‹ Méthode d'oraison: avec une nouvelle forme de méditations pour toute sorte d'étatsChapitre 38 sur 92 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

TROISIEME ENTEET1£N DE DÉYOTION.

L'âme se ti'ouve c(iielquefois en certains états où il ïi*y a rien qui la puisse consoler; tout lui déplaît et Tafflige; elle est, comme parle Job, suspendue entre le ciel et la terre, sans tiret aucune consolation ni de Tun ni de l'autre. Saint Bernard le savait par sa propre expérience, il nous a fait une admirable peinture de sa misère, qui doit consoler tous les misérables.

Mais ce qui est plus fâcheux, c'est que les tentations sont souvent si violentes dans ce temps de ténèbres et d'obscurité, que l'âme ne saurait dire si elle y consent ou non, et c'est ce qui fait son tourment : « Je ne me soucierais pas, dit-elle, de toutes ces peines, si j'étais assurée que je n'y consens point ; mais il me semble que je dis tout ce que je pense, et que je consens à tout ce que je sens. »

Il y a deux remèdes à ce mal, l'un est de

«e DE L'ORAISON MENTALE.

» et d'attention qu'eux ! je vous offre leur orai- » son, et celle que votre Fils bien-aimé a faite » sur la terre au défaut de la mienne. »

Voilà une oraison qui est excellente et de grand mérite : c'est comme faisait ce bon paysan qui accoiûpagUâiit saint Ignace et ses compagnons ; lorsqu'il les voyait, arrivant en une hôtellerie, se mettre à genoux pour prier Dieu, il s'y mettait comme eux, et disait : a Mon » Dieu, je désire faire ce que font ces saints et » vous prier comme ils vous prient. » Ce bon homme par son humilité mérita de Dieu un grand don d'oraison.

Page 1