Topinard, Anthropologie, p
2. Ces préceptes ne devaient pas rester lettre-morte. En 1450 un juif était brûlé pour avoir osé prétendre que le monde existât avant 60OO ans. Vasini était condamné par l'inquisition « à avoir la langue coupée et à être brûlé vif pour avoir rappelé les assertions des athées, qui faisaient descendre les Éthiopiens du singe et prétendaient que le premier homme marchait à quatre pattes » (Topinard).
3. Voir La Tiature, par Bernardin de Saint-Pierrp et sa curieuse théorie d'iiarmonie.
parée, dont le nom si injustement oublié vient d'être rappelé par de Crié(l), ose à là tête de son traité publié en 1559. mettre en face le squelette d'oiseau et celui de l'homme, et désigner par des lettres communes les parties analogues du corps. «Il ouvre, dit M. Crié, aux sciences naturelles une voie nouvelle, en créant la méthode comparative. Le parallèle qu'il établit entre le squelette de l'homme et celui de l'oiseau est un Irait de génie. Cette pensée d'une immense portée, d'une inconcevable audace pour une époque aussi reculée, lui assure l'honneur du premier essai tenté pour la démonstration de l'unité de composition organique » démonstration qui sera reprise, nous le verrons plus tard, par Gœthe et Geoffroy Saint-Hilaire.
Cette théorie de l'unité du monde animal, devient avec les progrès de l'anatomie comparée, si évident que ceux mêmes qui étaient dualistes sur le terrain de l'histoire naturelle pure, parlent en unionistes, si on peut s'exprimer ainsi, une fois sur le terrain de l'anatomie comparée.
Frappé de ce que parmi les animaux de l'Amérique et de l'Europe, il y a peu d'identiques mais beaucoup d'analogues par leur organisation^ Buffon dit : « en faut-il plus pour être convaincu, que l'empreint de leur forme n'est pas inaltérable, que leur nature peut varier et même changer absolument avec le temps, que pour la même raison, les espèces les moins parfaites, les moins délicates, les moins agissantes, les moins armées ont disparu
1. M. Crié. Pierre Belon et ranatomie comparée, B^vue Scientifiquey 1882, t. IL
ou disparaîtront avec le temps (1) », phrase qu'aurait pu signer Darwin lui-même.
1 Si dans l'immense variété des êtres organisés qui peuplent l'univers, nous choisissions un animal ou même le corps de l'homme, et si nous y rapportions par la voie de comparaison les autres êtres organisés, nous trouverions que, quoique tous varient par des différences graduées à l'infini, il existe eu même temps un dessin primitif el général {2) qu'on pourrait suivre très longtemps. Car sans parler des organes qui appartiennent à tous les animaux (organes de circulation, de reproduction, de digestion) il y a dans les parties qui contribuent le plus à la variété de la forme extérieure, une prodigieuse ressemblance qui nous rappelle nécessairement un premier dessin sur lequel tout semble avoir été conçu ; le corps du cheval, par exemple, qui du premier coup d'ceil paraît si différent du corps de l'homme, lorsqu'on vient les comparer en détail et en parties, au lieu de surprendre par la différence, n'étonne plus que par la ressemblance singulière et presque complète, qu'on y trouve (3) ï.
L'anatomie comparée qui lutte tout d'abord seule, est bientôt renforcée par l'embryologie, qui jouera un rôle prépondérant.
Les travaux de Wolf, dont nous avons déjà parlé, et sur lesquels nous ne reviendrons pas, ont eu en ce sens une influence considérable. En montrant l'analogie existante entre le développement de la plante et celui de l'animal,