‹ Méthode de chimieChapitre 82 sur 109 · TYPES. - THÉORIE DES RÉSIDUS · texte numérisé non relu

TYPES. - THÉORIE DES RÉSIDUS

AARANGEMEKT DBS ATOMES.

Nous avons essayé de prouver, dans la première partie de cet ouvrage, que les atomes ne sont pas disposés dans les corps composés, comme le veut le dualisme^ et nous avons fait voir Tincompatibilité qui existe entre ce système et les équivalents que nous employons.

Avant d'en proposer un autre, nous devons dVbord nous poser cette question : Y a«t-il une prédisposition dans Tar* rangement des atomes d'où résultent les propriétés chimiques des corps composés; et, en supposant que cette prédisposition existe, nous est-il permis de la connaître? ou bien , en cherchant quel est cet arrangement , ne poursuivons-nous pas une chimère, et les atomes ne seraient-ils pas, tout simplement, disposés d'une manière symétrique, en rapport avec la forme cristalline?

J^ai cherché les raisons qui ont engagé la grande majorité des chimistes à repousser ce dernier système , et je n'ai guère trouvé que l'argument suivant : c'est que dans ce cas on serait obligé de représenter la composition de l'alun par celte formule H*^0*® S* K Al', qui nVst propre qu'à jeter de la confusion dans l'esprit. Remarquons qu'il ne s'agit pas ici de savoir si la formule brute de l'alun nous cause plus ou

moins d'embarras , mais bien de savoir si les alomes y sont disposés de telle ou telle façon : quant k décider s'il ne convient pas mieux , pour Tétude et pour le soulagement de la mémoire, de diviser cette formule en deux ou en un plus grand nombre de parties, c'est une autre question sur laquelle je me propose de revenir. En attendant, je vais essayer de faire prévaloir la proposition suivante :

Ily a une prédisposition dans F arrangement des atomes, qui nous permet de nous rendre compte des propriétés chimiques de certains corps composés.

Premier argument. — Lorsqu'on fait un mélange de salpêtre et de sucre et qu'on le chauffe à Tabri du contact de Tair , il se produit une vive combustion \ on sait que celle-ci est due à la réaction des éléments qui constituent le groupe sucre sur les éléments du groupe salpêtre.

Lorsqu^on chauffe, à l'abri du contact de l'air, certains corps purs et sans mélange, comme l'acide picrique, la ni* tronaphtaline , la nitrobenzide , etc., il se produit une combustion semblable à la précédente. Comment expliquer cette combustion, dans ce cas-ci, puisqu'on n'a pas employé deux corps différents capables de réagir l'un sur l'autre?

Remarquons d'abord que tous ces composés s'obtiennent en traitant certaines matières organiques par Tacide nitrique; qu'ils sont presque tous jaunes ou rougeâtres, comme les vapeurs nitreuses; qu'ils cèdent très-facilement une certaine portion de leur oxygène à l'hydrogène sulfuré ou à l'acide sulfureux, absolument comme le feraient les acides nitreux ou nitriques ; remarquons enfin qu'ils sont tous azotés.

N'est-il pas tout naturel d'admettre que l'azote s'y trouve à l'état diacide nitrique, ou nitreux, ou hyponi trique; que ces acides forment un groupe à part dans les combinaisons détonantes, et que ce sont eux qui réagissent, pendant la combustion, sur le reste des éléments de la matière organique? N'a-t-K>n pas, d'un côté, le groupe qui correspond

au salpêtre, et, de Tautre, le groupe Gombnslible qui correspond au sucre?

Il est impossible d'attribuer la combustion seulement k la nature et au nombre des atomes qui sont en présence, car on connaît des milliers de corps qui ont une composition analogue , c'est-à-dire qui renferment du carbone , de Yoxj* gène^ de rbydrogène et de l'azote, mais qui , n* ayant pas été obtenus sous l'influence de r acide nitrique, ne dëto* nentpasen yase clos. Il existe même deuiE composés, le nitrobenzoène et l'acide carbanilique, qui ont exactement la même composition, et cependant celui qui a été obtenu par l'acide nitrique est le seul qui détone en vase clos quand on le chauffe.

Cette simple détonation ne suffit pas pour nous apprendre si l'azote se tronre dans ces composés à l'état d'acide nitrique , nitreux ou hyponitrique; cependant nous pouvons restreindre nos suppositions. On met NO' H en présence deC*H*, et H*0 se sépare; tout l'oxygène de l'eau est fourni par l'acide nitrique, et une partie de l'hydrogène est néce^ sairement fournie par la benzine : reste à savoir si l'acide nitrique n'a pas donné le reste. Dans un cas nous aurions les deux groupes HO'Nh- C*H^; dans le second, les deux groupes NO' + C*H*. Peu importe du reste l'arrangement de ces deux groupes l'un par rapport à l'autre. Nous rejetons le premier cas , par certaines raisons déduites de l'isomorphisme et de l'analogie qui existe entre les corps non nitrés et leurs dérivés nitrés ( i}oy. pour plus de développement les substitutions nitrées). Dans le second cas, nous pourrions encore demander si l'un des deux atomes d'oxygène seulement ne serait pas combiné avec l'azote pour en faire du deutoxyde, auquel il faudrait attribuer la propriété comburante. Cette supposition est inadmissible, parce que l'hydrogène sulfuré s'empare de ces deux atomes d'oxygène et que nous savons, d'un autre côté, qu'il n'agit pas sur l'oxygène dei matières organiques, si ce n'est dans quelques

( 3a4 ) cas très-rares, pour opérer alors une substitulion du soufre à Toxygëne, ce qui n^arrive jamais avecles composés détonants.

En résumé, nous sommes convaincu que les composés nitrés renferment un groupe nitrique, et il nous parait très'probabie que ce groupe représente les vapeurs rouges.

Dettxième argument, -^ Voici une liste de différent»

corps :

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