ZEI
vains efforts nous ont entraînés dans les marécages du bizarre et de l’incohferent.
Courbes en S raccordées déterminant le T(inceau
A la suite des arrangements courbes en ligne droite, se place naturellement le T(inceau , dont le nom exprime un mouvement courbe continu, raccordé et se dirigeant en un sens unique. Mais nous nous bornerons à en indiquer la genèse, non plus avec la courbe simple, mais avec la courbe en S raccordée, nous réservant de lui assigner une étude plus complète à la suite de nos développements d’autres éléments.
11 n’est guère possible de raccorder des courbes en S sans provoquer la formation du rinceau, ainsi qu’on peut le voir dans les figures i 36 et i37; c’est pour cela que nous avons donné à cette question une place spéciale à la suite des principes précédents.
L’inspection de la figure 1 36, où chaque courbe en S est séparée, fait bien voir ce mouvement souple et continu qui caractérise le rinceau. Pour la formation de ce dernier, les courbes peuvent être placées en sens
inverse, les extrémités des courbes se dirigeant à l’intérieur de la figure (137). En y ajoutant des volutes, le rinceau s affirme encore davantage; au reste, nous venons de voir que la courbe simple raccordée,
avec spirales (112), produisait déjà cet effet que nous accusons plus fortement dans la figure 1 3 8 . Mais on emploie de préférence la courbe en S à cause des ressources de son raccord plus souple et plus allongé, qui permet de mieux dégager les volutes. Comme l’indiquent les figures 1 36 et 137, la disposition ordinaire du raccord des courbes en S se fait
GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT
en inversant les mouvements, mais il existe encore une troisième façon de joindre ces courbes par le raccord : c’est en les plaçant dans le
même sens (139); cependant, pour peu qu’on vienne loger un mouvement accessoire dans la concavité inférieure qui suit la volute, la
disposition-type de la figure 1 36 se reproduit, à peu de chose près. La figure 140 montre un rinceau composé de courbes en S avec
spirales, en laissant voir la jonction des mouvements alternés de cette courbe. Si la volute est tournée en sens contraire (141), ce fait détermine une courbe en S symétrique, avec une volute terminale à l’extrémité
libre. La figure 142 montre un rinceau inspiré de la figure 137 où les volutes sont rentrantes.
13 est possible d’employer simultanément dans le rinceau la courbe
simple et la courbe en S (143), la volute A appartenant à celle-ci, et celle B à la courbe simple. Cela revient à l’aspect de la figure 141 avec une volute de plus.
Mouvements accessoires ajoutés aux courbes
On peut orner les courbes simples et en S de mouvements ajoutés sur n’importe quel point de leur parcours. Ces mouvements accessoires peuvent être des courbes simples, en S, ou des spirales. Quelques exemples vont en être montrés surtout parce qu’ils concernent les courbes
juxtaposées, nous réservant d’en donner de plus nombreux, relatifs au rinceau proprement dit. L’exercice 85 composé de courbes simples sera, dans la figure 144, orné et enrichi de courbes simples. Lebon sens et le goût indiquent une bonne répartition des pleins et des vides, ainsi que la longueur relative des mouvements accessoires, pour le mieux d’un bon effet; les courbes les plus courtes seront naturellement situées le plus
groupement et développement
près des extrémités du grand mouvement donné graduellement en descendant, parce qu'il importe, ornement finisse légèrement sur ses bords. Nous raccords visibles pour mieux isoler les adjonctions,
, et augmenteront en général, qu’un avons laissé les ainsi qu’on le voit
cm. 83)
dans la figure i45, où deux mouvements sont ajoutés, dont l’un très court; il est même à son maximum de développement, car, s’il était augmenté, il se produirait un de ces mouvements inharmoniques que
nous signalerons avec soin dans le chapitre consacré au rinceau. La suivante (146) montre combien un tracé très simple s’enrichit avec peu de chose, mais la place des adjonctions doit être soigneusement
Cm.
cherchée. La figure 147, tirée du même type simple que la précédente, est complétée par deux volutes vers l’extrémité libre des courbes, et cela suffit pour en faire une excellente carcasse d’ornement. L’exercice qui suit (148), composé de courbes simples raccordées, est garni de
o MÉTHODE DE COMPOSITION ORNEMENTALE
deux courbes simples accessoires, tandis que le rinceau suivant porte sur la partie longue de ses courbes deux accessoires symétriques
inégaux (149)- «
Le lecteur peut constater qu’étant donné un agencement de courbes
des plus simples, il est extrêmement facile d'y ajouter de la richesse sans
se casser la tête et que le mieux, de beaucoup, est d'opérer simplement et sans affectation inutile.
Tous les arrangements en ligne droite que nous venons de voir peuvent, non seulement être mis en ligne courbe, comme cela a ete dit plus haut, mais encore tous ceux dont les mouvements se répartissent également en dessus et en dessous, peuvent être employés comme motifs terminaux. Les motifs 7, 8, 9, 23, 24 et autres qui sont rapportés à des axes, peuvent donner une idée de l’aspect que prendraient en ce cas les figures 142, 146, 147, 148, si leur largeur était limitée entre deux
droites ou deux courbes, formant ainsi une masse d ensemble plus ou moins allongée d’un contour déterminé. On pourrait traitei de la sorte des figures non également réparties des deux côtés, comme la figure 143, en en juxtaposant deux symétriquement. En ce cas aucun axe n existerait, et les motifs pourraient se souder à des mouvements quelconques.
Nous interrompons ici le cours de ce Chapitre pour le continuer après l’exercice pratique suivant.
GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT
EXERCICE N° VIII (planche 8)
Programme
Grille en fer forgé pour porte d’entrée, le vide ayant om,5o de largeur sur o"\yo de hauteur
Chacun sait qu’une grille en fer est une clôture des plus solides quand elle est bien faite. Les plus communes sont faites de simples barreaux le plus souvent verticaux (i) et scellés en haut et en bas quand il s’agit d’un vide en pierre. Mais si le travail est plus compliqué, on
s’arrange pour que tout puisse se faire à l’atelier et puisse être posé d’un coup, ce qui comporte le plus souvent un châssis dont les scellements peuvent être verticaux ou horizontaux (2). S il s agit, comme dans notre programme, d un vide en bois, celui-ci se compose d un châssis solide muni d’une feuillure (3) et la grille comporte alots un cadie de fei qui vient s’y insérer (A) et que l’on fixe solidement à l’aide de vis ou de
pattes entaillées dans le bois.
Ainsi que nous l’avons vu pour les programmes précédents, le dessinateur ne peut, quel que soit son talent, composer un dessin de ce genre s’il ne connaît les conditions principales du travail de la matière qu h
j 42 MÉTHODE DE COMPOSITION ORNEMENTALE
traite, de façon à ce que son tracé puisse être exécuté sans aucune modification. Il en résultera, une fois de plus, un dessin d’un style spécial ne ressemblant en rien à celui d’un objet d’un autre genre.
Assemblages du fer forgé.
Le fer est une matière avant tout solide et rigide, d un maniement difficile au regard de la pierre et du bois. Pour constituer le moindre objet il faut ramollir ce métal par le feu pour pouvoir le façonner par d’innombrables coups de marteau. Nous n’avons pas à entrer dans le détail des opérations de la forge proprement dite, ce qui est du ressort de l’apprentissage pratique, mais nous signalerons les principales conditions dans lesquelles l’ajustement de plusieurs pièces de fer est possible.
Une simple grille, comme celles des figures 2 et 3, appelle l’attention sur la pénétration à angle droit des barreaux qui la composent. Ceuxci seront appelés montants ou traverses , selon qu’ils seront verticaux ou horizontaux, afin qu’il n’y ait pas de confusion dans ces explications.
Les barreaux peuvent être carrés ou ronds. Si ces barreaux verticaux sont appelés à en rencontrer d’autres placés horizontalement on pratiquera dans ces derniers des ouvertures de même grandeur et de même forme qui nécessiteront un renflement à l’endroit de chaque ouverture. La figure 4 montre des montants carrés placés de face ou sur 1 angle. Ces ouvertures sont forgées à chaud sur l’enclume et peuvent présenter un façonnage varié; en A le passage du renflement à la barre est un peu arrondi, en B il est angulaire, en C on l’a martelé à angles droits, ce qui est d’un aspect plus sec et demande plus de travail, tandis
GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT
qu en D il est rond comme le montant à cet endroit. En aucun cas il ne peut être question d’entailles comme en E qui ne donnent aucune gaiantje de solidité comparable aux précédents assemblages, sans compter 1 aspect pauvie et froid qui en résulterait. Il est cependant triste de constate! que bien souvent c’est ce moyen compliqué et illogique qu’on emploie même dans des travaux qui exigent une grande fatigue et cela pai un amour absurde de la platitude, de la froideur, de l’uni, par la ciainte des leîiefs et des aspérités, qui sont pourtant une source de la richesse d aspect. Dans les grilles anciennes, qui sont cependant toujours composées sur un même plan, les reliefs des yeux percés pour le passage des barreaux contribuent à la chaleur de l’aspect des grilles, en même temps qu ils affirment la solidité du travail. Depuis le xvnc siècle surtout, 1 influence du style classique s’est fait sentir dans les ouvrages forgés en ce sens qu’on a cherché à faire de la grille une surface plane comme celle d un mur et que, pour l’enrichir, on a ajouté par-dessus des ornements modelés de style romain qui jouaient le même rôle que ceux de la sculpture en pierre des façades et étaient obtenus par le repoussé dans du métal mince. Or pour arriver à cette unité de surface il fallait absolument entailler les montants et les traverses à mi-fer. Ce sont ces errements qui se sont perpétués jusqu’à nos jours.
Une autre cause que le simple mauvais goût explique cette manière vicieuse de procéder, c’est qu’il existe de nos jours une confusion entre les métiers de serrurier et de forgeron. Ces deux mots parlent suffisamment sans qu’il soit nécessaire de beaucoup insister; en effet on trouve, actuellement surtout, des entrepreneurs de serrurerie et ce sont eux qui se chargent des travaux artistiques qu’on exécute en fer. Or, bien que dans leurs ateliers il se trouve des ouvriers forgerons, il n’en est pas moins vrai que ce sont les serruriers qui dominent et c’est pour cette raison que les pratiques de ce dernier métier se mélangent aux travaux de forge. Or, anciennement il n’en était point ainsi et c’étaient les forgerons seuls qui se chargeaient de ce genre de travaux ; ceux qui connaissent ce genre de métier savent quel est le mépris qu’on y professe envers les entailles, les goupilles et les ouvrages à la lime, qui ne sont considérés que comme des expédients de mauvais aloi. L’orgueil d’un bon forgeron consiste à ne faire intervenir dans son travail que le burin pour refendre
à chaud, qu’on appelle une tranche , et le marteau pour donner la forme, ce dernier étant l’outil par excellence, celui qui façonne, qui termine et qui polit. Mais ce métier de forgeron, un des plus beaux qui existent, est battu en brèche par les procédés de la serrurerie et surtout par la fonte dont les produits sont hideux comparés à ceux de la forge. Or la fonte est cassante et lourde et ne saurait en aucun cas remplacer le fer forgé dont la durée est indéfinie ; on a cependant fait des prodiges dans les fonderies pour réaliser 1 aspect de l’objet de forge, abus qui ne peut produire que le résultat de rendre la fonte fragile comme du verre. On voit couramment des balcons de fenêtres où les ornements semblent retenus par des bagues comme on le fait dans le fer forgé, ce qui n est qu un
mensonge ridicule.
Les mêmes remarques s’appliquent aux barres horizontales qui traversent des montants (5).
Les barreaux de fer peuvent, comme on vient de le voir, se placer, dans un travail où ils sont répétés, soit de face (A, 6) soit sur 1 angle (B) quand ils sont carrés. Mais ils peuvent présenter une section rectangu-
laire et être mis de champ (C) ou de face (D). Si ces fers plats sont destinés à former des ornements, il en résulte un effet très différent selon qu’ils sont de champ (7) ou de face (8). Dans la figure 7 le tracé géométral A est très maigre alors que celui B de la figure 8 est d un aspect très rempli ; il en est tout autrement dans l’exécution matérielle qui montre exactement l’effet contraire en C et D.
11 est des exemples de croisements de barreaux d une grande difficulté d’exécution ; ce sont ceux où les ouvertures ou ceils se trouvent alternés sur les barres (9); on peut dire qu’un tel travail est le comble de la solidité. On assemble aussi les montants et traverses au moyen
GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT l+5
de tenons (10) qui peuvent suffire en certains cas mais sont trop imités du travail du bois pour donner toute sécurité. Il est admissible de se servir des tenons en certains cas, c'est lorsqu'on désire arrêter un
montant ou une traverse qui ne jouent aucun rôle important dans la solidité du travail ; ainsi un barreau vertical peut se trouver placé entre
deux traverses et n’avoir pas à se prolonger au delà. 11 est certain qu’au lieu de tenons proprement dits, on pourrait forger des yeux dans les traverses et munir le montant d’ èpaulements ou saillies qui formeraient
arrêt sur chaque traverse en laissant au barreau vertical toute sa force en haut et en bas.
La réunion des ornements aux barreaux se fait en emprisonnant les fers qu’on veut relier dans une bague ou embrasse formée d'une bande de métal d'épaisseur moyenne qu’on fait tourner, chauffée au rouge, à coups de marteau autour des pièces à réunir, ce qui produit un serrage considérable au refroidissement (i i). On emploie aussi les goupilles rivées (12)
d'un effet plus maigre et moins durable.
Lorsqu’il s’agit de réunir plusieurs tiges au moyen de bagues il faut avoir égard à la forme de ces tiges et à leurs situations réciproques.
Quelques assemblages sont instables et doivent être évités, tels ceux delà figure 1 3 ; en A la petite tige ronde du milieu ne pourra être maintenue en place sans clavettes qui peuvent facilement tomber ou s’enlever et prendra une position irrégulière (C). Les trois tiges carrées sur l’angle (B) tendront toujours à glisser les unes sur les autres (D) à moins qu’on ne les torde à cet endroit comme nous allons le voir. Certaines réunions de tiges sont possibles, comme celles de la figure 14 où l’on voit en E trois tiges rondes dont la plus grosse est au milieu des autres; avec une bague bien ajustée cet arrangement ne bougera pas si les petites tiges sont reliées ailleurs par leurs extrémités ; autrement on pourrait, en forçant, les faire pivoter sur le gros barreau rond en même temps que la bague. Il en est de même de l’exemple F surtout si les trois plus grandes dimensions des fers sont égales; la disposition G est également solide à cause de cette égalité, plus encore que les trois tiges H où les fers
GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT
plats sont plus ou moins sollicités à s’incliner sur les angles du fer central. Allais il y a une raison de proscrire de telles combinaisons, c’est qu’il reste des vides entre l’embrasse et les tiges qu’elle réunit; ces vides sont désagréables à la vue en causant un sentiment d’inachevé, de bâclé, en tous cas de peu de convenance constructive.
Comme nous l’avons dit, les barreaux de fer qui présentent des angles
dans leur plan, ou en d’autres termes qui ne sont pas ronds, peuvent être tordus sur eux-mêmes à chaud et cela d’une façon assez régulière. Le fer tordu est plus solide que le même fer carré, car il renferme plus de matière pour une hauteur égale ; il tient aussi plus de place, puisque chacun de ses angles décrit un cercle en plan ( 1 5). Les figures 1 5, 16 et 1 7 montrent des fers tordus dont le plan est différent. L aspect présenté ainsi par les barres est élégant et léger et forme un très utile contraste avec les barres droites ou ondulées, comme celles des figures 18 et 19 dont l’une l’est de face et l’autre sur l’angle.
Les barreaux peuvent n’ètre tordus ou ondulés que par places (18 a 19 a), laissant dans les autres parties le fer de face ou sur l’angle selon l’effet
à produire, barres ou avec
cependant on peut en voir de très de serrurerie moderne.
fers tordus avec d’autres où cette réunion a cesse (21), sans mauvais (20) et la La présence d’une embrasse dans la disposition de la figure 20 ne donnerait aucune garantie de solidité ni de bon effet, et
nombreux exemples dans les travaux
Il ressort de là que pour assembler les
des ornements, il faut qu’aux endroits
lieu la torsion cela l’effet sera solidité précaire.
Grilles composées d'ornements
Les espaces compris entre les montants ou barres verticales se nomment panneaux . Ces panneaux peuvent être entièrement remplis d’ornements courbes reliés les uns aux autres, ainsi qu’aux montants qu’ils
GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT
touchent, par des bagues forgées à chaud. Les courbes les plus simples comme celles des figures 22, 2 3 et 24 peuvent, étant répétées et arrangées de bien des façons, former de très jolies grilles. La meilleure forme à donner au fer est la section carrée qui est bien plus belle que méplate ; dans les parties longues des courbes on peut les enrichir par une torsion partielle (A, 23.)
La figure 22 dont les deux volutes sont égales peut être posée symétriquement sur un même rang horizontal et aussi dans le sens vertical de façon à remplir un panneau, ainsi qu’on le voit dans la figure 2 5. Mais les panneaux pourraient être beaucoup plus larges et comporter un ou plusieurs autres rangs de courbes avant d’atteindre l’autre montant. La figure 2 3 peut être placée exactement comme la précédente; il se produira un vide (A, 26) dans lequel on pourra encore loger un montant comme l’indique la figure 26. La courbe simple 24 peut être disposée d’une façon variée et alternée dont nous donnons un exemple figure 27.
On peut dire que la volute est par excellence l’ornement du fer forgé ; sans parler de son exécution facile, elle est d un effet riche et fourni, surtout si les spires sont nombreuses. La volute a de nos jours, comme nous l’avons dit déjà, de nombreux adversaires qui la trouvent rococo; qu’ils sachent que la volute est un ornement de tous les temps qu’on rencontre à chaque instant dans la nature, et qu’il est peu probable qu’ils la feront jamais oublier avec leurs molles filandres; la volute est une vérité, une force de l’univers, une forme immortelle, quand même.
Les courbes dont nous avons parlé peuvent se joindre au fer carré de face sans qu’il faille beaucoup d’explications (28). On observera à propos
des courbes que lepaisseur de celles-ci se creuse légèrement (E), les bords restant plus élevés que le milieu, et qu il faut bien se garder de limer cette différence de niveau que le marteau ne fait qu accentuer en terminant les deux faces. Au reste le marteau et le burin ou ciseau à froid, suffisent à eux seuls ; le premier de ces outils donnant le plus beau et le plus gras des polis, et le second laissant de profondes et ineffaçables empreintes. D’ailleurs la lime est l’ennemie du fer forgé qu’elle alourdit et rend sot. Le goût clinquant du faux luxe bourgeois veut que le fer soit poli ;
rien n’est plus ridicule, car le nickel est à ce point de vue bien préférable et l’on ne saurait trop pourchasser cette manie déshonorante. Ces observations ont déjà été faites à propos de l’exercice n î et nous ne les prolongerons pas.
Pour le bon effet, les ornements rapportés entre les montants seront plutôt un peu inférieurs en épaisseur à ceux-ci (B, 29) quoique l’égalité (C) donne un résultat plus solide. Mais dans les volutes ou autres courbes il faut que les terminaisons des ornements aillent en diminuant d’épaisseur sur les deux faces (D) pour éviter la lourdeur, ce que l’on obtient en les allongeant à chaud sur l’enclume avant d’étre courbées. 11 s’ensuit que, si les ornements sont égaux aux montants dans leur partie inférieure, il peut arriver que leurs terminaisons se relient à ces montants par des
GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT ,5
embrasses et, qu en ce cas, elle soient d’une épaisseur plus faible que ceux-ci.
Le fer plat a été souvent employé pour constituer les ornements ajoutés à la caicasse solide dune grille (3o), ils n’y jouent alors qu’un rôle de i emplissage assez maigre d effet et d’un aspect quelque peu pauvre; ils semblent toujours avoir été courbés à froid et sans effort, et, dans les magasins où I on vend du fer forgé moderne, on éprouve cette impression de camelote que donnent ces copeaux de fer. Au reste, il a été fabriqué au xvij siècle beaucoup d objets mobiliers de cette espèce où I on peut remarque! que le fei plat glisse dans les embrasses. Si en ce cas les
pièces constructives de l’objet ne sont pas solidement reliées entre elles, l’aide prêtée par les ornements plats ne compte pour rien, et l’on peut voir des lanternes ou des trépieds de cette catégorie ressembler beaucoup plus à des tas de ferraille écroulés sur eux-mêmes qu’à des objets ayant pu servir à un usage quelconque.
Les embrasses qui relient les courbes au fer plat sont d’une forme allongée en profondeur et d’un effet peu heureux (A, 3 i ), bien moins bon en tous cas que celui produit par celles qui unissent des fers à section carrée (B); de plus il doit régner une harmonie d’épaisseur entre ces bagues et les fers qu’elles unissent, ce qui ajoute encore à la différence d’aspect.
On peut à la rigueur faire tenir des ornements à des montants posés sur l’angle (32), mais pour cela il est nécessaire d’aplatir au marteau l’arète
vive du barreau (B) à l'endroit où viendra s'appliquer la courbe. 11 ne peut être ici question d’embrasses à cause de la forme des fers en plan
(A) et ceux-ci seront rivés; on comprendra par l’inspection de la figure 32 que les courbes ne peuvent guère dépasser en épaisseur la partie aplatie
GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT ,53
des montants, car même en ce cas elles dépasseront en C les plans obliques du barreau.
Les commençants inexpérimentés qui composent des dessins en élévation sans réfléchir au plan qui en résulte commettent souvent la faute de faire passer des courbes par-dessus et alternativement derrière des barreaux montants (33) croyant ainsi produire des effets d’entrelacs. Cette disposition est des plus défectueuses ainsi que le montre le plan A à cause du gauchissement disgracieux que subissent les courbes ornementales. 11 en est de même des ornements qu’on fait se croiser les uns sur les autres.
Cependant il existe des grillages assez heureux dans lesquels il a été adopté le parti uniforme de river tous les ornements sur une face des barreaux (34). Mais le bon effet qui peut en résulter, n’est dû qu’à la perfection d’exécution de ces ornements, car ce système d’applique a
plutôt la valeui d un expédient que d’une composition réfléchie et logique.
Découpage
On peut réaliser des motifs d’ornement par un simple découpage au burin qui est alors emmanché comme le serait un marteau.
11 faut avoir une certaine expérience de ce travail pour que Je dessin terminé puisse être le résultat d’un découpage simple, et il faut également une grande sûreté manuelle pour l’exécuter. La figure 35 montre en A une pièce de fer forgee en diminuant d’épaisseur de la base à l’extrémité; porté au rouge sur l’enclume, on refend ce fer sur les bords selon le tracé à réaliser. Chaque partie refendue est écartée (B) et un peu façonnée au marteau, après quoi on donne la forme définitive C. Ces pièces sont destinées en général à être soudées à d’autres ornements ou tiges droites ou courbes. La figure 36 donne un autre genre de découpage que l’on peut voir préparé en A et terminé en B en procédant d’abord par écartement des parties les plus longues pour passer ensuite aux détails plus petits.
Ces découpages conviennent particulièrement aux ornements appliqués
sur le bois, comme le sont ceux des portes d’entrée ou de meubles; mais ils peuvent aussi concourir à constituer des fleurons terminaux dans les ornements des grilles. Lorsqu’ils sont appliqués sur le bois, les
parties les plus larges sont percées pour recevoir des clous rivés dont la tète est façonnée sur la face où est appliquée la ferrure.
Soudure
Tout autre est la soudure, qui est à elle seule l’art du fer par excellence, mais qui demande de très bons ouvriers pour être bien pratiquée. L’utilité de la soudure consiste à greffer sur une tige de fer des ramifications faisant corps avec cette tige.
La tige A (37) porte en B des masses qu’on y a ménagées pour recevoir la soudure des ornements C exécutés et terminés d’avance, et à 1 extiémité desquels on a ménagé aussi une masse assez épaisse D nécessaire pour que le fer trop mince ne se brûle pas au feu, car le rouge blanc doit être atteint. En préparant les ornements, on peut tenir compte de l’allongement que le martelage produira au point B. Cette opération doit être
faite rapidement et avec précision de façon à ce que les branches ajoutées se trouvent bien dans leur plan et dans leur angle avec la tige principale. Quand le tout est achevé on n’a plus qu’à découper au burin les parties excédantes A (38), sans que la lime soit nécessaire.
L’ornement de la figure 38 est fort simple, mais tel qu’il est pourrait être à grande échelle ou, autrement, très riche déjà par lui-même, c’est-àdire comporter des mouvements accessoires, et justifier par conséquent, dans ces deux cas, l’emploi de la soudure, le découpage n’étant plus suffisant.
On peut réunir de la sorte et du même coup un certain nombre d’ornements au même point» Ceux-ci étant forgés et munis de leur masse terminale A (39) doivent être soudés en un même point à la tige B munie elle-même d’une masse plus grande. La soudure faite, le martelage a produit le renflement D qui sera, si l’on veut, découpé au burin suivant la ligne préconçue de l’ornement et terminé par un martelage soigneux. Cependant on voit souvent ce renflement latéral persister d’une façon voulue dans de beaux travaux de forge, et dans ce cas il a été façonné au marteau pour lui donner la courbe nécessaire (E). La soudure se fait principalement par les masses ménagées aux extrémités des ornements et
non par les parties minces; c’est pour cela qu’on voit leurs séparations encore visibles, bien que très serrées, sur un certain espace (C).
Pour un travail simple on peut terminer les volutes ou les courbes par de petits motifs d’un bon effet obtenus par l’aplatissement d une petite masse laissée à l’extrémité de ces courbes (40 à 43). Ces motifs auront une forme générale très simple comme le cercle (40), le demi-cercle (41), le carré (42) et autres tracés élémentaires qui seront d’abord découpés au burin pour préciser leurs contours et refendus ensuite de diverses manières par le même moyen. On peut même en enlever de plus grandes parties pour varier les silhouettes (A, B). Si la dimension le permet il est possible de donner un mouvement (B, 43) aux parties découpées (A).
GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT
Ornement par empreintes
es ornements en fer gagnent singulièrement à être ornés sur leurs J surfaces. Ils prennent alors un aspect précieux et fin qui les transforme complètement; tel travail de forge un peu grossier et inégal devient un véritable objet d art élégant et gracieux. Pour atteindre un aussi important résultat il suffit d’adjoindre au burin un seul outil nommé poinçon ou pointeau terminé en pointe évasée à l’extrémité; on le frappe à froid sur le fer et 1 empreinte laissée est un creux rond dont les bords sont légèrement renflés. On peut aussi fabriquer de ces outils donnant des
empreintes variées (PI. j, figures i3 à i5) dont les plus complexes s’imprimeront avec la plus grande facilité sur le fer rougi.
Les ornements étant entièrement finis, on revêt les tiges et leurs ramifications de ces coups d’outils que l’on ne dispose pas uniformément, mais au contraire en en variant le groupement et en ayant soin de laisser des repos de temps à autre. Le burin pourra être employé obliquement sur l’angle de la tige ou de la courbe api'ès y avoir fait par le même moyen une rainure médiane (44), ou bien en faisant de petites entailles rapprochées sur l’arête en dos d’âne forgée au marteau (45). Les coups de pointeau seront serrés, et, s’ils sont placés tout au bord du fer, Je feront
légèrement onduler au dehors (46); ils seront tantôt en senes parallèles, tantôt en rangées uniques (47) ou encore associés à des coups de burin obliques sur les angles (A, 48), ceux-ci pouvant d ailleurs occuper presque entièrement la surface du fer (B). On peut croiser les coups de burin et créer toutes sortes d’arrangements avec ceux de pointeau
Les terminaisons des courbes peuvent également être travaillées de cette façon, comme le montre la figure 5 1 . 1 ci les carrés des motifs sont curvilignes; or il ne faut pas chercher cette forme dans un difficile découpage, mais marteler finement les angles du carré A ce qui les allongera en produisant cet effet. Il en sera de même pour l’exemple B.
Quand les motifs terminaux sont assez grands, ils peuvent recevoir de la sorte un enrichissement varié (52). Les surfaces des soudures seront également meublées de ces empreintes (53) pour lesquelles il est impossible de donner de recettes, car il n’y a qu’à appliquer les dispositions du point et delà ligne et de ses fractions exposées plus haut (Ch. IV); il faut principalement se garder de la monotonie d’effet et ne pas chercher les complications, l’essentiel étant de meubler les surfaces pour les faire briller. A ce sujet, un objet fixe, comme une grille de grande dimension, ne peut recevoir que de gros effets assez profonds pour être vus de loin, mais il en est autrement des pièces de forge telles que les pentures de meubles, accessoires de cheminées, et même des petits grillages, comme celui qui nous occupe, qui peuvent et doivent être fréquemment nettoyés au chiffon
GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT
et qui à la longue se polissent aux aspérités. Mettre le fer à vif après qu’il a été travaillé et terminé est une faute. Ces objets doivent conserver une belle patine noire à laquelle un peu de rouille inévitable ajoute plus tard des tons chauds qui font ressortir les parties luisantes; c’est alors qu’on peut dire que, grâce à l’ornementation des surfaces le fer peut briller . On doit proscrire ces patines artificielles en noir pur qui donnent au fer l’aspect d’un objet en ébène ou comme trempé dans de l’encre de Chine.
Tous les grillages de dimension moyenne peuvent être ornés par les
mêmes moyens que la serrure de la Planche i du Chapitre IV en ayant soin de tenir compte de l’échelle des objets et d’employer des outils plus forts pour des fers de plus grandes dimensions.
La figure 54 montre un montant orné de volutes soudées dont toutes les parties sont ainsi travaillées, et l’on y remarquera la variété nécessaire des moyens employés. Cette grille serait composée de montants alternativement simples et ornés; c’est le moyen le plus pratique de procéder, chaque paire de volutes une fois terminée est soudée à l’autre et l’ensemble forme un panneau orné avec montant central. Mais on peut aussi constituer ce panneau orné sans qu il y ait nécessairement un montant en son milieu, comme 1 indique la figure 55; on le remplace par
des mouvements latéraux continus sur lesquels viennent se greffer les ornements accessoires. Les barreaux simples seront également ornés sur leurs surfaces ainsi que les attaches ou embrasses qui y serrent les ornements. On peut de la sorte obtenir un effet des plus riches , car c est ici le lieu d’expliquer une fois de plus cette chose si mal comprise qu’est le sentiment ou Y aspect de la richesse que certains veulent voir dans une profusion surchargée d’ornements inutiles, alors qu’il s’agit au contraire à peu de
frais de faire vibrer les surfaces unies par des moyens aussi primitifs que ceux qui sont ici montrés, en fuyant par cette recherche la froideur des surfaces lisses continues . Autant c’est une faute que de travailler les surfaces uniesqui sontd’une matière trèsriche parelle-mème, comme certains marbres ou certains bois dont les couleurs sont très opposées et variées ; autant c en est une autre que de laisser de longues parties vides dans une matière d un seul ton. Ce n’est pas l’or plus que la rareté et le prix qui font riche, c est la façon de traiter à très peu de frais la matière la plus pauvre pour, encore une fois, éviter la platitude, la froideur et la pauvreté d’aspect que
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peut présenter la matière la plus coûteuse. Les objets naturels eveillent tous le sentiment de la richesse, la peau d’un marron ou celle d’un fruit,
1 ecoice d un arbre, la carapace d’un homard ou la coquille d’un escargot eveillent toutes le sentiment de la richesse à cause du travail de reliefs ou de couleur qui s’y trouve. Quand on a compris cela, il reste peu de chemin a faire pour créer de vraies oeuvres d'art sur lesquelles la main se posera avec un plaisir raffiné et qui ne nous repousseront pas comme l’éternel uni et le poli miroir. L'irrégularité même de la fabrication purement manuelle donne cette impression de chaleur et d'harmonie pénétrante qu’on voit souvent dans les objets du Moyen Age et de l'Art Oriental. Mais c'est la
contemplation intime et réfléchie des objets naturels dans leur texture et leur beauté de matière qui nous enseignera le plus sûrement la voie à suivre. Nos objets travaillés, toutefois, ne rivaliseront jamais avec les épidermes naturels et aucune céramique ne réalisera la coque desséchée d’une simple citrouille; aussi devons-nous avoir recours à des moyens plus marqués, plus sensibles de modifier le grain des objets fabriqués par l’industrie de l’homme, et le travail brutal et simple que nous avons décrit pour le fer suffit amplement pour rendre à cette matière revêche et dure une apparence souple et délicate.
Les volutes, comme il a été dit, constituent pour le fer forge l’ornement le plus simple et le plus meublant; mais il faut éviter les volutes ovales (56) qui sont souvent inharmoniques, maigres d’effet et toujours mal équilibrées si on les emploie systématiquement.
Un défaut de construction très fréquent chez les commençants consiste dans l'abus d'ornements isolés implantés dans une barre horizontale ou verticale par une de leurs extrémités (A, C, 57) et de soudures mutiles e compliquées B, comme celle indiquée ici qui relie inharmoniquem un ornement isolé à un mouvement central. On comprend que, si .en rivé qu'un ornement puisse l’être à une barre (D), le moindre effo ébranlera cette rivure et en amènera la ruine a breve échéance. L dance des courbes et crochets soudés très près les uns des autres sur es parties minces (E) présente de grandes difficultés, surtout quand .1 ne
reste pas un espace libre entre eux.
Les quelques renseignements qui précèdent doivent suffire a un artiste
intelligent pour lui éviter des mécomptes de fabrication, quoique nous
eussions pu nous étendre longuement sur les fautes à éviter, mais la pratique
et la visite de l'atelier du forgeron auront bientôt raison de ces erreurs.
Composition
c, nous prenons une grille ordinaire formée de barreaux verticaux, il est O possible de la rendre plus ou moins élégante, plus ou moins chargée d'ornements avec des moyens identiques fort simples qui ne
font que s’ajouter les uns aux autres.
La figure 58 présente un seul rang de volutes à la partie supérieure.
C’est là une forme industrielle des grilles de clôture, et en ce cas les orne ments sont simplement rivés et en fer plat, ce qui est d’un effet maigre et pauvre. Mais, sans nous occuper de ce que l'on fait dans industrie courante, cet exemple n’est présenté qu'au point de vue de la simplicité et non point comme un idéal de beauté, en ce sens que nous pouvons voir que l'adjonction de quelques courbes change complètement 1 aspect d'une grille à barreaux simples. Poursuivons cette démonstration en ajoutant un rang inférieur des mêmes volutes en sens alterne comme le montre la figure 59; l’élégance se prononce un peu plus que dans l'exemple précédent bien que l’aspect soit encore pauvre. Un autre rang
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• de volutes placé au milieu de la hauteur commence à garnir un peu plus les barreaux (60), et si nous les relions à celles du haut par des courbes en S (6 1) notre effet commence à toucher à une richesse relative. Enfin en reliant de même manière les volutes moyennes à celles du bas, nous
aurons garni la grille, d’une façon satisfaisante en même temps que nous en avons assuré la solidité (62). Si nous voulon s aller à l’élégance i I n'y a qu’à souder au préalable des volutes accessoires plus petites que les premières à chacune de celles qui ont été d’abord tracées, pour réaliser
cet effet qui est un minimum d’efforts graphiques déployés en cette circonstance (63). On peut encore ajouter des fleurons découpés à la pointe des barreaux pour compléter le bon aspect.
On voit donc par ce qui précède qu’avec une composition très simple, sans aucune complication ni recherche, un aspect artistique peut
être obtenu facilement. Ceci est dit pour ceux qui n'ont jamais assez torturé leur imagination quand il s’agit d’accoucher des programmes les plus simples. De tels effets ont paru suffisants à de nombreux forgerons des temps passés dont aujourd’hui nous admirons encore les oeuvres de ce genre ; il suffit que le travail soit bien fait, d’une belle exécution, pour leur voir prendre place dans les musées d’art industriel du monde entier.
Grilles pleines
En reprenant un dessin analogue à la figure 6 2, on peut modifie! ce tracé pour éviter la continuité des courbes si les mouvements sont assez courts pour ne pas avoir besoin d être entièrement reliés. Chacun de ces mouvements sera composé d’une courbe en S terminée
par une volute, et sera porté, en alternant, par l’un des cinq barreaux de la figure 64. On peut même remplir entièrement une grille au moyen d'un panneau dont toutes les pièces sont soudées au seul barreau central (65) ; le panneau se trouve être de la sorte d'une seule pièce, ce qui en assure la solidité, mais en rend l’exécution laborieuse dans de grandes dimensions ; la plupart des travaux anciens sont compris de
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cette manière. 11 pourrait en être donné de nombreux exemples, mais la plupart des grilles anciennes et modernes remplies également sont basées sur ce principe ou sur celui de la figure 64 avec adjonctions de volutes accessoires ; tous les mouvements courbes peuvent être employés. Un défaut à éviter dans ces mouvements est de les faire trop longs et dénudés de tout autre ornement. La figure 66 est fautive en ce sens qu’elle paraît vide, parce que les courbes sont trop longues ; les courbes internes supérieure et inférieure sont isolées dans des vides, sans
liaison qui en assure le maintien, et le moindre effort les amènerait promptement en dehors de leur plan ; il en est de même de la figure 67 où les courbes ne se construisent plus à la partie supérieure; des soudures y seraient l’objet de grandes complications d’exécution ainsi que sur le cadre à gauche. L’exemple 68 présente un défaut analogue et les extrémités des courbes latérales devraient traverser, dans des yeux faits exprès, les côtés du cadre de la grille, chose peu pratique. La serrurerie moderne passerait outre en munissant l’extrémité de ces courbes de petits tenons qui entreraient dans des trous percés sur les barreaux du cadre, construction défectueuse. La figure 69, bien que meilleure, présente encore une composition incomplète due à de trop grandes longueurs de courbes isolées; cependant pour une petite dimension cette disposition peut être utilisée. Les faisceaux courbes de
l'extrémité supérieure ne pourront tenir que par le mouvement intérieur qui est assez recourbé pour cela sans être reliés au cadre.
Au lieu de grilles remplies uniformément d'ornements quelconques, on peut adopter un autre parti qui est celui de l’inégalité de distribut.on des parties chargées d’ornements serrés en laissant d'autres espaces plus ouverts. L'emploi des barreaux verticaux est pour ainsi dire indispensable en ce cas. Pour de grands grillages on peut très facilement réaliser ces aspects en divisant l’ensemble en compartiments limites par des barreaux
verticaux et horizontaux. Dans certains de ces compartiments on serre les ornements en laissant les autres plus vides et seulement garnis de barreaux supplémentaires ou d’ornements espacés. Mais on peut aussi appliquer ce système à une grille de petite dimension comme 1 est celle proposée par le programme.
Ainsi la figure 70 comporte trois barreaux verticaux également espacés, la partie centrale assez chargée de mouvements courbes qui se continuent en haut à droite et à gauche jusqu’au cadre dans les espaces latéraux ; une petite barre horizontale rivée à ses deux extrémités ferme ce compai'timent supérieur et un barreau ondulé remplit le vide restant. La grille suivante (71) est divisée en trois parties verticales égales, celle du milieu peu garnie du bas est très couverte en haut, tandis que c’est
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le contraire pour les parties latérales. Deux petits barreaux tordus remplissent les deux vides supérieurs. La figure 72, avec une distribution semblable montre le milieu assez orné au milieu et en haut, et les côtés occupés en bas par des faisceaux courbes soudés avec volutes vers les angles du haut. L’exemple suivant (73) est divisé inégalement dans sa largeur, la partie centrale l’emportant sur les deux autres. Ici les faisceaux courbes sont employés dans toutes les parties de la grille. On en soude d’abord les divers éléments ensemble après les avoir façonnés,
et ensuite ces ensembles sont à leur tour soudés aux barreaux auxquels ils appartiennent. La figure 74 donne une composition du même genre avec barreau central et division en quatre espaces égaux. En général il faut opposeï * les compartiments pleins aux espaces vides et vice-versa. Ici les deux volutes terminales, au milieu de la partie supérieure centrale, ne devront pas se relier aux montants latéraux parce qu’il se trouve là, de chaque côté, un ornement serré et qu’il faut l isoîer par un vide.
La figure y5 montre un grand panneau d’ornements reliés à un barreau central. Les vides que les ornements laissent vers le milieu seront remplis en partie par des courbes qui partiront des deux côtés du cadre. La grille qui suit (76) ne contient aucun barreau et se trouve remplie par deux grands mouvements courbes soudés de chaque côté de
la base du cadre; tous les ornements sont également soudés sur ces deux courbes reliées en haut par des embrasses. La figure 77 n est qu une variante de la précédente avec de nombreuses volutes en partie soudees et en partie découpées si l’on veut, surtout aux deux angles supérieurs. Lorsqu’il existe comme dans ces deux exemples un mouvement important pouvant recevoir une certaine force de fer, cette ligne ornementale devient alors constructive et assure toute la solidité de l’ensemble quels que soient les ornements accessoires et dont les mouvements les plus courts n’ont pas besoin d’être reliés par des bagues ou embrasses. Enfin la figure 78 nous
montre encore un de ces grands mouvements constructifs transformé en partie en barreau vertical et portant latéralement deux tiges verticales aussi chargées de volutes.
Nous n’avons donné ces exemples de composition que pour montrer un certain nombre des partis pris différents dont on peut se servir dans un travail de ce genre, et non point des modèles irréprochables, il s’en faut; de même que si nous n’avions craint d’augmenter le nombre de ces figures explicatives, il aurait été possible de faire voir cent autres arrangements très différents de ceux-ci. Mais ils suffisent pour prouver qu’il faut, dans le travail du fer, associer la fantaisie à la logique et se constamment préoccuper des difficultés qui peuvent se présenter à l’exécution. On a fait certes des tours de force des plus curieux en ce genre, mais notre
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