A. — LES FAITS
Expérience n° 1. — (Nuit du 18 au 19 décembre 1921)*.
« Hier soir, vers minuit, vous avez essayé un dédoublement; avez-vous eu conscience de ce phénomène? Je vous ai donné quelques conseils, entre autres celui de ne rien craindre, d’essayer de vous condenser davantage et de vous stabiliser vous-même, sans vous accrocher à mon double comme un enfant qui essaie de marcher. Vous avez compris, mais, après quelques secondes d’essai, vous êtes vite retourné vers votre corps physique^ Je serais curieuse de savoir si votre cerveau physique a perçu ce phénomène ».
Cette lettre de Mme A. me plongea dans une songerie profonde. Ainsi donc, à mon insu, involontairement,, j’avais réussi, semblait-il, une expérience sur les dan-
gers et les difficultés de laquelle M. Lancelin, avec raison, appuie avec tant d’insistance.
Pour m’en convaincre, je résolus de tenter, le soir même, un nouvel essai, pleinement délibéré cette fois, et, bien entendu, sans en avertir Mme A .
Expérience n° 2. — (Nuit du 19 au 20 décembre 1921).
Je me couchai, à 23 h. avec la ferme volonté de me rendre « en astral », auprès de Mme A. Après une intense concentration, je m’endormis. Au réveil, il ne me restait aucun souvenir. Après le déjeuner, j’allai chez Mme A. pour la remercier de sa lettre. Dès mon entrée, elle se mit à rire, et me dit:
« Vous avez réussi, mais vous avez fait un effort trop grand. Aussi le parquet, les meubles, tout à craqué ici...»
Avec la plus grande amabilité, Mme A. voulut bien mettre sa faculté de clairvoyance à mon service, et il résulta de cette entente les faits suivants:
Expérience n° 3. — (Nuit du 20 au 21 décembre 1921).
J’avais convenu avec Mme A. de répéter la tentative le soir même, en lui disant que, si j’éprouvais une crainte quelconque je me mettrais « en boule ».
D’autre part, ayant perdu une parente éloignée la semaine précédente et désireux de lui procurer une aide posthume j’avais formé le projet, une fois l’expérience terminée, de m’efforcer de retrouver la défunte «‘de l’autre côté », et de l’emmener chez Mme A., à lf insu de cette dernière .
Le lendemain, aü soir, je reçus cette lettre:
« A l’heure fixée, les petits crépitements électriques se sont produits, et vous vous êtes montré, « en boule ». J’ai ri, car je savais que cette forme vous appartenait. Très lentement, la boule est devenue un carré et vous êtes parti...
« Je commençais à m’endormir, lorsqu’un quart d’heure après, environ, les petits crépitements que je commence à connaître m’ont ramenée à la réalité (astrale).
« Vous étiez là, au milieu de la pièce, entouré d’un
joli mauve rosé, le corps fluidique assez bien silhouetté et entouré, à la taille, d’un large anneau fluidique ressemblant à une ceinture de sauvetage.
a Vous êtes resté quelques minutes très calme et je vous ai vu disparaître avec ce rayonnant mauve-rosé et votre ceinture de sauvetage.
« Je vous ai demandé la raison de cet appareil, mais vous n’êtes pas encore en état de répondre ».
Expérience n° 4. — (Nuit du 28 au 29 décembre 1921).
Cette 4e tentative, concertée avec Mme A. donna lieu au compte-rendu ci-après: « Je vous ai vu plus petit que les fois précédentes, mais compact. Figurez-vous un bonhomme de neige, et la neige dont il est formé se mouvant continuellement sans changer de forme. Seuls, les bras s’agitaient dans le geste de chasser quelque chose d’autour de la tête... »
Expérience n° 5. — (Nuit du S au 6 janvier 1922).
Concertée avec Mme A. — Toutefois, sans en prévenir celle-ci, je m’efforçai de pénétrer chez elle par une fenêtre bien déterminée de son appartement, à gauche de sa table de travail.
Compte-rendu: « Aucun craquement. Attendu assez longtemps. Puis, une clarté d’un joli vert lumière, une projection lumineuse provenant de la fenêtre . Mon attention s’est portée de ce côté et j’ai entendu une voix profonde, si vibrante, disant que le Sanyami sanglotait au travers des carreaux, puis tout a disparu... Que veut dire Sanijami » ? (1).
Expérience n° 6. — (Nuit du 6 au 7 janvier 1922).
Concertée. — Compte-rendu: «...Vous vous êtes assis; nous avons à peu près réussi ce à quoi je veux arriver* Vous étiez vêtu absolument comme quand le vrai M. L. vient me voir, mais pas aussi solide sur soi-même. Malgré la position assise, vous onduliez légèrement... »
Expérience n° 7.— (Nuit du 13 au 14 janvier 1922).
(1) Terme hindou désignant celui qui se livre à la concentration.
Non concertée. — Je veux m’efforcer de témoigner ma reconnaissance à Mme A. Compte-rendu: « Hier soir,, vers minuit, près d’entrer dans le sommeil naturel, j’ai senti l’appel astral, et perçu une colonne d’un blanc bleuté. Elle s’est silhouettée en approchant de moi, sans toucher le parquet... Je vous ai reconnu aux vibrations d’abord, ensuite par la silhouette. Vous disposiez d’une grande force calme et douce et, de la place où vous étiez, vous avez envoyé vers moi deux grandes ailes, dans lesquelles vous m’avez paru tout d’un coup enveloppé.
« J’ai senti le toucher de ces ailes sur mes épaules, pendant qu’en moi-même irradiait une joie très douce, ressemblant à celle que j’éprouvais quand l’un de mes enfants venait tendrement me remercier pour un plaisir donné...
« Vers minuit, la jeune fille qui se trouvait dans la pièce voisine a entendu craquer le plancher auprès de la psyché...».
Expérience n° 8. — (Nuit du 1er au 2 février 1922).
Concertée. — Conditions atmosphériques (pluie probable) très mauvaises. Donné Yordre verbal par trois fois, au corps astral, qui a mal compris et a effectué trois voyages! La personne désignée ci-après sous le nom d’Alice n’est pas au courant des tentatives.
Compte-rendu; « 1° Vu un nuage d’un blanc bleuâtre essayant vainement de prendre forme. Après quelquesminutes d’essai, il a disparu; 2° Une sorte de poupée instable, disparue rapidement; 3° Une forme plus précise, plus harmonieuse, s’est présentée, très stable, pendant quelques minutes. J’ai dit mentalement: « C’est très bien, cette fois, essayez de vous souvenir ».
« A remarquer que la forme semble ne jamais se poser sur le parquet:
« Contrôle: le lendemain, Alice me dit: « Il me semble* que quelqu’un est venu hier, après que nous nous sommes quittés. Par trois fois j’ai entendu craquer, et, la troisième fois, j’ai vu passer quelque chose de vaporeux^ de couleur blanchâtre ».
Expérience n° 9. — (Nuit du 3 au 4 février 1922).
Non cencertée. — Pour la première fois, le « fantôme » .ramène dans le corps physique le souvenir de ce qu’il a vu. Le soir, en me concentrant, il m’avait semblé «voir» un lis sur sa tige, que je sentis m’être envoyé par Mme À. Au moment de l’expérience, à 23 h. je me résolus à lui rapporter ce lis. Circonstance fâcheuse, il pleuvait. Je me concentrai violemment.
Le lendemain matin, il me restait ce souvenir (dont je ne sais s’il appartient au sommeil ou à la période de concentration préalable, mais que je crois plutôt afférent à cette dernière) :
« Je perçois intérieurement Mme A. chez elle. Elle semble heureuse; elle a ses lunettes. Quelque chose de brun paraît couvrir ses épaules. La table est ramenée sous le gaz.
« Mme A. me semble écrire quelques mots, puis ouvrir et refermer presque de suite un volume assez gros, ressemblant comme format et épaisseur à la « Méthode de dédoublement personnel » de Lancelin.
Toutes ces notions m’étaient venues comme des «bouffées d’intuition ». Je me hâtai d’écrire ces perceptions ,à ma correspondante, qui me répondit par le compterendu suivant:
« En effet, je me suis assise à ma table. Je n’ai pas écrit, mais lu une lettre (je ne puis lire qu’avec mes lunettes). J’ai ensuite ouvert un livre que j’ai feuilleté quelques minutes, puis, la raison parlant, vu l’heure tardive, je l’ai refermé. Ce volume est à peu près de la grosseur et du format du « Dédoublement » de Lancelin. Je n’avais rien de brun sur les épaules. En effet, je vous avais envoyé un lotus...
« Les visions sont très souvent ce que vous appelez des «bouffées d’intuition», et quand nous disons: je vois, nous pourrions tout aussi bien dire: je sais. Mais les profanes ne comprendraient pas.
« J’ai préféré laisser cette intuition s’annoncer ellemême en vous, plutôt que' de vous expliquer le phénomène.
« D’abord, cela ne peut guère s’expliquer, il faut k ressentir soi-même...».
Expérience n° 10.— (Nuit du 8 au 9 février 1922).
Concertée. — Temps: beau, froid, sec. Un seul commandement, tout haut, au corps astral, puis sommeil immédiat. Heure: 23 h. 20.
Compte-rendu « Vers 23 h. 40, un nuage d’une teinte rose et vert lumière évolue quelques instants sans prendre aucune forme...
« Je commençais à sommeiller. Un coup sec m’éveilla complètement (à minuit; j’ai regardé l’heure).
« Vous étiez là, assis, tête nue, et tellement réel! Absolument comme si je vous regardais dans une glaceu, Pendant cette vision, j’ai eu le temps de penser: « C’est bizarre, je n’ai jamais vu personne en astral d’une manière aussi nette, aussi précise ». Je me rendais compte, néanmoins, que malgré cette précision je vous voyais comme un reflet.
« Et cependant c’est une forme humaine de substance astrale qui s’est éloignée, quand le reflet a disparu ».
Expérience n° 11. — (Nuit du 20 au 21 avril 1922).
Concertée. — Temps: très beau. Repas carné et copieux à midi. Je désire offrir des fleurs à Mme A. Deux fois, je me suis senti « partir »: la première, par un glissement froid à la nuque; la seconde, par la sensation bien connue qui provoque une brusque détente des jambes et le réveil. Je me concentre de nouveau, et je tombe en un profond sommeil.
Compte-rendu: « A minuit moins le quart, vibrations modérées... J’ai ressenti l’impression que le nuage blanchâtre cherchait à se mieux former et j’ai essayé de lui venir en aide par la pensée. Vu, l’espace de quelques secondes, des fleurs: des lilas très clair. Sortant du nuage* une main fermée comme par un effort. Ensuite, la main ouverte, presqu’aussi matérialisée qu’une main de chair. Mais l’effort ne dure pas; il faut saisir le cliché comme un éclair ».
Les expériences dont le récit va suivre appartiennent b une autre série. Elles ont été exécutées avec l’aide de deux de mes amis: M. André Daverne et M. Pierre Noël. Aucun d’eux n’est clairvoyant. Aussi les tentatives ciaprès, lorsqu’elles ont été volontaires, ont-elles eu pour but essentiel de ramener dans te cerveau physique le souvenir des faits enregistrés au loin par le « double ». Contrairement à ceux qui précèdent, qui étaient effectués à Fétat de sommeil naturel, les dédoublements exposés ci-dessous, à l’exception des nos 12, 15 et 20, ont eu lieu à l’état de veille, ou, si l’on préfère, sans la perte .totale de la conscience physique.
Expérience n° 12. — (Nuit du 15 au 16 oct. 1922).
Je ne «connais aucunement, même à ce jour, « les Imberts », propriété de la famille Noël, près de Blois. Or, è la date du 16 octobre 1922, mon carnet porte la note suivante;
« Cette nuit, j’ai « rêvé » que j’étais aux Imberts; une maison blanche, avec, au rez-de-chaussée, trois fenêtres aux sommets arrondis. J’ai parcouru une antichambre, monté l’escalier en chêne très clair, avec une rampe de même. Cet escalier tourne à angles droits. Verrière sur le premier palier.
« Dans le jardin, des massifs d’aucubas et de très grands arbres ».
Compte-rendu: « La maison est blanche, mais le rezde-chaussée possède seulement une baie surmontée d’ornements en demi-cercle.
« L’escalier et sa rampe sont en chêne clair et ciré. Ils tournent à angles droits. Le premier palier prend jour par une fenêtre; la verrière signalée existe; toutefois, elle éclaire une autre partie de la maison.
« Le jardin est ombragé de très grands arbres, les massifs d’aucubas y figurent bien ».
Expérience n° 13.— (Nuit du 18 au 19 déc. 1922).
Notes de mon carnet: « Hier, à 22 h. 30, tenté une sortie en astral à l’état de veille. Concentration et sensation physique de diffusion habituelles.
« Vu A. D. écrivant, assis devant sa table. La lampe électrique est tirée, d’une façon inhabituelle, vers le milieu du meuble. Des enveloppes, du papier à lettre bleus, des objets de bureau s’entassent auprès du coude droit de A. D. Sensation que cela le gêne, et qu’il va faire tomber quelque chose ».
Compte-rendu: « La lampe électrique était, en effet, disposée au milieu de la table, et non à gauche, à sa place accoutumée. Les enveloppes, le papier à lettre occupaient bien, ainsi qu’un coupe-papier, une règle d’ébène et un ouvre-Iettres, l’emplacement désigné. Seule, la doublure des enveloppes est d’un bleu vif. A. D. était gêné par la proximité de ces objets; il a fait tomber, avec son coude, dos feuillets et la règle d’ébène ».
Expérience n° 14. (Nuit du 20 au 21 déc. 1922).
Notes de mon carnet: « Noël m’a informé qu’il y a, chez lui (4, rue d’Italie, à Vincennes), une chose nouvelle . Je conviens d’aller le soir même, en dédoublement, « voir » ce qu’est cette chose. N. disposant de sa soirée* je lui propose également de m’efforcer de frapper trois coups sur un plat de faïence ancienne qui orne le dessus de la porte de la salle-à-manger. (L’appartement de
M. Noël m’est familier). L’heure de la tentative est fixée de 23 h. moins 5’ à 23 li. 5.
21 décembre au matin. « Vu » le plat et remarqué une fêlure que je ne connaissais pas. Violent effort pour matérialiser l’index. Sous mon drap, j’ai fait trois fois le geste de quelqu’un qui heurte une porte. Sensation que
N. est dérangé. Vu objectivement un linéament vert phosphorescent, brillant sous mes paupières fermées, et «su» qu’il s’agissait d’un buste de bronze vert, bien que le irait de feu smaragdin n’eût dessiné qu’un vague contour de tête et d’épaule. Ce buste m’a paru une tête masculine, chauve, les sourcils touffus, les yeux extraordinairement profonds et enfoncés. J’ai pensé un moment que c’était cela kt chose nouvelle . J’ai toutefois cherché encore. Perçu un meuble à colonnes torses, avec tapis-
sérié, mais je ne saurais dire s’il s’agit d’un fauteuild’une table ou de quoi que ce soit ».
Compte-rendu.* « J’ai raconté à Noël ma « sortie », le lendemain même de l’essai, en présence de M. P. Le Cour et d’un de ses amis, qui précisément le soir de l’expérience, étaient allés rendre visite à N, qui les avait mis au courant.
« La sensation de dérangement correspondait donc à une réalité. Le plat ancien, d’autre part, est bien fêlé. M. Noël et ses visiteurs ont bien entendu à 23 h. deux, coups « cristallins » en direction du plat. Ils ne sont pas sûrs d’en avoir entendu un troisième.
« Le buste de bronze vert, acheté à mon insu, est un Àntinoüs à l’opulente chevelure, aux arcades sourcilières très acusées. Les yeux sont figurés par des trous.
« Le meuble à colonnes torses est un cabinet Renaissance, dont le bois noir est incrusté d’ornements rougeâtres en arabesques, qui ressemblent étonnamment à de la tapisserie. N. s’exclama: « On ne peut rendre, d’une façon plus exacte, l’objet d’une perception inexacte ».
Expérience n° 15. — (Nuit du 18 au 19 janvier 1923).
Notes de mon carnet: « Cette nuit, allé involontairement, en astral, aux « Imberts » (la propriété, sise près de Blois, de la famille Noël).
« Perçu la cuisine avec un vaste fourneau* à hotte. La pièce est peinte en jaune, avec une bande rouge en frise.
« Il y a un détail architectural inusité, une bizarrerie qui rompt le carré de la pièce, comme une colonne ».
Compte-rendu: « Le fourneau est grand et surmonté d’une hotte. La cuisine est peinte uniquement en jaune; le gros tuyau du calorifère à air chaud la traverse comme une colonne ».
Au début du mois d’avril suivant, je résolus, d’accord avec M. A. Daverne, de tenter une nouvelle série d’épreuves, mais en numérotant, cette fois, les perceptions et en les rédigeant de telle sorte qu’aucune place ne fût laissée à une interprétation ambiguë.
Les résultats de cette série ont toujours été vérifiés le lendemain matin même de fexpérience.
J'extrais de cette série le récit des trois essais suivants (16, 17 et 18):
Expérience n° 16. — (Nuit du 9 au 10 avril 1923).
Tentative exécutée à 22 h. 30. Perçu:
1° Notion d’une contrariété relative à des questions de toilette;
2° Vive lueur tourbillonnante dorée, semblable à une médaille à l’effigie de François Ier, accompagnée d’une pensée tenace de la famille C.
3° Pensée du grand dôme de la Bibliothèque Nationale.
Compte-rendu :
1° A. D. rentrant de voyage (à l’insu de l’expérimentateur) a fait une toilette soignée, mais sans aucune contrariété.
2° A. D. fut rendre visite, ce même soir, à la famille C. qui demeure rue de la Renaissance, tout près de la rue François Ier.
3° Ne correspond à rien.
Expérience n° 17. — (Nuit du 10 au 11 avril 1923).
Tentative exécutée à 0 h. 30, dans le but de connaître les faits s’étant passés à 22 h. Perçu:
1° Pensée très vive de M. Henri A.
2° A. D. allongé sur le fauteuil jaune de sa chambre, et dans l’attitude d’un laisser-aller dont il n’est pas coutumier.
Compte-rendu:
1° A. D. doit renvoyer, ce matin même, un catalogue de librairie à M. Henri A.
2° Oui, à 22 h. A. D. fatigué s’est en effet allongé, dans V attitude décrite, sur le fauteuil jaune.
Expérience n° 18. — (Nuit du 11 au 12 avril 1923).
Tentative exécutée à 23 h. 30 dans le but de connaître les faits s’étant passés dans la soirée. Perçu:
fi
1° A. D. accoudé à la fenêtre ou regardant un instant dehors, alors qu’il faisait encore un peu jour.
2° Piano?
3° A. D. à sa table, dans sa chambre, écrivant:
a) lettres?
b) faisant des comptes ou s’occupant de chiffres?
Compte-rendu :
1° À. D. n’est allé à la fenêtre, vers 19 h., que poujr fermer ses persiennes, lesquelles avaient été laissées ouvertes par la domestique.
2° Non, A. D. n’est même pas entré dans son salon.
3° a) Non, A. D. n’a pas écrit de lettres.
b) Oui, A. D. a fait ses comptes longuement; ayant touché une somme de quelque importance, il a passé plus d’une demi-heure à classer les billets et les coupures, à en raccommoder les déchirures, à en déplier les coins; puis, il les a répartis dans diverses enveloppes, après avoir fait des additions. Ce genre de travail lui est absolument inhabituel.
Expérience n° 19. — (Nuit du 3 au 4 mai 1923).
Tentative exécutée à 22 h. Perçu:
A. D. debout, dans sa cuisine, buvant quelque chose de brun.
Compte-rendu :
Exact; accablé par la chaleur précoce et exceptionnelle, A. D. s’est rendu dans la cuisine, à 10 h. pour y prendre de l’eau fraîche, à laquelle il a en effet mêlé une boisson de couleur brune.
Expérience n° 20. — (Nuit du 12 au 13 juillet 1923).
Notes de mon carnet: Cette nuit, collection de «rêves» particulièrement lucides, parmi lesquels:
1° A. D. me montre une brochure traitant d’un sujet « extraordinaire » et publiée chez Albin Michel.
2° M. G., mon collègue de bureau, m’explique comment il faut faire, en cas d’accident, pour demander à une Compagnie de taxis d’envoyer chaque jour son médecin.
Compte-rendu: « à cette époque, je me trouvais en vacances aux Sables-d’Olonne; A. D. et M. G. étaient tous deux à Paris. Bien que je sois très lié avec chacun d’eux,
11 ne me souvient d’avoir rêvé de A. D. que trois fois (la première constituant une perception exacte, la seconde une perception fausse, la troisième, enfin, étant rapportée ici) et de M. G. qu’en cette unique occasion.
1° A. D. avait acheté, l’après-midi même qui précéda la nuit du rêve, la brochure de Grillât de Givry: « La Survivance et le mariage de Jeanne d’Arc », effectivement éditée chez M. Albin Michel.
2° Il se trouva que fa mère de M. G. fut renversée, le
12 septembre suivant, par un taxi. L’accident, heureusement sans gravité, nécessita cependant l’intervention du médecin de la Compagnie, dont M. G. d’ailleurs, déclina les services.