‹ Methode de transformation prompte des produits tuberculeux des articulations et de certaines parties du corps humainChapitre 7 sur 17 · PARTIE CLINIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE CLINIQUE

degré après chaque injection, elle reste exceptionnellement deux ou trois jours à 38 degrés et quelques dixièmes, après de fortes injections. On comprend dès lors que la donnée des poids ne soit «•uère différente de celle de l’étatnormal chez des malades apyrétiques; et comme ils sont tous dans la période d’accroissement, leur poids augmente avec régularité, ne subissant un temps d’arrêt que très exceptionnellement à la période de la réaction la plus vive. La courbe des pesées, peut-on dire, n’est pas modifiée chez les sujets en traitement. 11 faut signaler encore que la courbe des poids présente une ascension plus grande que durant le traitement chez les sujets qu’on n’injecte plus.

Accidents durant l’évolution du processus substitutif.— On jugera de l’importance des accidents parla description qui va suivre. Le plus sérieux et le plus commun de ces accidents s’explique d’ailleurs d’après le mécanisme de l’action du remède : c’est l’épanchement sanguin. J’en ai observé quatre cas; le plus considérable avait le volume d’une grosse noix, presque d'une pomme d’api; le plus petit, celui d’un poids chiche et ce dernier présenta sur une coupe l’apparence d’un corps jaune de l’ovaire; il était en effet en voie de résorption.

Au début de l’application du procédé, j’ai pris ces foyers sanguins pour des abcès ; l’erreur aurait été évitée si j’avais tenu compte de ce fait que la température était restée normale chez les sujets, et de cet autre fait que, localement, il n’y avait pas de réaction proprement dite, pas de douleur, pas d’empâtement spécial, pas d’œdème, aucun signe, en un mot, des abcès aigus ; or comme j’avais irrité les parties, ces prétendus abcès auraient dû revêtir un caractère inflammatoire et il n’en était rien.

Un point intéressant à connaître, est celui de l’époque de la formation de ces épanchements sanguins et de leur mécanisme. En consultant les faits, on arrive à reconnaître que les foyers sanguins n’ont été découverts que quelques jours après l’injection ; ils ne sont donc pas le résultat de la piqûre d’un vaisseau par la seringue, quoique rigoureusement ils eussent pu exister dès le premier jour sans qu’on les eût reconnus à cause du gonflement des parties. Mais, en outre, je crois avoir constaté qu’un petit foyer sanguin s’était formé quelques jours après une piqûre, au sein de fongosités déjà transformées.

Ces motifs me font penser que ces épanchements sont le résultat de petites ruptures vasculaires consécutives; il existe dans le foyer une congestion très intense, et les vaisseaux étant devenus très

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TRANSFORMATION DES PRODUITS TUBERCULEUX

friables, on comprend la facilité avec laquelle les ruptures peuvent se produire. On ne doit pas oublier non plus que le médicament agit directement sur les éléments anatomiques de l’ancien tissu, dont il détermine la fixation, et que ce tissu est dès ce moment plus facile à rompre. Dans un cas d’arthrite tuberculeuse suppurée du genou où j'avais vidé et lavé l’articulation, il se reproduisit, à la suite du traitement par l’injection chlorurée, non point du pus, mais une synovie teintée en noir par le sang.

Quoi qu’il en soit du mécanisme de ces hémorragies, les épanchements sanguins sont sans gravité et on les fait disparaître en quelques jours par la compression directe sur le foyer sanguin avec de l’agaric et du diachylon pour fixer l’amadou et faire la compression en même temps. Je répète qu’on ne les confondra pas avec les abcès en examinant la température des sujets et en tenant compte de l’absence de la réaction locale d’un phlegmon.

Du reste, en prenant les précautions aseptiques voulues, on doit ’ éviter tout abcès. On a fait dans mon service, depuis sept à huit mois, près de deux mille piqûres, et il n’y a jamais eu d’abcès, grâce aux précautions prises.

Chez un enfant traité pour une adénite du cou, la canule de la seringue traversa un des filets du plexus cervical, et il y eut une sensibilité de l’oreille qui dura quelques jours.

Enfin, chez deux sujets, on a découvert dans le genou un peu de liquide qui n’existait pas avant; mais je crois avoir, par inadvertance, injecté une goutte de liquide dans l’articulation dans ces deux cas. La compression le fit disparaître promptement.

Une complication inhérente à l’usage de l’agent employé est celle des escarres. L’expérimentation nous avait appris que chez le lapin et le cobaye, les solutions au dixième, injectées profondément, c’est-à-dire sous les muscles ou dans ces organes, donnent rarement lieu à des escarres, tandis que sous la peau les solutions au quarantième et à la même dose de deux gouttes, par exemple, en produisent presque toujours; de plus, on pouvait remarquer que la mortification part de l’orifice d’entrée de l’aiguille, d’où tend à ressortir le liquide quand on retire l’instrument. Chez les enfants, les injections profondes, tiLréesau dixième, sous les muscles de la cuisse, autour des ganglions du cou et sous eux, sous des plaques fongueuses de la paroi du thorax, etc., n’ont jamais donné d’escarre et on peut, pour ainsi dire, établir en règle que les injections au dixième, pratiquées au-dessous de l’aponévrose superficielle des membres et du corps, n’en produisent pas.

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