VL — TRANSFORMISME
Conception monestique. Historique. Pierre, Belon, Buffon, Gœthe,
Etienne Geoffroy Saint-Hiiaire.
Haeckel, dans un travail très remarquable et très remarqué, lu pendant le congrès des naturalistes allemands, en 1882 (1), a fait l'historique du transformisme. Ce travail, oii il rend un hommage éclatant et si juste aux travaux du précurseur du transformisme La narck, et qui a valu à son auteur tant de choses désagréables de la part de ses confrères d'Outre-Rhin, fait beauoup d'honneur à
1. Haeckel, Barxoin, Gœthe^ Lamarch, Association des naturalistes allemands, session d*Eisenacl>, "Revue scientif,j 1882, tome II.
i'éminent naturaliste, qui rompt une tradition dëteslable, peu digne de ceux qui cultivent les sciences, mais qui est chère dans son pays, tradition qui consiste à mêler la politique internationale aux questions purement scientifiques.
Dire qu'HcBcke! était le premier à rendre cette justice aux travaux de Lamarck serait à mon très humble avis une grande injustice, ajoutée d'ailleurs à tant d'autres envers un homme qui s'appel a Auguste Comte : au moment où les travaux, jusqu'au nom de Lamark, étaient complètement oubliés, Comte, à plusieiires reprises, revient à «t cet illustre naturaliste » pour les travaux duquel il professe le plus grand estime.
Quoi qu'il en soit, dans son historique où à côté de la grande trinité moderne, la trinité des temps anciens et celle de la renaissance occupent tant de place, les embryologistes, les travaux d'embryologie sont complètement négligés, oubliés (1).
Nous nous proposons dans la suite de montrer quelle influence considérable (et prépondérante) avaient sur la naissance et le développement de l'idée transformiste les travaux d'anatomie et d'embryologie surtout, laissant à d'autres plus compétents de parler des travaux d'histoire naturelle pure.
Le transformisme, tel qu'il est professé par Héeckel, qui lui a donné un si grand développement, le transformisme ne s'est pas formé d'un seul coup, mais par un développempntlentet successif, par une adjonction constante de nouveaux éléments. C'est d'abord la conception monea-
1. Hœckel admet trois trinités : 1). Anaximandre, Heraclite d'Éphèso et Erapédocle d'Agrigente ; 2) Bacon, Giordano Bruno et Benoit Spinoza ; et 3) Goathe, Lamarck et Darwin.
matif. Pour lui (1) « aucun fidèle ne doit mettre en doute, que tous les hommes, quelles que soient leur couleur, leur voix, etc., soQlsortisdu même protoplasma. Aucun nedoit croire, que le monde a existé des milliers d'années avant
es 0.000 que l'écriture nous a enseigné. Aucun ne doit croire aux antipodes où le soleil se lève, quand il se couche pour nous s (2). La découverte de l'Amérique et des peuples nouveaux, nos antipodes, * où le soleil se lève, quand il se couche pour nous » devait mettre dans l'embarras ceux des (idèles, qui se doutaient de ces découvertes. Le terrible Paracelse, qui brûlait publiquement les œuvres de Galien (il en était puni), Paracelse oroit impossible que les habitants de ce pays soient les descendants d'Adam; Moïse, pour lui n'avait pas d'autorilé suffisante « étant théologien et non physicien, et l'on ne saurait se (îer qu'aux preuves cl témoignages de rex{)érience ». Monogénistes et polygénislcs se rencontrèrent sur un terrain commun : anthropocentrie et géocenlrie, héritées des anciens, considérablement revues et corrigées (3). Mais bientôt la géocentrie reçoit un coup terrible de Copernik et l'a nthropocen trie des anatomistes philosophes de la renaissance. Pierre Belon de Mans, le père de l'anatomie com-