‹ Méthode dans les sciences médicales (analyse et synthèse): essai d'une étude historicoChapitre 16 sur 46 · ib, préftice de P. Ricord. i, Mathias Duval, Histolujrie · texte numérisé non relu

ib, préftice de P. Ricord. i, Mathias Duval, Histolujrie

1 Jaccoud.

Nature de la semence. — La semence, suivant l'école pytiiagoricienne, est c l'écume du sang le meilleur *. La semence est un écoulement goutte à goutte du cerveau pour Alcméon ; elle est un écoulement des moelles pour Hippasse (anti-pythagoricien) qui se base sur ce fait indéniable d'expérimentation, que si l'on tue un mâle après U copulation, on ne trouve plus de moelles, attendu qu'elles sont épuisées.

Pour Diogène d'Apollonîe, la semence est une substance aérienne, circulant avec le sang; elle s'échappe des veines sperma tiques par suite de mouvements spasmodiques survenant à la fin de l'acte, Démocrite pense que la semence vient de toutes les parties importantes du corps (nerfs, os, cerveau, etc.) et que la semence de la femme est aussi fécondante que celle de l'iionime, Hippasse, au contraire, pense que la semence desfemmes estinfécondej son existence chez ces dernières est indéniable, attendu qu'elle s'écoule même en dehors du coït (chez les veuves surtout). Peu logique avec lui-même, il admet pourtant que la femme fournit les chairs, le père a la spécialité des os.

De quoi dépend le sexe du fruit ? Pour résoudre celte question (i^ui n'est pas encjre résolue de nos jours) on se base sur celle théorie très répandue chez les anciens, suivant laquelle le côté droit, d'où nous vient la lumière était noble ; le côté gauche où se cachent les ténèbres, était le côté vil, donc si le fruit se loge dans la cavité gauche de l'utérus, il en résultera une fe.nme, etc., etc. Suivant une autre version, si le sperme suri du testicule gauche, il en naîtra une femme, etc.

Dans tjuel ordre se développent les oroai. en!' Ccsl d'abord

la moelle, suivant Pythagore ; le cerveau, siège de tous les sens, suivant Anaxagore ; c'est la tête, qui régit tout le corps, suivant Alcméon ; le cœur, suivant Empédocle et Aristote, et enfin... le gros orteil suivant un auteur anonyme.

Suivant les pytliagoriciens, la semence se transforme dans l'espace de 30à 35 jours en une humeur laiteuse, cette humeur en sang, le sang en chair, et enfin la chair en une l'orme humaine t le tout étant réglé par VhaTtnonie des nombres (1) » !

Censorinus, un pythagoricien, base lui aussi ses théories sur l'harmonie des nombres. «Arrivée dans la matrice, la semence de l'homme et celle de la femme se rassemblent en une masse informe ; au bout de 40 jours elle prend la figure humaine, et quand toutes les formalités rmtnériqiies sont accomplies le fœtus est rais au jour le 7% le 9^ ou le 10« mois. Les facultés nécessaires à la vie se développent peu à peu au temps voulu conformément à l'harmonie des nombres (2). Hippasse, lui, estimait que l'accouchement peut se faire au 7" ou 10^ mois, attendu que le nombre sept est très puissant sur toutes les phases caractéristiques de la vie, et que le nombre dix n'a guère moins d'efficacité.

Nous nous arrêterons ici.

Dans ce concert harmonieux une noie discordante est fournie par Aristote, le grand et incomparable Aristote.

« Dana son ouvrage mpi cùav ys^'ï^^w; on trouve, dit M.Haeckell, plusieurs notions extraordinaires pourletemps où elles étaient exprimées : il envisage le développement de l'individu, comme une formation nouvelle, dont les diver-

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