GR À
che, nous pouvons progressivement, à l’aide d’une pince, fermer plus ou moins les boucles, ce qui allonge la distance entre gouttière et volet, ou écarter une boucle de l’autre, ce qui baisse ou lève le volet, ou tordre longitudinalement le fil rond, ce qui réduit l’inclinaison en V des deux fragments (fig. 22).
Ce triple tour de spires nous permet à lui seul d'obtenir toutes les variations possibles dans les trois plans de l’espace.
Par une recherche mesurée, patiente et graduée pour éviter la douleur, on arrive ainsi à l'équilibre parfait de la position anatomique que, cliniquement, nous vérifions :
1° Par la fermeture en bonne occlusion du côté intact;
2° Par l'ouverture, non plus oblique, mais absolument perpendiculaire à l’axe de rotation de la mâchoire;
3° Par la marche synchrone des deux angles mandibulaires sentis au palper simultané;
4° Par la marche synchrone des deux condyles sentis de même ;
5° Par le manque le pliement, de flexion de la pseudarthrose à l’occlusion; ,
6° Par le fait que la gouttière, même non scellée ni ficelée,' ne se déséquilibre pas pendant l’occlusion.
Il est bon de signaler qu’au début, le blessé prend parfois une position de défense contre la douleur; l'attitude antalgique : par un prognatisme inférieur.
Le calme s'établit en quelques heures ou quelques jours et la mâchoire revient en opisthognatisme normal.
Il ne nous reste plus qu’à conserver cette position en remplaçant le fil rond bouclé par une masse métallique affectant, par élégance, la forme des dents manquantes.
Et si la greffe, confiée au chirurgien, réussit (ce que nous pouvons espérer avec les progrès modernes), rien n’empêchera le blessé de conserver cette gouttière comme appareil de mastication ordinaire.
L'autre complication importante des fractures du maxillaire inférieur est la contracture, c’est-à-dire, limitation de béance.
Art 7 Nu à
Cette question n'étant qu'un addundum au traitement proprement dit, nous ne l’envisagerons que Succinctement.
Le trismus post-traumatique s'observe, même très longtemps après la blessure, alors que le blessé présente un état général normal. Il est rare que le trismus soit assez complet pour maintenir les arcades en contact absolu, mais l'ouverture est limitée à quelques millimètres au lieu de quatre centimètres qu'offre la béance physiologique.
Nous résumerons ainsi les diverses modalités de ces trismus.
Lorsque les fractures s’accompagnent de lésions faciales, il peut survenir :
1° Des contractures par lésions articulaires et péri-articulaires;
2° Par cicatrice ou sclérose musculaire;
3° Par processus inflammatoires (esquilles en voie d’élimination et en contact avec les muscles élévateurs, cals douloureux, fêlures profondes, etc.).
S'il n’y a que la lésion osseuse, il peut survenir :
4° Des contractures non-inflammatoires, dites fonctionnelles.
Elles peuvent toutes apparaître dès le traumatisme.
Les trois premières se conçoivent très bien pathogéniquement et leur thérapeutique sera étiologique.
Les contractures fonctionnelles sont celles qui ne semblent justiciables d'aucune lésion appréciable autre que la fracture, ; et croyons-nous, les déplacements osseux.
La pathogénie en est hypothétique. Charcot invoque l’exaltation des cellules motrices centrales ou leur inhibition. Babinski attribue au sympathique une participation plus ou moins grande dans la genèse de la contracture. Alquier précise qu'à l'union du muscle et de son tendon se trouve l'appareil nerveux régulateur du tonus que de petits engorgements lymphatiques viennent irriter. Sicard admet le réflexe de défense qui se stabilise par un processus mental hystérique (Claude). Frey pense « qu'en dehors des conditions physiologiques générales à tous les muscles il y a des conditions physiologiques spéciales à certains groupes musculaires, dont en particulier les muscles masticateurs ». Il n’en indique rien d'autre.
a LERTE
2 GILS
Nous pensons que ces conditions physiologiques spéciales pour ces muscles masticateurs sont : l'équilibre des forces propres, le synchronisme de leur action et la répartition normale de leur travail. |
Nous avons observé, en effet, que toute fracture consolidée en | mauvaise position entraîne plus où moins une contracture fonctionnelle, que des phénomènes de suppléance musculaires peuvent faire diminuer.
Mais nous faisons intervenir aussi l’inertie du malade et l’élé- * ment psychique, ainsi que les facteurs pathogéniques évoqués par Charcot et Babinski pour expliquer les différences de contracture entre un individu et un autre.
Effectivement, nous avons recherché le réflexe oculo-cardiaque d’Aschner, chez nos blessés, par pression palpébrale pendant dix secondes (selon la méthode de Gautrelet).
Tous ceux qui présentaient une fracture absolument réduite sans trismus, avaient un R. O. C. négatif.
Tous ceux qui présentaient une fracture non réduite, ou consolidée en malposition, avaient un trismus variable, mais aussi un R. O. C. positif. C'est-à-dire une bradysphygmie radiale proportionnelle au trismus, allant jusqu’à l’abaissement du nombre des pulsations, de moitié dans les contractures fortes.
La thérapeutique de la contracture fonctionnelle des mâchoires
- sera simplement la révulsion, l'air chaud, l'électricité, le massage L1
des masseters et temporaux, et surtout, l’action lente, répétée, patiente sur les mouvements d'ouverture forcée.
Les résultats sont généralement bons.
Mais la meilleure thérapeutique sera préventive par la réduction exacte de la fracture.