‹ Méthode dans les sciences médicales (analyse et synthèse): essai d'une étude historicoChapitre 14 sur 46 · Virchow. Pathologie cellidaire · texte numérisé non relu

Virchow. Pathologie cellidaire

3. Guidé par la description du l'ovute végétal laite par Rohert Brown (Burdacli, o^. cit., t. I, p. 96).

noyau ». Le noyau précéderait loujours lo corps de la cellule et serait précédé lui-même par le nucléole. Sur le cyloblasle ou noyau s'élèverait une petite vésiculi transparente, qui deviendrait la paroi de la cellule, el enfin entre celte papoi et le noyau se déposerait du li-' quide,

3} Enfin il croit que les fibres et les tiss'.is des plantes naissent aux dépens de cellules qui s'allongent (Théorie de métamorphose).

Schwann a eu le grand mérite d'appliquer les notions tirées par Schleiden de ces études sur la structure Jes plantes aux tissus animaux.

11 décrit dans l'élément anatomique du tissu animât quatre éléments îiécessaïVes.' 1) une membrane d'enveloppe (qu'il confond comme Schleiden avec la cellulose de la cellule végétale); 2) un contenu plus ou moins liquide, proloplasma; 3) un noyau ; et 4) un ou plusieurs nucléoles inclus dans le noyau. 11 admet et confirme en tous points la théorie de génération de la cellule telle qu'elle était établie par Schleiden.

Mais là où est la vraie originalité de Schwann et le grand progrès accompli par lui, c'est dans la classificatioi raisonnée des tissus, basée sur la conception de la celhil comme un élément morphologique et anatomique.

Il admet cinq classes de tissu suivant tel ou tel groupe-*' ment de cellules: 1) cellules isolées dans un liquide (gl( bules du sang, du lymphe,du pus) ; 2) cellules directemeôl soudées (épiderme, ongle, cristallin) ; 3) cellules soudé» à l'aide d'une substance solide (cartilages, os, dent); 4) fibres cellules, cellules transformées en fibres ou divt sées en faisceaux de fibrilles (tissu cellulaire, tendineux, élastique) ; El) cellules soudées bout à bout de façon à for-

mer les lubea à contenus divers, solides ou liquides, (muscle, uerf, etc., etc.).

La théorie cellulaire née de la grande conception de Bichat, tissu, grâce à une analyse de plus en plus minutieuse, grâce au perfectionnement des moyens d'investigations, la « cellule » hérite de toutes les qualités, de toutes les prérogatives du « tissu y.* La vie, a dit Bichat, est la résultante d'une multitude de forces distinctes; chacune de ces forces a son origine dans la propriété spéciale des parties élémentaires composant l'organisme. La plupart dos organes étant composés de tissus simples très diiîépents, l'idée de vie propre n'est applicable qu'à ces tissus. « La cellule, dit Virchow (1), est le dernier élé- J ment morphologique, et tout phénomène vital ne doit pas en dernière analyse être rejeté au delà de la cellule jj.

L'importance de la théorie cellulaire est considérable ; elle marque une époque dans les sciences médicales et naturelles. Virciiow, en Allemagne, Cornil et Ranvier, en France, l'appliquent à la pathologie et l'anatomie pathologique ; Cl, Bernard à la physiologie, Robin et Remac à l'embryologie, Haeckel au transformisme,

Nous reviendrons plus tard sur ces deux dernières applications et sur l'importance philosophique considé* rable de la théorie.

Bornons-nous pour le moment à citer la conclusion d'un remarquable travail de M. de Lannessan (2). (... L'analogie au point de vue des propriétés physiques et chimiques, se. retrouve au point de vue organique entre le

ri. Virchow, op. cit.

Ps. Protoplasma vêRpta!, tli. d'a^-TÙ^atioD, 1876.

pioloplasma vëgétal et animal. Ils se nourrissent de la même façon, respirent de la même maaîère. Au point de vue d'évolution leur ressemblance est encore aussi par- Taite que possible. Les modes de reproduction sont encore les mêmes, et enfin les propriétés dîtes animales, con- Iractilité et sensibilité, appartiennent aassi bien au protoplasme animal qu'au végétal.

« Dans le degré inférieur de ces deux rï^nes, alors que 1m individus sont réduits à une masse protoplasmique, libre et nue, il est impossible de dire si cette substance est du protoplasme animal ou végétal >.

La théorie cellulaire telle qu'elle a été créée )>ar Schleiden et Schwann; la classification des tissus telle qu'elle a été faite par Schwann; la cellule même telle qu'elle était comprise par eux, tout cela a reçu quelques changements plus ou moins iinportanis. Nous ne nous y arrêterons pas.

Ce qui nous intéresse davantage, c'est la question qui ne semble pas encore avoir élé résolue pour la satisfaction de tous les histologistos, la queslion de la génération de la cellule.

Nous avons vu que Schleiden, et après lui Schwann, admettent une théorie qu'on pourrait appeler hétérogénie par épigenèse. C'est d'abord le nucléole qui te forme, c'est ensuite le cytoblaste ou noyau, c'est plus tard la membrane d'enveloppe, et enfin entre le cytoblaste et la membrane, le protoplasnia.

Celte théorie fut tout d'abord acceptée avec enthousiasme ; mais bientôt des doutes s'élevèrent du côté d'embryologistes surtout:

Nous verrons plus lard quelle profonde révolulion la

Etbéorie cellulaire a produit dans l'embryologie. La com- ' position, jusqu'alors inconnue des feuillels germinatifs, devient connue; sa dérivation de l'œuf (découvert par Baer), qui n'est qu'une cellule (Remac) démontrée. La segmentation du vitellus, vue pour la première fois par Prévost et Dumas et tout d'abord incomprise, devient une découverte d'une grande importance. Siebold découvre dans les sphères de segmentation une vésicule claire, dont la division en deux précède toujours, comme le démontre son élève Bagge, la division des sphères de segmentation. Plus tard (en 1844) Kœlliker (1) confirme ces données et découvre dans la vésicule claire, qu'il appelle cellule embryonnaire, un corpuscule analogue au nucléole. On voit que la cellule petit à petit était reconstituée, et Rescbert proclame que « les sphères de segmentation sa transforment pins tard en cellules ».

Ces recherches qui ont eu pour point de départ la dé-

^pouve^le de la segmentation de Vitellus, ont •;» une grande

îiportance pour l'histologie, comme la découverte de la

sellule a eu une importance considérable pour l'embryo-

l^logie.

En eiïet, se basant sur ces recherches, Kœlliker formule lès 1840 la conclusion suivante : qu'il n'existe nulle part i le développement embryonnaire une formation libre I [d'éléments du futur embryon, qu'au contraire toutes tee parties élémentaires du futur embryon sont les dessendants immédiats de la première sphère de segmentation; t plus tard (1844) quand on a reconnu des colUilea dans Dlièrea de segmentation, il ajoute : « que dans tout téveloppement des tissus animaux aussi bien que végétaux i n'y a aucune production de cellules en dehors de celles 1. Kœlliker. Traité d'embi-ijologie, p. IS.

existant déjà, qu'au contraire lous les phénomènes doivent être interprétés comme dérivant de modifications d'organes élénjenlaires, louri initialement de tuêote valeur et descendant d'un seul élément primitif (I).

Virchow, opérant dans un champ tout à fait différonti la paliiologie, arrive bientôt aux mêmes conclusions et proclame le même principe du dévetoppejnent continu dans la fameuse phrase: omnis cdbila ab cellula. « La celluICj dit-il (2), présuppose l'existence d'uneaulre cellule. Dans toute la série des êtres vivants, plantes et animaux, il y a une loi éternelle, c'est celle du développement continu. Tous les tissus développés ne peuvent être rapportés qu'à une cellule omnis cellula ab cellula »... « Nous pouvons, ditil, en invoquant les travaux de l'asteur, poser la grande loi en pathologie comme en ]ihysiologie: il n'y a point de création nouvelle : elle n'est pas plus pour les organismes complets que pour un élément particulier: la génération spontanée est à rejeter pour les uns et pour les autres... On n'a pas le droit de supposer que lëlément vivant , provienne de parties non organisées ou bien (juc les glo- I bules élémentaires se trouvant dispersés dans le fluide j formateur, sous l'influence de diverses causes, se rassemblent en un tas, où par difîérenliation, se forme une membrane et un noyau » (3).

La cellule peut naître, suivant celte théorie, de trois 1 manières différentes:!) par la division delacellule préexis-^i tante (ie noyau d'abord, 1^ protoplasma ensuite ; 2) par lel bourgeonnement cellulaire : les cellules prcexislantes voient des prolongements, des ramifications, qui devien-

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