PARTIE CLINIQUE
luisant et blanc à côté de petites plaques rosées : le cou-de-pied, le coude, m’ont offert cette apparence. La rougeur de la peau, l’état luisant, s’éteignent au bout de deux, trois, quatre jours au plus, et, je le répète, on ne les observe pas toujours, il s'en faut.
On voit aussi apparaître parfois au bout d’un jour ou deux dans la peau, et plus particulièrement à sa face profonde, de petites veines et même de fins réseaux veineux avec dilatation de ces vaisseaux, indiquant le trouble de la circulation profonde, ou plutôt rappelant que les vaisseaux appartenant aux tissus malades sont oblitérés en partie; j’ai même observé une fois une légère infiltration sanguine sous-cutanée qui s’était faite spontanément au cou-de-pied.
Les injections se faisant à la périphérie des synoviales ou dans les parties externes, au moins la première fois, il n’y a pas d’épanchement articulaire et on doit éviter de pénétrer dans les jointures, j’en donnerai plus loin les raisons; cet accident m’est arrivé trois fois et a été suivi d’une arthrite suppurée une fois et d’un épanchement articulaire simple du genou dans les deux autres cas.
Le toucher révèle déjà dès le lendemain des modifications importantes; mais avant d’en parler, j’indiquerai que la réaction apparaît d’abord dans la région de la piqûre et qu’il y a un certain rapport entre l’intensité de la réaction et le titre de la solution. D’après cela, en injectant exclusivement le cul-de-sac supérieur de la synoviale du genou, par exemple, on n’aura pas d’effet sur les fongosités des culs-de-sac inférieurs placés de chaque côté du ligament rotulien. Mais, d’autre part, l’irritation localisée d’abord se propage parfois très loin et nous croyons qu’il y a non seulement une question de diffusion du liquide, mais aussi un transport de l’irritation par les vaisseaux dans les tissus qu’ils alimentent. En effet, nous avons pu constater une sclérose vasculaire à une certaine distance du lieu injecté.
Quoi qu’il en soit, le palper révèle, dès le lendemain et vers le deuxième et troisième jour, un changement de consistance; les tissus fongueux ont plus de résistance et plus de tension, ils se perdent dans le gonflement général; cet état augmente parfois les jours suivants et l’on voit se produire des noyaux durs et comme cartilagineux au lieu de l’injection; à côté, la sclérose est moindre. Avec les jours, les parties prennent différents aspects; dans quelques cas, on sent un état fasciculé profond de la synoviale qui offre une consistance ligneuse. J'ai vu la circonférence supérieure de la rotule encadrée dans un demi-anneau dur.
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Courbe de la température. Courbe du poids X Jours d’injection.
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Ci est surtout au genou que ces faits sont appréciables, ils Irappent d autant plus l’attention que le volume des fongosités était plus considérable. Dans un cas, la rotule était coiffée à su périphérie par une couche épaisse et dure qui restreignait l’étendue de ses mouvements, en môme temps qu’elle paraissait avoir diminué la capacité de l’articulation.
Dans les ostéo-arthrites, je pratique les injections de manière à provoquer une irritation du périoste et de l’os en déposant le liquide intentionnellement à la surface du périoste ou entre celle membrane et l'os.
Il se produit alors, en même temps que les phénomènes précédents, un nouvel os à la surface de l’ancien et il est probable que l’os ancien est aussi le siège d’un travail de condensation osseuse que je crois utile à la guérison.
Dans un cas, l’irritation occupait le quart inférieur de la diaphyse du fémur qui était notablement plus grosse que l’autre.
La transformation est souvent moins intense et on voitau coude, au cou-de-pied, un état un peu plus dense, plus égal de la synoviale; la sclérose se rapproche davantage du type fibreux régulier.
J’ai eu l’occasion de suivre pendant plusieurs mois l’évolution ultérieure des tissus morbides où vient de s’accomplir à des degrés divers le travail qui donne lieu aux manifestations que je viens de décrire. L’observation, certainement incomplète pour un bon nombre de faits, me permet cependant de dire qu’il se montre avec le temps une tendance marquée vers le retour des tissus sclérosés à un tissu conjonctif plus lâche.
Le fait n’est pas sans importance; il en résulte que les parties retrouveront leur souplesse, leur forme; les fongosités en avaient altéré la cohésion, détruit la résistance au point d’amener la dislocation d’une jointure ; la sclérose reconstitue la résistance, elle renforce l’appareil de conjonction d’abord. Plus tard, la synoviale tend h reprendre ses caractères; chez deux de mes sujets, chez l’un surtout, on ne pourrait plus dire actuellement qu’elle a été malade, alors qu'il y a à peine trois mois la synoviale très fongueuse avait presque l’épaisseur d’un pouce.
On comprend dès lors que les fonctions de l’appareil locomoteur soient conservées en entier ou tout au moins dans les limites où elles existaient au début du traitement.
Durant cette évolution locale, la santé générale des sujets est fort peu altérée. La température n’a jamais dépassé 39 degrés chez les malades, et l’élévation du mercure n’atteint pas en général un