EXERCICE N° X
Programme
(planche 10)
Ecoinçon de i mètre de largeur sur im ,40 de hauteur, en carreaux de faïence formant la moitié d’un arc en plein cintre . Cet ecoinçon sera orne de rinceaux croisés , avec une petite bordure de l’ensemble , le tout pouvant comporter quatre couleurs y compris le fond . Les carreaux auront om,2o de côté .
Valences.
Il s’agit ici de peinture en émaux colorés, comme chacun les connaît, et sur lesquels il y aurait beaucoup à dire dans un traité spécial de cet art. Ce qui nous intéresse ici est l’effet produit seulement, car le reste appartient à une technique qui nous fournit simplement une
surface unie dont nous nous contenterons.
La seule condition qui limite ici le dessinateur est l’obligation de tenir compte des joints des carreaux toujours apparents, de façon à ce que les lignes du dessin les coupent aussi franchement que possible en évitant les tangences et les coïncidences de contours sur les joints. Ces joints sont le plus souvent garnis avec du plâtre qui forme, dans les cas les plus favorables, une mince ligne blanche qui marque sur les foncés et disparaît dans les clairs pendant que le travail est neuf, tandis que plus tard les poussières en s’incrustant dans le creux des joints les soulignent
RINCEAUX
en foncé dans les clairs et en gris dans les foncés. 11 n’y a rien là qui soit de nature à nuire à l’effet, même quand celui-ci est fin; au contraire, le manque de planité de quelques carreaux ajoute à la variété de l’aspect en accrochant la lumière d’inégale façon. On ne peut reprocher à la faïence ornementale que sa froide glaçure qui lui donne une apparence vitreuse et miroitante à l’excès que recherchent malheureusement la plupart des céramistes comme une qualité, alors qu’une demi-matité est de beaucoup préférable. Le mat absolu est aussi désagréable que le brillant excessif, avec un effet encore plus pauvre et plus sec. L’homme qui ne regarde pas assez les objets naturels et n’est pas suffisamment séduit par la beauté intime de leur matière extérieure, ne rêve, dans la pauvreté de son cerveau, que des absolus , tels que l’extra-brillant ou le mat complet. Mais pour qu’un objet, quel qu’il soit, puisse avoir un charme véritable, il est indispensable qu’il se rapproche par sa texture de celle que présentent les êtres vivants tels que la nature les a produits, participant ainsi de la même famille universelle. C’est bien en vain qu’on voudrait lutter avec les épidermes naturels dans leur finesse infinie, dans leur grain et dans la couleur de leur matière; mais c’est là que l’homme peut s’ajouter à la nature en employant des matériaux inertes sur lesquels il met des combinaisons de formes et de couleurs, qui sont sa part dans cette création nouvelle ou parallèle; il réalise ainsi, par son invention raisonnée, des objets qui nous intéressent parce que nous y reconnaissons l’exercice de nos facultés intellectuelles et de notre volonté par Y ordre et le rythme qui y régnent.
Composition.
Notre programme n est qu une application des principes présentés dans les figures 81 à 108 de ce chapitre sur lesquels il est inutile de revenir, et qui ont trait à l’arrangement des rinceaux dans une forme quelconque. Les divers développements de lignes nous aideront à l’enrichissement de nos rinceaux auxquels, en plus, nous pourrions, si la place
35o MÉTHODE DE COMPOSITION ORNEMENTALE
le permettait, adapter des exemples analogues à ceux de la fin de ce