CaraBor et GAIN, 1908, loc. eit., p. 165 et p. XIV
sur un certain nombre d’essences formées d'individus chimiques bien distincts et provenant du dédoublement de glucosides. » |
Remarquons que la connaissance de compôsés aromatiques chimiquement définis est le seul et indispensable guide dans la recherche microchimique. Grâce à des méthodes de travail précises et sûres, M. CHARABOT aidé de MM. Hégerr et LALOUE, a pu rechercher, séparer et doser des composés aromatiques bien définis. Cette précision dans la chimie de certains produits odorants permet désormais l'étude et la recherche de ceuxci chez les plantes par des méthodes microchimiques.
CHaAPLes GATIN, que la question passionnait, aimait à m'entretenir de ce chimisme du parfum des plantes odorantes.
C’est lui qui m'avait orienté vers ce sujet et qui, d'accord avec M. le Professeur PERROT, avait établi le plan de ce travail, et guidé mes débuts. Ensemble nous devions faire de nombreuses recherches et notre collaboration devait devenir de plus en plus étroite.
Mais ce grand chercheur à l'intelligence si belle, au cœur si bon s’ést donné à la France avec tout son courage et toute sa fougue ; maintenant il fait partie de cette élite qui s’est offerte en holocauste sur l’autel de la Patrie. Il est mort en héros devant Douaumont à la tête de ses Zouaves, dans une des phases sanglantes de cette épopée qui a nom : Verdun.
Qu'il me soit permis d’apporter un pieux souvenir au jeune Maître et Ami disparu et d'évoquer sa grande et belle âme. Jamais je ne me consolerai de sa perte,
RATS Es et maintenant qu'il n’est plus là, je me sens bien faible pour continuer les travaux que nous devions exécuter en commun. £ |
Si dard la série des recherches que je poursuis, j'arrive à des conclusions intéressantes, qu’une grande part en revienne à GATIN puisqu'il fut en même temps que mon ami, mon Maître.
Que M. le Professeur PERROT reçoive aussi le témoignage de ma reconnaissance, car c’est en suivant ses conseils toujours empreints de sollicitude que j'ai pu poursuivre mes recherches et conduire à bien ce
travail.
MÉTHODE DE RECHERCHE DU MÉTHYLANTHRANILATE ET DE L'ANTHRANILATE DE MÉTHYLE
Le Méthylanthranilate de Méthyle et l'Anthranilate de Méthyle sont les éthers de deux acides gras aromatiques de la série non terpénique: acide méthylanthranilique et acide anthranilique.
Ils font partie du petit groupe de composés azotés dits « dérivés d’acides amidés » qui comprend, outre les deux corps cités, la damascénine et son dérivé, Ja méthyldamascénine.
Chimiquement, l’anthranilate et le méthylanthranilate de méthyle se recherchent de la même façon. « On ajoute l'huile essentielle qui contient l’un de ces principes odorants à un mélange de 4 volume d’acide sulfurique concentré et de 5 volumes d’éther. Des cristaux de la base se forment, que l’on lave à l'alcool et à l’éther. On met le produit en liberté en décomposant par la soude les cristaux lavés. Pour l'identifier il faut déterminer Jes caractères physiques du corps et faire l'étude du produit de saponification : l'acide anthrani-
lique, qui fond à 144-145° ; enfin il faut également dé-
tes términer l'indice de méthyle du chloroplatinate qui donne l’éther méthylanthranilique. Le procédé d’extraction donné par E. CHARABOT est le suivant : « On agite 60 parties d'essence avec 250 parties d'acide sulfurique à 25 °/,. On sépare la solution sulfurique, on la filtre, et on l’additionne de soude jusqu’à réaction alcaline, en ayant soin de refroïdir avec de la glace. L'éther de l’acide amidé combiné avec l'acide sulfurique est ainsi remis en liberté. »
Ii suffit de l’extraire au moyen de l’éther et de le purifier par cristallisation, en refroidissant sa solution dans l'éther de pétrole à — 15°.
L’anthranilate et le méthylanthranilate de méthyle étant généralement accompagnés d’autres éthers MM. A. Hesse et O. ZerrscxeL ({) ont proposé un procédé de dosage reposant sur la propriété importante que possèdent l’anthranilate de méthyle et le méthylanthranilate de méthyle de donner avec l'acide sulfurique des ’sulfates peu solubles dans l'éther. Voici le procédé :
On dissout environ 25 grammes d’essence dans deux à trois parties d’éther anhydre. On refroidit dans un mélange réfrigérant au moins à 0° et on ajoute goutte à goutte, en agitant, un mélange bien refroidi d’acide sulfurique (1 vol.) et d’éther (5 vol.). Ensuite on ajoute ce dernier jusqu'à ce qu'il ne se forme plus de précipité. L’anthranilate ou le méthylanthranilate est précipité en totalité sous forme de sulfate.
1. À. Hesse ct O. Zmrècuer. Berichle d. d. chem. Gesell., 4901,:€. 54, p. 296.
On sèche ce précipité en le recevant sur un petit entonnoir muni d’un tampon de coton de verre et en le lavant à l'éther anhydre. On peut le peser pour en déduire le poids d’anthranilaie ou de méthylanthranilate de méthyle ; ou bien on dissout le précipité dans l'eau et on fait un titrage de l’acide sulfurique au moyen de la potasse demi-normale ; on en déduira la proportion centésimale du dérivé amidé.
De l’examen de ces procédés de recherche et de dosage, nous retenons ces deux propriétés que possèdent les deux bases dont nous nous occupons:
1° Formation de cristaux de sulfates d'anthranilate ou de méthylanthranilate de méthyle sous l’action d’un mélange d'acide sulfurique et d’éther.
2 Les sulfates obtenus sont très peu solubles dans l’éther.
Ces deux propriétés sont suffisantes pour servir de base à la recherche microchimique de ces deux corps. On peut, entre lame et lamelle, produire ces sulfates, les laver à l’éther, et procéder à une étude rigoureuse de leurs caractères. Cette étude constituera l’identification du corps. Après examen de diverses réactions qui pourraient servir à l'identification, nous nous sommes arrêté à la méthode suivante :
1° Etude des formes cristallines au microscope;
9 Etude des caractères de solubilité de ces cristallisations; ,
3 Etude comparée des formes cristallines et des caractères de solubilité de ces formes, avec celles obte-
nues en faisant agir le réactif sulfurique (acide sulfu-
se
rique et éther) sur des corps déterminés, qu'on a coutume de rencontrer chez les plantes. L’asparagine, les sels de calcium et de potassium étant les plus répandus, nous avons procédé à leur étude microchimique comme nous avions fait celle des anthranilate et méthylanthranilate de méthyle.
Nous avons adopté comme solvants caractéristiques -
les suivants :
Eau distillée, alcool, xylol, acide acétique, acétone,
éther seul, acide sulfarique seul, le réactif sulfurique lui-même, la glycérine, les solutions saturées des sels
de calcium et de potassium.