‹ Méthode de harpeChapitre 1 sur 74 · RL LL LS DL LS PL LL LL L LS LL LL LS LL LL CL LT · texte numérisé non relu

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Annotations sur les Exercices de Naderman/#annoieés C{COMPIÉ LES 65 GAMMES ÉMEXE CIC ES MOULI ATOS RU a ||S Thème Sumunaineconnure Marat On RC O0 Traits de Harpe extraits de diverses partitions ;

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INTRODUCTION

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Notice historique sur la Harpe

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Les origines de la Harpe remontent à la plus haute antiquité; on ne peut citer une date précise, cependant une peinture trouvée à Djizeh (Thèbes) dans le tombeau d'Ismaï nous apprend que les Égyptiens la connaissaient en l’an 2365 av. J.-C. (1). Cette peinture représente un joueur de harpe (7 cordes) accompagnant un chœur d’aveugles.

Les vestiges de l’ancienne Égypte nous la montrent d’ailleurs sous les formes les plus diverses; le nombre de ses cordes varie entre trois et vingt; quant aux exécutants, ils sont représentés tantôt debout, tantôt à genoux, selon la taille de leur instrument. |

Nous ne parlerons ici que des Harpes jouées à deux mains, les autres se rapprochant beaucoup de la Lyre par leurs dimensions et par la limite de leurs ressources.

Nous indiquerons d'abord le dessin placé sur une colonne du pronaos au temple de Dakkey (Nubie) nous montrant un vieillard assis qui joue des deux mains un instrument trigone à 21 cordes (2); d’après l’égyptologue M. Guignaut, ce vieillard représente Phtha, démiurge inventeur des arts et de la musique en particulier; M. de Goulianof assimile ce personnage à Seth (Satan).

Les artistes de l’époque ont surtout reproduit la Harpe dans les cérémonies religieuses; c’est ainsi que nous pouvons voir dans un temple de la Haute-Égypte un tableau comprenant trois musiciens sacerdotaux dont un chantre, un joueur de Luth et un harpiste (l'instrument a 20 cordes [3]); dans le tombeau de Rhamsès IV à Riban-el- Moluk (Thèbes), on a également découvert une fresque fort belle ; il s’agit de deux prêtres d'ordre supérieur qui chantent debout et s’accompagnent à la Harpe; ces instruments, d'une taille élevée, sont richement enluminés (l’une de ces Harpes a 11 cordes, l’autre 13); citons encore un bas-relief du musée de Leyde nous représentant un prêtre qui brûle de l’encens devant une divinité pendant que quatre musiciens d'ordre également religieux jouent de la Harpe (7 cordes), du Luth et de la Flûte traversière.

La Harpe ne figure pas seulement aux cérémonies religieuses; on la voit aussi aux repas et à la toilette des femmes; elle remplace même la chanson de la nourrice pour amuser les enfants : c’est du moins ce que nous enseigne une peinture des temps les plus anciens, sur laquelle on aperçoit un joueur de Harpe près d’une femme allaitant son enfant (4).

Les harpistes égyptiens plaçaient généralement leur instrument entre les genoux et l’appuyaient, comme nous, sur l'épaule; cependant ils se servaient d’un support oblique quand l’instrument était trop bas ; deux dessins

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(1) D'après J.-B.-C. Lesueur.

(2) On voit sur quelques monuments d'Égypte des Harpes triangulaires semblables, mais cet instrument est originaire de la Syrie; ce furent les Phéniciens qui en répandirent l'usage (Spanheim, Commentaire sur les hymnes de Callimaque).

(3) Cette Harpe est très remarquable par ses ornements.

(4) Rosellini, Les Monuments de l'Égypte.

INTRODUCTION __ 6

du temps nous représentent des Harpes à 9 cordes jouées dans ces conditions. Signalons également une peinture de la Basse-Égypte (grand temple de Dendérah) : une femme, sorte de personnage mystique, pinçant les cordes d’une Harpe ; celle-ci est posée sur un escabeau (Wilkinson).

La Harpe à 3 cordes n'offre qu’un intérêt médiocre; elle ne servait qu'à guider le chanteur dans ses ntonations.

Le nom de la Harpe égyptienne est Tébouni. On est fixé depuis 1823 sur la composition de ses cordes et l'essence du bois qui servait à sa construction; vers cette époque (1823), des archéologues trouvèrent près de Thèbes un tombeau taillé dans le roc à 23 mètres de profondeur, ils mirent à jour une harpe dont les cordes étaient encore tendues; l’instrument était en acajou, les chevilles en sycomore et les cordes en boyaux de chat (1).

Fétis pense que les Harpes égyptiennes à 13 cordes s’accordaient ainsi (en se basant sur le diapason de la

Flûte traversière) :

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Les Assyriens nous ont laissé également des vestiges fort intéressants : le Musée britannique possède un bas-relief trouvé à Koyoundjek (2) sur lequel on voit vingt-six musiciens ; sept d’entre eux jouent de la Harpe et un eunuque tient un Vebel ; la Harpe assyrienne devait mesurer près de 1 mètre 25, son nom probable est Magadis.

Le Nebel, Nable, Nabla ou Nablum, d'origine phénicienne, fut très goûté äes Hébreux; Josèphe, l'historien juif, lui assigne 12 cordes; saint Jérôme, Cassiodore et Isidore de Séville nous signalent à ce sujet une particularité curieuse : d’après eux, les cordes du Nebel étaient pincées par le bas et la caisse de résonance était placée à la partie supérieure de l'instrument; le Nebel aurait été connu des Grecs, si l’on s’en rapporte à la décoration d’un vase appartenant à la collection royale de Munich (3).

Le Kinnor (4) des Hébreux était une Harpe triangulaire de petites dimensions à cordes obliques (9 cordes), c'est le plus ancien instrument dont les Israélites firent usage (5); c’est avec son aide que David dissipait les mélancolies de Saül et c’est également le Kinnor qu'il jouait devant l’arche sacrée.

Le corps sonore du Kinnor était en almugin (6) et ses cordes en boyaux de chameaux.

Dans nos contrées, nous retrouvons la Harpe entre les mains des Anglo-Saxons (7); un de leurs historiens, sir Palgrave, a écrit qu’ils étaient grands amateurs de rythme et d'harmonie ; il rapporte une anecdote sur le roi Alfred qui régna vers 878; ce roi, étant en guerre avec les Danois, se déguisa en ménestrel et parvint à s’introduire dans le camp de ses ennemis; il les charma avec sa Harpe et se retira après avoir recueilli tous les renseignements nécessaires pour assurer sa victoire.

La Harpe saxonne était petite et légère; d’après les figures de deux manuscrits des Bibliothèques Cottonienne et Harleyienne (Muséum britannique) et aussi d’après un manuscrit de l'Université de Cambridge, les dimensions variaient entre 1 mètre et 1 m. 33; la plus petite avait 11 cordes et l’autre 13; cette dernière était tenue au corps par une pression du coude droit, et sa place était sur les genoux de l’exécutant.

La Harpe était également jouée avec passion par les Welches (habitants du pays de Galles); depuis les temps les plus anciens, les rois et princes de Galles, ies nobles et les guerriers jouaient tous la Harpe : c’est ce que nous apprennent les lois du pays; les premières de ces lois sont celles de Dyunwal Moolsmuth, roi de Grande- Bretagne (440 av. J.-C.), ensuite viennent celles de la reine Martia, enfin les lois du roi Howel (920) qui sont le résumé des autres.

Parmi ces lois (qui ont été recueillies et traduites par Wotton et Moses William), on en voit de fort curieuses. En voici deux concernant la Harpe : 1° « Les trois choses indispensables à un gentilhomme ou baron sont sa harpe, son manteau et son échiquier »; 2° « Trois choses sont nécessaires à un homme dans sa maison, savoir : une femme vertueuse, un coussin sur sa chaise et sa harpe bien accordée ».

1) Ceci est curieux, si l’on considère que les Égyptiens déifiaient le Chat.

2) M. Rawlinson croit que la scène se rattache à un événement de Saos-dou-Khin dont le règne commenca l'an 667 avant notre ère. 3) On voit aussi à Babylone l’image d’un prêtre jouant un Nebel à 4 cordes.

5) IF, Samuel, VI, 5 — I, Rois, X, 12; Psaumes LVII, IX; Israël, V, 12.

6) Ce bois almugin parait avoir été l’ébène ou le bois de santal; les vaisseaux de Salomon allaient le chercher jusque dans les Indes (Fétis).

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) / ) 4) Juvénal et Athénée parlent du Kinnor.

7) Mazziano Capello affirme avoir trouvé la Harpe en usage parmi les peuples du Nord qui envahirent le monde romain au v° siècle,

INTRODUCTION

Au commencement du vi° siècle, les bardes gallois se servaient de la Harpe avec une audace extraordinaire pour animer leurs compatriotes dans leur dernier combat contre les Saxons (Édouard Jones).

Vers le x1° siècle, les bardes étaient divisés en deux catégories : 1° les bardes poètes, 2° les bardes musiciens ; les bardes musiciens se partageaient eux-mêmes en trois classes : 1° les joueurs de Harpe, 2° les joueurs de Crouth à 6 cordes, 3° les bardes chanteurs. Les joueurs de Harpe avaient le titre de docteurs en musique; pour être admis, il fallait exécuter correctement les trois Machwl, c'est-à-dire les trois pièces les plus difficiles du répertoire ; la loi organisatrice des bardes obligeait également les chanteurs à savoir accorder la Harpe et le Crouth, puis ils devaient jouer divers thèmes avec leurs variations, deux préludes et d’autres morceaux avec leurs bémols et dièses (1).

La nomination des nouveaux bardes se faisait dans une assemblée triennale appelée Æ£isteddvod; cet ensemble de choses a été supprimé au xvi* siècle sous le règne d'Élisabeth, mais une association galloise s’est formée à Londres en 1820 dans le but de rétablir les Eisteddvod; Fétis eut l’occasion d’assister à une de ces cérémonies en 1829, et il dit avoir fort remarqué un ménestrel aveugle du Caernarvon, nommé ÆRichard Roberts, qui jouait la Harpe galloise à trois rangées de cordes.

Les anciennes lois cambriennes distinguent trois sortes de Harpes : 1° la Harpe du roi (évaluée à 120 pence), 2° la Harpe du docteur en musique (40 pence), 3 la Harpe du gentilhomme (60 pence).

Les plus anciens modèles de Harpe galloise étaient petits et montés de 9 à 10 cordes; Jones dit qu’au xu1° siècle les Harpes avaient 17 cordes que l’on accordait suivant l’air à accompagner; lorsqu'une altération accidentelle se produisait, le ménestrel, avec sa clef, élevait l’intonation de la corde sans interrompre le chanteur.

Voici l’échelle de cette Harpe, suivant Fétis

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Au milieu du xvi° siècle, les Harpes avaient 28 cordes; vers la fin du xvu° siècle, on voit apparaître deux rangées de cordes parallèles, puis, au milieu du xvin*, ce nombre s'élève à trois; dans ce dernier modèle les rangées extérieures donnent les sons naturels (les notes altérées sont au milieu). Dans ces derniers temps, l’étendue générale de l'instrument a été portée à 6 octaves.

Un des plus beaux spécimens de Harpe galloise est conservé au muséum du Collège de la Trinité, à Dublin ; cet instrument appartenait au roi O’Brien Boihoren ; il a 0",84 de hauteur, le corps sonore est en chêne, la console et la colonne (celle-ci est courbe) sont faites d’un bois rouge ressemblant au noyer; la tête est incrustée d’argent finement ciselé, et on voit sur le front les armes de la famille O’Brien; l'instrument avait 28 cordes fixées à la table par des boutons d'argent; les chevilles sont également en argent.

En Irlande, on distingue quatre sortes de Harpes : 1° la Clarseach, 2 la Harpe Keërnine, 3° le Lionar-cruit, 4 le Creamtine-cruit.

La Clarseach est La plus ancienne; on la voit d’abord sur les monuments égyptiens, puis elle disparaît et on ne la retrouve que chez les descendants des Scythes; on la remarque sur les monuments historiques des Goths et elle existait également dans les contrées germaniques avoisinant la Scandinavie.

La Harpe Keirnine était une sorte de tympanon ayant la forme d’un triangle tronqué : on peut la comparer à une Harpe renversée.

Le Lionar-cruit (10 cordes) et le Creamtine-cruit se jouaient probablement avec ie plectre.

Les Gallo-Romains connurent la Lyre de leurs conquérants : cependant elle fut remplacée par la Harpe galloise vers le vif siècle, c'est ce que nous prouve un des chants gaulois-armoricains de l’époque, nous voulons parler du chant de Merlin-barde, dans lequel on dit

« Si tu m'apportes la Harpe de Merlin, qui est tenue par quatre chaînes d’or fin, — Situ m'apportes sa Harpe, qui est au chevet de son lit, — Si tu viens à bout de la détacher : alors tu auras ma fille... peut-être. »

En France, du x1° siècle jusqu’au xvi°, la Harpe servit d'accompagnement aux voix : tous les écrivains en parlent, on la contemple d’ailleurs sur beaucoup d’édifices, particulièrement sur les voussures des portails d'églises du xm° siècle; elle avait 12 cordes au 1x° siècle ; au xrv° siècle, elle en comptait 25.

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