Mous n'avons pas besoin de dire maire et en logique
Si l'on use d'un certain aert pour gagner ks QIEIlrade^ l'anditoire et les piépaarer à ce qu'on va dire, c^eBt^nifr exorde insinuant^ : tel est œltd de Deaèee défendant te roi Louis XYI devant la Convention.
Si l'on fait une introduction élégante et noble au sujet qu'on va traiter, c'est un exorde sdermtd^ : tel est celui de Bossuet dans. Toiaison fiinàbref da la ssine d'Angleterre.
Si l'orateur, animé de quelque itasâcui vipç^.se hfte de la taàre édater, et delà conunoniqner à ses audi«teurs, c'est un exorde v^^èount* : c'est ainsi que débute Biron, dans son dâec»u»àB0nri.IV,.pour l'engagera ne pas se retirer en Angleterre. Les Gircenstanceacrii un i^orde de ce gence serait (aonysna2)lement placé sont rares.
L'exorde doit être propre au sujet» (^ei^à-dire teUef» OMfnt lié au reste du dkcouzs, qu'x)n ne puisse Ifen détadier, ni le Mre servir à un autse; le ton doit > soi: éûiemodieste, leetylesoigiié^irétaidae poqpnsticnmèa à celle du discours.
On conçoit, par exemple, qu'un long exorde en tête d'une courte harangue serait.. «nssi ridicule qu'une grande porte qui servirait d'entrée à une maisonnette.
La proposition est une exposition simple, dair» ^at ^écîseidu sttjettfuerisn. naL.tcaitec
Nùuê cit^onfi celle du^secmûn de MassiUoniSur les exemples des grands .:
Les exemples des princes et des grands roulent sur cette altema-
'L- Oa farinfiniiêi$i0n. exorde pompmmi «e Ktaâ^vmaPmiiâtmé,
S. Mot pea utHë ; ea dit MMi 9:^fti''êm''ttbrvpf9y9vc^'bimtfm,
DU BISf^OtTltS. 1«S
tii»4iéfilibl« : item flanaitnt ie pecdre oq se sauver tout seols.
Ordinairement la pmposition est exprimée avec beaucoup de brièveté. Dans un plaidoyer, elle expose le point Btigieux; iians un sermon et dans un discours académique*, elle énonce la vérité qui doit être développée ; dans un discours politique, elle pose nettement la question qui sera débattue. Dans des cas assez rares, la proposition est étendue ,et développée : c'est lorsque Pûbjet de la discussion n*est point parfaitement dêtermiaé, et que Forateur veut et doit avant tput fixer convenablement Tétat de la question.
Oûelquefois, en exposant le sujet, on le partage, (fest-à-dire qu'on fait connaître d'avance les parties > dont se composera la confirmation : c'est ce qu'on, nonmie la division.
Nous citerons celle du discours de Hassillon sur ^humanité des graiids :
Bi ne sont grands que poor les matte» hemmest ei fii iie iottoent ^f6iiUU«nefn de leur frandevr ^a'aiHvit fvt^Ug la rendent i^tile aux autres hommes; c^est-à-dire, Thumanité envers les peuples est pour les grands le devoir le plus sacré : première partie; PhnmaiBaaibè envers les peuples «st fosage la plaa âélicienx de la gran- <te i ssQoode jpartia '•
Quelquefois aussi on sub£vise ces parties : ainsi Massillon, dans la preûifère partie de ce discours, après avoir démontré en général que ITiumanité est le pienûer devoir des grands, explique que ce devoir les oblige à trois choses, qui sont Taffiabilité, la protection ^ les largesses, .et traite auccessivement ce gui a rapport à chacun de ces trois points.
I^^Qif S»a 1» whm. 4e m» a^ets. défel^vAe dsM hk^^màèr^eA dftnt S- Gela ligniAi iiGett€r!rérili>ieia Uwumi» pMetiA.deto«QiiiAr»»tûNi.
IM PRÉCSPTES.
Le plus ordinairement, Torateur n^établit pas de di-. vision marquée : il se contente d'enchaîner ses raisonnements dans Tordre qu'il croit le plus capable de faire impression sur les esprits.
Les règles de la division* sont qu'elle soit entière, distincte, naturelle, et, s'il est possible, progressive.
Entière, c'est-à-dire que les membres qui la composent embrassent toute l'étendue du sujet. On. violerait cette règle, indiquée par le bon sens, si, par exemple, en faisant l'éloge de Charlemagne, on le divisait en deux parties, l'une relative à ses exploits militaires, l'autre à ses vertus privées. En effet, oublier de le considérer comme législateur et comme administrateur, ce serait omettre ses plus beaux titres de gloire.
Distincte, c'est-à-dire qu'un membre ne rentre point dans l'autre et ne le rende pas inutile en tout ou en partie; défaut dans lequel on tomberait, par exemple, si l'on annonçait que l'on considérera Charlemagne comme conquérant, comme roi et comme capitaine. La troisième partie rentrerait évidemment dans la première.
Natu/relle, c'est-à-dire qu'elle n'ait rien de forcé, et qu'elle naisse des nécessités du sujet. Ainsi ce serait diviser d'une manière naturelle Téloge de Charlemagne que de prouver qu^il a été grand, premièrement dans la guerre, secondement dans la paix.
Enfin, s'il est possible, progressive, c'est-à-dire que l'intérêt des développements des diverses parties aille en croissant. C'est ce qu'on peut remarquer dans le discours de MassiUon sur l'humanité des grands, la
1. La division n*est autre chose pourquoi elle a dans le discours QS0 que.le plan de la conflnûation ; Toili Téritable importance.
DU DISCOURS. m
saoonde partie est susceptible de développements plus intéressants et plus pathétiques que la première.
De 1* eoitUnnatloii et de la réfiitatloii.
La confirmation consiste dans Tensemble des raisonnements et des développements propres à prouver ce çue l'orateur a avancé dans l'exposition de son sujet.
La réfutation consiste à détruire les objections que l'on fait ou que l'on peut faire à Torateur.
Nous avons parlé avec détail de l'art de prouver et de réfuter, dans le chapitre consacré au raisonnement.
La confirmation et la réfutation réunies sont, comme nous Tavons dit, le discours presque entier.
Quelquefois on place l'une de ces deux parties après l'autre ; assez souvent on ne les sépare pas, et, à mesure qu'on fait valoir ses preuves, on combat les allégations et les raisonnements de ses adversaires.
Dans l'éloge d'un homme célèbre, la confirmation embrasse le récit des faits et prend quelquefois une forme narrative.
Le choix des preuves est important.
L'orateur n'admettra pasindifféremment toutes celles qoi s'offrent à lui : il rej ettera les mauvaises et même les
I douteuses. Quand on s'appuie sur des raisonshasardées, on fait croire qu'on n'en a pas de véritablement bonnes à alléguer, et tout ce qu'on dit devient suspect.
« Lorsque je choisis mes preuves, dit Cicéron, je ne les compte pas, je les pèse. » Dans une espèce de plaidoyer dont l'objet est de prouver que la comédie est supérieure à la tragédie, un auteur, entre autres raisous, donne celle-ci : « On ne dit pas, dans une ville: les tragédiens, mais, les comédiens sont arrivés ; on ne dit pas : allons à la tragédie ; mais^ allons à la comédie. »
110 PRÉC1EPTB8.
la mort a de terrible pour le méchant, tout ce qa*élla a de consolant pour le juste, termine ainsi :
Mes frères, les réflexions sont ici inutiles. Telle est la fia de cens qui ont vécu dans la crainte du Seigneur. Telle est la un déplorable de ceux qui l'ont oublié jusqu'à cette dernière heure. Si vous vivei dans le péché, vous mourrez dans les regrets inutiles du pécheur, €t votre mort sera une mort éternelle. Si vous vivez dans la jostice, vous mourrez dans la paix et dans la confiance du juste, et voira mort ne sera qu'un passage à la bienheureuse éternité.
La péroraison achèvera de toucher les coBwrs en les échauffant par le sentiment : l'orateur doit alors déployer toutes les ressources de l'éloquence pour émouvoir ceux qui Técoutent. Saint Vincent de Paul, après un admirable discours adressé à des femmes pie|uses, pour les engager à fonder un hôpital pour les enfants abandonnés qu'elles avaient fait recueillir dans les rues^ termine par cette péroraison touchante :
Or, sus^ mesdames, la compassion et la charité vous ont iail adopter ces petites créatures pour vos enfants. Vous avez été leun mères selon la grâce, depuis que leurs mères selon la nature les ont abandonnées. Voyez maintenant si vous voulez aussi les aban* donner pour toujoucs. Cessez à présent d'être leurs mères pour d^ venir leurs juges : leur vie et leur mort sont entre vos mains. Je m*en vais prendre les voix et les suffrages. Il est temps de prononcer leur arrêt et de savoir si vous ne voulez plus avoir de niiséricorde pour eux. Les voilà devant vous. Ils vivront, si vous continuez d'en prendre un soin charitable; et, je vous le déclare devant Dieu, ils seront tous morts demain, si vous les délaissez K
■ Le plus beau modèle de péroraison pathétique est celle de Toraison funèbre de Gondé, par Bossuet. Ce mot de péroraison ne s'applique guère au mor-
1. Vieille expression: 06 diicoun fut tel, qu'immédiatement aprèi
•a été prononcé en 1648. l'hôpital des Enfants-Trouvés à
S. I/effet produit par ce discours Paris fut fondé et doté richementi
œau gui termine le discours que lorsqu'il est animé et pathétique : lorsqu'il est tout à fait simple et que l'ébquence ne s'y fait pas sentir, il prend le nom plus ^odeste de concliision ou de récapitulation.
$ 11. BES MffimUl X» mS VASSIOVS OMAtùOLEM.
fm HŒUBS OBATOIBBS. — DBS mESSÉàUCEB OSATOIBES. — DIB FBISCAUTIONS ORATOIRES. — DES PASSIONS OILiTOlBES. — DB l'emploi du PATHIÉTIQUB.
De* nœnrs oratoires.
Nous avons dit que l'orateur doit plaire à ses auditeurs, s'il veut les persuader ; il lui importe donc de leur inspirer, par la manière dont on s'exprime, de ïestime et de la bienveillance pour son caractère.
En effet, le caractère d'un homme se révèle naturellement par son langage.
Par exemple, quand Théodose, après avoir pardonné à ses ennennis vaincus, s'écriait : « Que ne puis-je aussi ressusciter les morts I » il manifestait une magnanimité qui transporte tous les cœurs.
Quand Galigula disait dans un accès de rage : « Je voudrais que le peuple entier n'eût qu'une seule tête, pour tout abattre d'un seul coup !» il manifestait une barbarie qui fait frémir.
On comprend par là combien il est important que ïorateur, par la manière dont il s'exprime, fasse concevoir à ses auditeurs une opinion favorable de son caractère et de ses sentiments.
Lçs qualités dont Forateur dkit se montrer doué pour obtenir cet avantage, sont ce qu'on appelle en
tiiétarigue les ^ubutv orataires; ou appelle mosun rMfac, son camctère véntaMe.
Mais si les noUes senfixoents que l'orateur tail éd» ter ne sont pas aincèjces, si ms mœurs oratoû!» m sont pas la ûdèle expression de ses mœurs réelles, ja< mais il ne parviendra à se faire écouter favorablement des hommes de bien ; disons mieux, jamais il ne sera orateur : Gar>«c'«itaIeill&cMfqw ûaoilfélûqiueQde. »
Une réputation d*honnéte homme, quand elle esl méritée, produit totQours sm* les auditeors une impression fovorable, et les dispose à se laisser persuader.
Deux qualités aident merveilleusement Torateur i obtenir ce résultat si pr^ieta*:'«et'fcux qualités sont la mpdetfie et la prtuknce. Uiautaussi qu'il sache iasprer à ses auditeurs de Testime pour la sincérité de 4GS «v^nviotionâ et de la oonfiance dans ses lumières, ainsi que dans sonj&èle et som dévouement pour eux.
JX dûuneia^ au contraire, de lui-même une idée désavantageuse, et il déplaira, 5'il parait compter sur SOS propres talents^ s'il parle beaucoup de sa pr($re peirsonne, s'il prend xm ton d'autorité et de suffisance, ji'il.ne sait i^oint ménager ceux à qui il s'adresse, s'il traite durement et impoliment ses adversaires.
C'est surtout à l'orateur que s'adressent quelques-uns des préceptes, que nous venons de donner ; mais c' àttous les écrivains que l!on doit dire» avec Boileau:
Qt» votre âme' et vos rnsMint peinte» daot. yo& Qxm9ge^ NVifijcent jamais de ygos que de nobles images !
Racine nous offre un admirable exemple de menais oiaitoires dans le disoours que Burrhus adresse à Jiâron pour le détOQiziër duimaartre.dafintannicuA.
DT7 DISDOUBS* la
Barriras ne dit pas au jeune prince : < Fdi pourvoi;» raffectionla plus tendre et la plus* dé vouée; croyealoei,. oar je suis sincère, et généreux : c'est la vérité, la Tarta> le patriotisme qui vous padeat par ma boudtô. Mais toutes ces qualités sont dans son oœur ; ellefl èdatent dans son discours, et entraînent la volonté de celui qui Técoute.
La prudence est une des qualités les plus nécessaires irorateur ; elle lui apprend à observer soigneusement toutes les bienséances^^ et à avoir quelquefois recours à cet artifice innocent qu'on appelle précautions orortoires.
Observer les convenances oratoires, c'est avoir égard diûs ce qu'on dît à ce qu'exigent les diverses circonstances, les temps, les lieux, les personnes.
Ken n'est plus nécessaii^ dans la composition d'un discours, comme dans la conduite de la vie, que le sentiment des convenances.
Le même ton ne convient pas à un vieillard et à un jeune homme , à un personnage illustre et à un citoyen obscur ; on ne parié pas à un conseil peu nom- Iwcix comme à la foule ; sur les- graaids intérêts de I ûtat, comme sur les affaires (Ttme importance mé^ diocre ; dans les églises comme detvant les tribunaux ; dans des temps d'effervescence comme dans un temps <î^e ; à Paris comme à Londie».
Des prêeaatl«ii0 oratoire».
Ou appelle précautiom oraurim certaillus ménage** flients que l'orateur doit prendre pour ne point blesser
rw^^ ^convenances. Nous avons déjà parlé de la conrenanoe du style
^h iT, 8 s.
144 PEÉCEPTES.
ceux à qui il s'adresse, ou pour les préparer à ce qu'il va leur dire. •
Un messager vient annoncer à Phèdre, dans la tragédie de ce nom, la mort de son mari : avant de luifaire connaître le fatal événement, il l'y prépare en peu de mots :
Je voudrais vo%ts cacher une triste nouvelle^ Madame ; mais il faut que je vous la révèli : La mort tous a ravi votre invincible époux.
(Racinb.)
L'euphémisme, dont nous avons parlé, a quelque analogie avec les précautions oratoires.
^ Des passioiui oratoires*
Le triomphe de l'orateur ne sera complet que s'il sait maîtriser les cœurs de ceux qui Técoutent, et leur inspirer les sentiments dont il est lui-même inspiré. C'est là sa plus difficile et sa plus belle tâche.
Il excitera l'admiration en faveur du héros dont il fait l'éloge ; l'intérêt et même l'enthousiasme en faveur de la cause politique, ou judiciaire, ou morale qu'il soutient ; l'indignation, le mépris, l'horreur contre celle qu'il combat ; il fera naître en faveur de ses clients la bienveillance ou la pitié.
Ces sentiments, qui de l'âme de l'orateur passent dans celle de ses auditeurs, se nomment passions orùr toires ; leur emploi s'appelle pathétique.
On dit d'un passage oratoire qu'il est pathétique^, lorsqu'il émeut vivement les cœurs, surtout lorqull provoque l'attendrissement, et que cet attendrissement va jusqu'aux larmes.