CHAPITRE Vf. t
faire violence. Que si tous ne pouvez produire aucun acte de charité^ produisez-en d*humilité : car cette vertu, dit saint Bernard^ supplée au défaut de la charité. Souffrez si vous ne pouvez prier^ faites une oraison de patience au lieu d'une oraison de consolation; entreten3Z vous de la manière que nous enseignerons bientôt.
Surtout demeurez paisible , et ne vous troublez points vous persuadant que la plus excellente de toutes les oraisons est de faire la volonté de Dieu, et de se trouver bien partout où il nous met.
Dh résolutions.
Entre toutes les affections de TAme, la principale est la résolution qu'il faut toujours former, soit qu'on ait de la consolation^ soit qu'on n'en ait point*
Il 7 en a qui passent ]e temps de l'oraison en des spéculations savantes ; d'autres en des sen* timents tendres et affectueux; d'autres dans des obscurités d'esprit ; d'autres dans des sécheresses et aridités de cœur; il y en a qui pleurent toujours, il y en a d'autres qui \!l<^ pleurent jamais. QuekiuQ&-uD& oui di^\s^t»«i*
plaisance pour la vertu, mais n'en viennent jamais à la pratique : d'autres font mille belles résolutions, mais stériles et sans effet. Aristote dit que ceux qui étudient la morale sans en devenir meilleurs, sont semblables à un malade qui prendrait plaisir à entendre son médecin discourir de son mal, mais qui ne voudrait prendre aucun remède. Isaïe compare ces considérations infructueuses à des enfants qui ne peuvent sortir au jour, et qui font mourir la mère qui les a conçus.
Une oraison sans fruit est un amusement d'esprit et une oisiveté très-dangereuse. Il ne faut pas juger de la bonté d'une méditation par les sentiments de tendresse qu'on y a ressentis, mais par le profit qu'on en fait, du moins par le déâir qu'on a de toujours bien faire. Quand vous sortez de Toraison, si sèche qu'elle ait été, avec résolution de vous corriger et de faire la volonté de Dieu, vous n'avez pas perdu votre temps. Si les Sacrements ne nous rendent pas impeccables, beaucoup moins l'oraison ; mais elle nous doit empêcher de pécher si souvent 0t si grièvement, et nous animer à la conquête de la vertu pour y réussir.
Il faut remarquer qu'il y a deux sortes de résolutions; les unes sont générales, les autres particulières. Les générales sont, par exemple^