Anlhropoffinie, p
2. Ce qui sait est un résumé du travail de M. Mathias Duval : Le développement de l'œil. Conférence transformiste de la suciété d'Autliropolûgie, Revue scientîf., 1883, t. i.
jes ganglions cérébraux. C'est donc la partie antérieure de la chaîne ganglionnaire nerveuse qui est seule sen-, sible à la lumière, sans qu'on puisse même dans cette , partie nerveuse désigner un point qui mérite, anatomique- : ment parlant, le nom de point aculiforme.
Chez l'amphioxus lancéolatus placé au dernier degré des vertébrés, et les Tuniciers (ou ascidies) vertébrés dégénérés, l'appareil oculaire est déjà anatomiquement différencié; chez les premiers, il est représenté par une tache située dans la paroi antérieure de la première vésicule cérébrale ; chez les seconds par une cupule située sur le renflement creux antérieur, immédiatement sous l'épiderme.
Poissons myxinotdes. — Par suite d'interposition des nouveaux tissus entre le cerveau et Tépiderme, l'apparei optique s'éloigne du centre nerveux auquel il est désormais attaché par un pédicule du nerf optique, et est représenté par une cupule à deux feuillets envaginés l'un dans l'autre (1), l'intérieur plus épais, rétine, l'extérieur plus mince, pigment rétinien. La cupule est remplie de tissu conjonctif ambiant, tissu gélatiniforme, analogue au corps hyaloïde ou humeur vitrée de l'œil des vertébrés supérieurs.
5** Ammocœies (larve de lamproie). L'orifice de la cupule est oblitéré par une formation épidermique, cristal" lin en contact avec l'épiderme dont il est formé. <t C'est une sphère creuse formée de cellules épidermiques, dont
1. La cupule est précédée par une vésicule creuse vésicule oculaire primitive qui bientôt s*étrangle et s'aplatit, la paroi antérieure entre dans la paroi postérieure, et à la place de la vésicule se forme une cupule à deux feuillets : f. intérieur future rétine t.ôaitérieur futur pigment rétinien (Duval).
les unes en contact avec répiderme sont semblables à ces cellules, les autres du côté de l'humeur hyaloïde sont allongées en longues fibres ou prismes, et tendent ainsi à remplir la cavité de la sphère crislallinienne b. Le globe oculaire est plongé dans le lissu conjonctif (mésoderme) non encore différencié. Le cristallin se détache bientôt de l'épiderme.
Lamproie. — Le tissu conjonctif ambiant se condense, se différencie fit forme une enveloppe choroi'do-scléroticale qui s'insinue entre le cristallin et l'épiderme. Dientôt la portion antérieure de cette membrane se divise en deux couches séparées par un espace (future chambre antérieure ; couche antérieure-épaisse {future cornée) couche postérieure-mince (futur iris et membrane pupillaire).
Poisson osseux. — Le cristallin s'enfonce plus profondément dans la cupule; le pigment rétinien avance au contraire, et recouvre bientôt la face profonde de l'iris, formant ainsi le pigment irien. La chambre antérieure s'agrandit. La membrane choroïdo-sclérolicale se dédouble en une couche interne choroïde vasculaire et musculaire, et couche externe scWroiîçiie pouvant devenir cartilagineuse ou osseuse. En avant la choroïde se continue sur le pigment irien pour former le corps charnu et vasculaire de l'iris ; la sclérotique se continue avec la i cornée ; la membrane pupillaire se résorbe, grâce à laj disparilioiï des vaisseaux.
Le schéma de l'œil de l'homme ne diffère de celui di|^ poisson que par le développement plus considérable dei procès ciliaires.
Voyons maintenant le développement ontogénique dul aême orytine chez l'homme ou chez un autre vertébré;J
supérieur, c Pour Thypothèse transformiste ces formes successives aujourd'hui existantes aux divers échelons des vertébrés, représentent les principales phases par lesquelles dans son développement a dû passer Tœil le plus parfait pour arriver d'un état rudimentaire à son état actuel de perfection > .
Voyons si le développement ontogénique de l'œil est une répétition de son développement philogénique.
Lorsqu'on examine l'axe nerveux central de l'embryon de poulet au troisième jour de l'incubation, on voit que cet axe est tout à fait analogue à celui de Vamphioxus UmceolaiîiSj placé au dernier échelon des vertébrés. Son appareil oculaire n'est représenté que par une vésicule oculaire, primitive, à peine différenciée de cette partie de l'axe nerveux central nommée vésicule cervicale antérieure, dont elle n'est qu'une expansion creuse, et dont elle est à peine séparée par un étranglement {{\xl\xr ^lerf optiqiie). Même chose chez l'embryon humain de 2 mm. 1/2 à 4 mm. Bientôt la vésicule oculaire primitive se r'approche de la face profonde de l'ectoderme, l'étranglement . devient de plus en plus net, le pédicule s'allonge, en même temps commence l'invagination de la moitié antérieure de la vésicule primitive dans la postérieure (vésicule oculaire secondaire) qui enfln se transforme en une cupule à deux feuillets (voir plus haut). Dans ce stade l'appareil est semblable à celui que nous avons vu exister chez les poissons myxindides.
Bientôt dans la partie de Fépiderme, correspondante à Touverturede la capsule, on voit apparaître, un épaississement qui se transforme en une vésicule creuse, futur cristallin, cette vésicule s'approche de plus en plus de l'ouverture de la cupule rotrécie, s'étrangle, et enCn chez
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l'embryon de poulet à la fin dulroisièrae jouril'incubation ou chez l'embryon humain, long de S à 10 mm., le cristallin tout à fait détaché de l'épiderme, se trouve emprisonné dans la cavité de la cupule.
Donc nous sommes en présence d'un état transitoire que nous avons vu être définitif chez l' Anvmocœles.
Dans une phase ultérieure le cristallin s'enfonce de plus en plus dans la cupule, dont le feuillet interne reste épais, tandis que le feuillet externe devient de plus en plus mince, se charge de pigment, et forme la couche pigmentaire rétinienne, qui dépassera en avant la rétine proprement dite {qui s'y atrophie), et formera la couche pigmentaire de l'iris et des procès ciliaires. En même temps le mésoderme tissu conjonctif ambiant se différencie, se condense et forme la membrane choroïdo-sdéroticale qui se divise dans sa partie antérieure en deux parties; antérieure, épaisse (future cornée) postérieure plus délicate (futur ira et membrane irieiine), et entre les deux se forme un espace (future chambre antérieure).
Cet état embryonnaire de l'œil de l'embryon du lapin au dix-septième jour est absolument semblable à l'appareil occulaire définitif de la ifwnproie.
Enfin la membrane choroïdo-scléroticale se dfférencie en deux membranes bien distinctes, l'une externe, scUrotiqu-e qui se continue avec la cornée; l'autre interne, choroïde vasculaire et musculaire, avec l'iris; la membrane pupîllaire disparaît, se résorbe, grâce à la disparition des vaisseaux, et nous constatons que chez le fœtus humain de 7 mois 1/2 l'appareil visuel est semblable à celui des pois-
f 11 ne saurait en être autrement, puisque le développement de l'œil des vertébrés supérieurs reproduit dans
ses phases successives les formes constatées dans la série graduelle des vertébrés » .
Jusqu'ici nous avons examiné Toeil des vertébrés, œil Interne, puisque sa partie essentielle (rétine) est formée aux dépens du cerveau.
Examinons l'œil extérieur et voyons si le développement on togénique de l'œil (extérieur) des inollusques est une répétition de sa philogénie.
Commençons par la philogéuie.
Ncmtilus. — L'appareil visuel est représenté par une cupule, dépression de Tépiderme, formée dans sa partie profonde de plusieurs couches de cellules épidermiques, faisant l'office d'une rétine où viennent se terminer les ramifications du nerf optique. A Tenvers de ce que nous avons vu dans l'œil interne, la rétine n'est formée que d'un seul feuillet, et la cupule communique avec l'air extérieur (deux différences qui s'expliquent par leur mode de développement et par leur origine).
Gastéropodes. — Bientôt, pour la plus grande sécurité de l'œil, les deux lèvres de l'ouverture se rapprochent de plus en plus, et enfin se soudent, et à la place d'une ouverture on trouve une double couche de cellules épidermiques ; de plus la partie profonde de la couche interne s'épaissit, et à un certain moment on voit s'y former une grosse lentille, cristallin adhérent à cette couche profonde.
Céphalopodes. — L'œil est plus complexe; les deux couches épidermiques sont séparées par un espace rempli de tissu conjonctif ambiant. En outre, la couche extérieure clonnc naissance de son côté à une lentille qui fait saillie
en avant. Donc, double cristallin^ avant, l'autre en arrière.
Or, i^œil des céphalopodes étant le plus parfait danâ la classe des mollusques, tes divers stades provisoires par lesquels il pa»se doivent correspundre aux formes définitives telles que nous les avons décriteB chez les types inférieurs de la même classe.
Voyons si l'ontogénie le confirme.
Tout à fait au début du développement ootogénique de l'œil des céphalopodes, on trouve que cet organe n'est représenté que par une cupule, dépression de l'épidémie, formé dans sa partie profonde de plusieurscouches de cellules épidermique faisant Potllce d'une rétine oii viennent se terminer les ramificationsdu nerf optique. A celte phase transitoire du développement ontogénique de l'œil des céphalopodes correspond la forme définitive telle qu'elle a été décrite chez les 7iautiius.
Bientôt les deux lèvres de la cupule, déplus en plus profondes, se rapprochent, se soudent, et à la place d'une ouverture on trouve une double couche de cellules épidermiques. De plus la couche profonde à un moment donné s'épaissit, et donne naissance à une grosse lentille cristalline, adhérente à cette couche profonde. A cette seconde phase transitoire de l'œil des céphalopodes correspond exactement la forme définitive telle que nous l'avons déci'ite chez les gastéropodes.
Donc Miènio résultat.
Il n'en saurait d'ailleurs {Kjsètre autrement, puisque le développcmenl ontûyéniquc estwte courte récapitulation de révolution jihilogénùiue.
Il serait impossible de rêver une analyse plus perfectionnée, plus idéale et une synthèse plus conforme aux faits analysés, plus scientifique, synthèse dont aucune conception philosophique des anciens n*a dépassé ni même atteint la hauteur.