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Etude des cristaux à formation lente. — Quand on abandonne quelques heures les préparations sur lesquelles on a obtenu les résuliats précédents, on assiste à la formation de petites aiguilles assemblées en paquets au sein des grosses gouttelettes d'essence, elles-mêmes
isolées au milieu du réactif. Dans la figure 22, en x, on
Fig. 22. — Évolution de la réaction ; cristaux formés en dernier lieu. a, cristaux prismatiques insolubles dans l’alcool et l’acétone. b, cristaux marquant le terme de la réaction.
a figuré la forme de ces aiguilles : c’est un fuseau mince, extrèmement allongé. À un fort grossissement, il sem-
ble bien que la couleur jaune de ces cristaux n'est pas due à la goutte d’essence qui les contient. Si ce sulfate n’est pas un sulfate identique aux précédents, on ne peut donc les différencier par la couleur, mais seulement par la forme, car il en a tous les caractères de solubilité.
La même préparation, traitée par l’éther, donne des résultats intéressants.
De grosses gouttelettes jaunes où l’on n’observait pas de cristaux, se dissolvent dans l’éther en mettant en liberté de très petits cristaux incolores, très fins. Dans la gouttelette, avant qu’elle n’aie été touchée par l’éther, ils sont invisibles, la couleur jaune. intense de celle-ci ne pourrait cependant suffire à les masquer ; l’éther active sans doute leur formation.
Au pourtour de la préparation, les amas de grosses aiguilles s’étant dissociés, (ce sont les aiguilles jaune-. brun bien caractéristiques du sulfate de méthylanthranilate) il apparaît de longues aiguilles prismatiques droites et de plus grande épaisseur (fig. 22, a) absolument identiques à celles qui ont été observées avec le méthylanthranilate de méthyle pur ; elles sont insolubles dans l’acétone, solubles dans l’eau; insolubles dans l’acide acétique et l’alcool absolu.
Une préparation abandonnée à elle-même pendant quatorze jours montre que toutes les aiguilles jaunes en paquets ont disparu et qu’elles ne persistent plus qu’au pourtour de la préparation où elles sont courtes et en amas serrés. Au centre il n’y a que les cristaux incolores, représentés sur la figure 21 c avec les gout-
telettes qui les nourissent, jaunes ou inçolores,
Essais d'isolement des cristaux, obtenus avec des mélanges d'essence et de réactif en quantités variables.
Mélange À. — Essence remplissant les 2/3 d’un
petit tube, on ajoute une petite goutte de réactif sulfu-
rique : pas de cristaux visibles.
Un peu de mélange répandu sur une lame montre l’essence jaune, qui n’a subi aucune action, limitant la portion qui a réagi. Ces gouttelettes jaunes en suspension dans ie liquide incolore sont les gouttelettes-mères des cristaux de sulfate de méthylanthanilate.
Mélange B. — Une grosse goutte de réactif dans la même quantité d’essence.
Le mélange est plus homogène ; nombreuses et très petites gouttes de mélange, mobiles autour de grosses | sphères renfermant elles-mêmes des gouttelettes de co- Joration pareille, mais plus grosses, et en outre des goutles jaune-brun : gouttes-mères des cristaux (a, fig. 21).
Mélange C. — Deux grosses gouttes de réactif dans la même quantité d’essencc. On observe des cristaux abondants formés aux dépens des gouttes jaune-brun, mais courts (fig. 21 c). Ils se résolvent presque tous, après s'être formés, en gouttelettes brunes, mais pour reprendre aussitôt la forme caractéristique. Il se produit de plus des grandes aiguilles en paquets épais. (fig. 21, db).
Isolement. — Les cristaux obtenus dans lé mélange