PM
et comme, d'un autre côté, on peut remplacer PM' par SM' pour faire un sulfate , il faut admettre que PM' est analo* gue à SM*.
Nous pouvons encore remplacer le phosphore par l'ar^ senic ou l'antimoine; il faut donc représenter les phos^ phates par
Que les cyanures soient constitués ainsi CN-hM, ou
ainsi CM-f-N, MN-f-C, ou de celle manière ^|^ 9 je de-
( 332 ) mande en quoi Faction que les métaux , les acides , les oxydes et les sels exercent sur eux, deviendra-t-elle plus claire, en quoi les phénomènes seront-ils plus compréhra* sibles.
A la rigueur, je concevrais qu^on représentât Facide margarîque par •
attendu que sur les 68 atomes il y en a deux qui se comportent autrement que les autres. Mais dans les cyanures je ne vois aucun motif pour séparer Thydrogène ou le métal du carbone et de Tazote.
A cela on répond que le cyanogène existe libre , qu'il est analogue au chlore. L'analogie qu on remarque entre ces corps est du même ordre que celle qui existe entre le chlore et le margarogène. En quoi le cyanogène se comporte-t-41 comme le chlore? Est-ce que celui-ci , mis en présence de Teau, donne un composé analogue h l'oxamide ou à Toxalate d'ammoniaque ) est-ce qu'il se combine avec l'hydrogène sulfuré ? est-ce que les cyanates ou les fulminates sont analogues aux hypochlorites ou aux chlorates? comment peuton voir dans les fulminates des combinaisons du cyanogène, tandis qu'on sait que ces sels , obtenus par l'action de l'acide nitrique sur l'alcool, fulminent comme les picrates, et renferment, par conséquent, l'azote k Tétat de NO ou de NO*, et non à l'état de/îyanogène? *
Je reviendrai plus loin sur l'existence du cyanogène , et celle des radicaux en général.
M. Liebig considère Toxyde de carbone comme un radical.
Celui-ci ayant une composition qui le distingue de tous les autres, je vais m'y arrêter pendant quelques instants.
Lorsqu'on jette un coup d^œil sur tous les corps composés, on en aperçoit un très-grand nombre dont tous les atomes sont pairs, comme dans Tacide acétique C*H*0*, l'acide butyrique C*H*0*, etc. Mais ce qu'il y a d'assez
( 353 ) remanpiable, c^esl que ces formules divisibles n'appariien* nent qu'à des corps qui renferment des monades el des dyades. Je n'en connais pas une seule semblable parmi les corps qui ne sont composés que de monades , comme SO*, SO», TeO% TeO% TeS% TeS»,.CO, C0% CS», Si O ouSiO', etc. (i).
Pai déjà dit que tous les radicaux ayant des formules contraires à la loi des nombres pairs ne peuvent pas exister libres , à moins de se doubler au moment où on veut les mettre en liberté: tel est, par exemple, le cacodjle C'H'As qui, libre, devient C^H^^Âs*; ce qui revient à dire que les radicaux en combinaison occupent i volume, comme l'bydrogène qu'ils remplacent. Donc tout radical ,libre doit être divisible (2). Or, Toxyde carbone libre CO occupe 3 volumes et il est indivisible ; donc, si c'est un radical , il ne peut dans aucun cas remplacer l'bydrogène , le cblore, un métal ou une dyade quelconque. Reste à savoir s'il pourrait jouer le rôle du carbone , de l'oxygène ou du soufre, c'est-à-dire d'une monade; mais, dans cette bypotbèse , il faudrait admettre que CO ou 2 volumes peuvent jouer le rôle de O ou de i volume : c'est une chose dont nous n'avons pas encore d'exemple en chimie.
( I ) On peut encore remarquer qu*il^*y a pas de corps composés formés par trois monades différentes. Les composés qui ne renferment que des dyades paraissent être également indivisibles, comme HH*, Cl H, Cl" P, Cl' P, P Cl* N, etc. On pourrait citer les pbospfaures solide et liquide d'hydrogène P^ H' et P' H* ; mais rien ne nous prouve que ces formules soient eiactes. L*iodure de phosphore P*I* ferait exception.
( 3) Ceci ne peut être vrai que pour les radicaux didymiques, et peut ne pas Tètre pour les radicaux diolques. Ainsi le telluréthyle C* H** Te est indivisible, et, sous ceUe forme, il se combine avec Cl*, comme le stibcthylo. C'est probablement un radical dioique formé de
U'H^Te;"^" **" C*H*Tc' rc qui fait supposer qu'il peut exister un autre telluréthyle,
(C'H*Te)«-+- H« = (C*H»Te)*,
et qui , sons Tinnuence du chlore, devrait se diviser en deux , en donnant le chlorure C* H* Te h- Cl.
Je ne m'arrêterai pas à examiner si les milliers de radi* eaux et de copules qui sont admis dans l'école de Berzelius (vc^ez son dernier Traitéde chimie, celui de M .Loewig,etc.) doivent être considérés comme tels. Avant de leur accorder le droit d'asile dans la science, j*espère que Veurhjrzène jouira d'abord de cette faveur.
Il y a quelques années , j'ai fait l'annonce suivante :
« Je viens de découvrir un radical que j'appellerai eu- » rhyzène et que je représenterai par Eu* analogue à Cl*. )> Je passerai, pour le moment, sa composition sous si- >y lence , et je me bornerai à indiquer sa préparation et ses » principales combinaisons.
)) On le prépare en traitant l'acide eurbyzbydrique par )> le peroxyde de manganèse et l'acide sulfurique; on a
SU
i^H- Mn»0»-hEu»H»= (S0*4- OMn») -f- H'O H- Eu^
)i L'eurbyzène , mis en contact avec le potassium , donne » de l'eurhyzurc potassique Eu K^ et ce sel traité par Fa- » cide sulfurique donne de l'acide eurbyzbydrique ,
SO* H» -+- 2 Eu K = SO» K» -4- a Eu H .
» Cbauffe-<-on cet acide avec du potassium 9 il se dégage » de l'bydrogène et il se forint de Feurbyzure potassique.
» Lorsqu'on verse sur du chloroforme une petite quan- )) tité d'eau et d'acide eurbyzbydrique, on obtient un corps » chloré analogue au chloroforme,
CHCl"-hH»0-hHEu=:CHf^ 4-H»Cl»:
Eu '
» c'est l'acide eurbyzide-formylique.
» Si l'on traite le diloroforme par l'acide eurbyzbydrique )) seul , on obtient un eurhyzure de carbone analogue au )> chlorure de carbone formylique ,
CH CP + H*Eu'= CEu» -f- 3C1 H.
» L'eurliyzure potassique donne avec le chlorure de » benzoïle du chlorure potassique et de Teurbyzare ben* » zoïque. On obtient paiement de Teurhy^ure de mëthjle, » d*éthyle , etc. L'eurhjzène peut enlever directement Fhy- » drogène k un très-grand nombre de substances orga* » niques, et sa ressemblance avec le chlore va tellement n loin, qu'il forme avec Tacide sulfureuT un corps anan logue à roxychloride sulfurique, SO'Eu' , et avec Toxyde » de carbone un composé analogue à Toxythloride carboni* » que, soit CO Eu*.
» Enfin, non-seulement il existe libre, mais encore en I» combinaison; comme tous les radicaux, il renferme un » nombre impair de dyades. »
En annonçant ma découverte à plusieurs personnes , je leur demandais si Teurhysène n'avait pas plus de titres cpie le cyanogène pour être admis au rang des radicaux. Il me fut répondu affirmativement. Mais, lorsque j'ajoutai que ce radical n'était autre chose que de Teau oxygénée, alors on ne voulut plus lui reconnaître de droits à ce titre.
Est-ce que l'admission des radicaux dans la science dépendrait, comme celle des acides bibasiques, non de leurs propriétés , mais de l'autorité dont jouit le chimiste qui en fait la proposition?
THÉORIE DES aéSIDUS.
Lorsqu'on fait agir l'acide nitrique sur la benzine, il se forme de Tcau et de la nitrobcnzide. M. Gerhardt admet que, l'oxygène de Teau étant fourni par l'acide^ toutThydrogène doit provenir de la benzine; il suppose, de plus, que le reste des éléments de Facide ou MO* H forme un groupe en présence du reste des éléments de la benzine ou C* H^ qui forme un autre groupe ; de sorte que la nitrobcnzide est formée de deux résidus , comme cette formule rindîque:NO*H,C«H*.
Il admet de même que, après avoir fait agir l'ammoniaque sur le chlorure de benzoïle , on obtient de la ben-* zamide, formée d^un résidu benzoïque et d'un résidu ammonique. Le même raisonnement pouvant s'appliquer à toutes les amides, auxéthers, aux anilides , etc., on voit que, pour M. Gerhardt , les corps copules seraient des combinaisons qui renferment, à l'état de groupes distincts, les résidus des corps qui ont servi à les former.
Il existe un doute sur cette théorie : M. Gerhardt veut-il indiquer par ses formules F arrangement des atomes dans les corps copules , ou bien veut-il simplement représenter le mode de formation de ceux-ci? C*est, ce me semble , cette dernière opinion qui doit être admise , car M. Gferhardt commence par déclarer qu'il nous est impossible de connaître Farrangement des atomes , et qu'il faut employer des formules brutes pour représenter leur composition. On ne doit donc voir dans les formules à résidu qu'un procédé destiné, dans certains cas , à faire ressortir les analogies et à comparer les réactions.
D'ailleurs, en considérant les formules àxésidu comme l'expression d'une théorie sur l'arrangement des atomes, on tombe immédiatement dans les mêmes embarras qu'avec les formules à copules et i radicaux. Les mêmes questions reviennent toujours ; seulement , au lieu de demander quelles sont les copules , quels sont les radicaux , il faut demander quels sont les résidus qui existent dans tel ou tel corps; quelles fonctions remplissent-ils ; peuvent-ils exister libres ?
Je prends comme exemple la benaamide; on la prépare 1® avec le chlorure de benzoïle et l'ammoniaque, et l'on a pour résidu
C'H»OCl-f-H'N — Cl — Hr=
C'H»0 -hH»N '
( 357 ) a^ avec Fackle bcnzoïque et Tammoniaque , et Toii a pour résida