‹ Méthode de composition et de style; ou, Principes de l'art d'écrire en français suivi d'un choixChapitre 28 sur 73 · SI4S · texte numérisé non relu

SI4S

C'est mon seul bien : — ah! ne m'en privez pas 1

(GCILLAU).)

Ha Yen de ]i«It syllalMfl 6t Mip4<

Les vers de huit S7lla])es et au-dessous^ne sont pcônt partagés en hémistidies :

Vers de huit syllabes.

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Quels traits me présentent vos fiistei^

ltt4I < 7 8

Impitoyables conquérants?

Des VŒUX outrés, des projets vasteSf

Des rois yaincus par des tyrans.

(J. B. Roussiitr.)

Vers de sept syllabes.

Venez, troupe meurtrière ;

La nuit, qui, dans sa carrière^

Fuit à pas précipités,

Va bientôt laisser éclore

De votre dernière aurore

Les foudroyantes clartés.

(7. B. B0VSSIAB>>

Vers de six syllabes.

A soi-même odieux.

Le sot de tout s'irrite;

En tous lieux il s'évite,

Et se trouve^ en tous lieux.

Vers de cinq syllabes.

Dans ces prés fleuris

1 9 8 Jb 5

Qu'arrose la Seine,

Cherchez qui vous mène,

Mes chères brebis.

(M"« DsSHOUUâBBi.

Ce n'est que très-rarement qu'on trouve dans les poètes des vers au-dessous de cinq syllabes :

Même il m'est arrivé quelquefois de manger

Le berger.

(La Fontaimi.)

L'on voit des commis Mis

Gomme des princes^

Et qui sont venus Nus ,

De leurs provinces. .

(Panabd.,

Cest promettre beaucoup; mais qu'en sort-il sonrent?

pu vent.

(La Fontaimi.)

1. Se trouve ZtitHiilMe, ne peut pas venir à bont de se quitter.

Dm Tem atèléa» des BCaiiees et des eteoplies.

On dît qu'une pièce de poésie est en vers miles, quand les vers de différentes mesures s'y succèdent sans autre règle que le caprice de l'auteur; telles sont les fables de La Fontaine.

Quand Tarrangement des rimes et des vers de différentes mesures revient régulièrement de la même manière, on dit que ces vers forment des stances ou strophes.

Voici le modèle des divers genres de stances ou strophes dont les poètes français ont faitleiplusd'usage:

L*homme ea sa propre force a mis sa confianoe Ivre de sa grandeur et de son opulence, L*éclat de sa fortune enfle sa vanité.

Mais, ô moment terrible! 6 jour épouvantable, Où la mort saisira ce fortuné coupable. Tout chargé des liens de son iniquité!

(T. B, Rovsseàu.)

Peuples, dont la douleur aux larmes obstinée De ce prince chéri déplore le trépas, Approchez, et voyez quelle est la destinée Des grandeurs d'ici-bas.

Gomme un terrent fougueux qui, du haut des montagnes Précipitant ses eaux, roule dans les campagnj^s Arbres, rochers, troupeaux, par son cours emportés; Ainsi de Godefroi les légions guerrières

Forcèrent les barrières Que rAsia.o|y^osait à leurs bras indomptés.

Que ne puis-je franchir cette noble barrière Mais, peu propre aux efforts d* une longue carrière,'

Je vai&jusqu'oùjepuis; Et, semblable à Tabeille en nos jardins éclose.

De différentes fleurs j'assemble et je compose Le miel que je prodais.

(J. B. RouftiAu.)

Je trouvais le bonheur dans cette vie obscure,

Et, du monde oubliés, Tous mes jours s'écoulaient, comme cette onde pure

Qui s*enfuit à mes pieds.

Près de se voir réduire en poudre, Ds défendent leurs bords enflammés et sanglants. Voyez-les défier et la vague et la foudre

Sous des mâts rompus et brûlants.

(LSBEDH.)

n combla du chaos les abîmes funèbres,

Il affermit la terre, il chassa les ténèbres.

I^ eaux couvraient au loin les rochers et les moats :

Mais, au son de sa voix, les ondes se troublèrent

Et soudain s'écoulèrent

Dans leurs gouffres profonds.

(PoMnaNni.)

I46 bornes quMl leur a prescrites

Sauront toujours les resserrer; Son doigt a tracé les limites Où leur fureur doit expirer. La mer, dans l'excès de sa rage« Se roule en vain sur le rivage, Qu'elle épouvante de son bruit.

Un grain de sable la divise; L'onde approche, le flot se brise, Reconnaît son mailre, et s'eniuit.

Rois, fuyez la calomnie ; Ses criminels attentats ^ plus paisibles États Troublent i'heureuse harmonie.

(BàCXICB.)

Ta plains mes jours troublés par tant d* Mes jours Affreux d'ombres environnés *•

Va, le malheur m*a mis au rang des sages, Et la raison suit les infortonés.

(Ck)LâiiDSÀar.)

Murmure autour de ma nacelle, Douce mer, dont les flots chéris.

Ainsi qu^une amante Ûdèle, Jettent une plainte éternelle Sur ces poétiques débris.

(Lahaetinb.)

Où sont ces fila de la Terre, Dont les fiéres légions Devaient allumer la guerre Au sein de nos régions?

La nuit les vit rassemblées.

Le jour les voit écoulées.

Comme ces faibles ruisseaux Qui, gonflés par quelque orage, Viennent inonder la plage Qui doit engloutir leurs eaux.

(J. B. EOUSIBAV.)

De renJaULbeflient.

On dit qu'il y a enjambement lorsque le sens commencé dans un vers s'arrête brusquement sur les premières syllabes du vers suivant.

L' enjambement n'est permis que dans quelques cas très-rares, où il produit une beauté, comme dans l'exemple suivant :

Soudain un mont liquide, élevé dans les airs. Retombe : un noir limon bouillonne au fond des mers.

(Dbulle.)

L*enjambement est permis lorsqu'il est habilement dissimulé, comme dans ces vers de Racine :

Je répondrai, madame, avec la liberté tfun soldat, qui sait mal farder la vérité.

Deslleenees poéti^nefl.

On appelle licences poétiques quelques dérogations aux règles ordinaires de la langue, dérogations interdites dans la prose et autorisées dans les vers. Ces licences poétiques sont très-peu nombreuses.

On peut en vers supprimer Ve final de encore; on peut, dans des cas très-rares (et même cela ne se fait plus), supprimer Vs final :

Quitte ces bois et redevien,

Au lieu de loup, homme de bieu.

(La Fontaine.)

On peut écrire youblîrai, il pair a, afin que ces mots puissent entrer dans les vers. On emploie quelques mots inusités en prose, comme penser pour pensée.

L*Anglais mélancolique à son ciel chargé d'ombres Doit des gazons plus frais et des penstrs plus sombres.

(Deullk.)

La seule licence poétique importante consiste dans finversion.

Les inversions* sont permises dans les vers français ; mais, pour qu'elles ne produisent pas Tobscurité, Tusage n'autorise que le déplacement des portions de phrases régies par des prépositions ; toute autre invei^ sien est interdite, à moins qu'elle ne soit aussi admise dans la prose : ^

Que les temps sont changés ! Sitôt que de ce jour

La trompette sacrée annonçait le retour^

Du temple, orné partout de festons magnifiques,

Le peuple saint en foule inondait les portiques;

Et tous, devant Vautel avec ordre introduits,

De leurs champs dans leurs mains portant les nouveaux fruits^

M Dieu de Tunivers consacraient ces prémices.

(Bacinb.)

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