STYLE, DÉVELOPPEMENTS. SU
entière. On s'attribue une autorité de puissance et de force; on se couronne de ses propres mains ; et, lors môme qu'on rend à Dieu de solennelles actions de grâces, et qri'on pend anx voûtes sacrées de ses temples les drapeaux déchirés et sanglants qu'on a pris sur les ennemis, qu'il est dangereux que la vanité n'étouffe une partie de la reconnaissance, et qu'on ne retienne au moins quelques grains de cet encens p'oQ va brûler sur les autels ! (FLÉcfiiER.)
Prcyposition simple : « Le remords est une preuve de l'immortalité de notre âme. *»
Chaque homme a dans son propre cœur un tribunal où il commence par se juger soi-même, en attendant que l'arbitre souverain confirme la sentence. Si le vice n'est qu'une conséquence physique de notre organisation, d'où vient cette frayeur qui trouble les jours d'une prospérité coupable? Pourquoi le remords est-il si terrible, qu'on préfère souvent se soumettre à la pauvreté et à toute la rigueur de la vertu, plutôt que d'acquérir des biens illégitimes? Pourquoi y a-t-il une voix dans le sang, une parole dans la pierre? Le tigre déchire sa proie, et dort ; l'homme devient homicide, et veille. Il cherche les lieux déserts, et cependant la solitude Teffiraye; il se traîne autour des tombeaux, et cependant il a peur des tombeaux. Son regard est inquiet et mobile; il^ n'ose fixer le mur de la salle du festin, dans la crainte d'y voir des caractères funestes. Tous ses sens semblent devenir meilleurs pour le tourmenter : il voit au milieu de la nuit des lueurs menaçantes ; il est toujours environné de l'odeur du carnage; il découvre le goût du poison jusque dans les mets qu'il a lui-même apprêtés; son oreille, d'une étrange ^)tilité, trouve le bruit où tout le monde trouve le silence; et, en embrassant son ami, il croit sentir sous ses vêtements. ^ poignard caché. (Grateaubrumd.)
StIB BIYSB8 GABACràSEB DU 8TTLE. — STTUB SUBUlQt.
BBAUTl^ DU STTLB,
IN» dNr«vB mmKmtéèwem «ht *tyl«»
(Voir page 76.)
Parmi les morceaux cités dans cette seconde partie de la Méthode^ ^voyw, comme modèle de slyk simple^ le récit de la BakUUê 4$ Ao- Cfoy par Voltaire^ la Narration de Lysimaque par Montesquiea; d» •tyle sévère, le Tableau de Jirutalem par Chateaubriand; de style iMbdin et eayoaé^ la LeUre ée Mmâ de Sévigné; de stjle piquant, la Lsçon donnée à la vanité; de style léger, le Jfeunier de Sana^Souci; da style fleuri, VEpitode (TAbdolonyme, par Delille ; de style gracieux, le Fttrtrmt de téewwâl, par Buffon ; de style brillant, le J9mM PiiHtn pnr Delille, le Pœtrair de VaUeau-momchB par Boffim ; àe ttjk ÊMOûA et pittapea^ne, le Portrait du çKê^al par Bsfioa^ le TsUms 4m eombatt mp mer par Thomas.
Style sufttbDe.
(Voir page 78.)
Xb 1794> dans «ne bataille nayale entre lee Alog&û et les Fnftfais, non loin de Saest, Iféqoipaga d*vn dae TfliswetnT firsaçui, aommé le Vengeur, sa Tojant réduit à TeaLtiémité, aimn mieux périr qiie de se rendre, et fît sombrer le 'iraiasean.
Toi que je dMni9 et que fdAwêi, OirigsB, 6 Liberté, moB ▼tissean^ daas son cown : lloiQS de vents orageux toormentent le Bos^fiioce,
Que la mer terrible où je cours.
VtthiqaeiirffÉoie'et des PlèîàAes^, Je lens â*iia souffle beuBeur mon- Dêiûse empoEift i
1. Dans cette strophe et daoa W S. LaapodtM dennont an teitilur
snlTante, le mot vaieseau est pris au leuz des yents le nom 9Eoltf flt
sens figuré : le poète se considère attribuent à la constellation ^
comme un navigateur et compare Pléiades une influence qui iovlere
au tempêtes les difficultés quTun l^s yagues : ce yers signifie «<>«*'
auteur est obligé de surmonter queur de» vmte et dee floti t<wM-
pour réussir. vie.
aomjic; DÉYSLOPFxmziEis»
n échappe aux écueils des trompeuses CSyelides'; U vogue à riounortaltté»
Mais des flots fût-il la ^time, Ainsi que le Vengeur il est beau de périr ; n est beau, quand le sort nous i^onge dans 1*M!Aeii0|
De paraître le conquérir.
Trahi par le sort infidèle, Tel qu'un lion pressé de nombreux léopards % Seal, au milieu de tous» sa colère étioceile ;
U les combat de toutes parts.
I^'^inùs loi déclare la guerre ; Le fer, Tonde, la fiamne entoureat ses hères; Sans doute ils triomphaient I... Mais leur dernier toimerr»
Vient de s'éteindre sons les flots !«^
GaptiJQsI... la vie est un outrage.
Ils préilrent le gouffre à ce bienfait honteux. L'Anglais «& ft^issanl admire leur ootoage^
Aibieo^ pAlil dBTaal aux*
Plus fiers, d'une mort infaillible, Sans peur, sans désespoir, calmes dians leurs combats^ De ces braves Français Pâme n'est plus sensible
Qft% l'ivresse d*tta beaa trèpae.
Prèff de ee ¥Qir réduise eo poodi»,.
Hsdé&ndent lear»bord& embrasés et sanglante f Voyez-les déûer et la vague et la foudre».
Sous des mâts rompus et brûlants !
Vbyer eer drapea» tricolore Qii'éidv& eo' périssant teur coorafs teâempté ; Soes le flot qui les couvre enteudexf-vous encore
Gû cri : « Tiva la liberté ! »
ÏJklMGjaltdM^aoïUdMttMgron- pac méiBafai»^ po» des limitZ»
vi* l'ArchipeL 11 7 a ioi oae qoelt «yi'ik toieiOi
JIM* SgMe 1 échapper aum écueils 9. Allusion aox léopardi reprësea-
w^e métaphore qui lignifie tésiurlesannoirietaerAngteteire.
JJ5"'»<rfsW lu oitSmelu;. et let S. Nom qua ron donna qaalqne
"*w« «M Gifeladê» tuai employée fois 4 1» Chraade-Bretagiie.
SM EXEMPLES ET ÉCLAUtCISSEMENTS,
Ce cri.... c^est en Tain qa*il expire, Étouffô par la mort et par les flots jaloax; Sans cesse il revivra répété par ma lyre :
Siècles, il planera sur voos.
Et yoxu, héros de Salamine% Dont Tétys^ vante encore les exploits glorieux, Mon, vous n*égalei pas cette auguste ruine,
Ce naufirage victorieux.
(Lebrun.)
ao&d-ieeo.)
Cbarlet-Gnitaye, roi de Saède, attaque la Pologne; il est vainqueur i YanoTie et maître du royaume; il est obligé de quitter la Pologne. " Sa mort.
Un nouveau conquérant s'élève en Suède : on y voit on autre Gustave ' non moins fier ni moins hardi ou moins belliqueux que celui dont le nom fait encore trembler l'Allemagne. Charles-Gustave parut à la Pologne, surprise et trahie, comme un lion qui tient sa proie danfi ses ongles, tout prêt à la mettre en pièces.
Qu'est devenue cette redoutable cavalerie qu'on voit fon* dre sur l'ennemi avec la vitesse d'un aigle? Où sont ces âmes guerrières, ces marteaux d'armes * tant vantés et ces arcs qu'on ne vit jamais tendus en vain? Ni les chevaux ne sont vites, ni les hommes ne sont adroits que pour fuir devant le vainqueur. En môme temps, la Pologne se voit ravagée par le rebelle Cosaque, par le Moscovite infidèle, et plus encore par le Tartare, qu'elle appelle à son secours dans son désespoir. Tout nage dans le sang, et l'on ne tombe que sur des corps morts ; la reine n'a plus de retraite, elle a quitté le royaume. Après de courageux, mais de vains efforts, le roi * est contraint de la suivre. Réfugiés dans la
1. Salamine, petite lie prêt de la- d'une sœur de 6uita7e-Adoli»he;
quelle la flotte des Grecs vainquit roi du Suède après Tabdioation de
la flotte des Perses, beaucoup plus sa oousine Christine,
nombreuse, 480 ans ayant J. C. 4. Arme offensire en forme de
S. Nom poétique de la mer. marteau.
. Charles-Gustaye ou Charles X, 5. Jean-Casimir, qui abdiqua de-
de la maison de Deux-Ponts, fils puis, et te retira en France.
STTLB, DÂVELOPPSMBNTS. Sfl5
Silésie, où ils manquent des choses les plut nécessaires, il ne leur reste qu'à considérer de quel côté allait tomber ce grand arbre ébranlé par tant de mains et frappé par tant de coups à sa racine, ou qui enlèverait les rameaux épars. Dieu en avait disposé autrement. La Pologne était nécessaire à son ÉgUse et Ixd devait un vengeur *. Il la regarde en pitié . Sa main puissante ramène en arrière le Suédois indompté, tout frémissant qu'il était. Il se venge sur le Danois *, dont la soudaine invasion Tavait rappelé, et déjà il Ta réduit à Textrémité. Mais l'Espagne et la Hollande se remuent contre on conquérant qui menaçait tout le^ord de la servitude. Pendant qu'il rassemble de nouvelles forces et médite de nouveaux carnages, Dieu tonne du plus haut des cieux ; le redouté capitaine tombe au plus beau temps de sa vie, et la Pologne est délivrée. (Bossuet.)
ttMJULOwm n^uowukcm bt i»b cvnaiACS.
Let Bomains et les Albains étaient en gaerre. Pour orrSter l'effaéaai du sang, il fat oonvenu que le' sort dei deux peuples serait décidé par un combat de trois contre trois, et que la ville dont les gœrriers auraient Tavantage commanderait à Tantre.
Bome choisit trois firères, nommés Horace ; Albe, de son côté, tholsit trois frères, nommés Curiace.
Les Horace et les Curiace étaient unis par Tamitié et par le sang. Un des Horace a-vait épousé la sœur des Curiace ; un des Curiace itait fiancé à la sœur des Horace*
Bans le dialogue solvant entre les deux beaux-frères édate le nfime dévouement pour la patrie ; mais chez Vun il atteint à Thé- Nbme, chez l'autre il le dépasse.
HOBACB.
Combattre on ennemi pour le salut de tous,
Et contre un inconnu s^exposer seul aux coups»
])*ane simple vertu c'est l'effet ordinaire;
Mille déjà Tont fiait, mille pourraient le faire ;
Moarir pour son pays est un si digne sort, F Qu'on briguerait en foule une ai belle mort. [ Mais vouloir aa public immoler ce qu'on aime,
Ijl. AUnsion à Jean Sobieski, qui, et l'Empire, attaqués parles Turcs. iMlqnesaiméesaprès^UTa Vienne 9. Frédéric III, roi de Danemark^
IDÉTH. !>■ COMP. 16
4S6 XXEBVCn STËCLAtBGISBStfENTS.
fPatfritrr an combat contre un sntre BûnnAne,
Attaquer un parti qui prend pour défeaseur
Le frère d'une femme et Tamant d*uoe sœur.
Et, rompant tous ces nœuds, s^armer pour la patrie
Contre un sang qu''on tondrait racheter de sa vie :
Ihie telle Tertn n'appartenait qn^ànouB.
L'édat de son grand nom luifait pea4ejalo«x't
Et peu d^hommes au cœur Tont assez inffrin>ée%
l^ôur oser aspirer à tanX de renommée.
11 est vrai que nosiMms ne sauraient plus périr; L'occasion est belle, il nous la faut chérir ; fleos serons les miroirs ^ d*one vertu bien rare, liais voue fimrmetè tient un peu du barbare^.. Pour moi,. je Pose dire, et vous Tavez pu wÀx, le n'ai point consulté* pour suivre mon devoir^ Notre longue amitié, Tamour, ni Falliance, N'ont pu mettre un moment mon esprit en balançât Et puisque, par ce choix, ATbe montre en e'ffet Qu'elle m'estime autant que Bcsne 'vans a fail% Je crois faire pour elle auUat que jrûiis .pour fiBixie:s J'jû le cœur aussi bon^^ «mai^^ofin ie.«uifebQiBane::ï Je vois que votre honneur demaBde.tûuLfiioniflaag;, Qae tout le mien' consiste à veus penBor ks flanc; Près d'épouser la sœur, qu'il faut tuer >le ifiière, - Et gue ,pour mon paifa j'ai le sort si cflAtraiiB* : Encorgu'À^ mon devoir.jeœuvewiisitfinett:, Mon cœur s'en effarouche, et j-ea .frémis -d'îioixeiff^ rai pitié de moi-même et Jette un leail d^enarie^i» 3ttr ceux -dont notre ^guerre a consumé la- vie**.. Sans souhait toutefois de pouvqirfeeiller. Ce triste et fier honneur m'émeut sans m'ébranler : J'aime ce qu'il me donne^ et ^6 «plains ce qu'il m'ôte; Et, si Rome demande une vertu plus haute, Je rends grâces ans dieox de n^re ^s^ltonfata. Pour conserver eooer cpaeiqae t^ese d'humain. '
1. Est cause que peu de personneB *t. Que tout. mou. bonnem; ' la désirent. B. JBt qu'en serrant monp^jr*)*
3.£nsontassezfortdiittatp6nétrés. '«visinel'Méme'ai wàBaKftteux.