EXERCICE N° XI P LANCHE I J
Programme
Cadre de glace en bois foncé avec incrustations de bois , métaux , nacre , os, ivoire composant une ornementation de rinceaux avec motifs composés. (im,o6 de haut sur om,yo de largeur).
Nous n’avons étudié les motifs et leur construction groupée qu’en les considérant en eux-mêmes; mais tout seuls ils ne présentent que peu d’intérêt et ne prennent de valeur que s’ils sont destinés par leur richesse et leur variété à meubler les mouvements des lignes d’ornement. A la vérité, ces lignes seules peuvent en bien des cas suffire à beaucoup de programmes, tel le dernier que nous avons traité et où les motifs ne jouent qu’un rôle insignifiant.
Notre cadre incrusté va nous permettre un traitement assez fin pour autoriser l’emploi de petits motifs groupés terminant des axes courbes.
Style
Sur l’incrustation en tant que métier, nous n’avons rien à ajouter aux explications données à la Planche 2. Les mêmes exigences doivent être observées, principalement celle qui concerne une certaine distance entre les motifs inscrustés, bien que la profondeur des creux soit peu
MOTIFS COMPOSÉS
considérable pour de petits motifs. Si nous avons choisi une fois de plus cette industrie de 1 incrustation, c’est que nous la trouvons trop peu pratiquée.
Partout en effet la marqueterie l’a supplantée à cause de sa facilité, mais aussi le style des oeuvres en a souffert considérablement, et le style , qui ne supporte pas de médiocrité dans la composition, est pour ainsi dire obligatoire avec les travaux incrustés. 11 serait hors de notre programme élémentaire de nous occuper du style si celui-ci n’était dès le début de cette méthode le résultat de toutes nos études et leur but véritable.
Les définitions du style sont nombreuses et fort différentes les unes des autres, mais toutes concordent sur ce point que l’œuvre qui en est pourvue a sacrifié le détail à l’ensemble et qu’un ordre voulu y règne. Le contraire du style est l’aspect pittoresque ou photographique où le côté d’imitation directe des détails rapetisse la pensée de l’œuvre ; celle de style peut comporter d’infinis détails, mais ceux-ci réglés par une volonté de places et de formes et non par le désordre accidentel. Ainsi la difficulté de travaij d’une matière telle qu’un métal très dur ou un cristal de roche conduisent presque obligatoirement au style qui devient alors une expression concise et élaguée de l’imitation directe, et fait prédominer l’essentiel sur l’accessoire.
11 est donc préférable, pour acquérir du style, de rechercher les programmes les moins commodes, et l’incrustation en est un par rapport à la marqueterie. Dans cette dernière industrie, on découpe les placages comme du papier et on enchevêtre ces pièces comme en un jeu de patience ; aussi le style s’empresse-t-il de déserter un tel ouvrage à moins de la volonté bien arrêtée de sacrifier cette facilité et ses avantages d’exécution matérielle.
Cadres
Le cadre rectangulaire est formé de quatre pièces de bois qui peuvent être assemblées de plusieurs façons au moyen de tenons et de moitaises qui sont du ressort de la menuiserie. La manièie la plus otdinaire, dite d’onglet, est aussi la plus simple au point de vue de 3 exécution. En
effet, la pièce de bois qui doit composer un cadre d’onglet aura exactement la largeur et l'épaisseur du cadre; si celui-ci est muni de moulures, la pièce de bois les portera dans toute sa longueur. On appelle onglet l’assemblage du bois à 45 degrés (;). La figure a montre un cadre d'onglet mouluré et la figure 3 le profil de la pièce de bois B avec une feuillure A destinée à loger la glace et son parquet ou garniture de bois qui en préserve le revers ; si l’on coupe cette pièce à onglet, c’est-à-dire a 45 degrés C, il en résulte un allongement du profil, visible en D, et il est clair que plusieurs pièces coupées de la sorte se joindront exactement
à angle droit comme cela est indiqué dans les figures i et 2. Cette coupe fera tomber de la pièce moulurée les angles E (4) qui sont inutilisables.
Cet assemblage si connu devait être décrit parce que le joint qui en résulte a une influence sur le dessin de l'incrustation du cadre; car les pièces incrustées ne sauraient tomber sur les joints, sauf pour des parties peu importantes, et de préférence longues et étroites.
Si le joint s écarte et travaille, ce qui a lieu presque infailliblement par suite de la dessication du bois, les pièces incrustées à cet endroit soitiiont de leurs alvéoles lors même que des assemblages bien faits existeraient en dessous (5). Le plus souvent on se contente de clefs dont
les meilleures sont en queue d'aronde (6). L’ouverture du joint est due a ce que le bois ne se rétrécit qu'en travers du sens des fibres, et la figure 7 montre que le bois primitivement en AE et AF joignait au point A, mais que, diminuant de largeur et venant en BD et CG le point
A se transpoite en B et en C s éloignant ainsi de la médiane A H. L assemblage à tenons (8) est meilleur quand il est muni d’une cheville bien ajustée et forcée, en bois très dur. 11 faudra en ce cas prévoir dans le dessin la place de cette cheville pour l’éviter, ce qui vaudra mieux que