‹ Méthode d'oraison: avec une nouvelle forme de méditations pour toute sorte d'étatsChapitre 52 sur 92 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

paise^ point de fléau qu'elle ne détourne, point de grâce qu'elle n'obtienne, point de puissance qu'elle ne désarme, point de force et de consolation qu'elle ne mérite.

Oh! quel cri jette au ciel une âme humble et patiente ! oh ! quel combat elle livre a la bonté et à la miséricorde de Dieu ! a Béni soit, dit » saint Paul, Dieu le père de notre Seigneur » Jésus-Christ; père de miséricordes, et Dieu de » toutes consolations, qui nous console en tou- » tes nos tribulations. » Remarquez toutes les paroles de l'Apôtre, dit saint Bernard ; Dieu n'est pas un père de quelque miséricorde, mais de plusieurs miséricordes ; ce n'est pas un Dieu de quelque consolation, mais de toutes consolations : il nous console non-seulement en quelque tribulation, mais en toutes nos tribulations ; c'est une plénitude de bonté, de charité et de miséricorde qui ne demande qu'à se répandre.

Oh! sur qui est-ce de tous les hommes que Dieu jettera les yeux ? ce sera sur l'humble de <i(i cœur et d*esprit, qui se croit indigne de recevoir une consolation, et qui se reconnaît trop honoré d'être en sa présence.

Les torrents des douceurs et des consolations divines ne coulent pas sur les montagnes, dit saintAugustin, mais dans les vallées. La pa-

tience est une vertu dont l'ouvrage est parfait et achevé, c'est-à-dire qui rend parfait celui qui la possède, comme parle saint Jacques.

Si Ton cherche en Toraison la gloire de Dieu, il n'y a rien qui l'honore comme une patience humble et une humilité patiente; si c'est son propre mérite , sans humilité et sans patience, on n'enpeutacquérir; si c'est sa perfection, l'humilité en est le fondement, et la patience, pour ainsi dire, le couronnement. On ne peut pas toujours discourir enToraison; on ne peut pas toujours parler, on ne peut pas toujours pleurer, mais on peut toujours s'humilier; on ne peut pas toujours avoir des consolations, mais qui ne peut pas en tout temps avoir de la patience?

Humiliez- vous donc, âme chrétienne, dans vos froideurs, dans vos stérilités, dans vos distractions et dans toutes vos peines ; reconnaissez que vous ne pouvez rien faire sans la grâce de Dieu, et que vous n'êtes qu'ignorance, que faiblesse et que malice. Ce n'est pas assez de connaître que vous ne pouvez rien, mais confessez que vous ne méritez rien que des châtiments; gardez- vous bien de vous plaindre et de murmurer comme si Dieu vous traitait a¥ec trop de sévérité. Allez en enfer voir votre pkce^ et jugez si celle où vous êtes n'est pas

Page 1