources de l'art.
Cependant trois semaines ne s'étaient pas encore écoulées depuis que le traitement que j'avais prescrit était commencé, que je reçus la lettre suivante :
« Noyant, le 28 juin 1836.
» Monsieur le Docteur,
» Le premier jour les frictions, quoique faites pendant trois quarts d'heure sur la colonne vertébrale et trois quarts d'heure sur le ventre, n’ont pas pu colorer la peau, tant elle était inerte! mais elles ont procuré à la malade une chaleur douce et inaccou tumée, et même un sommeil réparateur de deux heures après l’opération. Ce sommeil a été accompagné d’une abondante transpiration; cependant ma fille, apparemment fatiguée par les frictions, a été plus faible et plus souffrante que de coutume le reste de la journée, et notamment vers le soir, moment où la fièvre, dont elle est débarrassée maintenant les trois quarts du jour, reprend un peu. Néanmoins, malgré l’insuccès du premier essai, nous ne nous sommes découragées ni l’une ni l’autre, et tous les matins nous avons effectué les frictions aussi ponctuellement que la première fois. Aujourd’hui j'en ai prolongé la durée d'une demi-heure de plus, c’est à dire que j'y ai employé deux heures, et je me suis en outre décidée, malgré la fatigue qui pouvait en résulter pour ma fille, à frictionner aussi la cuisse et la jambe gauches toujours très enflées. Je continuerai ainsi, Monsieur, jusqu’à nouvel ordre de votre part. Je n'ai point interrompu le traitement interne; il est rigoureusement borné à la boisson de bouillon gras dégraissé, sans sel ni légumes, édulcoré avec le sirop de quinquina, ét aux vins dé quinquina, de rhubarbe et gentiane mélangés, administrés par cuillerée de trois en trois heures.
» J'ai dû, pour suivre uné marche aussi méthodique et rationnelle que je le puis, vous exposer d’abord, monsieur le Docteur la manière dont j'exécute vos prescriptions: cela me conduit naturellement à vous entretenir du changement que tout le monde s'accorde ici à reconnaître en ma petite malade, et que mieux que personne je puis apprécier, moi, qui en juge dans le secret de l'applicalion des remèdes.
» C'est ainsi que je puis vous dire que la colonne vertébrale est maintenant dégagée jusqu’à la région des lombes, qui demeure infiltrée ; l'enflure la couvrait presque entièrement. La peau à repris de la sensibilité, ce que je connais à la sensation que cause à la malade la chaleur des boules, qui ne sont pourtant chauftées que conformément à l'ordonnance, et pas davantage que le premier jour où elle en trouvait la chaleur douce et bienfaisante. Je re-