PROCEDES D'APPLICATION
Il faut que la partie malade soit d’abord recouverte d’un morceau de flanelle préparée, convenablement disposé et fixé (1). On développe ensuite l’action de la substance médicamenteuse dont la flanelle préparée est imprégnée, au moyen d’un réactif liquide et de la vaporisation. I y a deux procédés pour déterminer la vaporisation, l’un actif, l’autre passif. | | :
= Procéné acTiF. — On imbibe une petite éponge fine et rude dans une certaine quantité d’eau
(1) Cette flanelle {est d’un tissu épais fabriqué exprès. Les personnes aisées pourront substituer avantageusement à l'emploi des bandes, celui de certains vêtemens en flanelle préparée dont l'usage est plus commode et plus favorable, parce qu'on ne met à découvert aucune partie du corps pendant l'application du remède. Nous indiquerons plus Join la manière de préparer la flanelle.
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réactive, et l’on humecte, sans la tremper, la flanelle, sur une étendue un peu plus considérable que la région où se manifestent les accidens, à plusieurs reprises et successivement. Moins la flanelle est mouillée, mieux la vaporisation s'opère régulièrement et sans produire aucune impression pénible.
Pour la déterminer, on promène, plus ou moins lentement, et sans interruption, sur toute l’étendue de la flanelle humectée, une boule de métal fixée par une tige à un manche, et à laquelle on a communiqué un degré de chaleur à peu près égal à celui que les blanchisseuses donnent aux fers avec lesquels elles repassent le linge. Afin d'obtenir d’une manière exacte le degré de chaleur convenable, on fait chauffer outre mesure les boules métalliques, soit dans un feu de braise, soit à la flamme de l’esprit de vin mis en combustion, et on les plonge, au moment de s’en servir, dans une tasse d’eau, jusqu'à ce qu’elles n’y occasionnent plus de frémissement, Pour ne pas interrompre la vaporisation, il faut, pendant que l’on se sert d’une boule, en avoir une autre au feu, que l’on emploiera aussitôt que la première aura perdu le degré de chaleur nécessaire; l’on agit d’une main avec l’éponge pour humecter la flanelle, et de l’autre, armée de la boule, on fait immédiatement pénétrer l'eau réactive ; Ja boule remplace l'éponge, ef vice versä. La grosseur des boules doit être d’autant plus considérable que la partie sur laquelle on opère sera plus
L + Lo étendue (1). Par le contact du fer très chaud, mais non brülant, avec la flanelle, le liquide médicamenteux que son tissu renferme se dégage à l'état de vapeur qui est profondément dirigée à travers les pores de la peau. La sensation qu'éprouve le malade est généralement agréable; elle n’est trouvée incommode que par les sujets très impressiqnnables ; cependant elle n’est jamais insupportable, et l'on s’y habitue bien vite, surtout si la personne ui gouverne la boule a soin de ne pas la faire stationner et peser sur les parties malades. Du reste, cette petite opération ne présente aucune difficulté réelle et ne demande que du zèle et de la patience pour être bien faite. Néanmoins il est incontestable que, dans les cas graves et lorsqu'il s’agit d'opérer sur de très grandes régions du corps, l'habitude du manuel ne serve beaucoup à surmonter les difficultés. C'est ainsi que, par une suite d'applications faites par nous-même ou sous notre direction, nous sommes parvenu à vaincre des accidens qui avaient résisté à des manœuvres irrégulières ou peu méthodiques. Quoi qu'il ‘en soit, dans la
(4) Quelques personnes supposent que des fers ordinaires pourraient être substitués sans inconvénient aux boules métalliques; c’est une erreur : les fers plats et larges dessèchent trop promptement la flanelle humectée avec laquelle on les met en contact; ils occasionnent une grande perte de la préparation médicamenteuse qu'ils attirent au dehors, au lieu de la faire pénétrer dans les pores de la peau. Les boules métalliques, au contraire, ne produisent aucune évaporation, et s'appliquent avec un très grand avantage aux parties sur lesquelles on opère.
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plupart des cas, on réussira très bien, et, comme
dit le proverbe : En forgeant on devient forgeron.
Plus le mal est ancien ét profond, plus il faut augmenter et prolonger la vaporisation, en humectant légèrement à plusieurs reprises la flanelle qui, en définitive, doit être retirée presque à Son état primitif de siécité.
Alors on essuie vivement la région qui y a été SOumise avec la main garnie d’un miton en flanelle préparée (1); puis, avéc un autre miton recouvert d’une couche assez épaisse de baume névro-pathique, on frictionne moelleusement en opérant üune sorte de massage ou de pélrissage, jusqu'à ce que ce médicament ait été suffisamment äbsorbé. De temps en temps on approchera la main du feu pour faire chauffer le miton qui, après avoir servi un certain nombre de fois, perd de sa souplesse primitive.
Aussitôt l'opération terminée, il convient de soustraire la partie à l'impression de l'air pendant quelque temps. Les personnes qui portent habituellement sut à peau des tissus de flanelle, s’en revétiront sur-le-champ. Il serait préférable de ne porter
(1) I arrive souvent que, même après la vaporisation la plus active, on ne peut parvenir à animer la peau, ce qui contrarie l'absorption du baume. Chez les malades dont la peau offre si peu de vitalité, je mets en usage la percussion répétée et incessante, à
\ l’aide d’une palette de bois léger que l’on fait basculer vivement
entre le pouce et le doigt indicateur. Le résultat recherché ne manque jamais : on peut ainsi déterminer une rubéfaction très étendue et parfaitement égale.
ST que des Vêlemêns en flanelle préparée qui détérmihérait une action plus avantageuse, subséquente à la vaporisation et aux frictions: c'est pourquoi les personnes qui ont des effets de flanelle, feront bien de les faire soumettre à la préparation. Dans les affections anciennes et rebelles, l'observation de cette prescription est indispensable (1).
Quelquefois, il est bon d'étendre sur la partie où l’on vient de pratiquer la vaporisation une couche de baume névro-pathique, que l'on fait pénétrer vivement dans les tissus, en agissant de nouveau sur la flanelle avec les boules métalliques, plus fortement chauffées qu'on ne l’a fait pour la vaporisation ordinaire; mais il ne faut pas sé servir, pour väporiser le baume, de là même flanelle qui a été employée à la vaporisation de l’eau réactive. C'est Surtout dans les névralgies et les engorgemens lymphatiques profonds qu’il faut procéder ainsi. Après la double vaporisation, on opère le massage à sec, avec la main garnie d’un miton en flanelle bien préparée. |
(1) Rien n’est plus facile que d’imprégner toute espèce de flanelle ; il faut se procurer de la Préparation liquide, dans laquelle on trempe à froid ce tissu bien sec: lorsqu'il est complètement imbibé on le tord, puis on le fait sécher horizontalement, ou, comme on dit, à plat, en l’étendant sur une claie ou sur une espèce de filet fixé entre deux chaises dévant un feu vif, Où au grand soleil, Mais jamais seulefneñt à l'air, dont là préparation absorbe l'humidité. Cette manière de faire sécher la flanellé est importante pour que Ta base médicamenteuse ne se porie pas en plus grande quantité sur un point qüe sur l’autre.
ES Quelques applications, qui peuvent avoir lieu à six heures de distance l’une de l’autre, guérissent très bien les rhumatismes simples, non compliqués delésions concomitantes ; souvent même les douleurs disparaissent entièrement par une seule application convenablement faite. Dans les affections invétérées et réputées incurables, chez les sujets avancés en âge ou d’une constitution débile, l'efficacité du remède se fait plus long-temps attendre; c'est pourquoi il faut en prolonger et répéter l'emploi; mais on arrive toujours, sinon à un succès complet, au moins à procu-. rer aux malades un état de santé qu'ils ne pourraient obtenir par les moyens thérapeutiques connus. Après chaque vaporisation, 1l faut laisser sécher, sans la laver, la flanelle préparée, si l’on veut encore s’en servir utilement : néanmoins, après deux ou trois applications au plus, elle a ordinairement perdu sa propriété médicamenteuse ; il est nécessaire alors de préparer de nouveau les parties des vêtemens ou des bandes sur lesquels on a déterminé la vaporisation. {Voir la note précédente.) I faut avoir grand soin de n’employer que de laflanelle entrès bon état de préparation; c’est une condition de succès. Dans les premières applications, comme pour les accès de goutte avec tuméfaction douloureuse des articulations, dans les rhumatismes aigus, ainsi que pour Les douleurs nerveuses bien caractérisées, il ne faut pas déterminer la vaporisation à l’aide d’une trop grande chaleur. On doit, dans tous | CES, n’élever la température des boules qu’au fur et à
en QG = mesure que le malade contracte l’habitude de l’impression qui résulte de la vaporisation.
Au début des affections aiguës, qui se manifestent par une forte irritation de la peau et une rougeur plus ou moins vive, il faut s'abstenir de pratiquer la vaporisation et se borner à faire des embrocations répétées avec le baume névro-pathique ; l'usage fréquent de ce remède calme la douleur et modère le développement des accès. On entoure ensuite les parties affectées avec de la flanelle préparée. Nous ne saurions trop préconiser l’emploi du baume névro-pathique, car c’est un des plus puissans modificateurs de l’innervation ; son usage est très salutaire dans toutes les névroses et névralgies, l’hypochondrie, la chlorose, les palpitations, les convulsions, les coliques nerveuses, les crampes, l'asthme et les spasmes de toute nature ; mais il faut l’employer à haute dose. Il résout très promptement les engorgemens glanduleux, viscéraux et articulaires. C’est un excellent fondant, résolutif, tonique et antispasmodique. Pour énumérer tous les cas où son emploi serait favorable, il faudrait en quelque sorte citer tous les accidens qui sont le cortége de ces maladies réputées incurables, que nous avons désignées sous la dénomination de viscéralgies, et qui font le désespoir des malades et des médecins. Le baume névro-pathique n’a pas pour base un corps gras, comme la plupart des pommades, onguens et linwmens, dont le moindre inconvénient est de se Tan surtout de boucher les pores de la peau dès
la première applicatien. Il est étonnant que l’on ait été si long-temps à reconnaître cette contre-indication de l'emploi des composés graisseux ou huileux.
La flanelle préparée a, par son seul contact avec la peau, la propriété de dissiper les douleurs légères, de quelque nature qu’elles soient, nerveuses, rhumatismales ou goutteuses ; nous ne saurions donc trop en recommander l’usage, particulièrement aux personnes qui éprouvent des douleurs passagères, un sentiment de gène dans les mouvemens, des engourdissemens et des élancemens fréquens dans les diverses parties du corps. La flanelle préparée jouit, non seulement de toutes Les propriétés de la flanelle simple, dite de santé, mais elle possède à un degré éminent des vertus que l’expérience a sanctionnées : elle a une action sédative (calmante) sur le système nerveux et favorise la circulation sanguine et lymphatique, en diminuant la plasticité (épaississement) des humeurs ; elle facilite la résolution des engorgemens glanduleux ; enfin elle excite fortement les fonctions de la peau ; c’est à cette propriétéspécialequ'elle doit son heureuseinfluence.
Procépé passir. — L’expérience nous a indiqué l'utilité d’un mode d'application qu'il faut dans certains cas mettre en usage ; nous lui avons donné le nom de passif. I consisteà pratiquer les frictions et le massage à l’aide de mitons en flanelle bien préparés pour chaque application, et alternativement imbibés d’eau réactive très chaude; puis on opère
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des frictions et le massage avec d’autres mitons recouverts de baume névro-pathique. Ce procédé est surtout avantageux dans les cas Où il est nécessaire d'agir en même temps sur une très grande étendue du corps, ou lorsqu’ on n’est pe à même de déterminer la vaporisation d'une manière convenable, soit parce que l’on manque des choses nécessaires, soit parce que Îe malade se trouve dans un état de faiblesse etde susceptibilité nerveuse qui ne permet pas l'emploi du procédé actif. Le procédé passif est sans doute d'une efficacité moins prompte que le précédent, mais 1l réussit également bien.