CO» K' H- CO^ H
Cet argument, en tout cas, ne peut avoir de valeur que pour les personnes qui ne considéreraient pasTcau et l'acide carbonique comme des acides bibasiques.
( «36 ) La densité des corps à Tétat solide ou liquide nous conduit encore à la même conclusion. M. Dumas a remarqué que les volumes atomiques
de Tacide sulfurique. . SCV H' + 6 Aq ,
deTalun S*0'«K> Al« -h ^4 Aq,
du sulfate magnésique. SO* Mg' + 6 Aq ,
n*ont, entre eux, aucun rapport, si Ton emploie les formules précédentes , tandis que si l'on donne à ces trois corps le même type :
S0<H»-f.6Aq,
S0*Mg»H-6Aq, S0*ArK*-h6Aq,
leurs volumes atomiques deviennent sensiblement égaux.
M. Gerhardt est arrivé à un résultat semblable pour les oxydes doubles ou triples. Voici le tableau qu'il a donné :
(*) Volume atomique = |:*
Type oxyde. . . . 0M%
Feroligiste Of,
Braunite O mn' ,
Fer magnétique . O \ f ' F ' y ,
Gahnite o{aVZtJ),
Spinelle O^Al^Mg"),
Ceylanitc 0(Al, F, Mg)»,
Ghlorospinelle . . O ( Al , f , Mg)' ,
Fer chromé. ... (Al, f^ F, Cr, Mg)»,
Fer titane. . . 0{T,F,f)S
Franklinite. ... O (f , ran, Z, F)»,
Périclase 0(f, Mg)%
Représentons-nous l'acide sulfurique à l'état gazeux;
moyenne. .
moyenne. .
moyenne. .
moyenne. .
moyenne. .
moyenne. .
moyenne. .
moyenne. .
moyehne. .
moyenne. .
moyenne . .
moyenne. .
(*) On a pris les puids atomiques P rapportes à H =: i.
( '37) dors les sels simples acides ou doubles nous paraitront se former, comme si le volume de Tacide restait invariable pendant qu^on lui enlève une portion quelconque de son hydrogène j et qu'on la remplace exactement par le même volume d'un ou de plusieurs métaux.
Au reste, ce que je veux prouver est déjà admis par tous les chimistes, et s'ils rejetaient mes conclusions, ce serait une inconséquence de leur part.
En effet, ils admettent que si , à i molécule d'acide phosphorique on ajoute successivement K, K' et K', il se forme trois sels simples PO*H«K , PO* HK* et PO* K».
Supposons que, au lieu de ces trois sels, il en existe six différant les ans des autres par un \ atome de potassium. Voici comment les chimistes les formuleraient :
6 PO* ff -+- K» donneraient un sel double = (5 PO* H» 4- PO* K»), 3 PO* H> + K' donneraient un sel simple = 3 PO* H' K,
2 PO* H» 4- K» donneraient un sel double = ( PO* H» + PO* K*) ,
3 PO* H> 4- K* donneraient un sel simple = 3 PO* HK» ,
6 PO* H* H- K'* donneraient un sel double = ( PO* H^ + 5 PO* K'), PO* H' 4 K' donneraient un sel simple =: PO* K\
Us supposeraient donc que, pendant Taddition successive du potassium, il se forme alternativement un sel double, puis un sel simple, admettant et rejetant ainsi alternativement notre manière de voir. Outre la bizarrerie de ces dédoublements et doublements alternatifs, il y aurait encore un fait incompréhensible. Par l'addition de K' à 2 PO* H', on obtient un sel quon peut considérer comme de l'acide phosphorique monopotassé 2P0*H'K. En y ajoutant une nouvelle quantité de potassium, la moitié de cet acide perdrait son potassium, reprendrait de l'hydrogène et donnerait le sel double PO*H'+PO*K'. Cette métallisation et démétallisation de l'acide phosphorique ne nous paraissent guère probables.
Au lieu de ces singularités, nous admettons que, par
( i38 ) r addition de potassium , le phénomène est continu cl non alternatif, c'est-à-dire qu'on a successivement :
PO* H* H- K^ = un sel simple ... PO» H' K' ; PO* H» H- K = un sel simple. . . PO* H» K ;
PO* H» -h K' == un sel simple. . . PO* H^K' ; PO* B» H- K» = un sel simple. . . PO* H K';
PO* H» -*- K* = un sel simple ... PO* H'' K' ; PO* H> -H K» == un sel simple. . . PO* K\
Quoique l'on ne connaisse pas les sels K% K', K' , cela ne détruit en rien notre raisonnement , puisque Ton en connaît d'analogues , comme
la huréaulite PO* M' H* -h 2 Aq ;
la berzélite As O* Mg' Ca' ;
un sul&te acide de potassium . SO* K.' H* .
Sur les sels basiques et hydratés.
D'après ce que nous venons de dire, et en se rappelant que nous avons considéré l'hydrogène comme un métal , ou au moins comme en remplissant les fonctions, il résulte qu'il faut représenter
les sulfates neutres par .... SO* M' ;
les sulfates acides par SO* (M, H)';
les sulfates doubles par. . . SO* ( M , M')'.
Il nous reste k voir de quelle manière on doit formuler les sels basiques et hydratés et une classe particulière de sels analogues au bisulfate anhydre et au bichromate de potasse. Les sels basiques et les sels hydratés doivent être confondus dans la même classe , puisque nous admettons que Toxyde d'hydrogène joue le rôle des oxydes métalliques. Alors rien ne paratt plus facile que de formuler la composition des sels basiques , hydratés et hydrobasiques. Il suffit , en effet , d'écrire à part la formule du sol normal, puis d*y ajouter 1 Vau
( '39 ) OU les oxydes qui rhydratent ou le rendent basique. Ainsi, l'on écrirait :
Sulfate neutre ..... .... SO^ M' ;
Sulfate hydraté SO*M»-f-H'0;
Sulfate basique SO* M' h- M' O ;
Sulfate hydrobasique ... SO* M' + HM O ;
mais il reste à voir si tous les sulfates hydratés ou basiques peuvent rentrer dans des formules aussi simples.
L^expérience prouve que toutes les fois qu'une molécule (un sel, un acide, un alcaloïde, uneamide, etc.) s^hydrate, elle prend i, a, 3, 4) S,..., la ou i3 atomes d'eau de cristallisation , et qu'en représentant la molécule par M, on a rarement aM-h Aq, aM + SAq et aM + 5Aq, tandis qu'il n^ A peut-être pas une seule combinaison authentique qui renferme 3M + 5Aq, 4M -f- 7Aq, etc.
Cependant, il existe certains sels doubles, surtout parmi les silicates, les phosphates, les arséniates, certains soussels , surtout ceux des sesquioxydes , qui paraissent avoir des formules plus compliquées comme 1,2,3,49^96,7, 10, 20,.... M-+- 10, 20, 43, 47) ^2 9 6^9 100 et 200 Aq.
Laissons, pour un moment, ces derniers de côté, et n'examinons que les corps les plus purs , les mieux cristallisés; alors nous verrons que, dans les W des cas, la série d'hydratation est M + 1 , 2 , 3 , 4 9 • » • • Aq , et rarement 2M-I-1, 3 et 5Aq.
En partant de ce fait, il s'agit de savoir s'il peut exister :
1^. Un sulfate basique avec cette formule :
4SO» + 5M«0; tP, Un sulfate hydraté avec celle-ci :
4S0^4-3M«0-+-5H'0; .3*^. Un sulfate hydrobasique avec celle-ci :
4SO=»-h6M'0-+-9H'0; 4^. Si la molécule de l'alun renferme 4S0' ou SO' seu-
lemenl. En un mot , si tous les sulfates rentrent dans la série simple que j'ai donnée plus haut.
Si, comme je le prétends, la molécule de Talun ne renferme que SO', cette molécule pourra se combiner avec i,a,3,4v^<l9 c'est-à-dire que , si Ton quadruple sa formule pour la transformer en S^O^'K* Al', Talun ne pourra alors se combiner qu'avec 4) 8, 12, 16,... Aq; tandis que si la molécule de Talun renferme réellement 4^0', elle pourra se combiner avec i, 2, 3,4) 5,...Aq.
Consultons Texpérience : elle nous prouve que les aluns octaédriques, avec 4SO', renferment 24 Aq; que l'alun ferrique hexagonal en renferme 1 2 ; que Talun ferrique précipité par Falcool absolu en retient 8 \ que le sulfate de chrome et de soude en retient 8 à 100 degrés \ et , enfin , que l'alun ordinaire desséché en retient 4* ^î Talun octàédrique, au lieu d'un multiple de 4) renfermait 25 Aq par exemple, alors, en ramenant sa formule à SO', on aurait
ce qui est impossible.
Le carbonate de potasse et de soude renferme
3C0»^K»0-f-2Na*0.
Si tel est le poids de sa molécule , celle-ci devra se combiner avec I, 2, 3, 4v^?* Si, au contraire, Texpérience démontre qu^elle ne se combine qu'avec 3^ 6, 9,..*, ou un multiple de 3, il faudra en conclure que la formule précédente représente le poids de 3 molécules. C'est, en effet, ce qui a lieu, car ce sel renferme i8Aq. En divisant le tout par 3, on a le poids de la véritable molécule, soit
C0^K"^Na^H-6Aq.
Je demandais, quelques lignes plus haut, si certains sulfates pouvaient exister^ pour le savoir, opérons les réductions , en divisant chaque formule par le nombre qui multiplie SO', et voici ce que notis trouverons :
4 SO^ -f- 5 M' O
devient SO^ M' -+- | M» ;