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DES RADICAUX COMPOSÉS ET DES TYPES

Après avoir vu qu'il y a une prédisposition dans Tarrangement des atomes, il est tout naturel de chercher quelle est celte prédisposition , et si , parmi nos divers systèmes, il en est un qui soit capable de nous la faire connaître avec plus ou moins de certitude. En procédant par élimination, nous pouvons mettre le dualisme de côté, par les diverses raisons que nous avons exposées dans cet ouvrage , et parce qu'il est incompatible avec les équivalents que nous em-

ployons. D^autres systèmes se rapprochent trop du dualisme pour que nous ne les écartions pas par les mêmes raisons

Il ne nous reste donc plus à examiner qu'une seule théorie qui, sans être dépendante du dualisme, pourrait très-bien s'accorder avec lui , je veux parler de la théorie des radicaux composés.

On donne le nom de radicaux à certains corps composés qui, n'existant pas libres pour la plupart, seraient susceptibles de jouer, dans les substances organiques , le rôle de corps simples. D'après cela, la chimie organique deviendrait la chimie des radicaux composés. Remarquons, en passant, que ces radicaux appartiennent tout autant à la chimie minérale qu'à la chimie organique, car l'ammonium, le platinammonium, Furanyle, le ferryle, l'antimonyle, lebioxyde d'azote, Tacide hypo-azotique , As*0', Bo*0*,.... sont, je Tai déjà dit, des radicaux, au même titre que l'éthyle, le métyle ou lacétyle.

Pour mieux examiner cette question, nous allons diviser provisoirement les radicaux en plusieurs classes , d'après les fonctions qu'ils remplissent :

Dans la première nous mettrons les alcinyles ou les alciniums (i) qui, comme Tammonium et le cacodyle, sont susceptibles de jouer le rôle des métaux , et donnent des sels diabasiqnes (2).

Dans la seconde, les basylides, qui ont une constitution analogue à celle de Turanyle. Les uns, comme l'uiTAnyle, le ferryle et l'antimonyle, donnent des sels diabasiques; les autres, comme le nilryle N*0*, le nitrosyle N*0*, l'arsc-

(i) On donne les noms d'alcalis et d'alcaloides aux composés analogues à rammouiaque, et qui n*oDt cependant rien de commun aTec les alcalis, eomme la potasse et la sonde. Je propose de les désigner sons le nom à*Alcines, et les eorps analogues à l'ammonium on an cacod7le sous le non d^alcinyle» ou d'alciniums,

(3) {àtmC^nti transUio), sels qui se prôtent immédiatement h la double décomposition ordinaire, comme les sels de potassium ou de barinm.

uyle, leborjlc, etc. , n'en donnent pas. Ainsi, daiisles nitroso* ferrocyanures, le nitrosyle ne se laisse pas remplacer immédiatemeni par nn autre radical simple ou composé.

La troisième classe comprendra les métoyles (métal), ou les radicaux qui jouent encore le rôle des métaux , mais qui sont analogues i Téthyle et qui ne donnent pas de sels diabasiques.

Dans la dernière classe, nous mettrons les rhysonyles ou les radicaux analogues aux corps simples non métalliques , comme le cyanogène , le sulfocyanogène, le mellon , etc.

Radkaux (Alcinyles

diabasiques f » ■

^ > Psendo-metaux

dydimiques jBasyles

p» { \ non diabasiques

" I Métoyles j ^

dioïques. (Rhyjonyles.

Alcinyles. — Je n'ai pas à exposer ici les arguments trop connus qu'on fait valoir pour ou contre la théorie de l'ammonium. Cependant je m'arrêterai sur le suivant, afin de faire voir combien les raisons que nous croyons les plus solides, en ce qui concerne Farrangement des atomes, ont quelquefois peu de fondement.

U est impossible, disent quelques chimistes, d'adopter la théorie de l'ammonium ; ce serait admettre que l'ammoniaque, ce corps qui cède si facilement son hydrogène au chlore, à Toxygène et même au soufre, est cependant capable d'enlever Thydrogène à Tacide chlorhydrique pour former de TanuDonium ; et, de plus, il faudrait encore admettre que tous les alcaloïdes , comme la quinine , la morphine, etc., peuvent également enlever cet hydrogène, en donnant du quinum , du morphum , etc.

L'argument, présenté de la sorte, a une certaine apparence de solidité, et je ne sache pas qu on y ait jamais répondu.

J'ai proposé, il y a quelques années, une nouvelle manière d'envisager la constitution des sels d'ammoniaque , de

cacodyle, de quinine, etc., qoi est, pour ainsi dire, un juste milieu entre la théorie de rammonium et celle de l'ammoniaque.

Le chlorure hydrogène , disais- je , est analogue et même isomorphe avec le chlorure de potassium. Si l*on met de Tammoniaque en présence de ce chlorure d*hydrogène, elle s'approchera de lliydrogène , se combinera avec lui , mais sans le déranger de sa place, sans Tenlever au chlore. On aura donc un chlorure eP hydrogène ammoniacal qui conservera Farrangement du chlorure d*hydrogène, sera isomorphe avec lui et par conséquent avec le chlorure de potassium , et qui devra se noter ainsi :

Chlorure de potassium . . Cl -H Kj

Chlorure d'hydrogène Cl-hH;

Chlorure de cuivre. Cl + Cu ;

Chlorure d'hydrogène ammoniacal . . ^^ + a î

Cu Chlorure de cuivre ammoniacal. ... Cl 4* ^ *

Am

Ainsi l'ammoniaque, pour former de l'ammonium, n'a nullement besoin d'enlever Fhydrogène au chlore.

D'après cette manière de disposer les atomes , il résulte que si l'on regarde leur projection horizontale, on apercevra deux groupes Cl H' H et N ; tandis que si Ton examine la projection verticale, on apercevra un autre arrangement Cl et H^ N. Peut-on dire, maintenant , que le sel ammoniac soit plutôt un sel d'ammonium qu'un sel d'ammoniaque?

Quanta l'ammonium, au cacodyle, au stibéthyle,etc., ce serait de Thydrogène, mais de l'hydrogène modifié par l'ammoniaque, la cacodine, la stibétine, la quinine, etc. L'hydrogène, en combinaison avec le chlore, est H; libre, il devient H*. L'hydrogène ammoniacal, en combinaison

est . 5 libre, il devient ( « ) • L'hydrogène cacodylique,

( 336 ) eu combinaison est ; libre , il devient (^ ) : en elTet

( I = a volumes, et Cl -h = a volumes.

Il semble donc que tous les faits doivent s'accorder tout aussi bien avec une théorie qu^avec Tautre. Cependant la composition des oxycblorures de cacodyle et de tellurethyle, celle de Facide cacodylique, des acicblorides, aciflnorides, cacodyliques, etc . , a ^té considérée jusqu'à ce jour comme ne pouvant s'accorder qu'avec la théorie de rammoniuin. Mais nous verrons plus loin (série C*H^, groupe cacodylique) que, s'il est permis d'admettre que le cacodyle existe dans les sels à base d'oxyde de cacodyle, il n'en est plus de même quand 41 s'agit de l'acide cacodylique ou des acides fiuo et cUorocacodyliques ; et que les faits sont alors complètement contraires à la théorie du cacodyle.

Un autre argument très-puissant a été mis, dernièrement, en avant en faveur de l'ammonium : on saitqu'oii est parvenu k obtenir le stibéthyle, et que ce radical décompose Tacide chlorhydrique , en en expulsant l'hydrogène. Voyons s'il n'est pas possible d'expliquer ce fait dans la théorie de l'ammoniaque.

Les aldéhydes et les alcools paraissent susceptibles de former des alcaloïdes qui différent les uns des autres, comme les aldéhydes des alcools, par a atomes d'hydrogène : ainsi Tarsine ou la cacodine, ou l'amide arséniée de raldéhyde=C* H' As, tandis que l'amide de l'alcool ou Téthylamine = C* H' N H- H*. On trouve le même rapport entre la stibéthine, ammoniaque des sels de stibéthyle, C«H*'Sb,etle stibclhyleC«H*>Sb-hH«: Celui-ci, au lieu d'être un radical, pourrait bien n'être qu'un alcaloïde peu stable, de la triéthylamine antimoniée 3C*H^+H'Sb.

Il ne nous est guère permis d'admettre que la triéthylamine soit à la fois et un alcaloïde et un radical ; c'est cependant ce à quoi nous serions forcément conduits si nous

(337) considérions la triéthylamine antimoniée comme un radical . Ou bien, ce qui est aussi contradictoire» nous serions conduits à admettre que la triétliylamine serait un alcaloïde, tandis que cette même triéthylamine, avec une substitution de r azote par Tantimoinc, deviendrait un radical. Considérons donc la triéthylamine antimoniée ou le stibéthyle, comme un alcaloïde peu stable; alors on peut dire que, sous Tinfluence de l'acide chlorhydrique, il perd 2 atomes d^hydrogène et se change en stibéthîne, qui reste unie à Tacide chlorbydrique. Ainsi , ce ne serait pas l'acide, mais la triéthylamine antimoniée qui aurait perdu l'hydrogène qui s'est dégagé.

Au reste, le stibéthyle, considéré* comme un radical, s^éloigne tout à fait, par sa constitution, de l'ammonium et du cacodyle. Nous avons déjà dit que si l'ammoniaque est H' N, l'ammonium doit être deux fois H' N plus H*5 que si la cacodine est C*H' As, le cacodyle doit être deux fois C* H' As plus H*. Or, la stibéthine éunt C* H*' Sb, son radical ou le stibéthyle devrait être deux fois C* H*' Sb plus H% tandis que le stibéthyle connu est C* H*' Sb + H*.

Aussi, voyez la différence qui existe entre la composition de ses sels et ceux de l'ammonium et du cacodyle :

On a, dans la notation ordinaire, avec

L'ammoniun.

Le cacodyle. Le stibélhyle.

Chlorure... . a* -hR, Cl* 4-St

Oxyde O -h R , O' 4- St

Sulfure S 4-R, S* -h St

Nitrate N>0«-+-R, 2N»0«-4-St.

Pour expliquer cette singulière différence, il serait possible de concevoir encore autrement la constitution du stibéthyle.

Si les radicaux sont dyadiques, c'est-à-dire s'ils renferment H*, Cu* (ah,) ' (p ] ï etc., on pourrait dresser le ta-

( 338 ) bleau suivant :

Radicaux sîmpl. H% Ctt% Pt% \

Alliages de radi-

eaux simples. HCU| CuPt, CuZ dîoiques(t))

AUiagesderadi- /HVHX /HVHX /HYH\

cauxoomp. \AniACc7' VAmAStij' \CcASti/ (aioimi« Alliagesderad. /H\ /HV /h\ ^ ^ ^ ^•*-

simpl.etcomp. \Amy \Cc/ \Sti/

Le stibéthjle connu serait alors un alliage du radical simple H avec le radical composé (sti)> ^^ serait Thydroatibéthyle dioïque, tandis que le véritable stibéthjle, analogue au cacodyle, doit être ( ^ . ] et didymique.

L'hydrostibéthyle, mis en présence du chlore , donnerait

CI* + ( ^ . ) H 9 un atome de chlore saturant ^ . 9 et l'autre

\Sti/ Su

saturant H ; ce sel serait un chlorure double d^hydrogène et du véritable stibéthyle. Le sulfure S+ 1 .| H, correspondant à S+KH, serait un sulfure double d'hydrogène et du véritable stibéthyle, ou bien un sulfure d'hydrostibéthyle. n serait intéressant d'examiner comment Thydrostibéthyle se comporte avec les acides faibles et une dissolution alcoolique de bichlorure platiuique^ et de voir s'il existe des sels du véritable stibéthyle.

Le telluréthyle est évidemment un radical dicûfque formé

peut-être de ( qs g» j j • Sous cette forme il se combine, comme Phydrostibétyle , avec a atomes de chlore. On est, par con-

(1) Bi4rmi*iues ou jumeaux; dioï^mes, c'est-à-dire formés par l'union de 1 Tolumo d'un radical d'une famille arec i volume d*un radical d'une autre famille.

( 339) sé({ueiit, conduit à demander si les radicaux dioïques ne doîvenl pas tous se combiner avec a atomes de chlore^ ou bien si les bases biacides (dont les sels neutres renferment a molécules d*acide monobasique) ne sont telles que parce qu'elles sont dioïques. Ainsi , le teiluréthyle , Thydrostibéthyle, le stannéthyle seraient des radicaux dioïques et par conséquent biacides. Il ne faudrait pas les confondre avec les radicaux didymiques de la semibenzidam, de la flavine, etc., qui donnent des sels biacides, car il est probable que ces derniers sont des sels acides^ comme les bicfalorhydrates de quinine et de cinchonine, et non des sels neutres comme le bicblorure de teiluréthyle.

D'après M. Hofmann, la triétfaylamine et la trimé thy* lamine ne seraient que de l'ammoniaque dont les 3 atome» d'bydrogène seraient remplacés par 3 atomes d'éihyle et de méthyle. On pourrait encore dire que la triéthylamine est de l'ammoniaque, dont chaque atome d'hydrogène est modifié par la présence de Téthérène , et^ en conséquence, on

devrait la noter ainsi : N ( ] •

L'éthylamine, la diéthylamine, la triéthylamine étant des ammoniaques modifiées^ l'ammonium, l'éthylammonium , le cacodyle, le stibéihyle, etc., sont des hydrogènes modifiés. Les ammoniaques modifiées conservent le caractère basique de l'ammoniaque, les hydrogènes modifiés conservent aussi le caractère métallique de l'hydrogène. C'est ce qui m'a fait dire, autrefois, que l'hydrogène est le métal de la chimie organique.

Cette manière de considérer la constitution de Tammonium, avec i atome d'hydrogène situé autrement que les autres , permet de concevoir la singulière différence qui existeen tre les sels du mono, bi et triéthylammonium et ceux ^du tétréthylammonium. Il n'est donc pas nécessaire d'admettre que les premiers soient des sels d'ammoniaque, tandis que les seconds seraient des sels d'ammonium.

Eu i-ésumé , la théorie de rammoniaque me parait aussi vraie que celle de rammonium , et dans les sels ammoniacaux , les atomes sont peut-être disposés de telle sorle , qu^il est impossible de dire s'ils renferment de l'ammoniaque plutôt que de Tammonium. Diaprés cela , peu importe la manière dont nous noterons ces sels; nous n'aurons à considérer qu'une seule chose, la commoditfé ou la simplicité et Tanalogie.

Basyles, — J'ai partagé ces composés en deux classes, les diabasiques et les non^iabasiques. Parmi -les premiers se trouve Turanyle qui peut être transporté d'un sel à Fautre par la voie des doubles décompositions ordinaires ; et , parmi les seconds , on voit le nitryle , ou X* ou N* O^ ^ qui joue le rôle de Thydrogène , mais ne se laisse pas transporter d'un sel à F autre, par la voie des doubles décompositions ordinaires.

Il doit paraître singulier de ranger dans une même classe Turanyle, Tantimonyle, le ferryle, etc., puis le bioxyde d'azote, l'acide hypo-azotique et l'arsényle As'O* 5 ce qui revient encore à mettre dans une même classe les basyloxydes comprenant :

L'oxyde d'uranyle . . . (UO)' ;

L'oxyde de ferryle ... ( Fe )' ;

L'oxyde d'aluminyle. . (Al 0)* O;

L'oxyde d'anlimonyle. ( Sb O)» O ;

et les basylacides, comprenant :

L'oxyde d'arscniosyle. (As O)' 0, ou Tacide arsénieux anhydre;

L'oxyde d'arsényle. , . ( AO' )' , ou l'acide arsénique anhydre ;

L'oxyde de nitrosyie. (N0]'0, ou l'acide nîtreux anhydre;

L*oxyde de nitryle. . . (N0*)'0, ou l'acide nitrique anhydre;

L*oxyde de boryle. . . . (BO)' O, ou l'acide borique anhydre.

J'avoue cpie j'ai hésité avant de publier, pour la premièiv fois, ces rapprochements. Mais la composition des nilro-

(34. ) prussiates cl des sulfales arscnyliquc et antiinonylique ue m*a plus permis de mettre en doute Fanalogie qui existe entre l'oxyde d'uranyle et Toxyde de nitryle. Et , d'ailleurs, comment établir une ligne de démarcation dans la liste que je viens de donner? On serait disposé à la placer entre les corps qui jouent les rôles de bases et ceux qui jouent le rôle d'acides anhydres, par conséquent entre Toxyde d'antimoine et l'acide arsénieux anhydres, c'est-à-dire précisément entre les deux corps qui se ressemblent le plus , entre deux corps qui sont isodimorphes. U me parait donc impossible de séparer le premier terme du dernier.

Nous l'avons vu plus haut , les sels d'uranyle ont toutes les propriétés des sels neutres ; et comme nous voulons employer une notation qui nous donne des formules analogues pour les corps analogues , nous sommes donc obligé de considérer l'uranyle comme un radical , c'est-à-dire comme un corps qui , à la manière du potassium , se transporte d'un sel à l'autre, sans altérer la neutralité des uns et des autres. Cette manière de voir nous conduit, il est vrai, à faire jouer au protoxyde d'urane et le rôle d'un métal et le rôle d'un oxyde-, ce qui doit paraître assez peu probable. Mais si l'on se rappelle qu'un même corps simple peut avoir plusieurs équivalents dépendant des fonctions que remplit ce corps simple, on devra considérer le protoxyde libre d'urane comme un oxyde dUiranosum, =U'0, et l'oxyde uranique conmie une combinaison d'urane, =r O -I- ( VO)*. Ainsi , l'oxyde d'uranosum U* O serait isomère, mais non identique à l'uranyle ( VO )' .

Nous avons également vu que le ninyle (NO')* se substitue très-souvent à l'hydrogène, et qu'on doit également le considérer comme un radical ; qu'il en est de même du nitrosyle (NO)*, et, par conséquent, du feri^yle et du boi'yle, de Tantiuionyle et de Tarséniosyle , etc.

Remarquons que ves radicaux sont tous dyadiqvies, comme les dynaniyles et comme rhyilrogène dont ils jouent

le rAle. En combinaison, ils sontH, . » NO,NO*, VO,elc.,

et libres, ils devienneniH%(^y, (N0)% (N0*)% (VO)*.

Du nitryle et de Furanyle j'ai conclu au ferryle et i Tarsényle ; M. Gerhardt va beaucoup plus loin maintenant, et du nitryle et de Toxyde de nitryle, ou acide nitrique anhydre, il conclut pour tous les acides anhydres monobasiques. Ainsi, suivant lui, Tacide acétique anhydre serait deToxyde d*acétyle (C* H' O)* O didymique , Tacide benzoïque anhydre de Foxyde de benzoïle (C H' O)* O didymique , Tanhydride acétobenzoïque de Toxyde double de benzoïle et

d'acétyle L, ^s qI ^ dioïque.

Je suis loin de nier l'analogie et les conséquences que M. Gerhardt en tire , conséquences qui nous entraîneraient aussi à adopter Topinion de M. Willamson sur la constitudon des acides hydratés.

Mais cpmme dans cet ouvrage je me suis proposé d'éviter les hypothèses, et de voir s'il est possible de construire un système rationnel en se basant seulement sur des lois expérimentales , je ne pousserai pas plus loin la discussion sur ces radicaux, et je vais indiquer comment je puis tirer parti de ceux-ci en laissant de côté ce qu'ils ont d'hypothétique.

J'emploie , je l'ai déjà dit , des formules synoptiques qm indiquent, non F arrangement des atomes, mais les analogies qui existent entre tel et tel corps. Je reconnais , et tout le monde est d^accord là-dessus , que le nitrate d'ammoniaque est un nitrate. H faut , en conséquence , que, si je représente le nitrate de potassium par NO' + K , je donne au nitrate d'ammoniaque une formule semblable , et celle<i ne peut être que NO' -h H* N. Maintenant , que H* N existe ou n'existe pas , peu importe -, il suffit que mes formules expriment Fanalogic des deux nitrates , et que la seconde

( 343) formule indique que la s<Hniiie des nombres proportionnel» H* N se transporte d'un sel à un autre , sans altérer les propriété^ qui appardennent au genre de ce dernier.

Peu importe , dirais-je encore , que NO* existe ou n^existe pas, qu'il soit ou non un radical. L'expérience démontre que , dans une multitude de corps différents , on peut enle* ver I, d, 3, 4) S ^^^ atomes d'hydrogène, en leur rendant exactement le même nombre d'atomes de MO*, sans que la neutralité , ou l'acidité , ou Talcalinité de ces corps soit altérée. J'exprime ce fait , k l'aide de formules synoptiques qui sont semblables pour les corps nitrés et les corps non ni très.

Les acides anhydres monobasiques sont des corps d'une nature spéciale, qui, en conséquence, doivent avoir une formule propre. J'ai comparé les anhydres nitreux , arsénieux , borique , N* O', As* G*, B* O* à Foxyde d'uranyle*, or, comme je représente la composition de celui-ci par la formide

je dois donner aux anhydrides précédents des formules semblables, soit

(NO)» 4-0, (As0)»4-0, (BoO)'-4-0.

L'analogie de l'acide nitreux anhydre avec l'oxyde d'uj*anyle me paraissait dépendre du nombre d'atomes qu'ils renferment l'un et l'autre, et je n'avais nullement songé k comparer l'acide acétique anhydre avec l'acide nitreux anhydre. M. Gerhardt me parait être plus conséquent que moi *, j'adopte donc son opinion, non sur l'arrangement des atomes, mais sur l'analogie qui existe entre l'acide acétique anhydre et l'acide nitreux anhydre. Et puisque je représente ce dernier par (NO)* + O, je dois aussi représenter l'acide acé- Uque anhydre par (C* H* O)* -hO.

Méioyles.'^M. Dumas a résumé son opinion sur la roitstiltttion des éthers en les comparant aux sels aromouia-

eâux. Ce qui revient à dire que si le sel ammoniac est un hydrocblorate , Téther cUorhydrique doit en être un*, et que si le premier est un chlorure d'ammonium , le second ne peut être qu'un chlorure d'éthyle. Tous les chimistes ont adopté l'opinion de M. Dumas; mais les uns ont admis , avec lui , que les éthers sont des sels d'ëthérène, tandis que les autres, M. Liebig en tète, ont préféré la théorie de Téthyle. Je pourrais répéter ici ce que j^ai dit du sel ammoniac, à savoir que Téther chlorhydrique n^est

peut-être qu'un chlorure à^ hydrogène éthéréné Cl +— »et

Téthyle libre un hydrogène modifié par l'éthérène ( « ) •

IVlais une autre question doit d'abord être résolue, c'est de savoir si les éthers sont des sels.

Si Ton veut mettre de côté toute espèce de considérations théoriques et n'examiner que les faits , il sera bien difficile de trouver des analogies entre les éthers et les sels. Quel rapport y a-t-il entre les propriétés physiques des uns et des autres ; quel rapport il y a-t-il entre les sels qui sont soumis à la loi des doubles décompositions ordinaires, qui se laissent décomposer directement par les acides, par les bases et par les sels , et les éthers qui n'obéissent pas à cette loi ?

Comment peut-on admettre que le sulfovinate de barium est une association de sulfate de barium insoluble dans tous les réactifs, et de sulfate d'éthyle qui est incapable de dissoudre une trace de sulfate de barium ?

Par quelle singulière bizarrerie les sulfovinates , les phosphovinates, les carbovinates, les oxalovinates de potasse ne donnent-ils pas de précipités avec les sels de barium, de strontium, de calcium et de plomb?

On peut transformer, dit-on, l'acide sulfovinique par l'ébullition, ou avec le temps en sulfate de barium. Cela est vrai ; mais ne transforme-t-on pas de la même manière l'oxaniide en ôxalàte de chaux ou eu acide oxalique et en

ammoniaque, quoiqu'elle ne renferme ni acide ni ammoniaque? La conclusion est facile à tirer.

On attaque la benzine par Tacide nitrique ^ il se forme de Teau et de la nitrobenzide ; Toxygène de l'eau n'a pu être fourni que par l'acide nitrique. On traite l'essence d'amandes amères par l'acide nitrique; il se forme de l'essence nitrée et de l'eau ; quoique l'essence renferme de l'oxygène, l'eau dégagée a emprunté le sien à l'acide nitrique; personne n'en doute. Ou fait agir le même acide sur des corps très-combustibles et très-différents les uns des autres, sur la naphtaline, sur l'acide phénique, sur l'acide benzoïque, sur le ligneux^ etc. ; de l'eau se dégage encore, et personne ne doute que dans toutes ces réactions calquées les unes sur les autres, Toxygène de cette eau n'ait été fourni par l'acide. Pourquoi donc, si nous opérons sur l'alcool, sur un corps si combustible, si peu oxydé, qui ne cède de l'eau à aucun des corps qui en sont avides , pourquoi , disje, supposerions-nous dans ce cas que l'oxygène de l'eau qui se dégage provient ici , non de l'acide , mais du corps combustible, de l'alcool? Les hypothèses que nous faisons sur les corps ne peuvent dénaturer les faits , et si nous les laissons de côté, nous devons admettre que dans la formation de l'éther nitrique c'est l'acide qui a fourni l'oxygène, et que celui-ci a brûlé une portion de l'oxygène de l'alcool pour former de l'eau .

Quelle conclusion tirer de ces rapprochements? C'est que l'éther nitrique n'est pas un sel , n'est pas un nitrate , puisqu'il ne renferme plus d'acide nitrique.

Un nitrate est tm sel d'hydrogène dont Yhydrogène a été enlevé et remplacé par un métal , ou par de l'uranyle ou de l'ammonium.

L'éther nitrique est du nitrate d'hydrogène dont i atome d'oxygène et probablement aussi d'hydrogène, ont été enlevés et remplacés par le reste des éléments de Talcool.

Un sulfate est un sel d'hydrogène dont Yhydrogène a été

remplacé par un métal ou un radical qui joue le même rôle , tandis que Féther sulfurique est un sulfate d'hydrogène dont a atomes à! oxygène ont été enlevés et remplacés par le reste des éléments de Talcool. Je ne veux pas dire que le reste des éléments de Talcool a pris la place géométrique de Toxygène et qu'il joue son rôle, mais simplement que O est parti et que Talcool moins de Thydrogène est entré dans le nouveau composé.

Voyez combien l'analogie vient appuyer cette manière de considérer les éthers.

On traite Tammoniaque, Taniline, la benzine, la naphtaline, Tesprit-de-bois, Talcool, Thuile de pomjnes de terre, etc., par Tacide sulfurique. On obtient, d'une part, de la sulfamide, de la sulfanilide, de la sulfonaphtalide, de la sulfobenzide , du méthol sulfurique, de Talcool sulfurique, de Tamylol sulfurique, etc., et, de Tautre, des acides sulfamique, sulfanilique, sulfobenzidique, sidfonaphtalique , sulfométhylique , sulfovinique, sulfamylique , etc.

On a les mêmes réactions de part et d'autre :

Sulfamide SO* H>-h a H*N — 2 Aq SO*;

Sulfanilide SO*H»-HaC«H'N — 2Aq;

Sulfobenzide ... SO* H» 4- 2 €• H« — 2 Aq ;

Sulfonaphtalide. S0< H* 4- 2 €'• H* — 2 Aq ;

Sulfométhylide . SO^ H» -h 2 CH< O — 2 Aq ;

Sulféthylide ... S0« H»H- 2 C» H« — 2 Aq ;

Sulfamylide. . . . SO' H» -f- 2 C* H" — 2 Aq.

sulfamique SO* H* -i- H» N — Aq ;

sulfobenzidique. SO* H' H- C« H* — Aq ; Acides l j^ifj^^jniqyç ^ SO^ H' + C» H« — Aq ;

Etc....

Les acides sulfamique , sulfobenzidique , sulfovinique , etc. , oxamique , oxanilique , oxalovinique , etc. , carbamique, carbanilique , carbovi nique, etc., sont mo-

Acides

nobasiques, décomposables* par la distillation, susceptibles , sons certaines influences , d*absorber de Teau en régénérant les corps qui leur ont donné naissance , capables de se transformer, dans certaines circonstances , en sulfobenzide, sulfovinide, etc., oxamide, oxanilide, oxalovinide, etc«, carbaniide , carbanilide, carbovinide, etc., et doués de la propriété de former avec la baryte , la stron-* tiane , la chaux et le plomb, des sulfamates , sulfovinates , oxamates, oxalovinates , carbamates, carbovinates, etc., solubles. On ne peut pas supposer que Tacide sulfobenzidique soit un sulfate acide; pourquoi admet-on que F acide sulfovinique en est un ?

Tous ces corps paraissent avoir la même constitution.

Voici cependant comment il faudrait les formuler dans la théorie des radicaux :

sulfamiqae (SO»H- H* N«) 4- (SO' 4- H» 0);

salfaniUqae (S0>-+- C'»H"N>) -4.(S0^-+.H»0);

sulfonaphtalique €>• H" -+- S' 0* -<- H» ;

sulfonaphtalique nitré. (C"H«) S»0»H- (N»0>4- OC* H*) 4- H*0;

sulfonaphtal. chloré . . (€»• H» ) S* O* -h (Cl' + €'• H* ) -h H» O ;

sulfovinique ( SO» 4- Oe H") 4- (SO' 4- H>0).

Voici une autre preuve de l'analogie des éthers avec les amides, les benzides, les naphtalides, etc.

Dans la théorie de Téthyle, Tacide succino-vinique serait un succinatc acide, et correspondrait au succinate acide d'anunonium.

Dans la théorie desdiamérides, il correspondrait à l'acide succinamique.

Lorsqu'on fait perdre i atome d'eau au succinate acide > ausulfate acide, auphtalate acide, au camphora te acide, etc., d'ammonium, on obtient les acides monobasiques , succinamique , sulfamique, phtalamique, camphoramiquc, etc.;

donc y si l'acîde succiuo-\ inique correspond au surcinate acide d*ammoniujn , en perdant i atome d*eau, il devra donner un nouvel acide analogue a Tacide saccinaiiii<{ae.

Lorsqu^on fait perdre i atome d\*au aux acides succinamique, camphoramique, phtalamique, phtalanilique, etc., onobtientdescorps neutres qui sont la succinimide , la camphorimide, la pblalimide, le phtalanil , etc. ; donc, si Tacide succino-vinique est analogue à Facide succinamique , il devra donner un corps neutre en perdant i atome d'eau. Or, c*est précisément ce qui arrive \ donc Tacide succinoviniquc n'est pas un succinate acide, puisque Tacide succinamique n'en est pas un.

Cependant je ne me le dissimule pas, la théorie de Tétlijle , en adoptant les modifications que j'ai proposées , en considérant Talcool comme un oxyde biéthylique , en comparant Téthyle à l'hydrogène et en le représentant en combinaison par Et et libre par Et*, cette théorie, dis-je , nous donne de la composition des élhers une idée si simple , qu'elle mérite d'être prise en sérieuse considération.

En commençant ce chapitre, j'ai dit que , avant de chercher si les éthers renferment de l'éthyle, il fallait d'abord savoir si ce sont des sels-, dans le cas où ils devraient être rangés dans cette catégorie, il faudrait donc les considérer comme des sels non diabasiques. Mais n'y a-t-il pas contradiction dans ces termes; est-ce que la propriété caractéristique d'un sel n'est pas précisément d'être diabasîque :^ On voit que, pour résoudre la question soulevée par la théorie des éthers , il faut non-seulement savoir d'abord si ce sont des sels, mais remonter encore plus haut, et déterminer rigoureusement ce qu'on entend par ce mot sel.

Combien nous sommes loin d'être d'accord sur la valeur des termes sur lesquels roule toute la chimie !

*lln sel , dit-on oitlinairement , est le produit de l'union d*un acide a\ec un oxvde; et voici M. Baudrimont qui

(349) avance que le plomb est un sel. Une pareille opinion ne mérite pas une réfutation , dira-t-on. Remarquons d'abord que la définition précédente ne s'applique ni aux chlorures, ni aux sulfures, etc. La suivante serait plus générale : un sel est un type moléculaire qui renferme un métal ou de Thydrogëne , métal qui est susceptible d'élre remplacé , à Taide de la double décomposition immédiate, par un autre métal ou par de Thydrogène, hydrogène qui peut être remplacé par un métal quelconque. En conséquence , le sulfate de potasse , le chlorure d'hydrogène , le sulfure de potassium et le sulfure d'hydrogène sont des sels. Les sulfures d'antimoine^ de plomb et de fer, malgré leur aspect métallique, sont encore des sels; personne ne le conteste. Le phosphure d'antimoine et par conséquent aussi l'arséniure d'antimoine sont des sels. En quoi l'arséniure d'antimoine diilère-t-il des alliages d'antimoine? Les alliages sont donc des sels. Si maintenant nous remplaçons dans l'arséniure d'antimoine l'arsenic par un corps analogue , par de l'antimoine même, nous aurons de l'antimoniure d'antimoine; donc l'antimoine métallique est un sel, et lorsqu'on met l'arsenic en sa présence il se fait une double décomposition saline qui doit se représenter par

SbSb-h AsAs=:SbAs + SbAs.

Ne sommes-nous pas arrivés à la même conclusion avec les dyades; n'avons-nous pas vu que l'hydrogène est de l'hydmre d'hydrogène, le chlore du chlorure de chlore, etc. ?

Si les phosphures, les arséniures, les sulfures sont des sels, est-ce que les azotures n'en sont pas? Est-ce que l'azoture trimercurique n'est pas un sel ; n'en est-il pas de même de l'azoture bi et monomercurique, et, par conséquent, de leur correspondant l'azoture trihydrique ? Ainsi, comme nous l'avons déjà dit ailleurs , l'ammoniaque est un sel d'hydrogène , par conséquent un acide tribasique.

Qui osera trancher la queslion en diianl : ce qui esl à droite est un sel, ce qui est à gauche nen est pas ?

En résumé y si le nitrate d'éthyleest un sel , il faudra lui donner la formule des nitrates; si ce n est pas un sel, on devra le noter comme les diamérides. Ainsi , pour moi , la question que j'agite n^est pas théorique, mais d'expérience: les éthers sont-ils des sels? Leur notation, leur classification , leur nomenclature dépendent de la solution de cette question. Quant aux objections que j'ai faites sur la solubilité du sulfovinate de barium , elles tomberaient immédiatement s'il était démontré qu'il peut exister des sels non diabasiques; car il serait facile , dans ce cas, de prouver que le sulfovinate de barium doit être soluble, qu'il ne doit pas se décomposer en sulfate d'éthyle et en sulfate de barium; enfin que le sulfate de soude ne doit pas former directement un sel double avec du sulfate d'éthyle.

Rhyzonjles. — Parmi ces radicaux nous rangeons le cyanogène, le sulfocyanogène, le ferrocyanogène, le mellon, les radicaux de Davy, comme SO',SO^, etc.

Il existe une foule de types chimiques binaires , ternaires, quaternaires, etc. , qui peuvent échanger les métaux qu'ils renferment contre d'autres métaux ; ce sont les types salins. Lorsqu'on met deux types de ce genre en contact l'un avec l'autre, comme le chlorure de barium et le margarate de potassium , les deux métaux se remplacent réciproquement, et l'on obtient un chlorure de potassium et un margarate de barium. De ce fait, quelques chimistes tirent deux conséquences : la première, que le potassium est analogue au barium qu'il remplace; la seconde, que le margarogène ou C'^H*'0^ est analogue au chlore qu'il remplace. Cette dernière conséquence me parait aussi juste que la suivante :

Voilà deux polyèdres, l'un à quatre faces, l'autre à cent faces. On enlève à l'un et à l'autre une arête, on transjxirte

Tarète du premier à la place de Tarète du second , et réciproquement. Les deux arêtes échangées , remplissant les mêmes fonctions, on en conclut que les deux polyèdres, lorsqu ils sont Tun et Tautre privés d'une arête , sont ana** logues. Telle est, au fond, la théorie de Davy. Si tous les chimistes ne l'admettent pas , dans toutesles circonstances , presque tous l'appliquent aux cyanures , aux sulfocyanures, aux mellonures et à d'autres sels.

Quant à moi , j'avoue que je ne comprends pas cette distinction ; je ne vois pas en quoi les sulfocyanures différent des cyanates , les mellonures des cyamélurates; et ce que je conçois encore moins , c'est de voir établir une distinction entre les sulfocyanures et les cyanates , tandis qu'on n^ën établit pas entre les sulfocarbonates et les carbonates.

Tous les raisonnements qu'on a faits pour admettre de» radicaux de ce genre , sont aussi solides que les suivants :

Voici un groupe moléculaire PO* M*, c'est un phosphate; M* pouvant être remplacé par K', F', Mn', etc., on en conclut que les atomes y ont cette disposition PO* -}- M* , et que par conséquent PO* est un radical analogue à l'azote qui donne aussi des sels tribasiques N + M'.

Mais comme on peut remplacer O* par S*, Se*, on doit admettre l'existence du groupement suivant :

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