‹ Méthode de composition ornementaleChapitre 6 sur 33 · GROUPEMENT ET DEVELOPPEMENT DES ELEMENTS COURBES · texte numérisé non relu

GROUPEMENT ET DEVELOPPEMENT DES ELEMENTS COURBES

i en que tout cet ouvrage soit d’ordre théorique, nous aurons dans le présent Chapitre, beaucoup d’occasions d’entrer dans le domaine des applications de tout ce qui le précédé et de ce qu’il contient lui-même. 13 sera forcément fort étendu en raison des faces si multiples de notre sujet, et nous nous bornerons aux principales en suivant, comme pour les autres

parties, un ordre déductif et logique.

Le Chapitre XV, qui renferme la théorie des faisceaux linéaires, et surtout l’harmonisation des éléments courbes quelconques, a laissé de côté les autres groupements de courbes. Mais dans les figures rectilignes 14 à 19, il a montré quelques-unes des façons dont on pouvait rapporter à un axe des éléments parallèles ou divergents. Nous n’aurons donc pas à revenir sur ces figures, qui pourraient aussi tiouvei ici leui place, et nous nous occuperons des courbes rapportées à des axes.

Combinaisons des éléments courbes rapportés à un axe i ectiligne

Comme pour les figures 14 à 19 du chapitre XV, nous aurons à considérer des courbes parallèles harmoniques, égales ou inégales. Nous allons d’abord nous occuper de la courbe simple , en envisageant les prin¬

cipaux cas dans lesquels elle peut se présenter en groupes, relativement à un axe rectiligne.

Nous pouvons commencer par des courbes simples parallèles et d’égale

longueur non tangentes (1) ou tangentes (2) la convexité tournée en haut et opposées sur l’axe au même point, de façon à former des figures en

GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT

contre-pat tie. La figure 3 les présente égales aussi et opposées, la concavité tournée en haut. Le cas de tangence ne peut se présenter avec cette disposition.

La courbe simple pourra être située sur Taxe dans la position alterne , les points d attache avec 1 axe se trouvant en face des intervalles les

uns des autres. Ces courbes sont égales, la convexité tournée en haut (4) ou en bas (5); de plus, elles sont aussi parallèles, eu égard à la position semblable des éléments.

La figure 6 montre des courbes opposées, tangentes et inégales, la

convexité tournée vers l’axe, et la suivante (7) un cas semblable, mais où la tangence n’existe pas. Dans la figure 8 les courbes sont inégales, croissantes en descendant, opposées, avec la convexité tournée en bas, tandis que l exemple qui suit (9) s en distingue parce que les combes sont

croissantes et décroissantes de bas en haut. Les masses d’ensemble des figures 7, 8 et 9 sont curvilignes. La figure 10 présente des courbes inégales, alternes, non tangentes, la convexité en haut et les deux figures

suivantes ne différent qu’en ce que leurs courbes alternes et inégales ont, l’une la concavité en haut (1 1) et l’autre rapprochée de l’axe.

La courbe en S va nous donner les mêmes situations, mais avec ce changement que, la courbure en étant double, produit entre le point

d’attache à l’axe et l’extrémité, l’opposé de ce que donne la courbe simple. Nous grouperons d’abord des courbes parallèles et égales non tangentes tournées en sens inverse pour les figures 1 3 et 14 qui sont opposées ainsi que la suivante où elles sont en outre tangentes (i5). On peut les placer

groupement et développement

alternes, parallèles et égales, à raccord tangentiel, ou presque, avec 1 axe (16), opposées, égales et refermees sur l’axe (17), ou alternes

parallèles et égales, une extrémité concave sur l’axe (18). Enfin la figure 19 est alterne, les courbes refermées sur l’axe.

Les exemples suivants présentent des courbes en S inégales et dans la figure 20 croissantes de haut en bas, opposées et parallèles, comme la suivante (21) où les courbes sont tournées en sens inverse et tangentes.

Dans la figure 22 la différence est dans le caractère de la courbe qui la fait se refermer vers l’axe au lieu d’être ouverte comme la figure 20, et en ce que l’ensemble est curviligne par le contour de sa masse au lieu de présenter des éléments dont la croissance se fait sui une ligne dioite.

Le contour d’ensemble des figures 23 et 24 est également curviligne, leurs courbes sont opposées, croissantes de haut en bas pour 1 une et de bas en haut pour l autre, et pour chaque figure tournée en sens inverse, bien que tangentes toutes deux.

Les courbes de la figure 2 5 sont inégales, alternes et croissent de haut en bas; celles de la suivante (26) s’allongent de bas en haut, toutes deux dans des masses rectilignes. Enfin la figure 27 montre des courbes en S alternes et inégales refermées sur l’axe.

Dans les exercices qui suivent, des volutes ont été ajoutées à l’extrémité libre des courbes dont les dispositions de groupement sont prises dans les figures précédentes. 11 suffit de remarquer que l’expression ornementale s’en trouve accrue et enrichie sans qu’il y ait lieu de s’appesantir

GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT

beaucoup sur ces figures. Les courbes simples donnent naissance aux figmes 28 à 3i, et appartiennent toutes aux opposées ; de plus aucun de ces exercices ne comporte de courbes tangentes. Si nous avons de préférence montré la disposition contraire, c’est qu’en général le

dessinateur a une tendance naturelle à raccorder ses courbes à un axe, alors qu’il est parfaitement possible d’établir de fort bons ornements avec des courbes non tangentes, qui sont plutôt en majorité dans les objets naturels. La courbe en S prête peut-être plus encore à cette

inclination au raccordement et nous en donnons nous-mêmes plusieurs exemples (33, 34); mais un artiste soucieux de la variété dans ses oeuvres aura aussi recours à la ressource des courbes simples ou en S qui viennent s’implanter dans l’axe (32, 35, 36) et présentent ainsi un aspect

caractéristique fort différent des courbes raccordées. Les spirales peuvent également s’appliquer aux dispositions alternes (3y, 38), et nous les verrons plus tard presque exclusivement employées dans le rinceau. Nous avons négligé de nous occuper des courbes ondulées parce

qu’elles ne sont qu’une variété des courbes continues, et que leur ondulation ne doit pas être d’une dimension telle qu’elle gène le mouvement d’ensemble. 11 s’en suit que, si cette ondulation est très petite, elle peut être négligée au même titre que l’adjonction de points sur une courbe

ordinaire. Mais si l’ondulation augmente et devient irrégulière, nous rentrons dans la classe des courbes quelconques dont le nombre est justement inclassable. Néanmoins pour que de telles courbes puissent se grouper, il faut qu’il règne, entre celles d’un même groupe, une

GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT , l5

harmonie de forme que nous avons déjà remarquée dans les faisceaux,

de façon a ce que les espaces intermédiaires ne cessent pas de s'harmoniser.

La figure 39 montre un groupe de courbes fortement ondulées, inégales et opposées, et les trois exemples suivants sont des dispositions de ce genre avec spirales terminales (40, 41, 42).

Croisements par rapport à un axe rectiligne

1 ES ct°isernents de courbes sur un axe seraient susceptibles d’un grand nombie de cas différents et compliqués. Nous nous en tiendrons à quelques exemples relatifs à la courbe simple et à la courbe en S. Si nous donnons ces figures, ce n’est que pour que le lecteur ne

croie pas que nous n’avons en vue que les dispositions uniquement latérales. De ces croisements il ne sera montré que Je principe lui-méme sans aucun développement pour le moment. La courbe simple tournée dans ses deux sens nous donne les figures 43 et 44; la suivante (45) qui n’est qu’une variété du premier de ces exemples, montre la courbe recroisée au-dessus d’elle-mème ; disposition qui peut être continue si les éléments se prolongent. Les diverses positions de la courbe en S se trouvent dans les figures 46 et 47; car les suivantes n’en sont que des cas particuliers relatifs à la position d’une des extrémités de la courbe (48, 49).

Enfin la figure 5o montre des croisements superposes inégaux de largeur. Nous aurons plus tard l'occasion de retrouver des croisements differents et non rapportés à des axes. Cependant, nous croyons devoir faire observer que ces figures ont quelque chose d'incomplet, qui tient a ce que tout mouvement courbe est censé avoir une origine, une racine, un départ, alors qu'ici nous n'en voyons que des fractions isolées. Mais, dans toute composition, cette origine se montrera dans les

autres parties de la surface ornée, tandis que, dans ce paragraphe, nous n’avons montré que les principales manières dont pouvait s effectuet le croisement sur un axe réel ou virtuel à l'endroit seulement ou il

s’effectue.

Taisceaux sur des bases courbes

Par bases courbes , nous pouvons aussi entendre axes courbes quand les éléments qui s’y rapportent en garnissent les deux côtés. Mais avant de nous occuper des faisceaux courbes, notre première figure sera consacrée aux faisceaux de lignes droites que nous avons déjà vus dans le Chapitre XV, figures 9 à 19, rapportés à des bases rectilignes. 11 n’y a pas, dans ce cas, de difficultés à redouter en ce qui concerne la rencontre des lignes droites du faisceau avec sa base, tandis qu avec des bases courbes, les faisceaux subissent une autre loi provoquée par la base courbe elle-même. En effet, pour qu’un faisceau de lignes droites présente des angles égaux des racines avec la base, il faut que chaque élément

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forme, avec la partie de base courbe où il se pose, un angle égal à celui formé par les autres éléments. 11 s’ensuit une divergence des directions qui met ce faisceau rectiligne en rapport harmonique avec la courbe qui le

supporte (5i). 11 est vrai que rien ne serait plus aisé que de placer un faisceau quelconque sur une courbe, comme nous l’avons fait sur des bases droites; mais il est inutile d’en donner des exemples puisque alors

le faisceau n’est qu’un hors-d’œuvre indépendant de la courbe et simplement juxtaposé sur elle, et que les angles des racines avec la base seraient différents. Cette égalité d’angle d’insertion doit être aussi

suivie par les racines des faisceaux couibes, comme les figuies 52 et 53 en donnent des exemples. La forme généiale des faisceaux est différente de celle qu’ils prennent sur une base dtoite, à cause des inflexions

variées des racines, mais le principe est le même. On peut ainsi placer deux faisceaux opposés sur une base unique (54), ceux-ci formés par des courbes simples, ou bien plus mouvementés par des courbes en S comme point de départ (55). 11 est également possible de

raccorder les faisceaux tangentiellement à la base courbe (56) en y créant aussi des oppositions.

Mais les bases ondulées présentent des cas dans lesquels les courbes ne peuvent suivre le mouvement à cause de l’égalité d’angle de leurs racines, ainsi que le démontre la figure 5y où des lignes droites remplacent les faisceaux courbes. 11 se produit alors des pénétrations, des

rencontres, des croisements du plus mauvais effet. 11 sera difficile au faisceau courbe de se loger sur une base de cette espèce, s’il n’est pas en entier sur une seule ondulation (58). Dans le cas contraire, pour que les racines conservent leur angle égal, il sera nécessaire de faire subir aux courbes du faisceau des mouvements qui ne seront pas toujours du meilleur effet (59). Mais les courbes tangentes permettront d’éviter ces aspects fâcheux (60) et la figure 61 donne un exemple satisfaisant de faisceaux raccordés. C’est là, nous aurons occasion de le constater plus bas, une ressource importante pour l’enrichissement des grands mouvements courbes que l’emploi des faisceaux dont nous venons de montrer les cas principaux.

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'Eléments courbes rapportés à un axe courbe

I ous cas que nous avons montrés dans les quarante-deux premières J figures de ce chapitre peuvent être rapportés à des aXes courbes. Nous donnerons quelques-unes de ces figures dans lesquelles on ne pourra éviter un resserrement des éléments du côté concave de l’axe, à cause de l’obligation de

maintenir aux points d’attache des courbes une situation régulière. Mais cette contraction n’a rien de choquant tant qu’elle n’est pas exagérée, et qu’il ne s’y trouve ni contacts, ni superpositions.

Les figures 62 et 63 montrent des courbes simples, opposées et alternes, et les figures 64 et 65 des courbes en S opposées en deux sens différents. Ces courbes sont d’égale longueur, mais non plus parallèles.

Les exemples suivants (66, 67) sont composés de courbes avec volutes, et ne présentent aucune particularité. Dans les deux figures suivantes (68, 69) se produit un resserrement causé par la courbure plus rapide de l’axe et par la longueur des courbes employées. En effet, 1 artiste sera

obligé, dans un cas pareil, de proportionner la longueur des éléments à la courbure de l’axe, pour que les contacts ne se produisent pas, et que Y air, c’est-à-dire le fond, pénètre autour de tous les ornements; car sous aucun prétexte il ne faut changer l’angle que forment les éléments par rapport à l’axe. Au reste, si les éléments employés devaient être

développés en ornements, c’est-à-dire doublés ou garnis de formes en surface, ces resserrements rendraient la chose impossible.

Des courbes ondulées garnissent les axes des figures 70 et 71, et sont sujettes aux mêmes observations.

Nous avons exposé les difficultés que présentent les faisceaux à

racines implantées sur 1 axe courbe avec un angle ouvert; nous les laisserons de côté pour donner quelques exemples de faisceaux raccordés ou tangents symétriques. La figure 72 présente une disposition de ce f<eme avec des courbes simples, l’axe étant peu courbé à l’endroit de

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1 insertion, il n’en résulte aucun resserrement préjudiciable. Dans la figure y3 les deux faisceaux, bien qu’éloignés, tendent à se rapprocher avec excès par suite du mouvement de l’axe ; l’exemple suivant (74) montre

à peu près la même disposition avec des courbes en S, et la figure y 5 est disposée de façon à déterminer une masse circulaire.

Les faisceaux courbes des quatre figures qui suivent sont croisés sur

l’axe, ce qui est une disposition nouvelle dont il est possible de tirer des partis intéressants. Il sera alors nécessaire de choisir les courbes des faisceaux de façon à ce que leurs mouvements viennent croiser l'axe

franchement et selon les inflexions de celui-ci (76). La figure 77 montre une partie du faisceau en courbes opposées et le suivant (78) ne présente que peu de courbes croisées sur 1 axe. Dans la figure 79, au contraire, malgré le départ éloigné des courbes du faisceau, on voit qu’il y a

toujours moyen de les infléchir pour qu’elles viennent couper 1 axe normalement. La figure 80 donne un exemple de plusieurs faisceaux différents, placés à la suite les uns des autres sur un axe courbe. 11 faut, à ce sujet, remarquer combien grande est l’importance de la forme générale de ces faisceaux qui, selon l’espace à occuper, jouent le rôle de véritables motifs. Les deux figures suivantes (81, 82) présentent simplement des faisceaux ondulés, dont l’un avec courbes modifiées.

Arrangements continus en ligne droite

Courbes simples contiguës

Nous entrons ici dans un ordre d’idées tout différent des précédents, et les groupements courbes que nous allons étudier forment une division importante de ce chapitre. Suivant notre méthode habituelle, nous reprendrons les éléments courbes de la même manière que ceux que

GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT

nous avons rapportés à des axes, c’est-à-dire en considérant séparément, d abord, la coutbe simple, la courbe en S et la spirale; puis ces trois éléments combinés s’il y a lieu.

Les arrangements continus en ligne droite pourraient être nommés simplement arrangements continus et contigus, car ils pourraient aussi bien être en ligne courbe, ce qui ne changerait rien à notre exposé. C’est

simplement pour ne pas compliquer cette question, et pour loger plus facilement de nombreuses figures, que nous les avons placés pour le moment en ligne droite, à la façon des bordures, dont les tracés suivants

sont appelés à devenir de nombreuses sources par un développement ultérieur.

En réunissant des courbes simples par leurs extrémités, on obtient les figures 83 et 84. Si, au contraire, l’une des extrémités touche la courbure

voisine en son milieu, son autre terminaison sera libre (85, 86). En ce dernier cas, la position des courbes peut être alternée soit à l’extérieur (87), soit en dirigeant la courbure à l’intérieur (88).

Les courbes simples peuvent être tangentes les unes aux autres, et pour cela il faut qu’elles soient alternées de sens (89). Si elles ne sont tangentes que par une extrémité, ce seront des courbes simples

raccordées.

Courbes simples raccordées

| a figure 90 nous montre des courbes simples tangentes, au milieu de L la courbure de leur voisine, ce qui en fait des courbes raccordées. Ces courbes peuvent se joindre aussi par leurs extrémités si la courbure

est suffisante (91). Les courbes raccordées peuvent être doubles (92), triples (93) et constituer des faisceaux raccordés. Ces faisceaux pourront

aussi se réunir par leur racine commune et 1 extrémité de 1 une des courbes, si la courbure le permet (94)* Cependant ils peuvent avoir

des mouvements fort différents de ceux que nous montrons ; ainsi, ceux des figures 92 et 93, ayant des mouvements plus accentués, pomraient

revenir en arrière avec des courbes d’inégale longueur ou un crochet à leur extrémité, et ne se terminent pas nécessairement sur une horizontale. Ceux de la figure 94 pourraient être alternés, en ce sens que, pour tous les groupes de courbes raccordés de deux en deux, il serait possible de les joindre par la courbe inférieure du faisceau au lieu de la courbe supérieure seulement.

Courbes en S contiguës

Nous donnons deux exemples de courbes en S qui se touchent par une des extrémités, l’autre restant libre (9 5, 96). Cette disposition peut comporter deux ou plusieurs courbes formant faisceau (97) comme

nous l’avons vu pour les courbes simples. Mais les courbes en S peuvent aussi se réunir par leurs deux extrémités en alternant de sens (98) er constituer également des faisceaux courbes raccordés dans le même sens par l’extrémité de 1 une des courbes (99) I cette disposition peut ètte

alternée (100). La courbe en S peut aussi se joindre par tangence des extrémités courbes si elles sont suffisamment accentuées (i o i), et former des faisceaux dans cette situation (102). La figure io3 n'est qu un dérivé de la figure 95, dont les éléments sont distants et plus inclines; elle peut egalement donner lieu à la formation de faisceaux contigus ( 1 04).

Dans l’arrangement de la figure 10 5, les courbes en S sont tangentes par des parties voisines de leurs deux extrémités et placées symétriquement ; des faisceaux peuvent également résulter de cette disposition (106), soit en un sens, soit dans l’autre, ou encore alternés.

La plupart de ces dispositions sont connues et fort employées depuis longtemps; cependant, nous avons jugé utile d’en donner, non un tableau complet, qui occuperait, ici, une place considérable, mais seulement quelques types principaux. 11 est certain, également, que, selon le carac¬

tère spécial de la courbe en S employée, l’aspect de ces groupements changerait de physionomie en occupant latéralement une place plus ou moins grande.

Ces tracés simplifiés montrent mieux un principe qu’un ornement plus riche, et, avant d’aller plus loin, nous pouvons, par comparaison,

distinguer deux systèmes différents dans ces arrangements, quelles que soient les courbes qui les constituent. Si, en effet, nous envisageons ces exercices dans une situation verticale, il est facile de constater que les deux principes dont nous parlons sont le principe unilatéral et le principe

GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT i2y

alterné. Tous deux peuvent donner d’excellents résultats, selon leur destination , cependant, dans le cas où une bordure engendrée par des

courbes groupées doit être placée

système alterné se compensera dans mettre une telle bordure aussi bien à ce qu’on ne saurait effectuer avec le

en tous sens, il est certain que le

un équilibre parfait, et qu’on pourra gauche qu’à droite sans la renverser, système unilatéral. Ainsi, nos figures

87 à 90, 92, 93 et 100 procèdent du principe d’alternance, et les autres du principe unilatéral.

Avant de passer aux courbes en S raccordées, nous allons compléter les exercices précédents par l’adjonction de volutes.

Courbes simples contiguës avec spirales

En ajoutant des spirales aux exercices précédents on en augmente l’aspect ornemental, c’est-à-dire que l’emploi pratique en paraît plus immédiat, non pas que la volute soit indispensable pour créer un

ornement, mais elle complète heureusement les mouvements courbes en général. C est pour cela que nous en donnons un certain nombre tiré des figures qu’on a vues plus haut.

)2g MÉTHODE DE COMPOSITION ORNEMENTALE

Ici peut se placer une petite remarque relative à la volute. Certains esprits, amoureux du seul présent, et voulant faire une farouche table rase du passé, ont compris la volute dans leur irréductible réprobation des formules anciennes, parce que cette courbe a été employée dans le chapiteau ionique. Nous pensons que cette raison n’est pas suffisante, car la spirale appartient aux formes de principe de l’ornement en général,

et n’est pas du tout une dépendance de l’ornement classique, ainsi que quelques-uns se l’imaginent. De plus, la Nature nous en donne de parfaits modèles, entre autres dans l’architecture délicate et raffinée des coquilles de terre et de mer. Au reste, cette courbe est belle en ellemême; et nous déclarons, pour notre compte, qu’il est impossible, en même temps que ridicule, de la rejeter des formes ornementales.

Les figures 107 à 110 ne nécessitent aucune explication; on y voit clairement se dessiner des principes de bordures utilisables. La figure 1 1 1 est d’un caractère particulier et intéressant.

On fait en général peu usage des courbes simples contiguës parce qu’on n’y pense pas. Mais l’ornement doit être la variété même pour ne pas être fatigant, aussi avons-nous tenu expressément à insister sur ce genre de composition un peu délaissé.

GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT

Courbes simples raccordées avec spirales

VEC ^es courbes simples raccordées nous entrons dans un domaine plus familier ; la figure 1 1 2 est d ailleurs l’un des principes du rinceau qui sera étudié à part. Nous avons séparé les courbes pour bien montrer qu il s agissait ici seulement de courbes simples raccordées. Quant à la

figure 11 3, elle est connue sous le nom de postes ; encore un de ces ornements que nous ferons bien de conserver malgré son usage dans l’art gréco-romain. D’ailleurs, notre livre est indépendant de toute attache avec une époque, quelle qu’elle soit, et les vérités qu’il renferme

s’appliquent aussi bien aux arts du passé qu’à ceux de l’avenir, comme nous l’avons dit dans l’introduction. La figure 114 n’est que la figure 1 12 avec courbes doublées, et dans cette voie il est facile de créer des faisceaux plus nombreux. La figure 1 1 3 est produite par la figure 91, à

,3o MÉTHODE DE COMPOSITION ORNEMENTALE

laquelle on a ajouté des soirales; mais on peut en tirer une autre disposition avec une deuxième courbe qui oorte la volute (i i5).

Nous pourrions, au moyen de la courbe simple raccordée, créer encore une quantité d’arrangements différents, véritable mine à principes de bordures.

Courbes en S contiguës avec spirales

Dans nos précédents exemples nous prendrons quelques figures auxquelles nous joindrons des volutes. Les figures i 1 6 et i i y ne demandent aucune explication et proviennent des figures 9 5 et 96. L’arrangement courbe 1 1 8 ne figure pas dans nos exemples sans volutes; les courbes en S sont alternées de sens pour créer ce tracé original. La figure 98 peut donner naissance à un grand nombre d’aspects différents,

surtout si l’on y raccorde des courbes doubles ou en faisceau; la figure 1 19 en est l’expression simple, et la suivante (1 20) rappelle, doublé, le numéro 116. L’exemple 121 est muni d’une deuxième volute qui en nourrit l’aspect, et les suivants proviennent de la figure 98 avec des volutes placées sur de doubles courbes raccordées soit en dessus, soit en dessous du tracé (1 22, i 2 3 , 124, 1 25). La figure 1 26 montre des courbes raccordées en un sens unique, tandis que les précédentes étaient

/w^@cyw

GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT i3i

symétriques. Les figures suivantes (i 27, i 28) sont tirees du même exercice (101), 1 un avec une volute, le second avec deux dont l’une raccordée.

Les principes émis à la fin du Chapitre XV sont pour nous formels, et tout ornement constituant un ensemble doit paraître sortir d’une origine

commune. Mais s’il s’agit de courbes fragmentées et, comme le dit notre sous-titre, contiguës , il n’en est plus de même. 11 ne s’agit plus ici d’un

être vivant poussant en un sens unique, mais plutôt d’une réunion d’objets séparés que l’on a rapprochés jusqu’au contact, telle une rangée de

coquillages pareils. L’artiste est donc libre en ce cas de traiter le type de cet objet, ou de cette figure, comme il l’entend, sans avoir à en faire

un être vivant, individuellement. Nous pouvons donc faire partir des mouvements des deux extrémités de ces figures sans qu’il y ait là rien de choquant; c’est pour cela qu’on peut très bien garnir des courbes

fragmentées de volutes à leurs deux extrémités. Les Chinois et les artistes de l’époque de Louis XV ont généralisé ce système à tous leurs ornements, ce qui selon nous est une faute, car cela a pour résultat de

fragmenter aussi et de rapetisser toutes leurs compositions qui ont toujours un aspect soudé ou recollé à l’envers. Au reste ce genre de composition est si facile qu’il est bien inutile d’étudier quoi que ce

soit pour y être passé maître, tout en reconnaissant aux oeuvres citées des qualités particulières incontestables qui ne tiennent nullement à la disposition générale, on peut même dire malgré celle-ci, et sur lesquelles

nous n’avons pas, pour le moment, à disserter ici. Nous maintenons que notre manière de voir est la plus saine, la plus logique et celle qui permet de créer les plus belles oeuvres.

GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT

Mais un certain nombre de nos exemples peuvent aussi se traduire comme s’il s’agissait d’un être vivant; ce sont ceux dont les mouvements

principaux viennent se souder les uns aux autres par une de leurs extrémités, et qui de plus, ont un sens uniforme en tant que direction de ces

mouvements. Telles sont les figures i i o, 112, 114, 1 1 5, 1 i 8, 1 20 et 1 26. Dans les exercices suivants, nos figures sont empruntées, comme

les autres aux principes simples qui précèdent , et auxquels on a seulement ajouté deux volutes, soit égales, soit de gtandeut diffeiente à chaque mouvement courbe.

Les exemples donnés (129, >3o, .3.) n'ont pas besoin d'explication; le numéro .32 provient de la figure .0.. La plupart de ces dispositions sont connues et employées depuis longtemps. La figure .33 est aussi

une modification du type 101, avec plus d’accentuation dans l’inclinaison des courbes en S. La figure ] 34 est absolument régulière dans son alternance , la suivante (1 35) est d’un usage moins fréquent, bien que connu.

11 est peu nécessaire de prolonger ces exemples de doubles spirales, dont il existe beaucoup de spécimens.

Le développement que nous avons donné aux arrangements courbes suivis nous a paru indispensable à cause de la richesse ornementale

qu’ils contiennent en germe, et parce qu’on n’emploie qu’assez peu de telles dispositions. En effet, le rinceau semble plus commode à tracer,

(xm. 101)

et vient se placer plus habituellement sous la main du dessinateur. vWais, si le rinceau est réellement l’un des principes de l’ornement les

GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT

plus féconds, il ne s ensuit pas pour cela qu’il faille négliger d’autres systèmes de construction qui, s’ils ne l’égalent peut-être pas en élégance,

sont tout au moins une source précieuse de saine variété, cetle variété qu on voit souvent pourchasser vainement, jusqu’au moment où les

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