INTRODUCTION
Au cours de la guerre 1914-18, nous eûmes la possibilité, en qualité de dentiste militaire, attaché au service de stomatologie de Bordeaux, de traiter des fractures des mâchoires.Sous la direction militaire du Professeur Cavalié; puis sous la direction du Docteur Herpin, nous avons, pendant trois ans, cherché à résoudre les problèmes nouveaux des fractures mandibulaires.
Par l'historique qui va suivre, nous allons montrer que le traitement de celles-ci n’était encore qu’empirique.
La thérapeutique et l’étude générale des fractures des maxillaires ne sont pas nées de la guerre, certes, mais nos connaissances se sont singulièrement accrues et précisées.
Pour notre part, après des erreurs, des tâtonnements, nous sommes arrivés à établir une méthode de traitement qui, sans doute, saurait profiter encore des lumières d'autrui, mais qui, néanmoins, donna d'assez importants résultats pour que plusieurs spécialistes d'autorité en aient fait mention (1).
Sur des mâchoires détachées, nous avons reproduit des appareils types et des modèles qui, acquis par l'Etat, sont exposés au musée du Val-de-Grâce.
Nous eûmes aussi l’occasion de publier quelques études partielles s’y rapportant (2) et de présenter nos appareils dits de « redressement de blocs » au Congrès dentaire interallié de novembre 1916.
(1) Herpin : Les fractures de guerre du maxillaire inférieur, 1917. Imbert et Réal : Les fractures de la mâchoire inférieure, 1917 Docteur Athané : in-Marseille Médical, 1° janvier 1917.
in-Revue de larVngologie, d’otologie et de rhinologie, 15 décembre 1917.
Gazette des Sciences médicales de Bordeaux, 25 mars 1917. Marquet : in-thèse Toulouse, 1918.
FreY : Restauration maxillo-faciale n° 2 (1917), n° 4 (1918, n° 6 (1918).
(2) Duchange : Restauration maxillo-faciale n° 2 et n° 7 (1917).
Duchange : Congrès dentaire inter-Alliés, tome 1, page 325.
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Enfin nos vues furent plus ou moins appliquées dans les différents centres stomatologiques de l’armée et nous eñmes le plaisir d'en lire les succès.
Cette thèse sera donc l'exposé :
1° Des raisons qui nous incitèrent à avoir des idées personnelles ;
2° De la méthode du traitement orthognathique qui fut le résultat de nos recherches.
3° Quelques observations qui en relatent l'application.
Depuis 1918, nous avons retrouvé d’anciens combattants traités par nous. L’inspection de leur lésion fut intéressante, car elle nous a permis de juger des résultats à distance et d’en tirer des conclusions pour l'avenir.
Nous n’envisagerons donc pas du tout les interventions chirurgicales, bien qu’elles semblent très indiquées pour une certaine catégorie de fractures.
Nous ne nous occuperons pas davantage de la plastique faciale qui en est parfois un addundum indispensable.
Ces deux sujets, par leur ampleur et leur importance, sauraient très bien faire l’objet d’études spéciales et comme, en résumé, il ne nous appartient pas de faire la critique des procédés préconisés ailleurs, nous allons simplement les citer presque tous au passage et ne décrire que ceux employés pendant plus de trois ans au Centre de Bordeaux.
Nous nous abstiendrons de commentaires comparatifs, car le lecteur comprendra que nos résultats encore que très bons, n’ont pas la prétention d’avoir été les meilleurs.