CHAPITRE IV
d'aimer Dku de tout son oœor^ de fuir le péché^ de pratiquer la vertu, de ne se point mettre en colère^ de se conformer en tout à la volonté de Dieu. Les particulières déterminent le lieu^ le
• temps^ les circonstances^ comme de se mortifier en telles occasions ; de pratiquer la douceur et la patience en telle rencontre; de se conformer à la volonté de Diea en cette perte, en cette humiliation^ en cette maladie.
Les résolutions générales ne sont pas mauvaises; mais^ autant qu'il est possible, il faut se proposer quelque chose en particulier^ princi* paiement le vice auquel on est le plus sujets qu'il faut ruiner en toutes ses méditations^ en dressant, pour ainsi parler^ toutes ses batteries de ce côté-là. On peut d'autres fois former des résolutions de produire ce jour-li quelques actes de vertu ^ et en déterminer le nombre; pourvu que vous emportiez ce fruit de votre oraison^ vous devez vous persuader qu'elle est bien faite. Mais souvenez vous de quatre choses.
• La première, que les résolutions doivent, tant que faire se peut, suivre les affections, puisque c'en est le fruit, soit que les affections soient douces et sensibles, soit qu'elles ne le soient pas.
La seconde, qu'il n'en faut pas produire beau«
ao DE L'ORÂISON MENTALE.
coup à la fois, mais une seule qui demeure imprimée dans Tesprit^ comme le chasseur ne poursuit pas plusieurs lièyres à la fois, mais s'arrête i un seul.
La troisième^ qu'il faut commencer par les choses faciles avant que d'entreprendre les difficiles; corriger Textérieur auparavant que de réformer l'intérieur. Car celui qui n'est pas fidèle dans les petites choses^ ne le sera pas dttns les grandes ; au contraire, si vous faites les choses fkusiles. Dieu tous aidera à faire les difficiles.
La quatrièmoi il ne faut pas que les résolutions se forment pour toute la yie> mais quelquefois pour un moiB> pour une semaine, et principalement pour le jour présent. Si vous manquez à l'exécuter, et que vous soyez tombé comme auparavant, il ne &ut point perdre courage, mais vous relever aussitôt, et réparer votre faute à la première occasion.
§5. De la conclusion.
La conclusion ou le colloque comprend trois , choses : l'action de grâces, l'offrande de soimême et la demande.