‹ Méthode de composition et de style; ou, Principes de l'art d'écrire en français suivi d'un choixChapitre 34 sur 73 · DES DIVERS GENRES DE LITTÉRATURE · texte numérisé non relu

DES DIVERS GENRES DE LITTÉRATURE

Nous avons déjà reconnu quatre genres d'éloquence^, déterminés parla nature du sujet que l'on traite : Téloqiience de la tribune, du barreau, de la chaire et Téloquence académique.

Vhistoire est le récit fidèle des événements ; rhistoire de la vie d'un homme s'appelle biographie^.

Vhistoire est universelle, si elle embrasse, soit dans toute la durée des temps, soit dans une période limitée, Tensemble des faits dont la terre a été le théâtre ; géné^ rak, si elle comprend la vie continue et complète d'un peuple'; particulière, si elle s'attache à un seul côté des faits, ou à une période limitée de l'existence d'une ïïb!&oji^ iphilosophiqusy si elle cherche la raison humaine oa providentielle de l'enchaînement des événements*.

Les mémoires^ sont moins des histoires que des matériaux historiques ; c'est le récit des faits auquels l'auteur s'est trouvé mêlé comme acteur ou comme témoin.

Les ouvrages philosophiques forment une des principales branches de la littérature chez tous les peuples.

La philosophie proprement dite'', la poUtique®, la morale*, en senties principales branches; les science» iiaturelles, traitées avec élévation et avec chaleur, forment aussi une branche de la littérature*®.

Ajoutons, pour ne rien omettre, aux ouvrages en prose, le genre épistolaire^^^ et le roman^ tableau de

l.Voir, chap. VIL § 3,p. 131. 6. Mémoiret du cardinal de Retz.

2. Vie de Henri IK, par Péréflie; 7. Malebranche, Recherche de la

autoire de TA^odo»*, par Fléchier ; vérité; Descartes, Discourt sur la

y^ des hommes célèbres de la Grèce méthode; Fénelon, Traité de Vesit'

J de jRome, écrites en grec par Plu- tencede Dieu, ^ue et traduites en français par 8. Montesquieu, Esprit des lois. ™card. 9. Caractères de La Bruyère;

B. Histoire des révolutions ro- Essais de morale, par Nicole. **M»e«, par Vertot. 10. Buffon, Histoire naturelle;

4. Siècle de Louis XlVt par Vol- Bernardin de Saint-Pierre, Etudes

•*^'®- de la nature,

^ Discours de Bossuat sur Vhit' 11. Lettres de Mme de Sévigné ^reuniverselle.

mœurs mêlé au récit d'une action feinte, ou même de quelques faits historiques.

S 11. DE LA FOEf IB ES CtEMBMAM^ STVBUL POESIB VAmmATlVE BV PAKT1CUI.IEB..

DB LA FOf SIE EN OÉN^BAL. — DB L^rOPEB OU POÊUB ÉPIQUB. -^ DU FOÊME HÉBOÎ-COHIQnE. — DE I^WTLLK OU POBSOB PABTOBiXB. — DB LA FABLB. — DU OOKTB.

De la poésie en g^énéral .

Les ouvrages en vers se divisent en trois grandes classes : le récit, le drame et la poésie de sentiment ou de précepte.

A la poésie narrative appartiennent l'épopée et le poème héroï-comique, auquels on peut joindre la fable, l'idylle et le conte ; au drame appartiennent la tragédie et la comédie, auxquelles on peut joindre le drame lyrique et le drame proprement dit; à la troisième classe appartiennent l'ode, l'élégie, la satire, l'épitre, le poëme didactique et les poésies légères.

De l'épopée on poëme éplqne*.

L'épopée est le récit poétique d'une action mémorable.

L'action doit être une, grande, intéressante; les caractères doivent être vraisemblables et toujours fidèles à eux-mêmes; tous doivent se faire valoir mutuellement, et le caractère principal doit dominer tous les autres.

On regarde le merveilleux comme nécessaire au

1. Chez les Grecs. Ylîiade e% VO- moftis ; en anglais, le Paradv

dujsée d'Homère; chez les Latins, perdu^ de Milton ; en allemand, »

l'Enéide de Virgile; en italien, la Jlfe»*»a(ie, deKlop8tock;enfranç»»»

Jérusalem délivréCt du Tasse; en la ife»r«a(2e, de voltaire, portugais, les LusiculeSf de Ca-

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poème épique : rintervention des agents surnaturels, les communications continuelles du ciel et de la terre donnent en effet à Tépopée un caractère de grandeur et d'inspiration*

Le style de l'épopée doit répondre à la grandeur du sujet; la majesté, la chaleur, la hardiesse, Télégance continue en sont les qualités principales.

Les actions particulières, habilement rattachées à iraction principale, se nomment épisodes.

L'épopée n'admet rien qui soit médiocre : partout Idoivent se trouver la vérité et la chaleur dans les sentiments, la vivacité dans les récits, la magnificence dans les descriptions, la vigueur du coloris dans les taBleaux, Féloquence dans les discours.

Du poëme béroy-eomlqne**

Le poème héroi-comîqvs est comme une parodie de fèpopée : on y célèbre d'un ton épique des faits sans iinportance et des personnages vulgaires. Ces t un badinage ingénieux qui provoque le rire par des contrastes pçuants et par des rapprochements inattendus.

De l'idylle on poésie pastorale'.

h'idylle ou églogue, autrement appelée poésie pastorale ou bucolique, est un petit poème ordinairement en action, quelquefois en dialogue, dont les personnages sont des bergers. Elle offre une peinture embellie des totudes champêtres, destinée à inspirer l'amour de 1^ nature et des champs.

De la faille^*

^ fable ou apologue est un récit allégorique qui con-

!• Boileau, le LMfrtn. 3. La Fontaine, incomparabl©-

1 J;%Ke« de Gessner, trad.de l'ai- ment supérieur & tons lei autres

^v? -^^ prose ; Galatie et Estelle fabulistes. "* 'lorian, en nrose mêlée de vers.

X» APPSHBICS.

tient une vérité facile à saisir sons le voile qm la ooayre.

Les personnages de ce petit poème sont presque toajonrs des animaux ou même des plantes, que I'gd suppose doués de la pensée et de la parole*

Dm comtes

Le œnte est im récit très-court, dont le ton est ordinairement simple et le sujet léger.

S lU. BS liA VOBSUS DBAMATiginB.

DU DBÂMB BBT GÉMESIX. — DB LA TRAGÉDIE. — DB laÂ. OQMâHli

— DES DEAHBS DE SBOOND OBDSB.

Dm drame en gêmêmli

Le drame est la reproduction directe d'une action feinte ou réelle, à Taide de personnages agissant et parlant selon la vérité ou la vraisemblance. Cette action est-elle grande, héroïque, terrible, touchante, le drame prend le nom de tragédie ; est-elle gaie, plaisante, il s'appelle comédie.

De la trsLgèAie\

La première loi de la tragédie, c'est le pathétique*, qui naît d'un intérêt vif et soutenu, auquel se mêlent des sentiments parmi lesquels la terreur et la pitié dominent : cet intérêt résulte de la vie de Thomme aux prises avec l'adversité ou avec les passions.

Comme cet intérêt ne saurait exister sans illusion, ni l'illusion sans la vraisemblance, il est nécessaire qu«

1. Andrieu, le Meunier de Sans- S. Corneille, Racine, Voltaiw. Souei^ la Promenade de Finelon. 3* Voir p. 144 et suiv.

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