CHAPITRE XII
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Vous me direz sans doute que ces désirs seront bientôt passés, et que vous ne savez ce que vous ferez le reste du temps. Oti! qu'il y a bien moyen encore de vous entretenir et avec beaucoup dé mérite î
Faites ce que fit le Fils de Dieu dans le jardin des Olives. Il passa plusieurs heures à dire et à répéter ces paroles : « Mon père, que votre » volonté soit faite, et non pas la mienne. » Vous n'estimerez pas une oraison indigne de vous, qui a été digne d'un Dieu, et qui a été consacrée par son cœur et par sa bouche. C'est une oraison d'union, et vous n'en sauriez faire de plus parfaite.
Rappelez donc en votre esprit tout ce qui vous afflige et qui vous donne de la peine, et dites avec un profond respect à Dieu : a Mon Sei- » gneur, voilà un calice de désolation et d'en- » nui que je bois à présent qui me sfcTftfc\fc\>\feVL
» amer; je vous prie, s'il est possible, de Téloi- » gner de ma bouche: toutefois que votre volouté soit faite, et non pas la mienne. »
« Mon Dieu, voilà un calice de douleur et de » confusion qui m'est présenté, sa vue me fait » suer le sang et l'eau; je vous prie de me D dispenser de le boire : toutefois que votre vo- » lonté soit faite, et non pas la mienne. »
« Mon père et mon Dieu, je suis menacé » d'une grande maladie, ma pauvre chair trem- » ble et frémit d'horreur ; s'il est possible, que » ce calice passe de ma bouche : toutefois que » votre volonté soit faite, et non pas la mienne.
Parcourez ainsi toutes les autres choses qui vous mortifient, ou qui vous peuvent mortifier, et malgré toutes les répugnances des sens, conformez- vous à la volonté de Dieu ; je ne sais si vous pouvez faire de meilleure oraison que celle-là.