‹ Méthode de composition et de style; ou, Principes de l'art d'écrire en français suivi d'un choixChapitre 25 sur 73 · Ce mot est tantôt substantif, tantôt adjectif · texte numérisé non relu

Ce mot est tantôt substantif, tantôt adjectif

C'est à l'aide de la sensibilités secondée par Pima* gination et réglée par la prudence/ que Torateur obtient ces beaux résultats.

tBm Feaiplot dv pathétique.

Éclairé par la prudence, Torateur ne fera appel aux passions oratoires que dans les sujets où elles' sont convenablement placées.

n ne se jettera pas dans le pathétique brusquement et sans préparation ; maisll y amènera insensiblement les cœurs : car il risquerait d'être ridicule si, avant d'avoir échauffé son auditoire, il paraissait lui*méme tout en feu.

U n'insistera pas longtemps sur le pathétique : car les vives émotions fatiguent lorsqu'elles sont trop prolongées ; il saura s'arrêter à propos ; il évitera toute exagération ; il sera toujours simple et naturel.

Si les sentiments qu'il veut inspirer à ses auditeurs sont contraires à ceux dont ils sont présentement aniniés, il ne les heurtera pas de front ; mais il paraîtra ïabord entrer dans leur pensée, et les conduira insensiblement à son but. Ainsi, Ulysse, pour vaincre la résistance d'Âgamemnon, qui se refuse à laisser immoler sa fille Iphigénie, parait d'abord partager ses sentiments:

Je suis père, seigneur, et iaible comme un autre : Mon cœur se met sans peine à la place du vôtre; Et frémissant du coup qui vous fait soupirer, Loin de blâmer vos pleurs, je suis près de pleurer.

(Racimi.)

Dans d'autres cas Forateur indigné attaque vive-

l* Voir ce qui eoncenie U sensibilité et riinagination, chap. ir, %h,

KETH. PB COMP. tO

146 TKtCEfinS»

ment Iwmaxrmjses passions dont il vent triompher ; rtst ainsi que Barrtms, apprenant de Néron leprojtl qu'il a formé contre la vie de Brftannicns, fait éclafer aussitôt toute son indignation :

Non, quoi que vous disiez, cet horrible dessein

.Ne ÙA jamm^mp^mr^ ooqçu' éaoâ iMHre aeiiu

(Bacinx.)

Les discours de Lally-Tollendal, pour obtenir Ja lè» hahUttatiop de la mémoire de son ptee^ o&ent de beaux exemples de pathétique: csatoiie ; cai en taaxam aussi d'admiraMes modèles dans paresqod: toiis teàBOir mons âfti UJasôUon»

DIS DITEB8XB SOBTE0 DB DISCODBS. — DB L^^LOQTJBNCB JUDldJÉlSI* — DB £*ilÀ»QIIElfGB POUTIQBB^ — IW I^Éa9VMtim ËâiOMÉM* ^

Uni dtrenies sortes de OtMoue.

Les s^ets sur lesquekle taleat oratoire peuts'eieiv oer, quelque nombreux qu'ils soient, peuvent se. thr duire à un petit nombre de genres* Nous ne parkroius que des quatre genres les plus importants, qui soiit l'éloquence judiciaire, politique, religieuse et acadé^ mique.

L'éloquence judiciaire^ ou Téloquence du harreaUt embrasse toutes les affaires qui se traitent devant le$ tribunaux.

L'éloquence politique^ ou l'éloquence de la tribune, en genre délibératif, a ponr objet la discussion desiS' térêts publics et des projets de loi.

L'éloquence r$Hgi$us$f ou l'éloquence (k la chairef

cra réloqaen^e sacféey comprend les âivers discours qui sont prononcés dans les églises.

ËWoquenoe académiqne comprend les éloges^ les harangoes prononcés dans les cérèmoBîeB publiques, et les discours dans lesquels tm traite une qnestion de fittfirattire on de morale.

De l'éloquence Jadlelalre.

Dans toutes las câvses judiciaires le débat est contiadictoire : ce que l'un des orateurs affirme, l'autre le nie ; l'un accuse^ Tautre défend ; l'un demande» •l'autre refiise.

L'objet de l'éloquence judiciaire est le juste, c'està-dire que l'avocat doit prouver, s'il est possible^ que la justice est de son côté. En ce sens, oq appelle ^t^te 09 qui est conforme à la loi du pays.

U y a, dans toute affaire de ce genre, deux questions à discuter : celle de drait et celle de fait.

La question de droit a un caractère général, et exaloiiie les choses dans leurs rapports avec les lois. « Telle «i .telle servitude est-elle légale î — Telle ou telle action est-elle du nombre de celles que la loi punit ? »

La question de fait s'applique à la chose même qui a occasionné le procès, et examine si elle est ce qu'elle ^. « Ce domaine est-il ou n'est-il pas sujet à la servittide dont on parle ? — L'accusé a-t-il fait ou n'a-t-il pas fait l'action dont il s'agit ? — L'a-t-il faite avec discernement, avec intention, avec préméditation ? »

Quelquefois les deux adversaires sont d'accord siu* Ift question de droit et ne discutent que la question de '^t. Quand le fait est constant et admis des deux côtés, ne traitent que la question de droit.

îly a une infinité de causes dont le fait est pimple,

148 PRÉCSPTE8:

et le droit vulgairement connu : Téloquence ne s^en mêle pas et les livre à la logique.

On g^ut citer conmie des modèles dans le genre judiciaire les mémoires ^ de Pellisson en faveur de Fouquet, ceux de Beaumarchais, les discours de d^Aguesseau, et beaucoup de plaidoyers prononcés devant 1er tribunaux français par des avocats plus ou moins cé> lèbres.

Hé I*^o4«enc0 politique.

L'éloquence politique a pour but de faire prendre à un peuple, à ceux qui le représentent ou à ceux qui le gouvernent, une résolution quelconque, de déterminer la volonté publique pour le dessein qu'on lui propose, ou de la déto\imer de celui qu'elle a pris.

L'objet de l'éloquence politique est l'équitable, l'honorable et l'utile. On entend par équitable ce qui est conforme à la loi naturelle ; par honorable, ce qui peut contribuer à la gloire du pays ; par utile^ ce qui importe à ses intérêts.

. C'est donc au nom de l'équité, ou de la gloire nationale, ou de l'intérêt public, que doit parler l'orateur qui monte à la tribune.

L'éloquence politique a pour principal théâtre les grandes assemblées délibérantes, telles que sont, en Angleterre, la Chambre des communes et la Chambre des lords, et en France le Sénat et le Corps législatif.

On ne peut parler d'éloquence politique sans rappeler que Démosthène chez les Grecs, Cicéron chez les Romains, en ont laissé les plus beaux modèles.

La France aussi a eu dans ce genre d'illustres orateurs : Mirabeau, entre autres, sera toujours cité pour

1. Le mot mémoire iignifle ici une sorte de plaidoyer ôefit ou imprimé.

BtJ DISCOURS. . 149

sa véhémence, Royer-<]loIlard pour rélévation de sa pensée, Martignac pour le charme de sa parole.

De Péloqveaee sacrée.

L'orateur sacré n est pas un homme qui s adresse a d'autres hommes, c'est l'interprète de Dieu ; c'est au nom de la religion elle-même qu'il s'assied dans la chaire de vérité. Son éloquence ne doit donc avoir rien de profane. Il doit se nourrir de la substance des livres saints, et répandre dans ses discours les images et les sentiments qu'il aura puisés à cette source divine.

Ce qui doit surtout caractériser l'éloquence religieuse, c'est l'onction, c'est-à-dire cette chaleur et cette effusion de sentiment qui naissent de la charité et qui produisent la persuasion.

Les discours prononcés dans la chaire sacrée sont appelés sermons.

On appelle oraison funèbre l'éloge d'une personne élevée en dignité, prononcé dans Téglise peu de temps après sa mort. Depuis plus d'un demi-siècle, l'usage des oraisons funèbres a presque entièrement cessé.

Bossuet est le plus grand des orateurs sacrés ; ensuite viennent Bourdaloue et Massillon, également admirables, le premier par la force irrésistible de ses raisonnements, le second par son onction et par le charme de son style.

De l'éloiivenee aeadémiqne..

L'orateur, dans le genre académîqrie, a pour but de plaire à son auditoire ou à ses lecteurs, en parant des charmes de Téloquence une doctrine pure ou des sentiments vrais.

Soit donc qu'il fasse l'éloge d'un homme ceieî)re,

Boit qu'il traite une qoestion de littératuia ou da.philosophie, soit qu^ contribue par Tèlégance de sa i»r rôle à l'éclat de quelque solennité, la vérité doit toujours être rame de son discours.

On peut citer ccHome des modèles dans le gense acar démiqpie Téloge de ilarc Auièle par Thomas^ le dia-^ cours de Buffî)a sur le style^et le discours prononcé par Fontanes lorsque Tépée de Frédéric II, roi de Prusse^ fut déposée^ par ordre de l'empereur Napolécm I«, dans la chapelle des Invalides^ à Paris.

âîPlN»I€E

TtO TXBS FBASTÇJLBI lÊS <iÊS^È&Àl^ B« DU TlBt AKAXJRDBOr XH PAB- TIC13UBB. -^ BS'L^' nnR »t'»V X'%ilBieR. — <DB» -nBM ■ftSCIT- UBS BT T^IONINB. -* StB.L^JftX^XUB. — SBS DlFHZQOSQUIiS.

ihi T«ni fhrwi^Sftto en ji^néral et ta twm aleMmtabi

en partienller.

Oh appelfe Ter9 imef Bnite de motir arrangée selon <3ertaines règles qui ont pour but fe Tpbôsir de l'^jreffleî c'est ce qu'on nommeâussi quelquefois langage mesuré.

Les vers français sont syllàbiqîies, c^eflt-à-dire -gu'ils «ont composés d'uniioaibre déterminé de syllabes.

Douze syllabes îbrmeiït tin versateanmârm.

Le versalexandrin atDéoeesairexDântyaprèfiLsLflûième syllabe, un repos que le sens doit autmiaer. Le vers se trouve ainsi coupé en deuxf arties'ègades qu'on nomme Mfnistiche&.

.1, t. a 4 & ^ .1 t a 4 »> ft

Ni For ni la gruiâeiic — ne jmhib ronâent lieureai*... .

'^Dk FdimtifiLr)>

159 APPSNOICB.

Ifl t4 S f It S4SC

En Taio, tout fien d^Dal sang — que tous déshonores» 1 ts*it 1. 1 t «i<

Yons dormes à l'iibri — de cei nomi rérèrés.... 11 est un henreox choix — de mots harmonieux;

lit. 4 s • lit 4f«

Fayes des manvait sons — le concours odienx

(B01X.BÂU.)

IHi l^B mmH et «0 l'éllatoa.

L'e muet final * s'élide (c'est-àrdire ne compte pas) toutes les fois que le mot suivant, dans le même vers, commence par une voyelle* ou par une h muette.

Sans ces<« en écriyaiil -» Taiies ^ws <teefoip.

<B0IUBAV.) 11 S4lt il 84f«

Bépands sur mes écrits — ta foro9 et ta clarté.*..

lis 4St 111456

Furieiutf elle approeft« — avec un coutelas.

(VOLTAIBS.)

Une humble obscurité — t'assure un calfTie heureux.

Quand V$ final muet ne s'élide pas*, on le compte comme une syllabe :

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