Portai, op. cit
2. Anatomie et physiologie d'EèrophUe, Dereraberg. Publication posthume. Revitu scientifique, 18Si, t. I.
attire par le poumon , passe dans la trachée-artère, et de là , a l'airle de l'autre, dans toutes les parties du cœur.
Fondée, grâce 6 la tolérance d'un souverain, cette école haïe par la théocratie, tombe bientôt, et après la mort d'Erasistrate et Hérophile l'école anatomique d'Alexandrie disparaît.
La continuation de cette école était Galien, 131 de notre ère.
Il serait trop long de décrire tout ce qu'a fait cet homme de génie dans l'anatomie. Contentons-nous de dire, qu'il a laissé peu à l'aire à ses successeurs dans le domaine d'osléologie, qu'il a repris et complété la description du cœur laite par l'école d'Alexandrie et chose importante, il trouve, à l'aide des vivisections, du sang dans les artères (1). Il décrit les organes génitaux, nie les migrations de l'utérus (Hippocrate), décrit le cerveau de la dure-inêre, fait de la moelle le principe de tous les nerfs, comme il fait du cœur le principe de toutes les ai'tères et du foie celui de toutes les veines.
Il est le premier anatomo-phiiosophe, et comme tel il est dualiste comme Platon, et flnalJste comme Aristote. Tout est fait pour le mieux dans notre corps ; les membres sont faits de telle manière qu'il serait impossible de les laire mieux, a Examinons, dit-ilen commençant, la description de ta main, examinons si elle a dans ses détails une structure telle,qu'clle ne pourraient avoir une meilleure,si elle était autrement constituée ». II est pour lui évident, ■ que de tous les instruments de préhension c'est la main qui est la mieux constituée. > Les membres sont faits pour les besoins innés, et il s'élève conti'O l'opinion contraire d'Empédocle (dont nous parlerons plus tord). Les
i. Voir plus loin l'Iiiistoriqua de la circulation.
fàcuUés des animaux vicnnentdc leur propreessonce et no i sonl pas une suite de la slrucLiire de leurs parties ». Le | corps est accoininodé aux habitudes et aux faciillés de l'âme,
qui sont innées s. B La nature, dit-il, dans son langage figuré, n'a armé la lâcheté ni désarmé le courage a ; « l'hoinme n'est pas le plus sage des animaux parce qu'il a des mains, mais il a des mains parce cju'il estle plus sage(l), etc.,etc.
L'héritage que Galien a laissé à la postérité est énorme et il faut véritablement admirer l'abnégation de cette postérité, qui pendant prrs de 13 siècles, avec un dévouement sans bornes et à toute épreuve, a gardé ce trésor sans rien y ajouter. Par une ironie du sort on n'y a changé que des vérités; c'est ainsi que malgré leniagister dixit, on niait la présence du sang dans les artères, on niait la fixité de l'utérus, qu'on faisait promener dans toutes les parties du corps, etc., etc.
La tyrannie qu'exerçait Galien pendant tout le moyenâge était terrible ; son autorité était incontestable et incontestée, son infaillibilité proclamée (par anticipation). Plutôt que d'admettre que le magister a pu se tromper, on admet que la structure de l'homme a changé, que l'utérurde la femme par exemple du temps de Galienétait divisé en deux cavités, que le sternum de l'homme de la même époque était constitué de sept pièces, etc., etc.
Mais le règne de Galien s'approchait de sa fin.
< Vers la moitié de xvi° siècle (1546) un jeune homme de 28 ans, à l'aspect ardent et passionné pour la science, IVappé de l'idée que la description de l'organisme humain faite sur le cadavre serait préférable à des répétitions et à des commentaires fastidieux, comprit les liens qui enchaî-