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Soigné à Beauvais, hôpital 14, jusqu’au 10 juin, sans résultat puisqu'il se présente à nous, à Bordeaux, le 11 juin, avec une perte de substance symphysaire de trois centimètres. Sept dents perdues. rh es deux fragments sont en linguo-version et en contact en avant (bouche de serpent).
Préparation de la bouche. Traitement de l’état général. Prises d'empreintes, et le 10 juillet, pose de l’apareil de redressement de blocs (type C 1, fig. 12). Serrage progressif.
5 août, résultat obtenu:occlusion parfaite. Attente d'ostéogenèse.
OBSERVATION II (Personnelle).
Réduction fracture demi-consolidée en 23 jours.
Demba Meta, 5° bataillon tirailleurs. Domicile civil, Soudan.
Blessé à Craonne, le 16 août 1917, par grenade. Arrive à Bordeaux le 27. Opéré de trachéotomie en mai 1918, par ie Professeur Moure.
Se présente à nous le 14 mai, avec une fracture du maxillaire inférieur. Branche horizontale gauche. Perte des dents suivanrs à de 1 centimètre de portion osseuse.
Le grand fragment droit est en position relative, à peine translaté vers la langue de six millimètres.
Le petit fragment gauche est en linguo-version et à demi-consolidé. Mouvements impossibles.
Le 20 mai 1918, pose d’un appareil de redressement de blocs (type C 2, fig. 13). Serrage progressif.
Le 13 juin 1918, réduction obtenue. On laisse l'appareil passif jusqu’au 15 septembre, époque à laquelle la consolidation est parfaite et donne occlusion des deux côtés.
Dentier pour les dents perdues. Guéri.
OBSERVATION III (Personnelle).
Réduction fracture très ancienne en 22 jours.
Ben Sakri, caporal, 3° tirailleurs algériens. Domicile civil, Cons- . tantine.
— 66 — < Blessé à Verdun le 14 juillet 1916, par éclat d’obus entré par la connissure droite, traverse de haut en bas la branche horizontale droite, et resta inclus dans la masse musculaire. | . Le 16 juillet 1916, à Bar-le-Duc, extraction de l’éclat d’obus par la voie cutanée.
TS
Figure 23. — Bridge à volet amovible. Pseudarthrose. Refus du blessé d'intervention chirurgicale. (Voir observation II). Cet appareil facilement amovible rétablit immédiatement la fonction masticatrice, mais nous pensons qu'une greffe était un complément de traitement indispensable, car à la chute de ses dents le blessé aura une infirmité définitive.
Le 28 juillet 1916, arrive à Bordeaux, au Centre de stomatologie, Le blessé présente une déviation du côté lésé. Le grand fragment gauche a toutes ses dents jusqu’à la canine droite comprise, qui est en trusion interne. Le petit fragment, droit, n'a plus qu’une dent, Il y a entre les deux perte de substance d’au moins trois centimètres et demi.
Ce blessé est confié au Docteur Perrenoud —— stomatologiste
EMOT LES
suisse en mission d'étude — qui constate qu'une esquillectomie hâtive a été déjà faite. Il tente par ficelage la réduction du grand fragment. Après dès mois d’immobilisation, il s'aperçoit que le grand fragment gauche revient à sa position vicieuse dès qu’il est déficelé, et qu’en outre, le petit fragment est fortement dévié dans les trois plans (fig. 2 et 3).
Le 17 janvier 1917, il pose un appareil de redressement de bloc, puis abandonne son blessé pour retourner en Suisse.
Le 3 février 1917, ce blessé nous est confié. Nous adaptons un nouvel appareil de redressement tel que nous le concevons, et obtenons, le 25 février 1917, réfection complète des deux portions.
Le 25 février, modification de l’appareil dynamique en appareil statique de contention à volet, pour attendre une consolidation, encore que problématique.
Jusqu'en fin juin 1917, échec de consolidation.
En décembre 1917, on propose une intervention chirurgicale pour tenter la greffe osseuse. Le blessé refuse. C’est alors que nous imaginons le bridge à volet amovible qui, en janvier 1918, assure la guérison physiologique. (Fig. 23 à 29).
OBSERVATION IV (Personnelle).
Réduction de fracture ancienne, maxillaire supérieur, en 22 jours.
Cuiserier, 8 zouaves, cultivateur. Blessé le 25 septembre 1915, par balle, à Tahure.
Arrive le 2 octobre 1915 au Centre de Bordeaux. Présente une fracture double du maxillaire supérieur, avec effondrement du bloc incisif, limité de chaque côté aux prémolaires.
Plaie énorme. Ea balle est entrée dans la région sous-orbitaire droite, a perforé le maxillaire supérieur avec décollement de la lèvre supérieure. Ouverture très réduite, la lèvre obstruant complètement l’orifice buccal. La radiographie montre une perte de substance de chaque côté du ‘bloc médian, de plusieurs millimètres. Engrènement impossible vu la ptose osseuse médiane. Phonation inarticulée.
2 octobre, réfection de la plaie.
26 octobre, seconde intervention plastique.
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8 décembre, esquillectomie.
Le 17 janvier seulement, ce malade nous est livré pour traitement prothétique, Pose alors d’un appareil de redressement de bloc, pour relever le fragment incisif (type B 1). Serrage lent.
Le 3 février 1916, réduction obtenue.
Le 3 mars, gouttière ordinaire de contention.
En juillet 1916, consolidation. Dentier partiel. Guérison.
OBSERVATION V (Personnelle).
Réduction d'une fracture compliquée vieille de 3 mois, en 20 jours.
Martin Maurice, 9° d’artillerie d'Afrique. Domicile civil, Quessy (Aisne). Blessé le 16 juillet 1916, dans la Somme, par éclat d’obus cntré au niveau du rebord sous-maxillaire droit et ressorti par la bouche.
N'arrive à Bordeaux qu'un mois et demi après sa blessure, n'ayant, dans ses diverses étapes à travers la zone des armées, subi aucun traitement autre que des soins d’antiseptie générale.
Le 1° septembre 1916, il est radiographié. On constate ce que montrait l'examen clinique, soit une fracture de la partie médiane du maxillaire inférieur avec perte de substance entre __ 1 et ]
où des esquilles restent disséminées. Et, de plus, une fracture ch
col du condyle gauche qui était insoupçonnée (preuve de l'utilité de la radiographie}. Bouche de serpent.
Le 5 septembre 1916, nous essayons la réduction extemporanée, Pose de deux arcs de ficclage. Tractions manuelles douloureuses.
Le 13 septembre 1916, nous constatons que la réduction totale est impossible et que les fragments ont tendance à s’écarter en éventail, Nous posons un appareil de redressement de blocs (type C2, fig. 13). Serrage progressif, Apparaissent alors entre les blocs de esquilles qui sortent toutes seules hors de la muqueuse buccale.
Le 3 octobre, la réduction est parfaitement obtenue, Mais au sortir de lPappareil nous constatons un peu de béance à gauche (grand fragment). Béance explicable par la fracture du col du condyle. Réduction immédiate par ficelage et tractions manuelles qui réduisent en trois jours cette béance unilatérale,
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Le 6 octobre, pose d’un appareil passif de contention.
Le 30 novembre, commencement de consolidation symphysaire. Le condyle ne se consolide seulement qu’en février 1917. Dentier. Guérison.
OBSERVATION VI (Personnelle).
Fracture double. Triple déviation. Réduction en 20 jours.
Lebrun René, 289° d'infanterie. Domicile civil. Sully-sur-Loire (Loiret).
Blessé à Thiaumont, le 29 septembre 1916, par balle, ayant pénétré par la bouche, fracturant les dents du bloc incisif supérieur; sortie par la région sous-mentonnière pour pénétrer de nouveau dans la poitrine.
Nous arrive au début d'octobre. Mais vu son état général mauvais, le traitement de la mâchoire n’est commencé que le 15 octobre. On observe alors deux traits de fractures obliques du maxillaire inférieur, entre +. et entre - > délimitant trois blocs qui comportent encore les dents suivantes : le droit le médian —., " gauche a |
Le grand fragment droit est en légère trusion; le petit gauche est en bonne position (perte de —— ). Mais le fragment médian est en anté-version et en affaissement.
Le traitement d'urgence est essayé.
15 octobre, pose de l’arc du bas. Le blessé est trop faible, on interrompt.
24 octobre, pose de l'arc supérieur et ficelage, avet périodes de repos jusqu’au 23 décembre, où l’on constate, les arcs enlevés, que le résultat n’est pas obtenu bien que les déviations sont moindres.
14 décembre, empreinte pour fabrication d’un appareil de redressement de blocs.
Trois mouvements à obtenir :
1° Ecartement du bloc inférieur droit;
2° Relèvement du bloc médian;
3° Propulsion interne du même.
Appareils type fig. 11 et type fig. 13, combinés en un seul,
7 ER 20 décembre, pose de l’apareil. Serrage progressif indolore. 10 janvier, résultat obtenu, Attente de consolidation. Guérison trois mois après.
OBSERVATION VII (Personnelle).
Fracture de 5 mois. Réduction en 20 jours.
Esseint Eugène, 151° d'infanterie. Domicile civil, à Viller-Vaudey (Haute-Saône).
Blessé le 17 avril 1917, à ia Ferme du Choléra (Aisne), par éclat d’obus ayant pénétré de haut en bas et de gauche à droite, traversant l’aile droite du nez, la lèvre droite au-dessus de la commissure, brisant 5 dents au maxillaire supérieur, fracturant le maxillaire inférieur pour rester inclus dans les tissus au bord de la mâchoire.
Au front, à Beauvareyne (Aisne), l'extraction du projectile et.la suture labiale sont faites.
Le 24 avril il change d’ambulance où on ne traite pas la malposition osseuse.
Le 2 mai, il se trouve à Epernay où on incise un abcès sous-paramaxillaire.
Le 5 mai, arrive à Bordeaux. Il se présente à nous avec une déviation pathologique vers la droite.
Le petit fragment droit a deux dents LL" = test réductible,
Le grand fragment gauche a les dents suivantes. TS mais accuse une forte déviation, le milieu de la mâchoire étant déporté vers la canine droite. Aplatissement de la joue gauche, donc mouvement de bascule, l’axe vertical du haut faisant avec l’axe vertical du bas un angle de 18°.
Le 15 mai, on tente la réduction d'urgence par ficelage. Au début de septembre nous constatons qu’une bride cicatricielle entraîne le petit bloc en linguo-version si on réduit; on entraîne le grand bloc inversement si on déficèle.
Le 26 septembre, nous posons un appareil de redressement de blocs (variété de fig. 13). Serrage progressif.
Le 16 octobre, réduction obtenue. L'appareil est laissé passif jus-
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qu'au 13 décembre; nous l’enlevons et constatons que la bride n’a plus aucune action sur le maxillaire, les fragments restent en occlusion normale. Nous plaçons une gouttière de contention.
Le 3 avril, la consolidation est obtenue. Dentier, Guérison.
OBSERVATION VIII (Personnelle).
Déviation rare. Fracture de 6 mois. Réduction en 16 jours.
Rochias Annet, 158° d'infanterie. Mineur à Saint-Etienne, Blessé à Verdun le 16 mars 1916, par éclat d'obus entré par la commissure gauche et ayant heurté la branche horizontale gauche de haut en bas et d'avant en arrière.
Le 19 mars, à Verdun, esquillectomie.
Le 15 avril, à Montargis, esquillectomie.
. Le 17 juin, à Brest, extraction de l'éclat d’obus.
Le 27 juillet, à Brest, esquillectomie. Suppuration. Abcès qui s'ouvre à la joue. Curettage.
Le 14 septembre seulement, arrivée à Bordeaux. Après six mois de traitement médical simple, ce blessé présente une fracture du maxillaire inférieur à gauche, Le grand fragment droit ayant presaue toutes ses dents jusqu’à EI. l’autre ne comporte que
l___Les déviations sont de celles qu’on a dit impossibles, parce que contraires à l’action des muscles masticateurs (type A 6), c'est-à-dire élévation du grand ïragment et abaissement du petit et de sa branche montante.
Le 30 septembre, pose d’un appareil de relèvement du bloc postérieur et d’écartement des deux blocs.
Le 15 octobre, résultat obtenu. Mais il reste le grand fragment rentré en translation linguale, Pose du même appareil auquel on a ajouté un arc du type antérieur. Le petit fragment immobilisé par
un emboîtement (genre fig. 13).
Le 16 octobre, réduction obtenue. Nous laissons l'appareil passif pour attendre la consolidation.
Le 15 novembre, le blessé commence à mastiquer avec cet appa-
reil. Il engrène parfaitement, rien ne bouge pendant les mouve-
ments.
En janvier il est consolidé.
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OBSERVATION IX (Personnelle).
Fractures des deux maxillaires. Réduction en 15 jours.
Mathiou Ernest, 61° d'infanterie. Domicile civil, Marseille.
Blessé à Thiaumont, le 4 août 1916, par éclat d’obus. Arrivé 19 jours après, à Bordeaux. Il présente une fracture symphysaire multifragmentée du maxillaire inférieur; lésion des dents et une fracture double du maxillaire supérieur ayant produit l’effondrement et l’enfoncement du bloc latéral portant les dents —
Le 26 août, radiographie, comme d'ordinaire, et pose d’un arc d'urgence dans le bas.
Le 31 août, pose d’un appareil de réduction pour le massif supérieur. Vissage progressif (genre fig. 8).
Le 15 septembre, les deux mouvements de propulsion vers le haut et de traction vers la joue sont obtenus. |
Le 18 septembre, enlèvement de l’appareil. La consolidation supérieure est déjà presque parfaite. |
Le 3 octobre, le haut est consolidé.
. Le 12 décembre, le bas est consolidé sous l’arc d'urgence. Guérison.
OBSERVATION X (Personnelle).
Double fracture de 3 mois. Réduction en 15 jours.
Pichot Hyacinthe, 2° d'infanterie. Domicile civil, Bais (Ile-et- Vilaine).
Blessé par un éboulement, le 13 février 1916.
N’arrive à nous que le 7 mai. Il présente une double lésion, un trait de fracture est symphysaire et un autre est pré-angulaire gauche; il s'ensuit un bloc intermédiaire formé de la branche horizontale gauche comportant les dents normales; mais celui-ci est affaissé d’un centimètre sous la ligne d’occlusion.
Le 10 mai 1917, pose d'un appareil de redressement de blocs type B 1, genre fig. 10).