EU
marque aussi que la peau, qui sur lés reins était d’un blanc mat, commence à prendre une légère teinte- marbrée, comme celle de la chair des petits enfans; quelques très petits boutons se mon trent entre les épaules ét jusqu’à Ia nuqué, mais ils ne mé semblent pas assez irrités ni en assez grand nombre pour faire redouter lé- TOSLOD dre à à As EP ve
» Un changement non moins sensible se laisse apercevoir à l’aspect de l’abdomen, devenu très moi dans toutes ses parties ; les hypocondres sont moins engorgés, l’état œdémateux des grandes lèvres a presque cédé; la cuisse et la jambe gauches, ainsi que les pieds, restent très enflés.
» Ainsi que je vous l'ai dit, la fièvre prend maintenant ma petite malade seulement le soir; mais un mal qui persiste davantage, c’est la douleur de tête qui est toujours aussi, intense, quoique la figure et les yeux-soient bien: moins bouffis, ce qui me semblerait indiquer que lès vaporisations produisent. de l'effet sur toute l’économie, Nue HOT HO 2919 &l
» Je désirerais, monsiéur le Docteur, que vous trouvassiez dans ce Compte-rendu, de l’état de ma fille autant de clarté, de précision, que je me plais à en reconnaître dans votre correspondance. Je déSirerais surtout que l'obligation:où je me trouve d'employer dans mes lettres des expressions: techniques, ne me. donnât pas à vos yeux le ridicule de la pédanterie, si, éloigné de mon caractère, mais que ma tendresse pour ma fille me fait encourir et braver.
» Agréez, monsieur le Docteur, ete...
:» Fe PÉLISSON, née LECOINTRE. »
2 "4 Noyant, le 7 juillet 1836.
».Monsieur le Docteur, Ç >
» Les détails que j'ai à vous donner sur notre petite malade,ne sont pas aussi satisfaisans aujourd'hui que ceux, que vous portail. ma dernière lettre du. 28: juin. Privée, pendant. deux Jours d'eau réactive, j'ai eu le chagrin de cesser.les. vaporisations durant, ce temps, et l’enflure alors a recommencé à envahir tout ce qu'elle avait occupé de la colonne vertébrale. Le ventre seul n'a point subi cette fâcheuse influence:de la privation des frictions ;, mais le retour de l’enflure sur la partie qui. en avait été délivrée comme par miracle m'a sensiblément affectée, et. j'ai eu peine à le cacher à ma pauvre Stéphanie. Au reste, la fièyre n’a point augmenté, on dirait même qu'il n’y en a plus guère que d’un jour à Fautre. Le mal de tête diminuait déjà le jour où j'ai reçu votre lettre, et sans doute, maintenant qu'il a presque. disparu, n'existerait-il: plus .du tout sans l'extrême engorgement des glandes du cou, dont une, notam— ment très grosse, offre un point rouge, mais encore sans fluctuation, quoiqu'elle procure beaueoup d'élancemens à la patiente. Le déssous du menton est engorgé ; aussi les joues sont-ellesredeveaués bouflies, et les paupières supérieures,sont tellement infiltrées, que chacune représente une:gousse de baguenaudier ; je ne puis mieux les comparer. ;
» Malgré tant dé souffrances, endurées avec autant de courage que de douceur, l’état moral de Fà bién-aiméé s'améliore visible ment : à l'apathie qui avait fait d'une enfant sémillante et gaie üné véritable chrysalide, à succédé un léger retour à la gaité, un désir de lire et de S'oecuper qu'elle n'avait pas encore témoigné depuis plusieurs mois. Aujourd'hui même, malgré lenflure des reins, de la jambe et de la cuisse gauches, elle marche avec plaisir, et il faut que je lé lui défénde pour Pempêcher de se promener.
» Vendredi, 8 juillet.
» Intérrompue en cet endroit, je ne puis qu'aujourd'hui, Monsieur, me remettre à ma lettre commencée. Je ne suis pas fâchée d'ailleurs que son départ ait été retardé ; car hier J'étais bien trisfément impressionnée, et ce matin l'inspection des parties infil= trées me remet au cœur un peu plus de tranquillité. En effet, il y à une diminution sensible ; tout lé corps est très bien, eu égard à ce qu'il était, hier. I n'y à que la figure qui ait conservé, son enflure, si disgracieuse Surtout en cette partie: (Ne serait-il donc. pas pos- Sible d'employer. les frictions pour la rendre à son état normal?) Les paupières supérieures sont toujours œdémateuses au dernier point. La glande située au côté gauche du cou, immédiatement. au dessous du. Iobule de l'oreille, a encore augmenté. de grosseur. Le foyer d'irritation S'agrandit; il, présente aujourd'hui. l'étendue d'une, pièce d’un franc. Les élancemens sont. plus fréquens-et plus poignans, ét une surdité de l’oreillé gauche est venue apporter une ñouvelle incommodité à ma pauvre infirme.. 4445 4 4
».J'avais, dans ma précédente, oublié de. vous parler du. régime alimentaire dé ma fille; je vais réparer cette omission...
..» L’appétit revient véritablement, et l'augmentation de nourri ture n'a, produit aucun fâcheux résultat, ce. qui 1émoignerait de accroissement, des forces digestives. La; petite. malade préfère: à tous autres alimens la soupe grasse, le poulet, le pigeon, le veau. C’est là à peu près, avec quelques biscuits, son unique nourriture: Du reste, les digestions se font bien, et les selles, quoique ramollies, sont quotidiennes.. Le sommeil est bon. …., tir £ .,» Pardon, mille pardons,. Monsieur, de vous entretenir de ces choses, mais peut-être ces indications ne sont<elles pas-inutiles:
» Agréez, etc.
Li SEBTO? » F6 PÉLISSON, néé LECOINTRE. »
“Le 27 juillet, je réçois une lettre dans laquelle madame Pélisson fait preuve d'un rare esprit d'observation; les faits qu’elle relate dofinent dé précieux rénscignemens sur les effets puissans dé la Méthode curative externe: toutefois k désir seul autorise 4 éSpérér an'suceds. Il est trop tard : Pée conomie est profondément vulnérée ; la réaction vitale est
impossible dans les viscères intimement désorganisés. Voyons cependant les résultats extraordinaires que l’art de guérir, luttant avec énergie contre des causes multipliées de destruction, fait surgir encore chez un être si débile : la mort semble ne pas oser frapper à fond sa victime en présence du médecin, qui sans cesse repousse ses coups et favorise jus-
qu'au dernier moment le développement des phénomènes vitaux.
« Noyant, 27 juillet 1836.
» Depuis ma dernière lettre, nous avons eu, Monsieur, bien des alternatives de mal et de mieux; grâce aux vaporisations d’eau réactive et de baume, faites, on peut le dire, de la tête aux pieds, et très longuement (cinq heures), j'ai obtenu le dégonflement presque entier des yeux, des joues; le cou et la grosse glande ont aussi beaucoup diminué ; cette dernière surtout de manière à mé faire espérer sa résolution. Les reins sont presque dans leur état naturel , l’enflure n’occupe pas plus de deux vertèbres des lombes. Le ventre est moins bien; il m'a semblé hier et aujourd'hui un peu tendu. Les cuisses sont beaucoup moins enflées ; les genoux sont très bien, ainsi que les jambes; le dessus des pieds reste seul fort œdémateux, principalement le soir. Plus du tout de mal de gorge, presque pas de mal de tête, toujours un peu de surdité. Du reste, même force morale, toujours l'esprit vif, l'humeur douce et égale, et le courage soutenu par l'espérance.
» Je vais encore vous soumettre, Monsieur, quelques observations. Je n'ose presque pas vous dire, dans la crainte que vous né me croyiez pas, que, depuis les vaporisations balsamiques, j’évalue que notre malade à grandi d’un demi-pouce. J ai remarqué aussi que ses sourcils, qui n'étaient naturellement qu'à peine tracés, se fournissent; enfin dans ce moment elle souffre par suite de la venue des deux dernières dents molaires qui percent... Il se fait donc un travail!
» Stéphanie à conçu l'espoir d'aller à Paris. Je lui ai promis de l'y conduire très certainement, si sa position s’améliore, dans la dernière quinzaine d'août. »
Dans une lettre, en date du château de Noyant, le 11 août, madame Pélisson me marque que, cédant au vif désir qu'éprouve sa fille de faire un voyage qu'elle regarde comme un pèlerinage à Epidaure, elle s’occupait sérieusement des préparatifs. Décevante espérance! inutiles efforts de la nature, de l'amour maternel et de l’art! vains projets! L'intéressante Stéphanie va bientôt succomber.
Je pourrais augmenter cet opuscule de la relation d’un grand nombre de faits qui démontreraient la confiance que l’on doit accorder à la médication que je préconise dans les diverses affections résultant d’une altération de la circulation lymphatique ; mais ces faits sortiraient de la spécialité du sujet que j'ai voulu seulement aborder dans ce supplément, et je terminerai par l’observation suivante qui présente des circonstances assez curieuses.
J'ai dit que les vaporisations, les frictions sèches et les massages balsamiques, remplissaient les indications requises pour combattre les déviations de la colonne vertébrale, en neutralisant les causes de débilitation générale qui les ont toujours occasionnées dans le début, et qui les entretiennent nécessairement par leur persistance. L'exemple de mademoiselle Ricard, rapporté plus haut, ne laisse aucun doute à cet égard. Voici un autre fait qui démontre que, même dans les cas de déformation des membres, ces moyens ne sont pas moins efficaces, car s'ils ne remplissent pas aussi évidemment que dans les déviations de la taille, l'indication souvent fondamentale, qui est de diviser les tendons dont la contracture entretient la difformité, ils assouplissent ces tendons, préparent les voies de la guérison par lopération de la section, et favorisent la nutrition en accélérant la circulation lymphatique. Il s’agit d’un enfant de onze ans, qui, à la suite d’une immersion imprudente dans l’eau froide, et d'une grave maladie qui en a été la fatale conséquence, a éprouvé une complète perclusion et une horrible difformation des membres inférieurs.
Voici l'historique de la maladie de cet enfant, tel que me l'a transmis madame la marquise de Ruffo la Fare, à laquelle j'avais donné des soins pour une affection nerveuse et qui, par les seules inspirations de son cœur bienfaisant, a été conduite à tenter l'essai de ma Méthode pour la guérison de cet enfant :
-:« Pothiers, près Ghâtillon-sur-Seine (Côte-d'Or).
» de pense, Docteur, qu'il vous paraîtra convenable et intéressant que je vous rende un compte exact de l'emploi que j'ai fait du dérniér envoi que vous m'avez fait adresser. J'ai l'espoir que vous voudrez bien nr'aider de vos conseils pour achever la’bonne œuvre -que j'ai entreprise. : tir O8 ant SIGNE ? SUPEGERGI
> Un enfant du pays, qui a maintenant près de ange ans, a-eu la rougeole à vingt-deux mois; il était extraordinairement fort, cou- +ail seul; jouant avec un:autre énfant, celui-ci lé fit éntrer dans l'eau. Il à été à l'instant saisi par uue fièvre violente, qui a été suivie d’une perclusion presque générale. On l’a couvert de vésicatoires, ce qui n’a pas empêché qu'il ait été long-temps sans pouvoir faire usage de. ses jambes. Les eaux de Bourbonne;. en.hains et en douches, prises déux années de suite, ont amené une amélioration, la seule. qu'on-pût en espérer ; la jambe’ gauche “et le pied, fort mal conformés, ont pu supporter le-corps:; mais le pied droit, totalement déjeté en dehors, ef Ia jambe du même côté, que l’on pouvait plier ‘à vôlonté éomme un chiffon, ont été contenus dans un appareil de fer d'un poids énorme, adapté par des vis à un brodequin renfermant le moignon. Ainsi tenu, l'enfant s’est habitué à marcher par un mouvement de la hanche et des reins, aidé d’une canne en forme de béquille. Comme.il est d’une cobstitution superbe et forte, il a parfaitement grandi, etc.
» Ayant fait usage avec Succès, pour mon compte, de votre Méthode (1), j'ai dû penser à ce pauvre enfant. J'ai en conséquence prié mon médecin, M. Dubois de Mussy, de l’examiner avec soin etde me dire S'il y aurait de l'inconvénient à essayer cette Méthode. [m'a répondu que, bien qu'il né croyait pas possible de le guérir, il fallait néanmoins non seulement l’entreprendre, mais qu'on serait coupable de ne pas le faire. Dès la troisième et la | juatrième séance de. vaporisations, faites depuis la nuque jusqu'aux pieds, pendant une heure et demie ou deux heures, et suivies de repos dans un Hit chaud, l'enfant à déclaré sentir sa jambe plus-forte. L'effet à même été tellement sensible qu'il a ‘pu s'appuyer dessus, Nous avons alors commencé à trouver. une résistancé aux mouvemens qu'une main étrangère lui imprimait. Le nerf principal est devenu très apparent au jarret, ainsi que le tendon d'Achille, L'enfant le distingue parfaitement et fait avec sa jambe des mouvemens qu'il ne pouvait faire qu'à l’aide de sa main. Après une douzaine de séances, il a marché facilement, toujours avec son appareil, mais sans canne. Il s’est même soutenu seul sur cette jambe droite et a pu faire quelques pas sans appareil avec une béquille. Ho ÿ :», Tous ces.succès étaient pour moi et pour ses parens un tel motif de satisfaction, que j'ai cru devoir continuer sans interruption; j'ai redoublé les moyens au pied, ce qui lui a occasionné des douleurs. Ce pied se redresse sous la main d’une manière parfaite,
4) Voir l'observation rapportée page 222.
mais les douleurs sont fortes à tous les orteils. Le massage, pratiqué avec trop d'assiduité dans les dernières séances, aura trop fa tigué l'enfant, ce qui cependant ne tourmente pas ses parens, auxquels il a été facile de faire comprendre que cela tient. au travail qui, jé le pense, s'opère sur toute cette partie. J’ajouterai. Docteur, que ce qui‘m'inspiré celte confiance, me vient dé ma propre expérience. Mes douleurs nerveuses.ou rhumatismales,.que j'avais aux bras, ont aussi augmenté sous l'action des vaporisations; mais en un mois elles ont toujours été en dééroissant, et maintenant Je tourne mon bras. dans, tous les sens, sans souffrir. J'espère donc qu'il en sera de même pour mon pauvre petit garçon, qui est plein de courage, de force, de’santé, d'intelligence, et qu'il Serait si triste.de voir rester dans ce déplorable état. 111 plane
__» Je n'ajouterai rien à ma lettre que l'expression de mes senimens les plus sincères et les plus distingués." " © L
» La marquise de RUFFO LA FARE. ».
Désirant m’associer à la bonne œuvre de cette dame aussi charitable qu'éclairée, et ne pas laisser encourir à ma Méthode la responsabilité d’une cure quine pouvait être com plète, je m'empressai d'adresser à madame la marquise de Ruffo la Fare la lettre suivante :
« Madame,
» Vous avez entrepris une œuvre non seulement charitable, mais tout-à-fait rationnelle, médicalement parlant. J'ai, dans mes observations, signalé les avantages de la médication externe qui m'est propre pour combattre les déviations de la taille et la déformation des membres; mais je suis obligé de mettre de la réserve pour préconiser ce moyen, que l’on prendrait pour une selle à tous chevaux, faute de se rendre compte de son mode d'action.
» Pour votre petit madade;je mé ‘pense pas que vous parveniez, Madame, à lui redresser le pied. Les muscles sont rétractés et les tendons raccourcis trop fortement pour cela; mais je me plais à espérer que vous le mettrez dans un état assez favorable pour qu'il puisse être soumis à la section sous cutanée des tendons, ce qui permettra de redresser le pied. Quant à la machine orthopédique, je crois qu’elle fait plus de mal que de bien. Veuillez, Madame, en parler à votre médecin, en lui soumettant mon opinion.
» Ainsi, Madame, vous pouvez avec avantage continuer à soigner votre malade; seulement ne brusquez rien ; il faut, dans ces cas, se hâter lentement. La sensibilité qui s'est manifestée prouve qu'il se fait un travail par suite de la médication; mais il ne faut pas le rendre trop promptement actif. Patience et persévérance est ma devise pour arriver au succès.
» J'ai l'honneur d’être, Madame, etc. »
Je m’arrête ici, en remettant à une autre époque un travail destiné à rassembler et à comparer les faits analogues et à les classer par groupes, en raison de leurs causes, des phénomènes qui les précèdent et les accompagnent, ainsi que des symptômes servant à porter un diagnostic certain sur Ja nature des lésions les plus obscures. Je crois avoir relaté un assez grand nombre d'observations d’affections diversement caractérisées, pour pouvoir m'abstenir de continuer la publication d’autres cas qui feraient double emploi, puisque, bien que recueillis sur des malades différens, ils ne seraient que la répétition de ceux déjà exposés, D'ailleurs il faudrait augmenter d'une manière démesurée la grosseur de ce volume et fatiguer le lecteur, qui ne doit y chercher que des preuves concluantes de l'efficacité de la Méthode curative que je préconise. J’espère avoir atteint ce but, et la tâche que je me suis imposée est remplie.