‹ Méthode de chimieChapitre 59 sur 109 · RÉACTIONS SYMÉTRIQUES · texte numérisé non relu

RÉACTIONS SYMÉTRIQUES

L'étude des réactions chimiques nous est indispensable pour classer les substances organiques, car une bonne classification doit être , pour ainsi dire, la résultante de toutes ces réactions. Parmi celles-ci , les unes sont extrêmement nettes et peuvent s'expliquera Taide d'équations très-simples, telle est la décomposition de Toxamide par la potasse ] les autres, au contraire, sont complexes et ne se laissent plus mettre en équation , à cause des nombreux produits qui se forment, comme lorsqu'on distille du sucre ayec de la chaux. Kous disons qu il y a métamorphose dans le premier cas, et destruction dans le second. Non pas que nous fassions une différence absolue entre ces deux espèces de réactions , car la seconde n'est probablement due qu'à de nombreuses métamorphoses qui s'opèrent successivement. Ainsi , l'action que la potasse exerce sur l'indigo peut tout aussi bien être considérée comme une destruction que comme une métamorphose, parce qu'il se forme un assez grand nombre de produits dont l'apparition simultanée parait difQcile à expliquer, mais dont la formation successive se laisse représenter par des équations très-simples.

( »o3 ) On sait qu'il se forme, dans cette circonstance» de Findigo blanc de Tisatinate, du carbanilate et du carbonale de potasse, de Thydrogène, de l'oxyde de carbone et de Taniline. L'on obtient

i«. 3OH*N0^-KH0-+-H'0 = eH«KN0^-+-C'«H"N»0»;

indigo. isatinate. indigo blanc.

2«. C'«H'*N'0'4-2KH0 4-2H'0 = 2C»H«KN0*4-H«;

carbanilate.

4". C H« KNO» -f- KHO = €• H' N -+■ C0> K'.

aniline.

Nous dirions, volontiers , que cette série de métamorphoses amène la destruction de l'indigo.

Nous laisserons la destruction pour ne nous occuper que des métamorphoses , et encore négligerons-nous , comme nous étant inutiles pour parvenir à notre but, les réactions dans lesquelles la substance, soumise à Texpérience, se divise en deux parties renfermant Tune et l'autre du carbone; à moins que nous n'admettions que cette substance était une combinaison de ces deux parties, comme le carbanilide qui peut se décomposer en acide carbonique et en aniline.

Les métamorphoses étant ainsi à peu près limitées , on Reconnaît que les corps qui les subissent, peuvent disparaître, changer d'état, passer successivement d'une forme à l'autre , et réapparaître avec leurs premières propriétés. Dans les phases quMls parcourent, ces corps donnent naissance à une multitude de nouveaux composés qui consti-* tuent une espèce de famille dont tous les membres peuvent se métamorphoser les uns dans les autres; tel est, par exemple , l'éthérène qui se change en liqueur des Hollandais , en éthérène chloré , en perchlorure de carbone , en acide chloracétique, eo acide acétique, en acétate de potasse ou de soude, en aldéhyde, en éther acétique, etc., et peut

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de nouveau réapparaître sous la forme du perchlorure de carbone, ou même sous sa forme première.

Malgré leur diversité apparente , on reconnaît ({ue presque toutes les métamorphoses rentrent dans deux cas principaux : z^ Vaddition ou la soustraction d'un corps simple ou composé ^ a° la substitution, ou, ce qui revient presque toujours au même, la double décomposition.

La métamorphose par substitution est sans contredit le cas le plus fréquent, et si* ce fait n*a pas encore frappé les chimistes, cela tient, d'une part, à l'emploi qu'ils font des formules dualistiques , et, de l'autre , aux réactions secondaires qui masquent la symétrie des réactions primitives.

Je me sers de ce mot symétrie, parce que si l'on met en équation les réactions par substitution , en écrivant le second membre au-dessous du premier, on aperçoit que chaque terme du membre supérieur a un terme correspondant dans le membre inférieur, comme dans cet exemple

Ainsi , il y a réaction symétrique lorsqu'on traite un sel par un métal ou par un oxyde , un hydrate , un bioxyde , un acide, un anhydride, un autre sel, etc. ; car il tend toujours à se déplacer ou à se former un autre métal, ou un autreoxyde, hydrate, bioxyde, anhydride, ou un autre sel. Si la symétrie n'a pas lieu , c'est qu'une réaction secondaire vient la détruire , ou bien que le corps qu'on veut former ou dépla» cer, ne peut exister au milieu des circonstances dans lesquelles on opère. Ainsi, lorsqu'on verse de l'acide sulfurique sur un carbonate , on devrait avoir la symétrie suivante :

S0«H»-4-C0»K» = SO*K»H-C(yH».

Mais CO' H', ne pouvant exister dans les circonstances ordinaires , se décompose en CO' et H* O ; alors la symétrie n'existe plus.

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Ce qu'il y a de remarquable dans ks réactions symétriques , c'est que presque toujours le volume gazeux des corps employés est égal au volume des corps produits. Nous pouvons très-bien nous servir ici des volumes , même pour les corps qui ne se laissent pas réduire en vapeurs, puisque Texpérience nous a démontré que dans les «^ des cas , les molécules correspondent à 2 volumes. Ainsi, si nous voulions employer les formules ordinaires, on verrait que pour faire du chlorate de potasse , il faut employer 36 volumes de chlore et d'hydrate de potasse , et qu'on obtient 36 volumes d'eau , de chlorure et de chlorate potassiques.

Citer des exemples de réactions symétriques, comme la décomposition du sulfate de potasse par le nitrate de baryte , serait inutile. Je choisirai , au contraire , des exemples dans lesquels cette symétrie n'est pas apparente, soit à cause de la formation des produits secondaires, soit à cause de l'emploi des formules dualistiques. Je me servirai d'abord de celles-ci :

( ao6 )

eu

On - + + o

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