DE QUELQUES AUTRES JEUX
Nous sommes moins sévères pour les escamoteurs qui nous ont procuré de charmantes soirées, pourvu qu'on leur donne préalablement un avertissement sévère, relatif à la modestie dans les paroles. Un escamoteur, tous les deux ou trois ans, suffit de reste, par ce principe posé au début, que ces plaisirs ne peuvent plaire qu'à la condition d'être fort rares.
La lanterne magique nous amusait beaucoup quand nos enfants étaient plus jeunes ; Polichinelle ou Guignol qui le détrôna, régna quelques années avec beaucoup de gloire ; le théâtre l'a renversé à son tour, ce qui prouve une fois de plus ses inconvénients, car tous les ans, c'était le plaisir du dimanche gras ; nos enfants sont devenus trop difficiles pour s'en contenter désormais.
Nous n'avons jamais de promenades, tandis que (TautresŒuvres, je le sais, en donnent au contraire très souvent. Elles ont sans doute leurs motifs pour cela, mais ce que nous avons dit dans la première partie explique comment les promenades sont in-
compatibles avec la vie de notre Congrégation. Tous les moments du dimanche nous sont indispensables, nous ne pouvons en perdre aucun. Il y a les pratiques de piété, méditation, confession, sainte communion, adoration, direction, entretiens pieux, assemblée des petits, des novices, des anges, du Sacré-Cœur, le chapelet, puis surtout les offices de l'Eglise, messe de Congrégation, vêpres, sermon, bénédiction. Où placer tous ces exercices, ou la plupart d'entre eux, si nous avions promenade le dimanche ? Un autre motif, c'est la dissipation de ces sorties, la difficulté de la surveillance; enfin, le dirai-je, la peine qu'éprouvent Ijeaucoup de jeunes gens à se produire en public sous cette forme qui i-essemble beaucoup à celle d'un pensionnat conduit par ses maîtres, ou même seulement à se montrer à tout le monde comme Congréganistes. Sans doute, il serait plus parfait que ce respect humain n'eût aucune entrée dans leur cœur, et beaucoup, grâces à Dieu, n'éprouvent pas ce sentiment; mais quelques autres ne sauraient s'en défendre, et M. Allemand semblait sentir la nécessité de ménager cette répugnance naturelle, en proscrivant absolument toute sortie collective de l'Œuvre, même pour les processions.
Voilà, je crois, à peu près foui ce que l'on peut dire des différents jeux usités dans nos Œuvres. Si plusieurs ont été omis, il est facile de les classer dans les catégories précédentes. Heureuse est
1 "Œuvre qui sait amuser ses enfants, qui s'applique plus à les retenir qu'à les attirer. Heureuse l'Œuvre qui, regardant les jeux comme son second but, leur demande surtout un moyen pour gagner les âmes à Dieu en les arrachant aux plaisirs du monde tout en donnant à la jeunesse ces récréations honnêtes qui sont pour elle un besoin et auxquelles elle a un juste droit.