‹ Méthode de chimieChapitre 58 sur 109 · O» EN · texte numérisé non relu

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Quefle difTërence y a-t-il entre les sels de chromjle , de ferryle, d'alumin jle , d'antimonyle, de bismnthyle et ceux de Turanyle? A peine pourrait-on en citer une; c'est que les premiers sels sont décomposables par l'eau, tandis que ceux de l'tiranyle ne le sont pas. Mais cela ne suffit pas pour faire considérer les uns comme des sels basiques , et les autres comme des sels neutres.

Cependant il existe une différence, non pas dans les propriétés des sels , mais entre le fer , l'antimoine, etc., et Turane ; c'est que l'urane ne donne que des sels d'uranyle , et pas un seul d'uranicum ; tandis que le fer, Tantimoine, etc. , donnent, non-seulement des sels de ferryle, d'antimoçyle, etc., maisencoredesselsdeferricum,d'antimoine,etc.

Puisqu'il existe des sels de ferricum, pourquoi n'y aurait-il pas des sels de ferricum basiques ? S'il existe des sels de ferricum basiques , en quoi différeront*ils des sels de ferryle ? Si les sels de ferry le sont des sels basiques de ferricum, pourquoi les sels d'uranyle ne seraient-ils pas des sels basiques d'uranicum?

Au milieu de ces difficultés , je me suis demandé s'il n'y aurait pas des sels de ferricum basiques isomères des sels de ferry le neutre :

= Sel basique de ferricum SO f ' + 2 f ' ;

Sel neutre- de ferryle S0< Fy».

Je parais, ici, rejeter la question dans les hypothèses , afin d'éviter de la résoudre ^ mais en demandant si le sulfate neutre de ferryle ne serait pas isomère avec le sulfate inbasique de ferricum, je laisse la question sur le terrain de l'expérience, car s'il y a deux sulfates isomères, nous devrons leur trouver des propriétés différentes.

Ce sujet est très-difficile à traiter, car les corps auxquels on a affaire sont pour la plupart insolubles et iucristallisables, ce qui rend leurs formules très-incertaines. Je me bor-

( i96) lierai à raf^ler quelques faiis, sans prétendre qu'ils soient suffisants pour vider la question.

Le premier qui me frappe , c'est de voir que certains sulfates basiques sont insolubles , tandis que d'autres sulfates qui ont la même composition, ou même qui sont plus basiques, sont solubles. Ainsi l'aluminite SO*+A1H3*+9H'0 est soluble , tandis qu'on peut avoir en dissolution un sel de même composition, comme le prouve Texpérience suivante : j'ai fait. dissoudre dans Teau 3 proportions de sulfate d'alumine, soit3SO* + Al^O* ; ensuite j'y ai ajouté, goatte i goutte, du carbonate de soude, en agitant chaque fois pour redissoudre le précipité formé. Lorsqu'il y eut un léger trouble permanent, je cessai l'addition du carbonate, et je trouvai que j'en avais employé a proportions, la liqueur roiir gissant encore fortement la teinture de tournesol. Cette liqueur devait donc renfermer du sulfate d'alumine tribasique, car

(3SO'-4-Al«0>)-h2Na'0= a(S0>H-0Nai^)4-(S0« + Al*(y).

Ce sous-sulfate, acide et très-soluble, a peu de stabilité, et il se précipite ou se décompose , soit par l'addition de l'eau, soit par l'ébuUition.

D'après quelques chimistes, le précipité qui se forme dans ce cas aurait précisément la composition de l'aluminite; mais tous les expérimentateurs n*ont pas trouvé les mêmes résultats.

Quoi qu'il en soit, nous avons donc deux sulfates alominiques tribasiques ,run soluble , l'autre insoluble. L'aluminite ne serait-elle pas un sulfate d'aluminicum basique SO*Al* -*- a A1"0 -h gAq, et, par conséquent, insoluble, tandis que le sel soluble serait un sulfate d'aluminyle neutre SO* Aly% ou un sel double SO* ( Aly, Na)*.

On conçoit alors pourquoi le sulfate d'aluminicum neutre SO^Al', possédant une réaction acide, la conserve, malgré l'addition du carbonate de soude: en effet, l'alumine,

( '97 ) mise peu à peu en liberté, au Heu de rendre le sel basique, le ferait passer à Fétat de sel d^aluminyle.

Il existe un autre sel d'alumine soluble , qui renferme

3S0» -4- Fc'O -4- Mg'O -f- Al*0» ■+- 15 Aq,

vi qu^on peut considérer comme une combinaison des trois sols suivants :

SO*F» -4-5Aq, SO* Mg* + 5 Aq , S0<Aly»-h5Aq.

Le sulfate ferrique se comporte comme le sulfate aluminique. Si l'on opère sur une dissolution très-concentrée , en y versant peu à peu un mélange d'anmioniaque et de carbonate d'ammoniaque , la liqueur, d'abord à peine jaunâtre, prend une couleur rouge-brun très-foncée ; abandonnée à elle-même pendant vingt-quatre heures , elle reste translucide en prenant une consistance gélatineuse. Chauffée doucement, la liqueur se coagule peu a peu, comme du blanc d'oeuf, en restant translucide, et de l'eau versée sur cette matière coagulée reste incolore. Si l'on précipite celte dissolution par de l'alcool, on obtient une matière sirupeuse qui, par la dessiccation, devient duré, brillante et translucide. Ce sel , ainsi desséché , n'a pas perdu sa solubilité ; exposé à l'air, il en attire l'humidité et tombe en déliquescence ; mais si l'on étend d'eau la dissolution , on si on la chauffe légèrement, le sel devient insoluble ou se décompose.

Un précipité analogue , obtenu par la potasse et l'alcool, a donné à M. Soubeiran ,

8S0^ -^ 2K= -4- 3 F» O' -f- 22 iPO, soit

2 (SO'4- OK') -+- 3 (2SO' -h F' iV) -h 22 Aq;

ou bien , en n'y admettant que 19 Aq , et en supposait que

( »98) c^est un sel acide de ferryle ,

Le sel de ferryle soluble se coagulerait par la chaleur et deviendrait insoluble en passant à l'état de sel de ferricnin basique.

Le sulfate chromique présente des phénomènes analogues. Ce sel, comme tous les autres sels chromiques, se présente tantôt avec une couleur bleue ou violacée, tantàt avec une couleur verte. Ces changements de couleurs tiendraient-ils à la présence du chromicum dans certains cas, ou à celle du chromyle dans d'autres ?

Les chimistes ne sont pas d'accord sur la solubilité du sulfate de bismuth. Cela tient, comme je vais le démontrer, à l'existence de deux sulfates , dont l'un est soluble et l'autre insoluble.

Qu^on fasse dissoudre du bismuth dans de l'acide nitrique bouillant , et que , dans la liqueur, on verse de Tacide sulfurique ^ tantôt il n'y aura pas de précipité , et tantàt il s'en formera un très-abondant. Que, sur ce précipité, on verse quelques gouttes d'eau, tantôt il se dissoudra subitement, et tantôt il restera insoluble, quelle que soit la quantité d'eau que l'on y aura ajoutée. Voicil'expHcation du phénomène : Si l'on verse T acide sulfurique dans la dissolution froide du nitrate , et en n'opérant pas sur une trop grande quantité, afin que la liqueur ne s'échauflfepas , il n^y apas de précipité. Ajoute-t-on trop d'acide sulfurique^ alors il se dépose un sulfate de bismuth cristallisé en aiguilles, peu soluble dans l'acide sulfurique, mais extrêmement soluble dans Tcau.

Si, sur ce sulfate cristallisé, on verse quelques gouttes d'eau, ou bien une très-grande quantité d'eau, il se dissout immédiatement; mais si l'on chauffe la dissolution, quelque petite ou quelque grande que soit l'eau ajoutée, peu à peu il se précipite du sulfate de bismuth, qui ne se redis-

( «99 ) août plus dans Teau, ni à froid ni à chaud, même en y ajoutant une grande quantité d'acide sttlfurique.

Pi'aurait-on pas, dans un cas, du sulfate de bismuthicum; dans l'autre, du sulfate de bismuthyle ?

On sait qu'une des variétés de l'acide arsénieux rougit la teinture de tournesol , tandis que l'autre la bleuit. Ce dernier ne serait-il pas l'oxyde d'arsényle O -f- (O* As^) ?

Les hydrates d'alumine, naturels et artificiels, se dissolvent dans l'acide sulfurique. Le diaspore y est insoluble , et, chose remarquable, il y devient soluble après avoir perdu son eau. M'y aurait-il pas un oxyde d'aluminicum AI' O, et un acide aluminique anhydre ou hydraté = Al* O' ?

Le bleu de Prusse soluble provient de Foxydation du précipité qui se forme lorsqu'on verse du prussiate de potasse dans un sel ferreux. On ne conçoit guère comment un sel insoluble de fer peut acquérir de la solubilité en devenant basique. Admettons que loxygène, en oxydant le ferrosum, le fasse passer à l'état de ferryle ; alors le précipité blanc ferreux et le bleu de Prusse soluble se représenteront de la manière suivante :

Fcrrocyanure d'hydrogène C^N^F', ff;

Ferrocyanure de ferrosum et de potos- I f.«jat|j.| 171 k».

sium, ou précipité blanc f

Ferrocyanurede ferryle, de potassium et l^j^^p, K'FvH+arAq.

d'hydrogène (bleu de Prusse soluble) ) *

Ce dernier, au lieu d'être un sel basique , serait un sel acide et soluble.

Les sulfates chromique , aluminique et ferrique nous présentent encore, d'après M. Jacquelain, un fait extrêmement remarquable. Suivant que la dissolution de ces sels a été faite k chaud ou à froid , que la dissolution est chaude ou froide, qn'on a laissé refroidir celle-ci depuis peu ou depuis longtemps , on peut en précipiter tout Tacidc sulfurique par les sels de barium , ou seulement une partie. La

liqueur qui précipite complètement, et celle qui précipite partiellemcni , étant isomères, Tune ne renfermerait-elle pas du sel de ferryle ou de chromyle , et l'autre un sel de ferricum ou de chromicum ?

Les chlorures nous ofTriraient sans doute des faits semblables. M. Phillips donne une analyse d'un chlorure ferrique quatorze fois basique et encore soluble. Cette grande basicité pour un sel soluble m'ayant paru extraordinaire, j*ai voulu répéter moi-même l'analyse; mais en versant du nitrate d'argent dans la dissolution de ce sel, celle-ci devient laiteuse , et ne contient qu'un faible précipité qui n'a nullement l'aspect caillebotté. Si l'on essaye de filtrer cette liqueur, en employant même quatre ou cinq filtres les uns dans les autres, elle reste toujours laiteuse; mais, par l'ébullilion avec Tacide nitrique, le précipité augmente peu à peu. Il est donc possible que M. Phillips n'ait pas précipité tout le chlore , ce qui aura donné une si grande basicité à son sel.

Pour que mon hypothèse sur les sels de ferryle et de ferricum pût être acceptée, il faudrait avoir des analyses exactes , mettre à part les sels qui auraient des propriétés communes, et voir si aux analyses qui s'accorderaient avec la théorie du ferryle correspondraient des sels qui auraient des propriétés communes. La simplicité des formules pourrait servir aussi de guide dans ce cas. Je citerai, comme exemple, un alun basique, cristallisé en prismes hexagones réguliers , et dont la formule est

2K'0 4-p6»-h6Aq. ^AOCLÏFF^

Si nous la représentons avec le ferricum, nous aurons

(4SO'4-^^;°)+f'0 + 6Aq, qui n'est pas réductible. Si nous adoptons la théorie du

( aoi ) ferryle, nous aorons

Fy»0 )4-5Aq,

qui est paiement irrëductible. En consëqaence , j*ai repris cette analyse, et j'ai trouvé la composition suivante :

8S0»-h3K»0-H2P0*4-iiAq,

ce qui donne , avec le ferricum , la formule

(8S0»4-5p^) + f»0+.lAq, qui est irréductible. Avec le ferryle, elle devient

8Aq,

qui , divisée par 8 , donne

S0«K"Fy^H^-4-Aq.

C'est donc un sel acide et soluble.

Mais, je le répète, ces analyses sont entourées de difficultés, et il est nécessaire qu'elles soient contrôlées par plusieurs chimistes, et surtout qu'on ^'attache à obtenir des produits pur^.

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